‹ États de la confédération germaniqueChapitre 38 sur 261 · HUMILIATION DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

HUMILIATION DE FRÉDÉRIC

« Jamais prince de l’Empire ne fut soumis à tant d’humiliations. L’empereur, pour donner plus d’éclat à son triomphe, convoqua, dans le réfectoire des religieux de l’ordre de Saint- François , les ambassadeurs des Etats de l’Italie , les principaux Pères du concile, et les princes les plus puissants de l’Empire. Sigismond s’etant placé sur son trône , Frédéric, accompagné du burgrave de Nuremberg, son neveu; et de Louis de Bavière, son beau-frère , entra dans la salle et se prosterna trois fois. Tous les regards se fixèrent sur ce prince infortuné, à qui l’empereur dit : « Que demandez- « vous? » Le burgrave répondit : « Très- « puissant monarque , c’est le duc Fré- « déric d’Autriche, mon oncle, qui « vient implorer votre pardon royal et «celui du concile, pour les offenses « qu'il a commises contre vous et « contre l’Église. Il se remet en votre « pouvoir, et offre, à condition que sa « personne et ses Etats seront en sû- '

« reté , de faire conduire le pape à Cons-j

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*f> L’UNIVERS.

« tance. » L'empereur, élevant la voix , reprit : « Duc Frédéric, vous engagez- « vous à tenir cette promesse? » Le due répondit , d’une voix entrecoupée :

« Je nvy engage , et j’implore Ituinble- « meut votre miséricorde royale. »

A ces mots, un sentiment de pitié se répandit dans l’assemblée; Sigismond lui-méme parut ému, et dit : « Je suis « fâché qu'il ait tenu une conduite si « répréhensible. » Frédéric abandonna tous ses États depuis le Tyrol jusqu’au Bi isgau, pour en recevoir, seulement à titre de grâce, ce que l'empereur * voudrait lui rendre, » et il se remit lui-même en otage pour l'exécution de ce qu’il avait promis. Sigismond lui prit alors*la main, et termina la cérémonie en disant aux prélats italiens ; « Révérends Pères , vous connaissez « la puissance des ducs d’Autriche; « jugez , par ce que vous venez de voir, « de ce que peut un empereur d’Alle- « magne (*). »

I.cs Suisses montrèrent dans ces circonstances une avidité que peut à peine faire excuser leur haine si légitime d’ailleurs pour la maison d'Autriche. Sigismond, de son côté, fit preuve d’une rapacité déshonorante :

non content de confisquer pour les revendre à son profit tous les fiefs de Frédéric hors du Tyrol, il voulut s’emparer même- de cette province, que la fidélité des habitants conserva cependant a son maître légitime. A sa mort, en 1 -130 , Frédéric ne possédait plus dans l’ilclvétie que le bas Sargans, le comté de K i bourg , Winthcrtlnir et Rapperschwil. Sigismond, son successeur, perdit même ces dernières possessions de la maison d’Autriche. Ce fut ce prince qui engagea à Charles le Téméraire les quatre villes forestières avec ses États d’Alsace et le Rrisgau, et qui finit par conclure avec les Suisses une paix cimentée enfin par la communauté des intérêts et la haine contre le duc de Bourgogne. Six ans avant sa mort , Sigismond , qui n’avait point

(*) Coxe, Histoire de la maison d'Au- Iriclie, i. I, p. 3iG et suiv. de la traduction française.

d’enfant , fut obligé de céder le gouvernement de ses Etats à Maximilien, fils de Frédéric III de Styric.

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