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JOSEPH II

RÉFORMES OPÉRÉES TAR JOSEPH ir.

Joseph II, déjà empereur d’Allemagne depuis la mort de son père François , succéda dans les États autrichiens à Marie -Thérèse. C’était un prince très-brave, habile dans toutes les parties du gouvernement , trèshumain et d'une affabilité proverbiale.

Il montrait le plus grand désir d'affranchir les paysans, et disait que son plus grand bonheur serait de régner sur des hommes libres. L’État autrichien était un composé de plusieurs nations différentes par les mœurs, le langage, le gouvernement. Le système féodal existait partout. Marie-Thérèse avait commencé «à opérer la fusion des diverses races qui composaient l’Empire, mais lentement; elle avait aussi attaqué la féodalité par des réformes modérées et successives. Joseph II était trop impétueux pour agir avec autant de lenteur. Il voulut établir tout à coup l'unité dans ses États, et déclara qu’à l’avenir il n’y aurait plus de provinces séparées. Il partagea toute la monarchie en treize gouvernements, substitua partout la volonté absolue

du souverain à l’autorité des nobles et des coutumes féodales. Il supprima treizecents couvents, et, parmi les communautés religieuses, ne conserva que celles qui s’occupaient de l'éducation des tilles. Il limita l’autorité de la cour de Rome , accorda la liberté de conscience a tous les cultes ( 13 octobre 1781), abolit la servitude féodale et tous les droits seigneuriaux. La Hongrie seule n’exécuta pas cet édit.

Les arts, les lettres et les sciences furent aussi l’objet de ses soins; il enleva la censure aux ecclésiastiques.

Pour faciliter le commerce, il supprima les douanes provinciales, ouvrit de nouvelles routes, creusa des canaux, déclara Trieste port franc, etc.

On reconnaît à ce tableau un élève des philosophes français. Comme on l’a tait déjà remarquer, Joseph II exécuta dans ses États tout ce que l’assemblée nationale décréta eu France en 1789.

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A l’extérieur, Joseph II continua à cultiver l’alliance de la Russie; il aida la czarine à faire la conquête de la Crimée,dans l'espérance d'obtenir son appui pour s’emparer de la Moldavie et de la Valachie; mais la France s'étant opposée à tout agrandissement de l’Autriche aux dépens de la Turquie, Joseph, menacé de la guerre, abandonna son projet et en forma un autre d’une trèsgrande importance. Les Pays-Bas autrichiens étaient séparés des autres possessions autrichiennes, et ce morcellement était une cause de faiblesse pour l’Empire; Joseph offrit à l’électeur de Bavière d’éenanger son électorat contre les Pays-Bas, qui seraient convertis en royaume de Bourgogne.

L’Autriche se serait ainsi étendue sans interruption depuis le Rhin jusqu’à la Pologne. L’electeur accepta, La France, seduite par l’offre de Namur et de Luxemlxmrg, s'engagea à conserver la neutralité; la Russie promit à Joseph de le seconder; mais Frédéric s’opposa à ce projet, qui de* ailrendre l’Autriche trop redoutable à la nouvelle monarchie

L’UNIVERS

qu'il venait de fonder : il souleva donc les princes de l'Empire contre Joseph.

Le 3 juillet 1785, le roi de Prusse, les électeurs de Hanovre , de Saxe , de Mayence, les princes d'Anspach, de Deux-Ponts , etc. , conclurent une ligue à Berlin pour s’opposer aux envanissements de la maison d’Autriche.

Joseph fut obligé de céder devant tant d’ennemis, auxquels s’étaient encore jointes les Provinces -Unies et l’Angleterre : il renonça à son projet.

Mais aussitôt il revintà uneancienne tentative, qui était de démembrer l’empire ottoman ( 1788 ). Dans cette odieuse attaque, il reprit Belgrade aux Turcs ( 9 octobre 1789 ). Pendant ce temps, les Russes, alliés de Joseph, faisaient de leur côté d’importantes conquêtes. L’intervention de la Prusse et la révolution française sauvèrent la Turquie de sa ruine.

L'indépendance des Pays-Bas, qui se révoltèrent contre l'établissement de la monarchie absolue (1790), est l’un des derniers événements du règne de Joseph II, qui mourut le 20 février

« Des observateurs superficiels ont attribué les actions de Joseph 11 uniquement au désir ardent que ce prince aurait eu de faire le bonheur de ses sujets. Ses lettres, ses édits et sa conversation, il est vrai , étaient marqués au coin d’une philanthropie affectee, mais tout démontre qu’il cachait le despotisme et l’ambition sous le voile de la bienveillance et de krphilosophie (*). »

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