‹ États de la confédération germaniqueChapitre 49 sur 261 · MAJESTÉ · texte numérisé non relu

MAJESTÉ

Cette révolution de famille eut un contre-coup politique; les états d’Autriche forcèrent Mathias de confirmer aux nobles de l’archiduché l’exercice du culte réformé dans leurs terres ; d'un autre côté , les protestants de Bohême, enhardis par l’exemple de leur voisin et par la faiblesse et l’humiliation deRodolphe, résolurent d’obtenir aussi la liberté de conscience.

Rodolphe ayant convoqué une diète au commencement de 1G09, les membres protestants qui formaient la majorité montrèrent des dispositions si hostiles, que Rodolphe prorogea la diète; mais elle se réunit d'elle-inême le 4 mai, dans Prague, protégée par une garde de dou/.c cents hommes et par dix mille bourgeois armes. Llcmpereur effraxé s’efforça par des promesses vagues de calmer’les esprits. On lui répondit par un décret, qui ordonna la levée, d'une armée dont le commandement fut confié au comte de Thurn. Ils établirent eu outre un conseil permanent, et conclurent une ligue avec les députés que les états de Silésie avaient envoyés à Prague pour y demander la liberté de conscience.

(*) Schall , Cours d’iiisl. des États curop., t. X V, p. 21<J.

AUTRICHE. 87

L empereur, par une fermeté maladroite, résistait a toutes ces demandes ; mais ses conseillers catholiques , et même l’ambassadeur d'Espagne , le conjurèrent de céder à l’orage. Rodolphe signa enfin, le 11 juillet 1G09, les lettres de majesté, qui accordaient à tous les adhérents d’une confession signée en 1575 par les Bohémiens, le libre exercice de leur religion et le droit de fonder des écoles et des églises nouvelles. Ce fut cet article qui devint la cause immédiate de la guerre de trente ans.

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