DES ARCHIDUC
Pendant que l'Empire, déchiré par des guerres sans cesse renaissantes, menaçait de déposer son chef indolent, tandis que les Turcs faisaient chaque jour d’effrayants progrès, Frédéric, abandonnant l’Allemagne à l’ambition de ses princes, la Hongrie aux armes de Mahomet et à Mathias Corvin, la Bohême enfin à Podiebrak, rachetait soixante-dix seigneuries engagées jadis par les princes de sa maison , et s’occupait à ériger l’Autriche en archiduché. S’en référant aux lettres patentes de Jules César et de Véron et aux diplômes des deux Frédéric et de Henri VI , confirmés par Rodolphe de Habsbourg, et que Rodolphe IV avait fait revivre, il leur accordait le titre d’archiduc, qui les plaçait au-dessus de tous les princes. Ils devaient être censés avoir obtenu l’investiture de leurs domaines, lorsqu'ils l’avaient demandée trois fois. Ils lie pouvaient être requis de passer les limites de leurs F.tats, où ils pouvaient se montrer couverts du manteau royal , portant en tête la couronne ducale, surmontée du dia-
dème impérial et de la croix, et enfin , tenant un béton de commandement à la main. Ils devinrent, par le droit de leur naissance, conseillers privés de l’empereur, et leurs États ne pouvaient point être mis au ban de l’Empire. Toute attaque contre leur personne devait être punie comme un crime de haute traiiison. Il fut défendu de les appeler en combat singulier. Ils furent exempts de l’obligation de se rendre à la diete et de supporter toute charge publique, excepté l’entretien de douze hommes pendant un mois, pour combattre les Turcs en Hongrie. Ils furent autorisés à lever des impôts, à donner des lettres de baron ; à défaut de ligne masculine, les femmes purent succéder à la couronne, et, faute d’héritiers quelconques, les archiducs furent autorisés a disposer de leurs biens par testament. Toute terre de l’Empire put être aliénée en leur faveur. Enfin, leurs sujets ne devaient pas être attirés hors de leur territoire, soit pour être poursuivis en justice , soit pour porter témoignage, soit pour recevoir une investiture de fief (*).