‹ États de la confédération germaniqueChapitre 53 sur 261 · I.fCKirerEMENTDE l’ami /.e de wallenstein · texte numérisé non relu

I.fCKirerEMENTDE l’ami /.e de wallenstein

Cependant la ligue catholique ne

L’ÜNIVERS.

pouvait, sous peine de se voir détruire plus tard, laisser plus longtemps l’empereur maintenir Wallenstein dans l'énorme puissance qu'il avait acquise.

Depuis qu’il était devenu duc de Mecklemnourg, Wallenstein avait essayé de se rendre maître de la Poméranie. Il avait , malgré les ordres contraires de l’empereur, attaqué la ville de Stralsund, et n’en avait levé le siège qu’après avoir été repoussé par les bourgeois et avoir perdu douze mille hommes. Les ravages commis par ses soldats (*) , leurs cruautés , furent signalés à l’empereur par la ligue catholique. Wallenstein aspirait ouvertement à se rendre souverain indépendant dans le nord de l’Allemagne; et le titre de général de la Baltique dont il s’était revêtu n'indiquait que trop scs prétentions. L’empereur effrayé, ga^né par les intrigues de l’envoyé de Richelieu, le Père Joseph, consentit à satisfaire aux réclamations des électeurs , et ordonna le licenciement de l’armée de Wallenstein (1630).

IHTERVISTtO!» DES SUEDOIS.

Mais, pendant ce temps, Richelieu faisait conclure une trêve entre la Suède et la Pologne , et sollicitait Gustave-Adolphe de s’opposer à l’agrandissement de l’autorité et du pouvoir de

(*) Pour apprécier ce qu'étaient ers troupes enrôlées a prix d'argent, et les maux qui étaient le résultat île leur gc.nre de guerre, nous citerons les paroles deMansleld, l’inventeur de cette tactique : * Les soldats, aussi bien que leurs chevaux, ne peuvent pas vivre de l'air du temps; ils ne peuvent pas non plus porter des armes brisées et des habits en lambeaux. Ils prennent donc où ils trouvent , et cela, à la vérité , sans aucune proportion avec ce qui leur est dû ; parce que lie pavant rien ils ne pèsent rien. Si une fois on leur ouvre la porte, ils s’y jettent aver fureur, et alors plus de frein, plus de harricre pour les arrêter. Ils s'emparent de tout, escaladent tout , brisent et écrasent tout ce qui leur fait résistance. Un un mot, il est ira-* possible d'imaginer un plus grand désordre, une plus grande confusion. •> Kolrausch , Histoire d'Allemagne , t. II, p. aoade la traduction française.

l’Autriche, lui promettant d’occuper une partie des forces de l’empereur pn Italie. Le Danemark joignit ses prières à celles de la France, et Gustave- Adolphe débarqua en Allemagne.

Ferdinand méprisa d’abord le nouvel ennemi qu'il allait combattre, et déclara nue ce roi de neige fondrait bientôt devant le soleil impérial. Gustave n’avait en effet que quinze mille hommes. Mais dans cette petite armée, parfaitement homogène, régnait une sévère discipline; et ce qui f.iisait surtout sa force , c’était la nouvelle tactique, dont son chef était l’auteur, et qu’il lui avait appliquée.

SUCCÈS DI GUSTAYK- A DOt.IMÏE. SA MQXT.

Gustave voulait avant tout délivrer Magdebourg, assiégée par Tilly. Les craintes et la désunion des princes protestants l’empêchèrent de marcher assez promptement au secours de cette ville qui fut prise le 20 mai 1630. Tilly y fit égorger vingt mille habitants et rendit son nom à jamais exécrable par cet acte de cruauté. Après ce honteux avantage, Tilly s'avança contre les Suédois, et les deux armées se rencontrèrent à Breitenfeld , près de Leipzig (17 septembre). L'armée impériale fut repoussée parles manœuvres des Suédois et foudroyée par leur artillerie. I.cs résultats dé cette victoire furent immenses ; les villes les plus importantes de l'Allemagne tombèrent au pouvoir de.Gustave. Deux ans plus tard ( 30 avril 1632), Tilly étant mort des blessures qu’il avait reçues au combat du Lcch , l'empereur se vit menacé dans ses propres F.tats , et fut obligé de rappeler Wallenstein. L’orgueilleux général consentit à lever une armee de trente mille hommes et à en accepter le commandement, à la condition qu’il en aurait le commandement absolu. On lui accorda de plus le droit de disposer à son gré des conquêtes qu’il ferait dans l'Empire , et on lui promit de lui rendre le Meckletnbourg ou un équivalent à la paix. Alors Wallenstein alla établir son armée dans les retranchements élevés à Nuremberg pour dé-

AUTRICHE

fendre la Bavière menacée parle roi de Suède. Gustave essaya de les forcer (4 septembre) , mais n’ayant pu y parvenir il battit en retraite. Wailenstein tomba aussitôt sur la Saxe. Gustave-Adolphe marcha au secours de ses alliés , et les deux armées se livrèrent bataille près de Lutzen (16 novembre 1632). Des le commencement du combat, Gustave fut tué; mais Bernard de Weimar rétablit l’ordre par sa fermeté héroïque, et les Suédois furent vainqueurs. Wallenstein donna l’ordre de sonner h retraite; le champ de bataille et l’artillerie impériale restèrent au pouvoir des Suédois.

MORT Ol WALLENSTE.'N.

Gustave avait eu la sage précaution , en quittant la Suède, de faire reconnaître sa fille pour son héritière; et dans le cas où il trouverait la mort sur le champ de bataille, il avait désigné le chancelier Axel Oxensticrn pour avoir la direction des affaires et le commandement des armées. La guerre continua donc entre l’Autriche et les protestants allemands soutenus par l’armée suédoise. Wallenstein , occupé de l’établissement de sa puissance , ne profita pas de l’hésitation que la mort du roi de Suède jeta parmi les protestants. Il laissa Bernard de Weimar prendre, à la tête des Suédois, Ratisbonne; et ayant, dans une expédition en Silésie , fait prisonnier le comte de Thurn , il le rehicha , sous prétexte que ce fou serait plus utile a l’empereur à la tète des armées suédoises qu’en prison. Ferdinand prit enfin la résolution de faire assassiner Wailenstein ; et , le 25 février 1634, ce grand homme tomba sous les coups de quelques sicaires des jésuites (voir Allemagne, t. II, p. 287).

bataille de ironm.irrGKX. — traité de TRAGUE.

Après la mort de Wailenstein , l’empereur donna le commandement de l’armée autrichienne à son fils Ferdinand , qui ouvrit sa carrière par un brillant succès. Après avoir chassé

les Suédois de la Bavière, il les atteignit à Nordlingen en Franconie.

Le téméraire Bernard de Weimar livra la bataille (7 septembre 1634), bien que dans une position désavantageuse; une défaite complète et la mort de vingt mille de ses braves Suédois le punirent de son imprudence. Cette victoire eut pour l’Autriche des conséquences importantes.

L’électeur de Saxe, Jean -George, abandonna une cause qu’il croyait perdue, et fit la paix avec l’Autriche (traité de Prague, 30 mai 1635).

L’empereur lui céda la Lusace, une partie de la province de Magdebourg, et la liberté religieuse fut assurée à ses sujets pour quarante ans. Lesautrcs États protestants , après s’ètre justement élevés contre la conduite de l’électeur, furent forcés pour la plupart, par suite de cette défection, de traiter avec l’Autriche. Le Brandebourg , le Magdebourg, le duché de Weimar, la principauté de Luncbourg, etc. , s’accommodèrent ainsi avec Ferdinand IL

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