ERNEST DK STYRIE S’OPPOSE AUX ENVAHIS- SEMENT* DE SIGISMOND
Le fondateur de cette branche de la maison d’Autriche était Ernest, le troisième fils de ce Léopold qui fut tué à Sempach ; il fut surnommé de fer , à cause de son caractère ferme et pro- * noncé. Quand l’empereur Sigismond voulut s’emparer du Tyrol, Ernest qui, du consentement des.États et avec l'assentiment secret de Frédéric, s’était mis en possession de cette province, répondit aux envoyés impériaux : * Di- « tes à Sa Majesté qu’elle se contente « de tout ce qu’elle s’est approprié dans « la Souabe et dans l’Helvétie. Si mon « frère doit être puni, que ce ne soit « pas en lui enlevant des provinces qui « appartiennent à sa maison. Si ses « États doivent être partagés, j’aurai « ma part, et principalement le Tyrol,
« mon héritage paternel. Le peuple de «celte province ne reconnaît pour « souverain que celui qui tient le ch;î- « teau de Tyrol. Que l’empereur vienne « me l’enlever ! »
Plus tard , quand Sigismond mit de nouveau Frédéric au ban de l’empire, Ernest parut tout à coup aux portes de Constance, avec mille chevaux et un corps d’infanterie considérable. Laissant ses troupes campées sous les murs, il entra dans la ville avec une escorte de cent hommes à cheval et accompagné de ses principaux conseillers. « Si ,
« dit-il hardiment à l’empereur, le duc « Frédéric est coupable, qu’il soit pu- « ni. Pourquoi son châtiment envelop- « perait-il des princes qui n'ont com- « mis aucune offense? N'êtes-vous pas « content d'avoir enlevé à la maison « d'Autriche l’Argovie et la Tliurgo- « vie, ainsi que les seigneuries de Ba- « den et de Lentzbourg, et ne les avez- « vous pas sordidement vendues à des « pâtres? Par là, vous avez donné un «exemple funeste. A l’avenir, ce sera « aux princes à obéir à leurs vassaux ,
« et l’empereur n’entrera plus en cam-
AUTRICHE
« pagne que suivi de paysans. Agissez « avec moins de rigueur. La maison « d’Autriche est fidèle à vous et à l’Em- « pire; ne la forcez pas à se plaindre « de Sigismond. Vous ne devez point « remettre h un concile l'administration « de Injustice, ni souffrir que des ec- « clésiastiques dominent, comme ils le "font, sur des princes de l’Empire.
« Qu’ils portent la crosse, et qu’ils lais- » sent l’empereur porter le sceptre. »
Ces vives représentations , soutenues par des forces redoutables, épouvantèrent le concile et Sigismond , qui renonça à son système de spoliation, et reni/it à Frédéric une partie de ses possessions et son rang.