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LÉOPOLD ABOLIT LES RÉFOHMES DE JOSITH II

Joseph II avait, par son testament, laissé ses États à son frère Léopold, déjà illustre par la sagesse de son administration en Toscane. Lorsque ce prince monta sur le trône de l’Autriche, une partie des États héréditaires était soulevée; la Belgique formait une ré-

(*) W. Coxe , Histoire de la maison d' A u- Iriclie , t. T, p. 53ij.

publique indépendante; la Bohême se [daignait des impôts; la Hongrie ne voulait pas reconnaître Léopold et revendiquait le droit d’élection. Toutes les provinces étaient agitées par les réformes du philosophe Joseph II. réformes que les préjugés et les intérêts de certaines castes faisaient repousser de toutes parts.

A l'extérieur, la révolution française commençait à bouleverser le système politique’ de l'Europe: Léopold, resserrant les liens qui l’unissaient avec les divers souverains absolus, résolut de s'opposer à la propagande des principes révolutionnaires, et détruisit une à une toutes les institutions libérales de son prédécesseur. On a dit que les peuples acceptèrent avec joie le rétablissement de tous les abus; mais si les pîirases des écrivains subventionnés de cette époque n'ont pas plus de valeur historique que celles de certains auteurs de nos jours, il est permis de croire que les Autrichiens ne manifestèrent pas tant d'amour pour le régime féodal. En même temps, Léopold calma l’irritation des Bohémiens et des Hongrois; mais il ne put faire rentrer la Belgique sous son obéissance qu’en recourant à la force des armes. Le maréchal Bender mit en déroute les troupes de la nouvelle république, et Bruxelles fut reprise.

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Libre de soins intérieurs, Léopold put alors concentrer toute son attention sur la révolution française. Beaufrère de Louis XVI, il désirait, comme parent et comme souverain, conserver a ce monarque la plénitude de son pouvoir. D'ailleurs les réclamations des

firinces possessionnés(*) [compliquaient a question et poussaient Léopold , comme empereur, à s’opposer aux décrets de l’assemblée nationale.

Le 27 aodt 1791 , l’empereur et le roi de Prusse conclurent à Pilnitz une

(*) On appelai! ainsi les princes allemands qui lors de la réunion de l'Alsace à la France avaient conserve des droits féodaux sur celle province.

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alliance dont les motifs et le but sont exposes dans l’acte suivant :

Sa Majesté l'empereur et Sa Majesté le roi de Prusse, ayant entendu les désirs et les représentations de Monsieur et do monsieur le comte d'Artois , déclarent conjointement qu'elles regardent la situation où se trouve actuellement le roi de France comme un objet d’un intérêt commun à tous les souverains de l’Europe Elles espèrent que cet intérêt ne peut niauquer d'être senti par les puissances dont les secours sont réclamés, et qu’en conséquence elles ne refuseront pas d'employer, conjointement avec Leursdiles Majestés, les moyens les plus efficaces, relativement à leurs forces, pour mettre le roi de France en état d'affermir, dans la plus parfaite liberté, les bases d’un gouvernement monarchique également convenable aux droits des souverains et au bienêtre de la nation française. Alors, et dans ce cas , Leursdites Majestés l'empereur et le roi de Prusse sont résolues d’agir promptement, d’un mutuel accord, avec les forces nécessaires pour obtenir le but proposé et commun. En attendant elles donneront à leurs troupes les ordres convenables pour qu’elles soient à portée de se mettre en activité.

Cependant l’acceptation par Louis XVI de la constitution de 1791 semblait indiquer l’établissement de ce gouvernement que Léopold souhaitait à la France. Il abandonna donc ses projets et reçut le pavillon tricolore dans ses ports. Mais bientôt la continuation du mouvement révolutionnaire ramena.

Léopold à ses premières idées; il reprit ses armements, soutint les demandes des émigrés, et appuya les réclamations des princes possessionnés. La France aussitôt demanda la guerre, et Léopold s’y préparait en renouvelant son alliance avec la Prusse, lorsqu’il mourut le 1er mars 1792.

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