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GUERRE CONTRE LA FRANCK

A peine le fils de Léopold fut-il monte sur le trône, rjue Louis XVI, forcé par la nation, déclara la guerre à l’Autriche ( 20 avril ). Cette puissance et son alliée réunirent leurs armées

et en donnèrent le commandement au duc de Brunswick. Celui-ci, à la tète de soixante -dix mille Prussiens et de soixante-huit mille Autrichiens , Hessois ou émigrés, envahit la Champagne; mais les victoires de Valiny (20 septembre 1792), de Jeminapes (21 octobre), remportées par Dumouriez, et la prise de Mayence par Custine, suspendirent la guerre. Cependant tous les rois de l’Europe, excités par Pitt, se réunirent bientôt à la Prusse et a l’Autriche, et la France se trouva attaquée sur toutes ses frontières. La convention accepta cette lutte et jeta un terrible défi à l’Europe, la tête d’un roi ! Elle déclara que tout citoyen était soldat ; elle créa le comité de salut public pour détruire les ennemis à l’intérieur, les traîtres qui conspiraient avec l’etranger, et lança bientôt , au chant de la Marseillaise , quatorze armées gui repoussèrent partout les confédérés.

La campagne de 1793, commencée au mois de février, fut malheureuse pour la France; Dumouriez, mal secondé par Ips généraux sous ses ordres, ou déjà traître à la patrie, fut battu et finit par déserter, lorsque la convention qu’il menaçait l’eut mis en état d’arrestation. Mais en 1794, les alliés furent vaincus à Tournai (8 mai) par Piebegru , àFleurus(26 juin) par Jourdan ; la Hollande fut conquise (janvier 1795), et la Prusse, debordee par sa droite, fit la paix avec la république (traité de Bàle, 5 avril); l'Espagne suivit son exemple (22 juillet).

L’Angleterre redoubla alors d’efforts pour tenir réunis les princes encore coalisés, et compenser la défection de la Prusse et de l'Espagne par l'accession de la Russie à la coalition. Malgré ces efforts de l’Angleterre, toutle poids de la guerre retomba sur l’Autriche.

L’Autriche fut néanmoins abandonnée par l’Empire qui conclut une trêve avec la France (3 1 décembre) : François II persista courageusement ; aussi le gouvernement français ( le directoire), pour contraindre l’empereur à la paix , résolut d’attaquer l’Autriche sur le Rhin et en Italie. Jourdan sur

L’UN I VERS

le bas Rhin, Moreau sur le haut Rhin et Bonaparte en Italie, commencèrent les opérations avec ardeur, François leur opposa l'archiduc Char.es, qui, par ses savantes manœuvres sur le Rhin, sauva l'Autriche d'uue ruine imminente.

CAMPAGNES u’iTALIE.

Dès que Bonaparte eut reçu le commandement de l'armée d'Italie, la guerre prit un aspect tout nouveau.

A peine a-t-il rassemblé ses troupes éparses, qu'il se jette sur les Autrichiens, les bat a Montenotte (12 avril) , a Millésime (15 avril) , culbute leurs alliés les Piémontnis à Mondovi (22 avril) , et force le roi de Sardaigne à conclure un armistice (28 avril) qui, dix-sept jours plus tard (15 mai), est change en paix définitive.

Libre d attaquer avec toutes ses forces les généraux autrichiens, Bona-

f tarte passe le Pô à Plaisance, force es ducs de Parme et de Modène à acheter sa neutralité, et tombe sur les derrières des Autrichiens, qui se concentrent à Lodi pour défendre le passage de l’Adda. Le pont de Lodi est enlevé au pas de course (10 mai) , et cette action vigoureuse est suivie de la retraite de Beaulieu sur le Mincio. Les Français entrèrent à Milan (f5 mai).

Os* victoires assurèrent le triomphe des Français en Italie : Parme et Modene avaient déjà conclu des armistices avec la France; le pape et le roi de Naples se hâtèrent de demander la paix.

Pendant le temps que les négociations avaient lieu , Bonaparte poursuivait la suite de ses opérations. Il força le passage du Mincio (30 mai) , et investit l'importante place de Mantoue.

Serrurier fut chargé du siège, le reste de l’année française observait les mouvements de Beaulieu, et s'emparait de la ligne de l'Adige.

Le cabinet de Y ienne envoya aussitôt AVurmscr avec une nouvi Ile armée au secours de la place assiégée. Lever le siège de Mantoue, battre successivement les corps d’armée de Wurtnser

et de Quasdanowich à I.onato , à Castiglione (5 août), forcer YVurinser à sc retirer dans le Tvrol , réinvestir Mantoue, furent autant de manœuvres conçues et exécutées avec une audace et une rapidité incroyables. Une nouvelle tentative de YVû miser sur Mantoue fut encore rendue inutile par les victoires de Bonaparte à Mori , Rovérédo, Calliano, Bassano.

Mais, pendant ce temps, les armées françaises étaient battues sur le Rhin.

Bona'parte, craignant une diversion et voulant se faire des alliés , créa les républiques cisalpine , cispadane et transpadane. L’Autriche, de son côté, fit un nouvel effort pour sauver Mantoue. Une nouvelle armée, commandée par Alvinzv , fut battue à Arcole ( 15 octobre) et à Rivoli ( 14 janvier 1797). Provera fut écrasé sous les murs de Mantoue où il voulait entrer.

Wurmser capitula le 2 février. La garnison était aux abois ; elle avait mangé tous ses chevaux , et elle était en proie à des maladies qui la décimaient. Les ennemis de la F'rance , le pape et l’Autriche, implorèrent la paix. Le directoire signa un traité à Tolentino avec le pape (19 février). Pie VI céda Avignon , le comtat Venaissin , les légations de F’errare et de Bologne, la Roniagne , et paya trente millions.

FAIX DK CA MrO -FO RM 10.

Maître de ses mouvements en Italie, Bonaparte marcha sur Vienne. François lui opposa l’archiduc Charles, qui lut rappelé de l'amice du Rhin , mais qui ne put empêcher les F’rançnis de passer la Piave (10 mars) et le Tagliamento. Les troupes qui lui arrivaient d’Allemagne furent écrasées à Neuniark et Hundsmark par Masséna ; et enfin, le 7 avril, l’archiduc envoya demander un armistice. Les préliminaires de la paix furent signés le 18 à Léoben. Le traité définitif ne fut conclu que le 17 octobre à Cninpo- Formio prèsd’Udine. L'Autriche céda la Belgique à la F'rance , et reçut en échange le territoire de la répulilique de Venise, la Dahnatie vénitienne,

AUTRICHE

l’Istrieet les botiehes du Cattaro. I, 'acquisition de la Gallicie occidentale, obtenue, en 1795, par le troisième partage de la Pologne, apportait aussi une compensation aux pertes de territoires que l’Autriche venait de supporter.

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