‹ États de la confédération germaniqueChapitre 44 sur 261 · DI FRÉDÉRIC. MARIAGE DE MAX1M1L1KR · texte numérisé non relu

DI FRÉDÉRIC. MARIAGE DE MAX1M1L1KR

IT DK MARIE DK BOURGOCKE.

Sous ce prince peu disposé à prendre les armes, l'Autriche ne joue qu’un rôle politique très -secondaire.

La grande affaire du siècle et de l’Allemagne en particulier est la guerre des Turcs; or l'Autriche n’y prend aucune part; Frédéric III se cache de Mahomet II derrière Mathias Corvin. Mais qu’on ne croie pas cependant qu’elle n’ait fait aucun progrès. Si à la mort d’Albert elle a vu la Bohême et la Hongrie chercher à établir au-dessus d'elle des dynasties nationales, ses princes au moins ont appris le chemin de Prague et de Bude ; ils conservent dans leurs archives des pactes de confraternité conclus avec la maison de Luxembourg et même avec Mathias, et ces pactes seront produits quand l’occasion s’en présentera. Que ces royautés bâtardes et décrépites avant d’avoir vécu, malgré et peutêtre a cause de l'éclat de deux grands

(*) Ibid , p. 491.

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hommes , Podiebrak et Mathias qui les ont fondées, que ces dynasties, dis-je, s'éteignent, et les princes autrichiens se présenteront comme leurs héritiers naturels et légitimes. L’Allemagne ne s’y opposera point, car elle sera de longue date habituée à l’idée de voir ces deux couronnes revenir à la maison de Habsbourg. L'Autriche va donc laisser s’user d’elles- mêmes la dynastie bohémienne et la dynastie hongroise. En attendant qu’elle puisse recueillir ce riche héritage, que lui promettent les traités (*) et que les armes des Turcs lui assureront, elle travaille, à l'autre extrémité de l’Allemagne, à augmenter encore sa fortune par le mariage de Maximilien avec la fille et l’héritière du duc de Bourgogne.

Ce mariage, qui futcélpbré le 20 août 1477. devait avoir pour l’Autriche d’immenses résultats. Marie de Bourgogne étant morte en 1482, d’une chute de cheval, laissa deux enfants, Philippe le Beau et Marguerite. Le premier, qui avait quatre ans, lui succéda sous la tutelle de son père, qui, en 1486, fut élu roi des Romains. En 1496, Philippe le Beau, maître des Pays-Bas, épousa Jeanne la Folle, fille et héritière de Ferdinand d Aragon et d’Isabelle de Castille. De ce mariage sortit Charles-Quint, qui, possesseur de la Flandre, des Pays-Bas et de l'Espagne, de l’Amérique et du royaume de Naples, succéda à son grand-père Maximilien dans la dignité impériale, et dans toutes les possessions autrichiennes.

Son frère Ferdinand, auquel il céda l’Autriche, ayant épousé en 1521 Anne Jagellon , sœur et unique héritière de Louis, roi de Bohême et de Hongrie,

(*) Par un traité de confraternité, conclu en i36r, entre Ica maisons d’Autriche et de I/tixen» bourg , toute la succession de l’em- |iereur Sigismond , roi de Bohème et de Hongrie, passa à l'archiduc Albert II. Ce pacte fut renouvelé avec Mathias , qui permit même à Frédéric III de porter le titre de roi de Hongrie : son successeur Wladislas II l’accepta , et, par la paix du 7 novembre 1491. il promit de faire reconnaître le droit éventuel de l’archiduc au trône de Hongrie.

6* Livraison. (Autriche.)

hérita de ces deux couronnes en 1526; et la maison d’Autriciie régna alors sur une plus grande étendue de pays que Charlemagne n’en avait réuni soits son sceptre. Ainsi d’heureuses alliances firent ce que n’aurait jamais pu faire la force des armes. Un distique latin, attribué à Mathias, constate cette fortune singulière :

Relia gerant alii, tu, felix Austria, Duke; £iam, qu;c Mars aliis, dal tibi régna Venu».

MAXIMILIEN 1er.

Maximilien succéda à son père Frédéric III à l’âge de trente-quatre ans.

A son avènement , les possessions de la maison d'Autriche se composaient de l’archiduché d’Autriche, des duchés de Slyrie, de Carinthie et de Carniole; à ces domaines il ajouta depuis le Tyrol , les possessions de Souabe et d’Alsace , le comté de Ferretle , le Brisgau et le Sundgau , à la mort de son cousin Sigismond (1496), qui l’avait institué son héritier, ainsi que les possessions de la maison de Bourgogne par son mariageavecMarie. En mariant, comme nous l’avons dit, son fils, Philippe le Beau , avec Jeanne la Folle, fille et héritière de Ferdinand le Catholique , il préparait l’élévation de la maison d’Autriche au trône d’Espagne, de même u’en négociant le mariagedeson petit- Is Ferdinand avec Anne de Hongrie, héritière de Ladislas VII, il voulait donner à sa maison des droits sur la Hongrie et la Bohême.

» Maximilien ressemblait peu à son père ; actif et entreprenant , il aimait le travail ; mais la guerre et la chasse étaient ses amusements favoris... Il aimait les arts et les lettres , et cultivait la peinture , la musique et l’architecture; il avait des connaissances en métallurgie, en histoire et en géographie. Il appartient même aux écrivains allemands, par la part qu'il eut au IV eisskunig , espèce do roman qui rapporte, d’une manière allégorique, et quelquefois énigmatique, et sous des noms supposés , les gestes de son père et quelques-uns des siens.

Ce livre a été écrit par Treizsauerwein ,

L’UNIVERS

secrétaire de Maximilien... Maximilien s’occupa beaucoup du perfectionnement de l’art militaire, qu’avec l’aide de l’un de ses plus fameux capitaines , George de Frundsberg, il réduisit en système. L’organisation de l’infanterie en régiments "armés de piques, qu'on nomma Lanzknechlcn (lansquenets), est due à Frundsberg (*). »

Dès son avènement au trône, Maximilien eut à repousser une invasion des Turcs dans la Styrie, la Carinthie et la Carniole. En 1494 , Maximilien en personne les défit ; et , depuis ce revers , ils n’osèrent plus attaquer ces provinces.

Maximilien eut ensuite à défendre la maison d’Autriche contre les envahissements de la France, dont le roi, Charles VIII, méditait la conquête de l’Italie. Après avoir ( 1495) fait adopter à la diete de AVorms plusieurs règlements utiles à l'Empire, Maximilien partit pour l'Italie, ou l’avaientappeléAlexandre VI, Venise, et le ducde Milan (1496). Blais, lorsque scs alliés surent que Charles VIII avait ajourné la nouvelle expédition qu’il projetait, ils lui suscitèrent tantdccontrariétés, qu’il repartit pour l’Allemagne. Depuis , comme on peut le voir dans l’histoire de son règne (Allemagne, t. II, p. 141-155), Maximilien prit part à presque tontes les affaires relatives aux guerres d’Italie; il entra dans la ligue de Cambrai contre Venise (1508), et devait avoir dans le partage des dépouilles de la république, la .Marche trévisane, l'Istrie et le Frioul, comme chef de la maison d’Autriche , et , comme empereur, Rovérédo, Vérone, Vicenec et Padouc. Après de nombreuses négociations et nien des combats, Maximilien fut obligé d’abandonner toutes ses conquêtes en Italie à la paix de Bruxelles (1510).

A la diète de Cologne (1512), il avait partagé l'Empire en dix cercles. Parmi les institutions dont il dota l’Autriche, on doit citer les armées permanentes qu’il y établit. Il mourut en 1519, le 12

(*) Scliœll, Cours d’hist. des États européens, t. XIII, p. 283.

janvier, à Wcls en Autriche, à Fdge de soixante ans.

FERDINAND l*r.

(iîxg-i504.)

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