‹ États de la confédération germaniqueChapitre 65 sur 261 · GUERRE DK SEPT ARS · texte numérisé non relu

GUERRE DK SEPT ARS

La guerre de la succession d'Autriche avait bouleversé l'état politique de l'Allemagne; la Prusse, jusqu’alors puissance de second ordre , avait été élevée au rang des premières puissances, et l’Autriche, sans avoir été affaiblie comme le voulaient ses ennemis, avait cependant été obligée de céder la Silésie. Dès lors tous les efforts de Ma rie-Thérèse tendirent à reprendre cette province et à se venger de cette humiliation. Elle mit un ordre parfait dans ses finances et augmenta scs revenus; elle établit une discipline sévère dans ses armées , exerça fréquemment ses troupes, à la tête desquelles elle mit des généraux habiles et des officiers instruits dans l’art de la guerre, et fonda près de Vienne une école militaire pour les jeunes gens nobles.

Parmi les hommes qui eurent une grande part dans les affaires à cette époque, nous signalerons le comte de Daim , habile général, et le prince de Kaunitz, homme d'État et diplomate consommé.

La cour de Vienne reconnut cependant qu’il lui était impossible de. reprendre la Silésie sans être soutenue par de puissants alliés, et surtout par la France, qui, en défendant la Prusse, son alliée naturelle, pouvait lui assurer la victoire.

L’Autriche fit donc tous ses efforts pour gagner cette puissance, et il fallut l’haoileté de Kaunitz pour réussir dans cette négociation. La France devait s’allier à PAutriche pour détruire la Prusse; l’Autriche et ses ailiés devaient ensuite partager ses dépouilles.

L’Autriche aurait eu la Silésie; la Suède , la Poméranie ; la Saxe , Magdebourg, et don Philippe les Pays-

8* Livraison. (Autbichb.)

Bas, en échange de ses duchés en Italie.

« Ainsi , dans ce traité vraiment extraordinaire, l’Autriche stipula en sa faveur tous les avantages qui pouvaient survenir, et n’en concéda aucun à la France; à moins que l’on ne compte

fiour beaucoup l'honneur auquel elle ui permit de prétendre, celui de concourir au renversement de son ennemi et de partager ensuite avec elle la domination de l’Europe; du reste, la grande faute de la France en cette occasion ne fut pas tant de souscrire à un traité dans lequel on 11e lui laissait que les charges, que de consentir à donner un démenti public au rôle politique qu’elle avait adopté jusqu'à ce jour. Depuis plus de deux siècles, adversaire constante de l’Autriche, la France avait tenu le rang le plus élevé parmi les puissances continentales; il semblait impossible qu’elle s’y maintint en se faisant aussi officieusement l’auxiliaire de sa rivale (*). »

Pendant que ces négociations avaient lieu, l’Angleterre déclarait la guerre à la France, à propos des limites du Canada ( le 15 inai 1756). Cette dernière puissance étant devenue l’alliée de l'Autriche, l’Angleterre devint naturellement l’alliée de la Prusse, et la guerre générale éclata. Frédéric, la commença en envahissant la Saxe au mois d’aout

C’est dans l’histoire delà Prusse que doit trouver place le récit de cette guerre, dans laquelle Frédéric acquit tant de gloire et donna à son royaume une si haute importance; contentonsnous ici d’un simple résumé des principaux événements de cette époque mémorable.

Frédéric signala le commencement de ses opérations par la victoire de Loxvo-itz sur les Saxons ( lrr octobre ). Les Français et les Impériaux furent vaincus à Rosbach (5 novembre 1757’,, et les Français dans leur lutte contre l’Angleterre perdirent le Canada, les Antilles, Pondichéry. Pour remédier

(*) lleerci), Manuel de l’iiùt. inod., t. I, p. 267.

L’UNIVERS

à tant de défaites, le due de Choiseul organisa, sous le nom de pacte de famille, une alliance entre la France, l'F.spagne et Naples; les Anglais enlevèrent aux F.spagnols plusieurs' colonies, et leur but étant atteint, la domination de la mer leur restant , ils acceptèrent la paix que la France leur offrit. Le traité fut signé à Paris en 1763. L’Autriche et la Prusse firent la paix à Ilubertsbourg le 15 février 1763 : le traité de Dresde fut confirmé.

Deux ans après, François Ier mourut ( 1 765 ) : Joseph II , son fils , prit alors le titre d'empereur. La couronne impériale était fixee désormais dans la maison d’Autriche.

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