FRÉDÉRIC LIVRE LE PAPE
«Frédéric, qui, durant ces événements, s’était retiré de Lauffenbourg à Brisach , parut d’abord déterminé à se défendre jusqu’à l’extrémité. Sa
cause n’était pas encore désespérée:
Baden, Scckingen et Feldkirch oppo- •> paient une résistance opiniâtre ; et un grand nombre de ses vassaux , revenus de leur première consternation , envoyèrent déclarer la guerre à l’ernpereûr même. Les Tyroliens et les habitants de la forêt Noire, peuples fidèles, brûlaient de venger leur souverain outragé. Le pape fournit de grosses sommes au duc d’Autriche; les ducs de Bourgogne et de Lorraine se préparèrent à lui prêter secours, et il aurait pu espérpr que l’influence, sinon les forces d’Ernest, son frère, et d’Albert, son cousin, lui aurait été d’une grande utilité; mais la mauvaise fortune abattit autant Frédéric que la prospérité lui avait enflé le cœur; il succomba sous le poids du malheur.
Sourd à la voix de l’honneur et aux exhortations du pape , il céda à l’avis timide de Louis , duc de Bavière , et consentit à livrer Jean , et à se mettre lui-même à la discrétion de Sigismond.