DE BOHÊME. SA MORT
Malgré son inertie, Rodolphe s’indigna de la conduite de son frère, et chercha à le dépouiller de ce qu’il avait été forcé de lui céder , pour en disposer en faveur de l’archiduc Léopold de la brandie de Stvrie. Ce prince se trouvait, sous prétexte de la guéri e pour la succession de Juliers, dans son évêché de Passau à la tête de seize mille hommes ; tout à coup il entra en Autriche, y commit d’affreux dégâts, et parut bientôt à quelques lieiies de Prague, déclarant dans un manifeste qu’il venait défendre Rodolphe contre ses ennemis. Les états de Bohême étaient alors assemblés ; dans leur effroi ils s’adressèrent à Mathias, qui accourut avec dix-huit mille hommes. A son approche, les troupes de Léopold s'enfuirent , et Mathias, maître dans Prague, força son frère d'abdiquer la couronne de Bohême ( 12 avril 1 G 1 1 ). On dit que quand il apprit la décision des états en faveur de son frère , il s’écria dans son désespoir : « Prague, ville ingrate « que j'ai élevée si haut, tu insultes à <■ ton bienfaiteur ! Puisse la vengeance « du ciel tomber sur toi et sur toute la « Bohême ! » Rodolphe n’avait plus que son titre d’empereur ; mais déjà les électeurs lui avaient adressé de sévères reproches et se préparaient à élire un roi des Romains , lorsque la mort vint l’enlever à ce dernier outrage ( 20
janvier 1612). Son frère hérita encore de sa couronne impériale.