PARTAGE DE I.A MAISON «'AUTRICHE ER DEUX BRANCHES
Après la mort de Maximilien , les possessions autrichiennes avaient été gouvernées par l’archiduc Ferdinand au nom de son frère et au sien. Mais, par le traité de Worms (28 avril 1521) , Ferdinand et Cbarles-Quint se partagé^ rent les États héréditaires d’Allemagne.
Charles céda à son frere l’Autriche, la Styrie, la Carinthie, une partie de la Carniole, et se réserva l’Alsace , les possessions en Sottabe, le Tyrol , Goritz , la seigneurie d’Ortembourg , l’Istrie et le Frioul. Mais , l’année suivante, ce traité fut annulé, et Ferdinand obtint la possession de tous les domaines de sa maison en Allemagne.
Depuis cette époque, la maison d'Autriche fut partagée en deux branches , l’espagnole et l’allemande ; et celte division subsista eent soixante et dixhuit ans. Pendant tout le temps que son frère Charles , déjà roi d’Espagne, gouverna l’empire d’Allemagne , à la couronne duquel il avait été appelé après la mort de Maximilien , Ferdinand administra avec habileté les Etats autrichiens. Il épousa, en 1521 , Anne, soeur de Louis 1 1 , roi de Hongrie : et , à la mort de celui-ci (1520), il obtint les royaumes de Hongrie et de Bol lénre , avec les dépendances de ce dernier , la Moravie, la Silésie et la Lusnce. La Bohême consentit à reconnaître Ferdinand pour roi; mais les nobles de Hongrie , qui n’avaient pas ratifié le mariage et les clauses du contrat, attaquèrent de nullité un acte qui ne pouvait avoir de valeur qu’à la condition d’avoir été approuve par eux , et ne voulurent pas regarder rumine possesseur de la couronne de Hongrie, jusqu’alors élective, l’archiduc d’Autriche, qui se portait comme héritier de son beau-frère Louis II. Ils élurent donc Jean de Zapol (26 novembre 1526) ; et une guerre très-active s’engagea entre les deux souverains. Zapol fit alliance
AUTRICHE
avec les Turcs ; et, en 1529, Soliman II vint assiéger Vienne. Mais Charles- Quint accourut au secours de son frère, et les Turcs furent obligés de battre en retraite. Ce u’est pas ici la place de raconter tous les détails de cette guerre ; on en trouvera le récit dans l'histoire de Hongrie. Nous nous contenterons de dire que Ferdinand maintint ses droits et conserva une partie de la Hongrie.
Après l’abdication de Charles-Quint (1556), Ferdinand fut élu empereur.
Philippe II hérita de l’Espagne , de ses dépendances en Europe et de ses colonies, et dès lors fut accompli le partage des possessions de la maison d’Autriche. Charles-Quint qui voulait prévenir ce partage, avait inutilement sollicité son frère d’abandonner à Philippe II ses Etats patrimoniaux en Allemagne;mais Ferdinand avaitrésisté, et avait ainsi empêché la réalisation de cette monarchie universelle que rêva, pendant tout le seizième siècle, la maison espagnole, etqu'elleaurait peut-être accomplie sans l'opposition d’un membre de sa famille. Ferdinand , sur le trône d’Allemagne, acquit la réputation d’un prince sage et tolérant. Il mourut le 25 juillet 1564 , à soixantedeux ans. Il avait eu de sa femme, Anne de Hongrie , quinze enfants , dont trois seulement lui survécurent: Maximilien , Ferdinand et Charles. Comme le droit de primogéniture n'était pas encore établi dans la maison d’Autriche, Ferdinand partagea ses États héréditaires entre ses enfants : il donna à l’aîné la Hongrie , la Bohême, i’archiduché d’Autriche; le second eut le Tyrol et les possessions de Souabe et d’Alsace ; le troisième obtint la Styrie, la Carintbie, la Carniole, i’Istrie et le comté de Goritz.