QUISITION DE LA TA ASS Y L VARIE
Quant aux affaires extérieures , ce fut le soin de protéger ses possessions contre les incursions des Turcs qui attira d’abord son attention. Pour y parvenir à peu de frais , il céda à son oncle Charles , due de Styrie, la garde des places fortes de la Croatie. Charles fit bAtir ( 1579) sur les bords de la Kulp, la forteresse de Carlostad qui devint la capitale de la Croatie. Il appela une foule d’aventuriers de toutes les nations, auxquels il accorda des fiefs, et forma par cet établissement une sorte de colonie militaire, d'où sortiteette milice intrépide et pillarde, connue sous le nom de Croates et de Pandours. Ce fut dans leurs rangs que vinrent se fondre plus tard les Uscoques ou hommes errants. C’étaient des chrétiens qui avaient abandonné le territoire ottoman , et s’étaient retirés à Clissa en Dalmatie , où des terres leur avaient été cédées, à la condition de combattre les Turcs toutes les fois qu’ils se présenteraient. Fidèles d'abord à leurs promesses , ils oublièrent bientôt qu'ils ne devaient attaquer que les infidèles , construisirent des embarcations sur l’Adriatique , et , comme les flibustiers d’Amérique, ne respectèrent aucun pavillon. Leurs incursions sur le territoire ottoman amenèrent même une guerre avec les Turcs. Pour punir leurs ravages , le pacha de Bosnie attaqua les Croates, et sa défaite amena le sultan lui-même dans les plaines de la Hongrie. Sisseget Raab furent enlevés; Vienne se voyait encore une fois menacée; mais l’alliance du vaïvode de Transylvanie, Sigismond Battori , ralentit lés progrès des Turcs. Uni aux vaïvodes de Moldavie et de Valachie, Sigismond défit le grand vizir et repoussa les Turcs vers la Thrace (1595). Ces
succès profitèrent aux Autrichiens qui chassèrent d’abord les Ottomans de la Hongrie; puis, après la démission volontaire de Sigismond (1602), entrèrent en possession de la riche province de Transylvanie, d’où ils chassèrent André, cardinal-évêque de Warmie, que Sigismond avait désigné pour son successeur.