LIVRE SEPTIÈME
ACTES DU PREMIER CONGRÈS. COMBAT DK LexINGTON. SUCCÈS VERS LE LAC CHan- PLAIN, CoMBaT px Bunker’s-niLrz. Was HINGTON NOMMÉ GÉNÉRALISSIME. DÉLIBK- RATIONS DU CONGRÈS DE 1775. SITUATION DES DIVERSES PROVINCES, EXPEÉDITIONS Dx MonTGOMERY ET D'ARNOLD CONTRE LE CANADA. ÉVACUATION DE BOSTON PAR Les TROUPES ANGLAISES, ÂFFAIBLISSEMENT DR L'AUTORITÉ ROYALE, DÉCLARATION D'ix- PBÉPENDANCE,
La faveur publique dont fut environné le premier congrès lui donna dès l’origine une autorité et une force d’opinion propres à vaincre toutes les résistances particulières. Les choix avaient été faits parmi les hommes les plus dévoués à leur pays : leurs sentiments étaient connus et leurs caractères éprouvés : la plu urt des membres tendaient vers l'indépendance; les autres essayaient encore de renouer les liens des colonies avec la métropole; mais , quelle que fût la diversité des opinions, l'amour du bien public était le même : les plus graves questions
ui pussent intéresser la patrie allaient être débattues ; et comme elles devaient l'être dans une assemblée qui attirait sur elle les regards du monde, la solennité de ses discussions élevait on-
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core ses vues, l’avertissait constamment du sentiment de sa dignité, et imprimait à sa mission un caractère plus auguste.
Ce premier congrès, qui choisit pour président Payton-Randolf, de Virginie, se composait de cinquante-cin membres : toutes les provinces avaien concouru à sa formation, à l'exception de la Géorgie qui n’envoya ses députés
ue l’année suivante. L'assemblée crut
evoir tenir secrètes ses délibérations pour mieux en assurer la liberté, et deux commissions furent nommées, l’une pour examiner les droits des colonies, l’autre pour constater leurs griefs; mais avant qu’elles eussent pris une résolution, le congrès reçut du Massachusett un message qui l’informait des mesures adoptées par les délégués de cette province, réunis alors à Suffolk. Ils rappelaient dans cet écrit que leurs ancêtres, expulsés d’Angleterre par linjustice et la violence, avaient péniblement acquis par leurs travaux et leur sang les terres où ils s'étaient réfugiés; que leurs fils, en recevant d’eux cet héritage, avaient contracté l'obligation de le transmettre libre et sans dommage à leur postérité;
ue le sort de l'avenir allait aujour-
’hui dépendre de leurs résolutions, et que s’ils se pliaient à une servitude volontaire, leur mémoire serait à jamais flétrie; mais que s’ils résistaient à une usurpation de pouvoir, qui livrait Boston aux exécuteurs militaires, privait cette ville de ses moyens d’existence, détruisait son commerce, anéantissait les chartes de la colonie, la chargeait d'impôts, abolissait ses franchises et ses constitutions, la postérité bénirait le courage de ses défenseurs.
Après avoir exprimé avec énergie les sentiments dont ils étaient animés, les représentants du Massachusett énon-
ient dans une longue série d’articles
eurs griefs contre le gouvernement britannique, et la ferme résolution de résister à tous ses actes illégaux.
LA: eppeeye que donna ie congrès de Philadelphie aux décisions de cette assemblée les fit regarder comme l’expression de la volonté générale. Ce
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qu’une colonie avait résolu devint alors la règle de toutes, et le congrès déclara unanimement qu’il approuvait la sagesse et la fermeté avec lesquelles le Massachusett s’opposait aux mesures de l’Angleterre, et qu’il lui recommandait d’une manière expresse de persévérer dans la même conduite. Les résolutions du congrès furent ensuite développées dans plusieurs actes, dont il importe de rappeler les principales dispositions.
8 droits des habitants furent solennellement proclamés, et les premiers de tous étaient la vie, la liberté, la propriété. Les colons devaient jouir de toutes les franchises et immunités des Anglais eux-mêmes; ils n’en avaient perdu aucune par leur migration : ils avaient le droit de concourir dans leurs propres assemblées à la formation des ois, à l’établissement des impôts; ils ne pouvaient étre jugés que par leurs pairs et avec l'institution du jury; tous les priviléges accordés aux colonies par leurs premiers statuts ou par des chartes subséquentes devaient leur être conservés : leurs gard pouvaient adresser au roi leurs plaintes, et s’opposer par des proclamations à toute mesure illégitime. Des corps de troupes ne pouvaient être maintenus en temps de paix dans une colonie sans le consentement de son assemblée; on ne pouvait y confier à un conseil nommé par la couronne le pouvoir de faire des lois.
Cette déclaration de droits devint le principe des résolutions qui furent ensuite adoptées par le congrès : elle avait d’autant plus de force qu’elle ne s’étendait point d’une manière vague aux théories àsuivre dans l’organisation des sociétés , théories dont l'application , diversement modifiée, aurait pu amener de nouveaux débats. En rappelant les priviléges inhérents à la qualité d’Anglais, consacrés par les chartes, réclamés par les intérêts des colonies, on n’exprimait encore aucun dessein de se séparer de la métropole : toutes les voies restaient ouvertes à une réconciliation. On avait eu égard, sur ce point, aux opinions du parti modéré,
12° Livraison. (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE.) 12
gui craignait d'engager une lutte trop inégale, et de précipiter les colo- DATES tous les maux de la guerre civile.
Les mêmes sentiments se retrouvent dans l’acte qui suspendit les relations de commerce des Américains avec
dors LA jusqu'à ce qu'on eût réaré les infractions faites à leurs liberés. Le congrès exprima dans cette
seconde déclaration que, touché des malheurs des colonies, il avait dû en rechercher la cause, et qu'il la trouvait danslesystème d'administration adopté depuis 1763, système dont le but lui paraissait être d'asservir les colonies ‘et l'empire britannique avec elles. 11 se penis des actes publiés par le parement pour soumettre à de nouvelles “charges les Américains, pour leur enlever le privilége du jury, pour les priver de leurs juges naturels en évoquant en Angleterre une partie de leurs causes; il regardait les règles adoptées pour l'administration du Canada comme hostiles envers les autres colonies eg. Pad et comme propres -à semer la:division entre les habitants des deux pays; il s'élevait avec force contre les mesures oppressives auxquelles les habitants du Massachusett se trouvaient assujettis, et, pour obtenir le redressement de ces griefs, il prenait au nom des colonies l'engagement suivant :
Nous n’importerons dans l’Amérique anglaise, à dater du 1° décembre 1774, aucun article provenant de
- la Grande-Bretagne ou de l'Irlande, aucun thé des Indes orientales, de quelque partie du monde qu’il soit expédié, aucune denrée coloniale venant des plantations britanniques. Nous n’importerons aucun esclave et nous n’en achèterons aucun; nous ne prendrons aucune part à ce commerce; nous ne louerons point nos vaisseaux a ceux qui s’en occupent, et nous ne leur vendrons ni approvisionnements ni objets manufacturés.
Toute exportation pour la Grande- Bretagne, l’Irlande et les îles anglaises ‘des Antilles doit cesser à compter du 40 septembre 1775, si à cette époque
les actes du gouvernement britannique ne sont pas révoqués.
. À la suite de ces premières déclarations, le congrès prescrivait aux habitants de perfectionner l'éducation des bêtes à laine, d’en accroître le nombre, d'en épargner la consommation, de n’en exporter aucune. Le but d’un autre article fut d'encourager la fru-
alité, l’économie, le travail, d'étendre
agriculture, les arts, les manufactures, surtout celles de laine , de détourner du luxe, des jeux, des spectacles, de tout amusement dispendieux, et de réduire également les frais du deuil ct des funérailles.
Il fut convenu que l’on n'aurait ni commerce ni relations avec les colonies ou provinces de l’Aimérique du nord qui n’accéderaient pas à cette association ou qui la violeraient ensuite, et qu’on les regarderait comme ennemies des libertés de leur pays.
Les contractants s’engagerent, pour eux et leurs constituants, à adhérer à cette association jusqu’à ce qu’on eût révoqué les actes du parlement, passés depuis la dernière guerre, qui imposalent ou conservaient des droits sur le thé, les vins, le sucre, le café, et d’autres articles admis jusqu'alors en pleine franchise, les actes qui étendaient les pouvoirs des cours d’amirauté au delà de leurs anciennes limites ,et ceux qui privaient les Américains de la procédure par jurés. Les autres mesures dont on demandait aussi la révocation étaient celles qui ordonnaient de traduire devant les tribunaux d’Angleterre les hommes accusés de quel-
ues délits en Amérique, celles qui
ermaient le port de Boston, qui altéraient les chartes et le gouvernement du Massachusett, qui changeaient l’oranisation du Canada, et qui en proongeaient vers le midi les limites territoriales, de manière à resserrer les autres colonies anglaises et à les menacer.
La colonie du Massachusett avait, ar ses résolutions énergiques, donné ’impulsion à toutes les autres provinces : elle continuait d’exercer une grande influence sur leurs délibéra-
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tions, et ses représentants adressèrent au congrès un nouveau message pour se plaindre des entreprises du général Gage, qui était alnrs gouverneur de Boston. La mani:r: dont on faisait fortifier cette placeanonçait, disaientils, que les troupes allaient traiter en ennemis tous ses habitants; les rem-
arts qui en couvraient les agprocies
taient eye achevés, on les avait armés de batteries; les hauteurs voisines allaient être occupées, et toutes les avenues de Boston, par mer et par terre, seraient commandées par la flotte du port ou par des retranchements. Tout portait à croire qu’on voulait en faire une place de guerre, que le gouvernement britannique avait résolu de forcer les habitants à la soumission et d’exiger d’oux des otages pour la garantir. Les derniers actes du parlement avaient rendu impossible l'administration de la justice, et toutes les lois ailaient être suspendues. Il devenait urgeut de sortir d’une situation si pénible : les habitants avaient recours aux conseils du ant et ils déclarèrent qu’ils étaient prêts à quitter la ville où l’on voulait les enchaîner, et à se soumettre à toutes les fatigues, à tous les périls que pouvait entraîner la défense de la cause commune.
Cette courageuse résolution des Bostoniens fut louée et soutenue par le congrès, et cette assemblée adressa au
énéral us représentations contre illégalité de ses mesures ; mais comme il! ne s’agissait point d’une infraction partielie , et comme les dangers d’une seule colonie devenaient communs à toutes les autres, ce fut à l'Angleterre elle-même que le congrès fit parvenir ses plus vives remontrances, et il s’adressa également au monarque et à la nation.
Le congrès, dans sa supplique au roi, cherchait d’abord à émouvoir les sentiments généreux de ce prince, et lon y remarquait les passages suivants : « S’il avait plu au Créateur de l'espèce humaine de nous faire naître dans une terre d’esclavage, l'ignorance et l'habitude auraient pu adoucir en nous i6 sentiment de notre condition;
mais, grâce à sa bonté, nous sommes nés libres, et nous avons joui de nos droits sous les auspices de vos ancêtres.
La crainte d’être dégradés du rang ir de citoyens anglais émeut proondément nos cœurs. Les titres de Votre Majesté à la couronne et ceux de ses peuples à la conservation de leurs immun'tés dérivent d’une même source; et comme elle jouit, par-dessus tous ‘es autres souverains, de l’avantage de régner sur des citoyens libres, nous pensons que la franchise de notre langage ne saurait lui déplaire. » Le congrès exposait ensuite les atteintes es aux priviléges des colonies, et il en rejetait tout le blâme, tout l’odieux sur les hommes qui s'étaient placés entre le monarque et ses fidèles sujets, pour les calomnier, et pour abuser, en les opprimant, de l'autorité dont ils étaient revétus.
L'adresse des Américains au peuple de la Grande-Bretagne respirait les sentiments les plus propres à toucher une nation jalouse de ses libertés. I os colons rappelaient aux Anglais la communauté de leur origine, la similitude de leurs droits, la Brie lutte qu’avaient soutenue leurs ancêtres pour défendre et maintenir les franchises nationales. Toutes les libertés que la constitutiun anglaise a guranties leur apprtiennent : ils doivent avoir les remes prérogatives judiciaires; ils soni maîtres de leurs propriétés ; aucun narlement, aucune assemblée étrangère aux colonies et choisie sans elles ne peut les imposer à son gré; le peuple des îles britanniquesest intéressé luimême à ne pas laisser étendre sur ces provinces éloignées un pouvoir absolu, gen ferait ensuite peser sur lui. C’est
couis la dernière guerre qu'ont eu lieu tous ces empiétements d'autorité :
les colonies demandent à être rétablies dans leur état antérieur. Si elles ne l’obtiennent point, si, après avoir ché: 6 leur commerce de droits onéreux, on veut détruire celui de Boston et apyesantir sur d’autres villes les mêmes rigueurs, les habitants vivront des produits du sol natal: ils chercheroot dans leur industrie les moyens
de se | r de celle du dehors; ils suspendroni toute relation de cammverce avec l'Angleterre, aussi longmt ue les mesures dont ils ont à se plainüre ne seront pas révoquées.
congrès adressa ensuite une proclamation aux colonies, pour leur eindre, sous de vives couleurs, les infractions faites à leurs priviléges ; pour les encourager à la résistance ; pour les. prémunir contre les démar- ‘cChes insidieuses qui pourraient être ‘faites, dans la vue de les désunir et ‘de les amener à la soumission.
Les habitants du Canada, ceux de la Nouvelle-Écosse, ceux des Florides, ‘furent enfin invités par d’autres pro- «clamations à s’unîr à la confédération américaine. S'ils n'avaient pas les mêmes chartes, les mêmes priviléges à revendic''er, ils avaient à conquérir pour eux-mêm.s des institutions qui avaient assuré pendant longtemps la rospérité des colonies britanniques :
eur cause devenait commune; et la différence de religion ne mettait aucun obstacle à cette fusion d’intéréts. On en avait un exemple dans la confédération helvétique, dont les liens et le bon accord n'avaient pas été affaiblis par la diversité des croyances.
fi fallut attendre pendant plusieurs mois |£ résultat de ces premières délibérations du congrès. Elles avaient pour but d’attacher à la cause des colonies un grand nombre de partisans, non-seulement dans les contrées où on les faisait parvenir, mais dans toutes celles où la voie de la presse pouvait les répandre : c’était un appel fait à toutes les nations, où les droits et les questions qui intéressent l’ordre social commencçaient à être discutés. Si les Américaius y obtenaient l'appui de
Topinion publique, ils espéraient que .
cette première force leur procurerait un jour des secours plus efficaces, et qu’elle entraînerait les gouvernements eux-mêmes à favoriser leur cause.
Les travaux du congrès et les démarches que lui avait suggérées sa prévoyance se trouvant alors accomplis, il termina, le 26 octobre, sa preinière session, et ajourna au 10 mai
1776 celle du congrès suivant. Toutes les assemblées coloniales approuverent les résolutions qu’il avait prises. La Pensylvanic, le Maryland, la Delaware , la Virginie, lev rent des milices, amassèrent des munitions de guerre, et se montrèrent prêtes à résister aux ordres du gouvernement britannique.
Dans les colonies plus méridionales.
les partisans de la cause populaire se prononcèrent avec la même ardeur'; et nes oppositions partielles ne les arrétèrent point. Le zèle des provinces de la Nouvelle-Angleterre parut encore plus exalté: il s’y mélait un enthousiasme religieux que les exhortations des ministres sacrés animaient chaque jour davantage : la cause du peuple était préchée au nom du Ciel; et le Ciel n’abandonnerait pas ceux qu’il avait pris sous sa garde.
La situation de New-York y avait fait naître d’autres opinions : cette ville, déjà favorisée par un commerce étendu , ne voulait pas se priver de toute communication avec l’Angleterre : elle conservait un vif désir de se rapprocher de la métropole, et craignait que la guerre ne nuisît au développement de sa prospérité.
Lorsqu'on fut informé en Angleterre des différentes résolutions du “de , le gouvernement britannique se flattait encore de calmer, par quelques concessions , les troubles des colonies : il ne croyait pas à l’unanimité de leur résistance; et les nouvelles qu’il reçut de New-York l'ayant bientôt confirmé dans cette opinion, ils’attacha au projet de diriger toutes ses rigueurs contre le Massachusett. Lord North proposa au parlement de déclarer que la rébel'ion avait éclaté dans cette colonie : on espérait isoler ainsi sa cause , et faire abandonner aux autres provinces le désir de la défendre, en leur montrant pour elles-mêmes de plus conciliantes dispositions. Ce fut en vain que lord Chatam chercha par son -éloquence à prévenir une déclaration si funeste, et que Benjamin Franklin, Lee et Bollan, qui étaient envoyés des colonies , se présentèrent
a la chambre des communes, pour faire,
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rendre en considération les remonances adressées au roi par le congrès : ils ne furent
Faire déclarer rebelle le Massachusett, c'était annoncer d’autres mesures répressives :elless’étendirentauRhode- Island, au Connecticut, au New-Ham shire, qui formaient avec cette colonie les provinces de la Nouvelle-Angileterre, et qui s'étaient prêté une mutuelle assistance. Une loi du parlement treignit leur commerce : elle ne permit de relations qu'avec les po: ses sions britanniques en f'urope et les Antilles ; elle leur interdit le cheries du banc de Terre-Neuv.
longtemps utiles à leur prospériu Bientôt même on appliqua de semblables restrictions commerciales aux autres colonies, à l'exception de celles de New-Yorket dela Caroline du Nord, qui s'étaient moins ouvertement prononcées contre la juridiction du gouvernement britannique.
Eu introduisant quelques exceptions dans ses mesures de rigueur, le gouvernement espérait ramener à lui une purs de ces provinces. Il consentait
laisser aux assemblées coloniales le droit de proposer elles-mêmes la levée de leurs contributions pour l'entretien des autorités civiles et militaires, et pour tous les frais de l'administration et de la défense, pourvu que ces propositions d’impôts et la répartition des recettes qui en proviendraient fussent approuvées par le roi dans son parlement. Mais ces demi.- concessions ne pouvaient satisfaire les. colonies, qui ne voulaient admettre lintervention du parlement britannique. ni dans la levée de leurs taxes, ni dans la djstribution de leurs revenus : elles ne considérèrent les préférences accordées à quelques-unes d’entre elles que comme un leurre pour les détacher de la confédération.
La résolution. de faire passer un corps de dix mille hommes dans les colonies insurgées avait été prise par le gouvernement : il regardait cette mesure comme suffisante pour comprimer la sédition ; et, lorsque Edmond Burke, l’un des membres les plus éclai-
rés du parlement , voulut lui faire re-
connaître tout le danger de recourir à
la force, et l’invita à se borner aux
subsides que les assemblées pourraient
accorder de leur propre mouvement,
le parlement repoussa proposi-
tion : !! la crut contraire à sun auto-
rité ; et, pour ne pas fléchir, il se jeta
dans un péril plus imminent. Des re-
montrances lui furent adressées par
les pr'neipales villes du royaume, par
par Bristol , par Liverpool :
i représentait les pertes du com-
les malheurs d’une guerre pro-
L tous les risques d’une éman-
1; mais il jugea que les plaintes
t exagérées, que les alarmes
nt chimériques : de si vives oppo-
sitions lui paraissaient inspirées par
la malveillance; et les défenseurs de
la cause américaine étaient regardés
comme les ennemis secrets des institutions de leur pays.
Tandis que le ministère et le parlement britannique s'attendaient à la prompte réduetion des colonies, celles qui paraissaient les plus menacées préparaient avec ardeur leurs moyens de résistance. Le peuple s’emparait dans le Rhode-Island de l'artillerie et des munitions de guerre déposées dans les arsenaux : l’assemblée du New-Hampshire fit occuper le fort de Guillaume et Marie, où l’on trouva de la poudre et des canons : des manufactures d’armes furent établies dans le Massachusett ; la Pensylvanie, le Maryland eurent des magasins et des fabriques semblables : de toutes parts on leva des milices , on les organisa; tout se préparait à la guerre, et les environs de Boston allaient devenir le théâtre des hostilités.
Le général mg. A appris qu'on avait formé un dépôt d’armes à Salem, envoya, le 26 février 1775, un détachement pour s’en emparer. On avait eu le temps de les soustraire à ses recherches ; l’expédition n’eut aucun résultat; et une rixe violente qui s’engagea en cette occasion entre les soldats et le peuple , fut heureusement calmée par l’éloquente et généreuse intervention d’un ecclésiastique, noin-
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mé Bernard; mais une autre entreprise de mêmé nature devint plus grave, et fit évanouir toute espérance e conciliation.
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Boston l’avertirent se magasin d’armes avait été établi à Concord, situé à dix-huit milles de cette place; et il fit partir, pour l’enlever , un détachement de troupes, commandé par le colonel Smith et le major Pitcairn. Ce détachement, arrivé à Lexington, y rencontra un corps de ceat hommes de milice, qui, ayant refusé de mettre bas les armes , essuyèrent un premier feu, se lièrent , et revinrent plusieurs fois à la charge. Les troupes anglaises pourgr LA es er ap où, après avoir épi elque résisténee de la des habitants, elles enclouèrent plusieurs pièces d’artillerie, et détruisirent les munitions qu’on
avait rassemblées.
Mais le bruit de leur marche avait ptement soulevé la population es environs : les miliciens se dirigeaient de toutes parts vers Concord, et ils barcelèrent dans sa retraite le détachement anglais qui avait repris la route de Lexington. Le colonel Smith perdit beaucoup de monde dans ces continuelles escarmouches, où les Américains profitaient de la connaissance des lieux pour er da ee pu d’avantage. il eut gagn ington, il eut à %y défendre vante Un corps de milices beaucoup plus nombreux : le combat devint acharné, et les Anglais allaient être complétement détruits ; mais le général Gage, prévoyant la résistance que ses premières troupes vaient rencontrer, avait envoyé à leur secours deux mille hommes d’infanterie : lord Perey qui les commandait s’ayança jusqu’à Lexington, et sauva les débris de ce corps dont il protégea la retraite. Les suldats de cette expédition avaient eu à faire dans la journée une mnarche de trente-six milles : ils avaient été vd dant leur retraite, constamment arcelés par les Américains, et ils rentrèrent dans la place excédés de fatigue et couverts de blessures : un
grand nombre d'hommes avaient péri.
Le combat de Lexington eut lieu le 18 avril 1775, et il devint le signal de la guerre. Comme il avait été favorable aux D ii leur inspira une nouvelle confiance, et l’on était partout disposé à courir aux armes. L'assemblée provinciale du Massachusett, qui tenait alors ses séances à Water-Town, secondait cet élan de l’opinion publique : elle ordonna la levée de treize mille six cents hommes de milices.
Les colonies du Connecticut, du New-Hampshire, du Rhode-Island, fournirent avec la même promptitude leurs contingents; et une armée de trente mille hommes vint se réunir près de Boston, pour y bloquer la garnison anglaise, et couper toutes les communications de cette ville avec le continent.
Boston est située dans une presqu'ile dont elle occupe toute l'étendue, et qui ne tient à la terre que par un sthme , réduit à la largeur d’une simple chaussée. Deux autres proies ; celle de Charles-Town au nord, celle de Dorchester au sud, sont si rapprochées de la ville cu’on pourrait la battre aisément par les pièces d’artillerie qu'on y aurait placées sur les hauteurs de Breeds-Hill et de Nooks-Hill.
Cette situation entre deux péninsules
ui la dominent rend plus difficile la
éfense de la place, si l’on n’est pas maître en même temps de l’un et de l’autre point (voy. pl. 45).
Le général Gage n’avait pas assez de troupes Lour occuper ces deux positions latérales; et il se concentra dans la ville de Boston, tandis que l’armée américaine se développa sur le continent, depuis l’isthune de Charles- Town jusqu’à celui de Dorchester. Elle occupait le bourg de Cambridge et celui de Roxbury : son aile gauche s’étendait entre le Mystic-River et le Charles-River; son aile droite fermait l'isthme de Boston, et l’on ne s’attacha pendant longtemps qu’à resserrer le blocus de la place.
Mais, sur ces entrefaites, la co!:nie du Connecticut tentait une audacieuse expédition vers le lac Champlain , qui
ient péri.
ut hou 1 signal de favorable une nou-
se réunir er la gar- Loutes les le avec le
ane presl'étendue, le par un l’une fe ‘esqu'iles , vu , celle si rapprourrait la s d’artilleles hauboks-Hill.
béninsules lifcile la n’est pas ’un et de
pas assez deux pooncentra
ester. Elle:
ige et cehe s’étenle Charà fermait ne s’attaresserrer
a co!cnie dacieuse lain , qui
forme, avec la rivière Sorel ou des Iroquois, une ligne de communication entre la colonie de New-York et le Canada. Le but de cette entreprise, diri-
ée par les colonels Easton et Allen,
tait de s'emparer des forts de Ticonderoga et de Crown - Point, qui couvraient cette communication , et où les Anglais avaient formé des magasins d'armes et de munitions. Ces deux officiers furent rejoints par le colonel Arnold, homme intrépide, inquiet, aimant les difficiles entreprises, puissant sur l'esprit des soldats , et sachant les entraîner par son ardeur et sa bravoure. Ils assemblèrent si secrètement leurs troupes à Castel-Town, et ils les portèrent si rapidement vers Ticonderoga, que les Anglais, surpris d’une attaque inattendue , rendirent la place sans résistance : une partie des troupes marcha ensuite sur Crown-Point qui fut également occupé. On trouva dans les deux forteresses plus de deux cents pièces d'artillerie , et une quantité considérable de munitions.
L'armée américaine, vers laquelle on dirigea ces approvisionnements, continuait le blocus de Boston; mais il devenait difficile de le maintenir contre une garnison devenue Pequcon plus nombreuse. Les généraux How
linton et Burgoyne y avaient amené d'Angleterre de nouveaux renforts, et le piierel Gage, ayant alors douze mille hommes de bonnes troupes sous ses ordres, se disposait à reprendre l’offensive, et à forcer la ligne des retranchements américains, soit à Roxbury, soit en avant de la presqu’île de Charles-Town. Le premier projet d'attaque fut abandonné, et le général Putnam, qui commandait l’armée américaine, ayant pénétré les vues de l’ennemi, voulut en prévenir l'exécution, en faisant occuper avant lui la presqu'île de Charles-Town, et en fortifant les hauteurs de Bunker’s- Hill, qui en commandent l'entrée. Le colonel Prescott était chargé de cette expédition avec un corps de mille hommes; mais il y eut sans doute quelque méprise dans la transmission des ordres , et Prescott, au lieu de s'établir
dans cette position, gagna celle de Breed’s-Hill, beaucoup plus avancée dans la péninsule, et se hâta de s’v retrancher dans la nuit du 16 au 17 juin. Cette dernière hauteur dominait
oston, et l'artillerie que les Américains pouvaient y placer aurait écrasé la pre Le général Gage forma aussitôt le projet de les déloger : il mit un s de deux mille hommes sous les
cor, ordres du gesral Howe: et ces trou- » qui débarquèrent à la Pointe- Morton , marchèrent en trois colonnes sur les Américains : celle de gauche les força d’évacuer Charles-Town, où élle mit ensuite le feu; celle du centre attaqua leurs redoutes élevées sur les hauteurs de Breed’s-Hil], et l’ailedroite se porta sur les tranchées que Prescott avait fait creuser entre cette position et le Mystic-River, et qu'il avait fait arnir d’un double rang de palissades.
endant la durée de l’action on avait recu des renforts de part et d'autre :
Clinton était venu soutenir les Anglais avec des troupes nouvelles, et les généraux Warren ‘et Pomeroi étaient arrivés au secours des Américains avec quelques milices du Massachusett et du Connecticut. L'engagement devint meurtrier, et tous’ les fléaux de la guerre se trouvèrent réunis : la proue était à la fois livrée aux ureurs d’un sanglant combat, aux ravages de l’incendie qui dévorait Charles-Town; et ces scènes d'horreur el de pitié avaient pour spectateurs les habitants d’une grande ville qui attendaient avec anxiété issue de cette journée. On défendit les redoutes avec intrépidité : les Anglais furent repoussés deux fois, et jetés dans un extrême désordre; enfin ils emportèrent, dans un troisième assaut, les retranchements qu'ils faisaient attaquer en même temps sur plusieurs ints; et les troupes américaines, orcées dans leurs positions , après une courageuse et longue résistance, qui avait épuisé leurs munitions, se replièrent en bon ordre vers l’isthme par où elles avaient pénétré.
Warren fut tué dans cette retraite en résistant avec fermeté à la pour-
suite des ennemis. Sa mort devint un sujet de deuil, et sa mémoire resta en vénération; il laissa plusieurs orphelins : l'État les prit sous sa garde, et leur tint lieu de père. Warren avait passé des conseils aux armées, et après avoir été un des plus éloquents soutiens des droits de son pars, ilen avait embrassé avec ardeur la défense. L’éloge de son dévouement et de ses vertus retentit dans les camps , à la tribune et sous la voûte des temples.
«Il est tombé le héros américain; « mais il n’est pas mort tout entier :
« son esprit lui survit; il anime en- « core le courage de nos braves. Enne- «mis de nos libertés, voilà votre «ouvrage; défenseurs de la patrie, « Dur. ro mn as isez « vos , ne les quittez qu'après « l’affranchissement de votre pays.
« Vieillards, faites des vœux pour « nous; jeunes hommes, accourez aux Mo : Warren our rein aux « périls, aux pom e la gloire. »
dm le champ de bataille fût
resté aux trou Enfants la valeur que les Américains déployèrent dans cette journée it. plus cir-
conspects les projets ultérieurs de l'ennemi : ilne rcha pasà poursuivre au delà de l’isthme cet engagement, et il Êt seulement occuper et retrancher les hanteurs de Bunker’s-Hill, pour empêcher une nouvelle invasion dans la presqu'île, où Charles-Town n’était pis qu'un .monceau de cendres. Le
locus de Boston devint plus étroit et plus rigoureux : on commençait à y souffrir de la disette, et un grand nombre d'habitants sollicitèrent du gouverneur anglais la parrain de sortir de la place. C’étai pour eux une faveur; on la leur fit acheter par les plus dures conditions, quoique la nécessité de renvoyer les bouches inutiles devint plus urgente de jour en
our.
c Telle était la situation des affaires dont la nouvelle session du congrès avait à saibes Les événements lui imposaient de plus grandes obligations : la guerre setrouvait engagée , de nombreuses levées devenaient néces-
saires; il fallait en assurer pont et l'équipement, prévenir les jalousi mutuelles des provinces , et substituer à leurs intérêts particuliers celui de la commune patrie , s'assurer des dispositions des Indiens, centraliser les opérations militaires, en choisissant un général en chef, qui, par ses qualierrières, ses vertus civiques, la modération de ses principes et l’énergie de son caractère, pût inspirer une confiance absolue, plaire à l’armée, à la nation, être respecté de tous les partis.
Les Een se réunirent sur Geores Washington de Virginie, memre du congrès ; et le général, acceptant avec reconnaissance et avec une modeste dignité la haute et difficile mission qui lui était imposée au nom de la patrie, se voua sans réserve à son glorieux service. On lui donna pour majors généraux Arthème Ward, Charles Lee, Israël Putnam et Philippe Schuyler; l’adjudant général fut Horace Gates, et huit brigadiers généraux furent choisis parmi les hommes les plus distingués par leur mérite militaire.
L'armée devant Boston était réduite à quatre mille cinq cents hommes quand Washington vint en prendre le commandement. Il établit son quartier général à Cambridge, donna ses premiers soins à }’"ganisation ré-
ulière des différen supes, à leur
iscipline , à leur à 4tion, et fut puissamment assisté par le congrès, dans toutes les mesures qui pouvaient en augmenter la force et pourvoir à ses besoins. Les différentes colonies rivalisaient de zèle, et le dévouement était général : tout ce qui était en âge de porter les armes s’enrôlait volontairement; on vit même se former à Philadelphie une compagnie de vieillards, composée de quatre-vingts hommes qui avaient autrefois servi dans les guerres d’Europe.Un long repos n’avait
séteintleur ardeur martiale; et quand il fallut secourir la contrée qui les avait reçus, et qui était devenue leur patrie, le vieil honneur militaire les gere à relever leur drapeau et à servir
'exemple à la génération nouvelle.
envoya l'union
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abstituer lui de la es dis liser les oisissant ses qualies, lo et l’énerirer une rmée, à la es partis.
ur Geor- ), mem- 1, accepavec une difficile > au nom réserve à nna pour pt T un ilippe fut Hoers généhommes érite mi-
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Un grand nombre de quakers, qui s'étaient engagés à ne jamais prendre les armes, crurent que le devoir sacré de défendre son pays les relevait de leur serment. Les femmes encourageaient le zèle de la nouvelle armée : elles excitaient le dévouement, les vertus militaires, l'amour de la gloire ; il fallait être vaillant pour leur plaire. Tout concourait à favoriser ce mouvement d'enthousiasme : on consacrait, on bénissait, au nom même de la religion, la valeur des hommes qui avaient combattu dans les jourre de Lexington et de Bunker’s-
La Géorgie ne s'était pas prononcée jusqu'au moment du péril: elle voulut y prendre une noble part en s'unissant à la cause commune ; elle envoya ses députés au congrès, et l'union fédérale fut alors composée de treize provinces.
On veilla sur les mouvements des pus où l’opinion pouvait être encore
ottante. On émit, pour subvenir aux frais des, approvisionnements de larmée, un papier-monnaie qui fut
lacé sous la garantie de la oyauté es colonies. On continua les levées dé milices et de volontaires, et l’on pourvut à la défense des points les plus menacés. La situation du Massachusett était particulièrement digne de sollicitude : c'était là que la guerre s'était engagée, que l'Angleterre réunissait toutes ses forces , que les opérations militaires allaient se dévelop-
r; on accrut de cinq mille hommes e corps de troupes américaines chargé du blocus de Boston. Un manifes fut ensuite publié par le congrès, pour proclamer d’une manière solennelle tout ce que les colonies avaient souffert, les atteintes portées à leurs priviléges, la nécessité où on les avait mises de prendre les armes pour se défendre, et la ferme résolution où elles étaient de ne les déposer que lorsque les périls de la patrie auraient cessé. Les principaux passages d’un écrit si remarquable peuvent seuls faire bien connaître les dispositions énergiques de cette assemblée.
k anniqees” quid as des îles r es , quittèrent leur pays natal pour 7 sur ce IE une résidence qui les fit jouir de la liberté civile et religieuse : ce fut à leurs propres périls, et sans aucune e pour le pays d’où ils s’éloignaient, qu'ils élevèrent, par un travail sans relâche et avec un courage indompté, leurs établissements dans des contrées Den et para : 6 occupées par un nombre de nations Aureges ct hell euses. Des sociétés, investies du droit complet de législature, furent formées et garanties par les chartes de la couronñe, et des relations de bonne harmonie s’établirent entre les colonies et le royaume d’où elles tiraient leur origine. Les bienfaits mutuels de cette union excitèrent l’étonnement ; il fut reconnu que le prodigieux accroissement de Îa richesse, de la force, de la navigation du royaume dérivait de cette source; et le ministre qui dirigea les affaires avec tant de sagesse et
e bonheur pendant la dernière guerre, a déclaré hautement que les colonies de la Grande-Bretagne l'avaient mise en état de triompher de ses ennemis.
Mais il plut ensuite à notre souverain d'opérer un changement dans ses conseils; et depuis ce moment fatal, on a vu l'empire britannique déchoir par degré de cette prospérité glorieuse où les vertus et l’habileté d’un homme l'avaient élevé.
«Nilar euse conduite des colonies depuis leur fondation, ni l'utilité de leurs services pendant la guerre n’ont pu les sauver des innovations qu'on méditait. Des lois ont été rendues pour étendre la juridiction des cours d’amirauté, pour nous dépouiller du privilége inestimable des La se par jury, dans les cas qui intéressent la vie et la propriété; pour suspendre la législature d’une colonie, pour frapper d'interdiction son commerce , pour altérer la forme de gouvernement établie par la charte, et solennellement confirmée par la couronne; pour soustraire à un jugement légal de grands coupables; pour éta-
blir dans une province yoisine, acquise par les armes réunies de la rande-Bretagne et de l'Amérique, un despotisme dangereux notre existence même; pour mettre des soldats en quartier chez les h lapts lorsqu'on est dans une profonde paix.
«{[Mais pourquoi voudrions-nous énumérer en détail nos injures? Il a été déclaré par un statut que le parement avait sur nous un droit absolu de législature. Qui nous défendra contre ce pouvoir énorme et illimité? Aucun des ommes qui se l’arrogent n’a été choisi par nous, et fige soumis à notre contrôle et à notre influence : tous, au contraire, sont exempts de l’effet des lois qu’ils nous ARDORENA et ils ne veulent qu’alléger leurs propres charges, dans la proportion où ils apesantissent les notres. Nous voyons a misère à laquelle un tel despotisme voudrait nous réduire. Pendant dix années, nous ayons inutilement assiégé le trône comme suppliants ; nous avons adressé nos remontrances au parlement, dans le langage le plus mesuré : On n’y a fait aucun droit, et l’administration, prévoyant bien que nous regarderions ces Ro APR sives comme des hommes libres doivent le faire, a envoyé des flottes et des armées pour Jes mettre à exécution.
Quelle que dût être l'indignation d’un peuple vertueux, loyal.et affectionné, nous avons encore résolu d'offrir au roi une humble et respectueuse pétition : nous nous sommes également adressés à la nation Prianpique, gtenfin nous avons rompu nos réjations de, commerce avec nos concitoyens , af de témoigner, par un dernier et pai- sible avertissement, que notre attachement à aucune nation sur la terre ue prévaudrait sur notre attachement à la liberté. C'était, nous nous en flattions nous-mêmes, un moyen de terminer la discussion; mais les évén2ments nous ont Er q combien était vaine l'espérance. de trouver de la modération chez nos ennemis.
« Plusieurs expressions menaçantes contre les colonies ont été insérées dans le discours de Sa Majesté : notre
pétition, quoiqu’on nous eût dit qu’elle ait convenable, que le roi avait daigné la Al Haiti et le À serait mise sous les yeux du parlement britannique, ; été négige, 6 rèçue pans égards dans les deux chambres:
es membres des pans ont déclaré qu’il existait une rébellion as la province de Massachusett, que les hommes qui y prpalene part étaient encouragés par des ligues où d'autres colonies étaient entrées, et que le roi était prié de prendre des fes efñ-
caces, pour assurer par la force l'oissance aux lois et l'autorité de la suprême législature. Bientôt, après ure déclaration si hostile, toutes Les relations commerciales des colonies, soit entre elles, soit avec les pays étraners, ont êté prohibées par un acte u parlement : plusieurs provinces ont été privées, par un autre acte, de lal che maritime qui avoisine leurs côtes, et qui a toujours été nécessaire à leur subsistance; et de grands renforts de vaisseaux et de troupes ont été envoyés au général Gage.
« Tous les efforts, les raisonnements, l’éloquence des pairs et des députés les plus distingués, qui ont courageusement soutenu la justice d:
notre cause, n'ont pu arrêter ni af faiblir la fureur sans bornes avec la-
uelle on a accumulé ces outrages :
intervention des cités de Londres, de Bristol, de plusieurs autres grandes villes, a été également sans fruit. Le parlement a eu recours à une manœuvre insidieuse qu’il a je propre à nous diviser : il nous 4 offert de nous racheter nous-mêmes par des offres de subsides, en nous laissant, par une misérable indulgence, le soin de lever, à notre propre manière, lestributs qu’il exige de nous. Quels termes plus urs et plus humiliants pourraient étre dictés par un vainqueur à des ennemis subjugués? Accepter aujourd’hui de tellesconditions, ce serait les mériter.»
Le manifeste américain rappelait ensuite les hostilités commises par le gé néral Gage contre les habitants de Lexington et de Concord, et la rigueur exe envers les Bostoniens depuis
priétairé grandep partir, ceux au de laisse avaient perle,
rs épd res, les leurs fam raient le
colonies: | rebelles et de la loi c martiale d ses troupe triotes : el Charles-T« habitation:
108 approv tés : rt ét.
et la déva « Nous s Canada exe ple de cet indiennes ; de motifs formé le nl des ennemi partie des d'hui, et tc cées d’épro fléaux que tration peu
dit quelle ait daigné et qu’elle
arlement , et reçue
chambres:
ont déclaré ans la proà les homstaient en-
t, après ure es les relaonies, soit pays étranar un acte ovinces ont acte, de la ne leurs cônécessaire grands rentroupes ont e.
$ raisonneairs 4 ie és, i on a pifice d:
rêter ni af:
nes avec laoutrages :
pndres, de es grandes ns fruit. Le ne manœuée propre à de nous es offres de , par une in de lever, ibuts qu’il :s plus durs nt être dices ennemis urd’hui de s mériter.»
appelait ens par le gébitants de la rigueur ens depuis
le commencement du blocus, Un grand nombre d'entre eux étaient entrés en arrangement pour obtenir de s’éloigner, et l’on avait stipulé qu’après avoir déposé leurs armes entre les mains de leurs propres magistrats, ils auraient la liberté de partir en emportant avec eux leurs autres effets; mais, par une violation ouverte des règles et des engagements de la bonne foi, le gouverneur s’empara, pour ses fropres soldats, des armes qu’on avait éposées, afin qu’elles ne pussent ja-
mais être recou par leurs propriétaires : il retint dans la ville la plus grande partie des habitants qui devaient partir, et obligea le petit nombre de ceux auxquels il permit de se retirer, de laisser en arrière tout ce qu’ils avaient de plus précieux. Par cette
rfidie, les femmes furent séparées de
urs époux, les enfants de leurs pères, les vieillards et les malades de leurs familles et de leurs amis qui désiraient les assister : ceux qui étaient accoutumés à l’aisance et aux douceurs de la vie furent réduits à une déplorable misère.
« Ce général a rassemblé, dans une proclamation du 12 juin, des calomnies absurdes contre les habitants des colonies: il va jusqu’à les déclarer tous rebelles et traîtres, à surseoir au cours de la loi commune, et à publier la loi martiale dont il ordonne l’exécution.
Ses troupes ont massacré nos compatriotes : elles ont brûlé sans nécessité Charles-Town et beaucoup d’autres habitations : nos navires sont saisis, 208 approvisionnements sont interceptés : on étend autour de nous la ruine et la dévastation.
« Nous savons que le gouverneur du Canada excite à nous attaquer le peuple de cette province et les nations indiennes; et nous n’avons que trop de motifs pour craindre que l'on n’ait formé le plan de soulever contre nous des ennemis domestiques. Enfin, une partie des colonies éprouve aujourdhui, et toutes les autres sont menacées d’éprouver à leur tour, tous les fléaux que la vengeance de l’administration peut leur infliger.
« Réduits à l'alternative, ou de nous soumettre sans condition à la tyrannie d’un gouvernementirrité, ou de résister par la force, nous choisissons le dernier parti. Nous avons pesé les charges qui pouvaient en résulter, et nous avons trouvé qu'aucune ne serait aussi accablante que celle d’un esclavage volontaire. L'honneur, la justice , l'humanité nous ‘défendent d'abandonner lâchement cette liberté que nous avons reçue de nos vaillants ancêtres, et que notre postérité a le droit d’attendre de nous ; nous ne pouvons subir la coupable infamie de réduire les générations à la misère qui leur est inévitablement réservée, sinous les soumettons bassement à un joug héréditaire,
« Notre cause est juste , notre union est parfaite , nos ressources sont grandes, et si l’assistance étrangère est nécessaire, on peut sans doute l’obtenir. Nous reconnaissons avec gratitude, comme une preuve signalée de la faveur divine envers nous, l’avantage inappréciable de ne pas nous trouver engagés dans cette pénible lutte, avant que nous ayons acquis nos forces actuelles, que nous les ayons exercées dans des expéditions guerrières, et que nous possédious les moyens de nous défendre nous-mêmes. Le cœur fortifié par ces réflexions encourageantes, nous déclarons solennellement devant Dieu et devant les hommes que, faisant usage de toute l’énergie de ces
ouvoirs dont la bienfaisance du Créa-
ur nous a gracieusement pourvus, et recourant aux armes que nos ennemis nous ont forcés de prendre, nous les emploierons, au défi de tous les basards, et avec une fermeté et une persévérance inébranlables, pour la conservation de nos libertés; étant unanimement résolus à mourir libres, plutôt que de vivre esclaves.
« Dans la crainte que cette déclaration n’inquiète nos amis et nos concitoyens , dans quelque partie de l’empire que ce soit, nous leur assurons que notre intention n’est pas de dissoudre cette union qui a si longtemps et si heureusement subsisté entre nous,
et que nous désirons sincèrement de jte Lt a gr La entr ne Lo nt dans ce désespéré ; elle lg nous a ges induits à exciter d’autres nations à leur faire la guerre, -et nous n'avons pas levé des armées ‘dans l’ambitieux dessein de nous séparer de la métropole et de former des États indépendants: ce n’est pas enfin pour la gloïre ou pour des conquêtes que nous combattons : nous offrons au monde le spectacle remarquable d’un peuple attaqué par des ennemis ‘qu’il n'avait point HEvroqués et qu’il n'est ni accusé ni même soupçonné d’ayoir offensés. Ils se vantent de leurs riviléges et de leur civilisation; et cependant ils ne nous offrent pas de conditions plus douces que la servitude ou la mort.
,« C'est daus notre pays natal, c’est pour la défense de la liberté qui est notre droit de naissance, et dont nous avons toujours joui jusqu’à ces dernières infractions ; c’est pour protéger contre la violence actuelle nos protre honorablement acquises par Vindustrie de nos ancêtres et par la
nôtre, que nous avons pris les armes:
nous les déposerons quand les hostilités cesseront de la part de uos agresseurs , et lorsqu'on n’aura po à craindre qu’elles se renouvellent.
« Pleins d’une humble confiance dans la miséricorde du juge suprême et im-
partial et du régulateur de l’univers, nous implorons avec ferveur sa divine bonté, pour qu’elle nous conduise heureusement au milieu de cette grande lutte, qu’elle dispose nos adversaires à une réconciliation fondée sur des termes raisonnables , et qu’elle arrache ainsi l'empire aux calamités’ de la guerre civile. »
Le congrès, après avoir exposé dans cette déclaration les motifs qui portaient les colonies à s’unir entre elles , voulut établir d’une manière formelle les clauses de leur association.
Le nom de colonies unies de l’Amérique du nord devint celui de cette confédération, dont le but était d’assurer leur commune défense et le maintien de leurs libertés. Chaque colonie
conservait le droit de faire ses lois:
particulières et de-les modilier à son gré. Un congrès général aurait le pouvoir de déterminer la guerre ou la paix, de négocier une réconciliation.
avec la Grande-Bretagne, de s’occuper de tous les intérêts généraux. Les charges de la guerre et toute autre dépense de la confédération seraient.
acquittées par un trésor commun. Un conseil de douze membres exécuterait les mesures ordonnées par le congrès, et serait chargé, dans l'intervalle des sessions , de tous les soins du gouvernement. :
Les articles de ce pacte fédéral, qui se rapportent aux relations des colonies avec les Indiens, méritent d’étre remarqués : ils prouvent avec quel. soin on cherchait à se concilier l'amitié des sauvages, à prévenir les fraudes, les injustices, les empié ments de territoire auxquels ils pouvaient être exposés, et à les mettre sous la sauvegarde de la confédération entière contre l'ambition et les vues hostiles de quelques provinces. 11 fut arrété qu'aucune colonie ne pourrait s'engager dans une guerre avec les Indiens sans le consentement du congrès ; que leurs limites seraient reconnues et garanties ; qu’une alliance verpétuelle, offensive et défensive, serait'conclue, aussitôt qu’il serait possible, avec les six nations iroquoises; qu'aucune aliénation de leurs terres ne serait valide, à moins que le contrat n’en eût été fait entre leur grand conseil et le congrès général des colonies ; que des agents résideraient auprès d’eux pour les mettre à l’abri de toute surprise dans leurs relations de commerce, et Pas leur donner, aux frais de la confédération, les soulagements et les secours que pourrait exiger leur misère. \
Le congrès décida ensuite que les autres colonies anglaises qui demanderaient à faire partie de cette association pourraient y étre admises, et il désigna particulièrement les colonies du Canada, de l’Acadie, des Florides et des Bermudes. L'union dont il venait de soumettre le projet à la
dire ses lois:
odifier à son.
aurait le pouguerre ou la réconciliation.
:, de s’occuénéraux. Les.
toute autre tion seraient:
commun. Un 4 exécuterait:
ir le congrès, intervalle des ns du gouver-
acte fédéral, relations des ns, méritent rouvent avec 1 se concilier | prévenir les les empié quels ils pouà les mettre la confédéranbition et les provinces. Il onie ne pourguerre avec sentement du ites seraient u’une alliance défensive, se- 1 serait possiiroquoises ; : leurs terres s que le conre leur grand éral des coloideraient aure à l’abri de s relations de donner, aux , les soulagepourrait exi-
suite que les
e admises, et ent les coloadie, des Flo- [L'union dont e projet à la
discussion des asseïhblées provinciales, afin que le con suivant pût formellement l’adopter si elles y donnaient leur seat On devait durer jusqu’à ce que les bases de réconciliation proposées à l’Angleterre eussent été consenties,. que les mesures prises pour restreindre le commerce et les eries des Américains fussent révoquées, quon eût accordé réparation pour les omrnages que Boston avait soufferts, pe l'incendie de Charles-Town, pour es frais de cette injuste guerre, et qu'on eût retiré d'Amérique les troupes anglaises. Les colonies rentreraient dans leurs relations avec la Grande- Bretagne: si, toutes ces satisfactions étaient.accordées; mais si elles ne l’étaient point, la confédération deviendrait perpétuelle.
Lorsque les bases de cette union eurent été tracées, le congrès prit d’autres mesures pour affranchir le commerce des colonies de toutes les entraves qui lui avaient été imposées par les derniers actes du parlement britannique. Il résolut qu'au bout de six mois tous les bureaux de douanes seraient fermés en Amérique, si ces actes n'étaient pas alors révoqués; que les colonies seraient ouvertes aux vaisseaux de toutes les puissances qui admettraient et protégeraient leur commerce; que ces États pourraient y apporter et y mettre en vente, libres detous droits, leurs productions, leurs articles manufacturés, et toute espèce de marchandises, à l’exception du thé, ainsi que des divers uits de l’Angleterre, de l’irlande et des autres possessions britanniques.
Jusqu'à ce moment les résolutions prises par le congrès pour défendre les pOr es des colonies et pour en ob-
nir le rétablissement n’avaient rencontré dans les provinces aucune op-
position; mais l’acte d’union fédérale qui venait de leur être proposé apportait tant d'obstacles à une réconciliation, bee annoncât l’intention où lon était de s’y prêter, qu’un grand nombre d'hommes qui la désiraient sincèrement craignirent qu’une semblable ligue n’entraînât une rupture
certaine avec la métropole. Ces hésitations, ces inquiétudes étaient habilement entretenues par les gouverneurs et par tous les agents qui tenaient de l'Angleterre leurs missions. Ils faisaient servir au maintien de la cause royale tout ce qu’il leur restait d’influence et d’autorité. Mais l’un et l’autre pouvoir s’affaiblissaient de jour en jour; deurs conseils éveillaient. la défiance; les mesures de conciliation qu’ils proposaient au nom du gouvernement britannique paraissaient insuffisantes et n’offraient aucune gaine:
leffervescence populaire était accrue par les moyens mêmes qu'ils employaient que la réprimer; et lorsu’ils cherchaïient à mettre les magasins ’armes en sûreté, à faire réparer des fortifications, à réunir autour d’eux le tit nombre de troupes régulières ont ils pouvaient disposer, chacune de leurs mesures soulevait davantage l'opinion publique. Comme ils ne pe raissaient dévoués qu'aux intérêts et à l'autorité de la métropole, les hommes modérés qui auraient voulu se rapprocher d'elle, mais qui ne consentaient point à lui laisser un pouvoir absolu, se rangèrent par nécessité dans le parti contraire : exemple souvent donné au milieu des révolutions, où les moyens termes sont difficiles, et où le désir d'éviter un mal extrême rejette vers un autre danger.
‘ Les funestes effets de cette mésintelligence entre le gouverneur et les habitants éclatèrent bienté‘ : Virginie. Lord Dunmore s’y était o:1posé à la levée des milices; il avait fait saisir la poudre d’un magasin; il avait rassemblé dans l'habitation qu’il occupait des armes et des moyens de défense; et lorsque, après avoir convoqué l’assemblée coloniale pour le 1° juin 1775, il espéra lui faire accueillir les conditions d’arrangement proposées par. le gouvernement britannique, sa voix fut couverte par de violents murmures.
Lord Dunmore, voyant s’accroître le mécontentement public, ne se crut pas :
en sûreté : il partit précipitamment de Williamsbourg pour se retirer à bord d'un vaisseau de guerre mouillé près
de York-Town, et rassemblant autour se lui La dotiil sur la +4 y A es trou un
Chris de volontaires ; Use tint dans ces rages, et aborda successivement sur ifférents ponts de la côte, pour chercher à exciter des soulèvements par ses proclamations. Des hommes sans propriété et sans patrie le secondèrent dans ses tentatives; et comme il avait promis la liberté aux noirs qui serviraient sa cause, un certain nombre d'esclaves furent prêts à lui livrer leurs maîtres. Cependant les milices de la province commençaient à s’assembler'; elles se portaient sur les rivages menacés, et particulièrement vers l'embouchure du James-River; les troupes ennemies y avaient brûlé Îe bourg de Hampton; elles s'étaient emparées de Norfolk : un engagement contre elles eut lieu ai de cette ville, et les milices américaines y obtinrent l'avan-
Sur ces entrefaites, un émissaire enhr 4 par Dunmore dans les contrées occidentales de la Virginie s’efforçait d’y allumer le feu de la guerre. Cethomme, nommé Conelly, étendit ses intelligences parmi les Indiens, depuis les rives de l'Ohio jusqu’au voisinage du lac Érié : il espérait, en faisant prendre les armes à ces peuplades, les faire soutenir par quelques troupes anglaises venues du Canada. L'expédition devait se diriger contre les colonies du centre, et tandis qu’on y pénétrerait du côté des montagnes, Dunmore entreprendrait avec l’escadre anglaise un débarquemént vers l’entrée de la Chesa-
e : cette double attaque couperait
es communications entre les provinces
du nord et du sud, et l’on comptait, pour les réduire, sur le succès de l’une et de l’autre invasion. Mais quel es soupçons s’éveillèrent contre Conelly, on épia ses démarches mystérieuses; il , fut arrêté à son passage dans le Ma- | ryland , lorsqu'il se rendait vers l'ouest ‘ pour y terminer ses préparatifs, et les apiers que l’on trouva sur lui et qui
évoilèrent sa trame accrurent l’indi-
gnation du peuple contre le gouverueur. On maudissait l'instigateur d'un
si cruel dessein ; et Dunmore, n'espérant plus se maintenir dans une province où il était chargé de la haine publique, se vit forcé d'abandonner Norfolk : il se retira de nouveau à bord de son escadre, ne a plus de ménagements pour une ville qui allait retomber au pouvoir de ses ennemis, fit sommer les habitants de se retirer, et commença contre elle un bombarri qui en réduisit en cendres une rtie.
FL découverte du complot de Copair en fit avorter l'exécution. Les Indiens, dônt il avait séduit quelques chefs, ne tentèrent aucune invasion dans Îa haute Virginie, et la voix de ceux qui s'étaientopposés à cette guerre put encore se faire entendre. Le conès avait lui-même cherché à sonder es dispositions des Indiens et à s’assurer de leur neutralité. On se rappelait que la dernière guerre entre la Virginie et quelques-unes des nations de l'Ohio avait été terminée par l’intervention d’un guerrier shawanèse; et les mots qu’il avait prononcés en apportant au gouverneur le calumet de aix avaient été recueillis et gardés ans la méinoire, comme un sincère témoignage de réconciliation. « Je de- « mände à tout homme blanc si, pressé « par la faim, il est jamais entré dans « ma cabane sans y recevoir de nour- «riture; si, venant nu ou transi de « froid, il n'y a pas trouvé une peau « pour se couvrir. Pendant le cours de « cette guerre, si longue et si san- « glante, j'étais resté sur ma natte; À: n’avais pas levé la hache; je ten- « dais la main aux blancs pour les ra « procher de nous, et cependant ils « sont venus massacrer tous les miens !
« on n’a épargné ni ma femme ni mes « enfants ; il ne coule plusaucune goutte «de mon sang dans les veines d’au « Cune créature humaine. Qui reste-t-il « pour. me pleurer quand je ne serai « plus? Personne. Tant de barbarie a «excité ma vengeance; je l’ai cherchée ; «j'ai tué beaucoup des vôtres; mon « tomahac s’est abreuvé de leur sang; « j'ai suspendu leur chevelure à l’arbre « qui couvre la large tombe de ma fa-
« mille. M
uerelle er ils conserv qu'ils lui à Dans là étaient trè
Camp “ dissensidns milices à cé ue cette c éfénse; m Nr Lt pas dispos RHqUe x un autre pe nombreux ç là couronne naissance et l'autorité r était faible; minés, et 1 la nation m tage de con cupér Charl tale de la tant boulev:
leur place d sante.
. La Caroli partis des cl de la cause dans la ré verneur M:
d'actives in!
même temp ral, et, pou insurrectiot au fort Jol Fear; mais tement rass des princip:
présenta po neur se ré guerre. On celui de Vi soulever le:
1ore, n'espé-
ans une pro-
la haine puonner
» nouveau à a plus de
le qui allait es ennemis, le se retirer, un bombarcendres une
iplot de Co- Scution. Les uit quelques ne invasion t la voix de cette guerre ire.
des nations 1ée par l’inshawanèse ; rononcés en e calumet de s et gardés un sincère on. « Je denc si, pressé entré dans ir de nourtransi de é une peau le cours de let si sanma natte; he; je tenbur les ra pendant ils les miens!
me ni mes unegoutte sines d’au i reste-t-il 6e ne serai barbarie a cherchée; res; mon leur sang; e à l’arbre de ma fa-
« mille. Mais c'est assez de victimes :
« déposons nos haines, et que le soleil « de la paix luise enfin sur nous. »
Le gouverneur, auquel les Shawanèses exprimaient alors des dispositions si pacifiques, était ce même Dunmore qui cherchait aujourd’hui à leur faire prendre les armes; mais ils ne voulurent point s'engager dans une
uerelle entre les habitants et lui, et ils conservèrent aux Virginiens la paix qu'ils lui avaient promise.
Dans la Caroline du sud les esprits étaient très-divisés, et le gouverneur Campbell crut pouvoir profiter de ces dissensiôhs en opposant le corps des milices à celui des troupes volontaires que cette colônie avait levées pour sa
éfénse; mais les milices, prises dans tous les rangs des citoyens, n'étaient pas disposées à se séparer de la cause publique. Campbell essaya de se former un autre parti parmi les hommes assez
| nombreux qui, tenant leurs terres de
la couronne, étaient portés par reconnaissance et par dévouement à soutenir l'autorité royale. Une telle ressource était faible; ces hommes étaient disséminés, et le parti contraire, celui de la nation même, avait sur eux l’avantage de concentrer ses forces.et d’ocüuper Charleston, qui était la capitale de la province, le plus important boulevard des colonies du sud, et leur place de commerce la plus florissante.
La Caroline du nord offrait aux deux partis des chances plus égales; les amis de la cause royale étaient nombreux dans la région des montagnes; le gouverneur Martin entretenait avec eux d’actives intelligences : il cherchait en même temps à se fortifier sur le littoral, et, pour coephe aux périls d’une iosurrection populaire, il s'était retiré au fort Johnson, peu éloigné du cap Fear ; mais un corps de milices, promptement rassemblé à Wilmington, l’une des principales villes de la province, se présenta pour l’attaquer, et le gouverneur se réfugia sur un vaisseau de guerre. On l’accusait, de même que celui de Virginie, d'avoir voulu faire soulever les noirs, toujours prêts à se
déclarer pour le parti qui promettait de les affranchir.
Les escadres britanniques recueillaient ainsi les membres du parti royaliste qui s'étaient trop ouvertement déclarés dans les provinces méridionales pout y rester avec sécurité : c’étaient autaht de forces mises à leur disposition ; elles pouvaient harceler le littoral et se porter successivement sur différents points.
L’Angleterre avait de nombreux partisans sur les Côtes de Géorgie : ils s'étaient emparés du fort de Savanah, place d'autant mieux située qu’elle assurait leurs communications avec la flotte; mais le Der populaire, plus nombreux dans les contrées intérieurés, était aussi mieux pourvu d'armes et de munitions, et il assemblait ses forces pour la lutte qui était près de s'engager.
Le Maryland, la Delaware, la Pensylvanie, lé New-Jersey, qui formaient les provinces du centre, ne furent pas
és aux mêmes dissensions que celles du midi : le parti du gouverneur y était plus faible, le congrès y jouissait de toute son influence, et les mesures qu’il prescrivait étaient exécutées avec zèle.
Mais dans la colonie de New-York les difficultés devenaient plus grandes.
, La capitale de cette provinee était le
lieu où débarquaient ordinairement les troupes royales qui arrivaient d’Europe : on ÿ attendait incessamment quelques nouveaux corps, et le congrès avait prescrit aux habitants de les recevoir sans opposition, mais de veiller sur ces hôtes dangereux, et de se tenir en état de leur résister s’ils agissaient en ennemis. Ces précautions étaient superflues : les régiments anglais qui devaient se rendre à New-York s’arrétèrent à l'entrée de cette baie, d’où ils remirent à la voile pour Boston; et lorsque ‘Trydn, nouveau gouverneur de la colonie, arriva dans Sa résidence, il n’avait aucunes troupes à sa disposition, et se trouvant réduit à son influence persoünelle et à l'intervention secrète de ses partisans, il eut recours à de sourdes manœuvres pour diviser
les opinions, contrarier la levée des milices, égarer l'opinion des hommes encore indécis.
Les provinces du Connecticut et du Rhode-Island , habituellement exposées aux croisières et aux agressions des escadres a qu se rendaient de Boston à New-York, étaient dans la nécessité de se défendre, et le ressentiment des dommages qu’elles avaient eu à souffrir les a it plus fortement à la cause nationale. Un détachement de l'armée du Massachusett fut envoyé, sous les ordres du Lee pour veiller à leur sûreté; les assemblées de ces colonies le secondèrent par leurs propres armements, et par a plus active surveillance contre les hommes qui entretenaient des intelligences avec l'ennemi.
Le gouverneur et les agents britanniques L'on ro également toute autorité dans le New-Hampshire; et comme le per” colonial n’y rencontra
u’une faible opposition, la tranquilté publique y fut aisément maintenue.
Ce résumé des dispositions des co-
lonies montre que, dans le voisinage du congrès, la cause populaire fut
néralement embrassée : elle était éclairée par les discussions de cette assemblée; elle avait pour appui cette éloquence qui sait mettre en mouvement toutes les passions fortes et généreuses
mêmes opinions se re-
. Les trouvaient dañs le Massachusett qui, s'étant exposé le premier aux rigueurs de la métropole, voyait les eurs de Boston s’aggraver journellement’; mais les dispositions des habitants étaient moins unanimes dans les provinces plus éloignées du théâtre des grands événements politiques où militaires : deux partis s'y prononçaient, et l’on apercevait dans l'intervalle une classe d’hommes qui, voyant l'orage se former, attendaient en silence qu'il se Eee et croyaient échapper par di fférence aux malheurs de la guerre vile.
Les tentatives faites par le congrès pour attacher à sa cause les Canadiens eurent du moins pour résultat de leur faire désirer la neutralité. Ils n’avaient
pas l'intention de s'associer aux colonies insurgées, mais ils ne voulaient
s marcher contre elles; et le général
leton, gouverneur de cette vaste eh ne put pas déterminer les haitants à prendre part aux opérations d'une guerre offensive; l’évêque de Québec, qu’il avait essayé de faire entrer dans ses vues, refusa d’y coopérer, et ne voulut point faire servir à proger les maux de la guerre un minisre de religion et de charité,
Carleton, ne pouvant ébranler l'opinion générale qui inclinait paix, se réduisit à proposer vée
e volontaires, auxquels il offrait les conditions les plus favorables : on accordait à chaque soldat deux cents acres de terre, cinquante de plus s’il était marié, et cinquante pour chacun de ses enfants; son engagement ne devait durer que jusqu'à la fin de la guerre; et les concessions qu’on lui faisait étaient exemptes de toutes charges pendant vingt ans. Le premier corps que l’on parvint à former était peu considérable; mais l'exemple et l’appât des récompenses faisaient espérer à Carleton de nouveaux succès.
Ce gpurerer, envoya des émissaires les Indiens pour les exciter à prendre les armes, et il s’adressa particulièrement aux nations iroquoises; ligue longtemps redoutable, dont les secours avaient fait quelquefois pencher la balance entre les colonies euro-
ennes. Douze années de paix avaient
ortifié cette confédération etlui avaient fait acquérir plus d’ascendant sur les autres peuplades indiennes, moins nombreuses et plus divisées : son exemple pouvait les entraîner, et procurer la Grande-Bretagne d'autres auxiliaires. Mais il fallut sans doute beaucoup d’adresse et de moyens de séduction pour déterminer les Iroquois à rendre part à une guerre qui cessait
e les intéresser directement, et dont l'unique objet était de soumettre à l’Angleterre ses colonies révoltées. Les Indiens n'avaient, dans cette contestation, aucun motif de préférence pour l’un ou l’autre parti; et les vieillards de leurs vallées et de leurs plaines re-
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gardaient ces sanglants débats comme une expiation des maux qe l'étranger leur avait faits. « Voilà, disaient-ils, la « guerre allumée entre les hommes de «leur nation : ils se disputent les « champs qu’ils nous ont ravis. Pour- « quoi embrasserions-nous leurs que- « relles? et quel ami, quel ennemi au- «rions-nous à choisir? Quand les « hommes rouges se font mutuellement «la guerre, les blancs viennent-ils se mit: à l'un des partis? Non : ils «laissent nos tribus s’affaiblir et se « détruire l'une par l’autre; ils atten- « dent que la terre humectée de notre « sang ait perdu son peuple et devienne «leur héritage. Laissons-les à leur «tour épuiser leurs forces et s’anéanatir : nous recouvrerons, y ils ne « seront plus, les forêts, les lacs, les « montagnes qui appartinrent à nos « ancêtres. »
Mais ces conseils des vieillards n’étaient point écoutés : ils ôtaient à l’audace et à la vaillance l’occasion de se signaler; la jeunesse désirait combattre; elle ft adopter son opinion, et la plupart des chefs de guerre furent déterminés par le colonel Johnson à se rendre à Montréal pour s'engager à servir. Son père avait longtemps été surintendant du gouvernement britannique pour les affaires des Indiens :
il avait établi sa résidence au milieu d’eux ; et l’on voit encore aujourd’hui dans la contrée qu’habitait la nation des Mohawks et que traverse une rivière du même nom la maison qu’il fit bâtir (voy. pl. 45). Cet édifice, grand et simple, frappe les jeux du voyageur qui se rend de Shénectady à Utica:
c'est la première habitation eurosg qui ait été érigée dans ces
erres incultes ct sauvages. Des défrichements furent entrepris aux environs par les hommes laborieux que Johnson avait amenés avec lui; et ces champs, fécondés par l'industrie, nourrirent de leurs récoltes une génération sédentaire et civilisée; tandis que les Indiens, fidèles à la vie errante des peuples chasseurs, parcouraient au oin les immenses forêts situées entre la rivière d'Hudson et le lac Ontario.
Lorsque, au retour de leurs chasses, ils se réunissaient, pour délibérer sur les intérêts de leurs tribus, les plus importantes assemblées de leurs chefs se tenaient au milieu du pays des Onéidas, dans une enceinte ombrogée d'arbres élevés, que l'on désigne encore sous le nom de Bocage du conseil
(voy pl 46).
C'était là que la confédération irogs décidait les grandes questions e la paix ou de la guerre, qu elle prononçait la neutralité, ou qu'elle accordait son alliance à d’autres peuples.
Si elle leur promettait des secours, les engagements qu’elle contractait étaient souvent consacrés d’une manière solennelle et avec toute la pom d'une fête militaire. Chaque guerrier prend alors ses armes; On se réunit par tribu et sous un même chef de guerres et les Indiens, qui vont offrir image d’un consbat simulé, se divisent en deux partis. Bientôt ils marchent l'un à l’autre, en faisant retentir les airs de leurs clameurs confuses ; ils se lancent des flèches dont la pointe est émoussée, et forment diverses évolutions, pour se chercher, se dresser des embuscades, pape on et surprendre les guerriers qui se sont imprudemment écartés. Enfin on se rapproche pour se livrer un combat corps a corps; on n’est plus armé que du tomahac : la mélée s'engage, les armes s’entre-choquent ; mais dans ces jeux d'adresse le sang ne coule point, et l'homme qui aurait blessé un adversaire serait rigoureusement puni. À l'inee de la guerre succèdent les fêtes de la paix; des cris de joie se font entendre; les chefs des deux partis échangent entre eux le calumet; un tomahac est enseveli dans la terre en signe de réconciliation; un repas commun rassemble les guerriers, et de jeunes Indiens se livrent à des exercices de force et d’agilité : ils franchissent des fossés, des palissades, soulèvent des quartiers de rocher, engagent la lutte, atteignent de leurs flèches un but éloigné, gravissent au sommet des arbres, poursuivent à la course les animaux sauvages, et franchissent apres eux le
18° Livraison. (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. ) 13
ht d’un fleuve, ou le précipice escarpé que se sont ouvert les eaux du torrent.
Ces exercices, où l’on cherchait à développer l'énergie, l'audace et le mépris du danger, étaient le prélude des travaux et des fatigues auxaiels chaque guerrier était prêt à s’exposer.
Le colonel Johnson avait décidé les Iroquois à prendre les armes; et les chefs indiens, qui l’accompagnèrent à Montréal pour y confirmer leurs promesses, s’engagèrent à entrer en campagne aux premières feuilles de l’année suivante et lorsque les Anglais auraient terminé les préparatifs de guerre qu’ils avaient commencés dans le Canada.
Le général Carleton s’en occupait avec activité : on devait lui envoyer d’Europe des renforts de troupes, des convois d'armes et de munitions; il regrettait les délais, inséparables de ces armements; et l'invasion qu’il désirait faire au midi du Saint-Laurent et vers les bords de la rivière d'Hudson lui rte d'autant plus urgente, q'?
a garnison britarinique de Boston était étroitement bloquée par les troupes américaines, et qu’elle ne pouvait étre dégagée que par une diversion assez puissante pour attirer sur d’autres
ints une grande partie des forces qui ’assiégeaient.
Le congrès, informé de ses desseins, résolut de les prévenir en ordonnant lui-même une expédition contre le Canada. Le major-général Schuyler et les brigadiers-généraux Montgomery et Wooster furent chargés de se porter avec trois mille hommes vers les forts de Ticonderoga et de la Couronne ou Crown-Point, dont les Américains s'étaient emparés cepus plusieurs mois; de là, ils avaient ordre de descendre par le lac Champlain dans la rivière Sorel, qui coule du midi au nord jusqu’au Saint-Laurent. Le poste de l’Ile-aux-Noix, situé entre ce lac et celui de Chambly, fut hicutôt occupé par Montgomery, qui vint attendre sur ce point l'arrivée des autres corps destinés à lo même expédition. Pientôt ies majors Brown et Livingston s'emvarerent du fort Chambiv. et l'on s’attacha ensuite avec vigueur au siége du
fort Saint-Jean. Cette place, voisine?
du Sorel, dont elle pouvait intercepter la navigation, était devenue la plus importante position de l'ennemi, et le gouverneur du Canada voulut envoyer à son secours un corps de troupes qui se trouvait à Montréal; mais les détachements américains, déjà répandus sur la rive méridionale du Saint-Laurent, s’opposèrent au passage des Anglais, et le fort Saint-Jean, réduit à ses seules ressources, fut forcé de capituler le 8 novembre, après avoir soutenu un siége de six semaines. Une division américaine s’embarqua sur la rivière Sorel et se porta rapidement jusqu'à son embouchure, afin de couper es communications entré le haut et Le bas Canada; une autre division, conduite par Montgomery, qui, depus
l’absence et la maladie du énéral | Schuyler, était devenu commandant de
l’armée, traversa péniblement la réion marécageuse qui s'étendait entre e fort Saint-Jean et la ville de Moutréal : on débarqua sans obstacle dans l’île où cette place est située, et comme elle n’était pas en état de se défendre, le général la prit à discrétion et régla lui-même, de la manière la plus généreuse, les sauvegardes qu’il accordait aux habitants pour le maintien de leur sûreté personnelle et de leurs propriétés. Cette conduite bienveillante lui valut l’estime de ses ennemis : elle porta les habitants des campagnes à continuer paisiblement leurs travaux, sans entraver la suite de ses opérations militaires, et lui permit de pourvoir avec plus de facilité à la subsistance du corps qu’il commandait.
Montgomery, devenu maître de Montréal, y établit une garnison destinée à contenir les troupes anglaises qui pourraient arriver du voisinage es grands lacs ; il renforça les detachements qu'il avait laissés dans les forts de Saint-Jean, de Chambly et de l'Ele-oux-Noix, afin de conserver es commumcations avec les colonies; ct il se remit en marche pour descendre les bords du Saint-Laurent, rejoindre les troupes arrivées par la rivière Sorel, et poursuivre vers le
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bas Canada son ition. Mais il lui devenait difficile de retenir tous ses hommes sous les drapeaux : c'étaient des corps de volontaires, accoutumés à s’enrôler pour une campagne, et à se retirer dans leurs foyers aux approches de l'hiver. On était au mfieu du mois de novembre, et la plupart regardaient comme un projet téméraire et sans fruit celui d’aller entreprendre un siége avec de si faibles moyens, et dans une saison déjà si rigoureuse, contre une place que la force de sa situation pouvait aisément défendre.
Ces abstacles n’arrétaient point le courage de Montgomery; mais il lui fallait des troupes plus nombreuses pour avoir quelques chances de réussite. La prévoyance de Washington vint seconder son entreprise. Occupé du siége de Boston, il veillait aussi, du milieu de son camp, sur l’ensemble des opérations militaires qu’il fallait combiner entre elles; et tandis que Montgomery se portait sur Montréal avec un corps d'armée, Washington organisa et fit partir une autre ce tion qui devait se diriger vers Québec.
Le colonel Arnold était Ars de la commander. Son courage impétueux, que les diflicultés et les périls animaient encore, le rendait propre à cette grande et pénible entreprise : il avait à traverser des pays sauvages, couverts de forêts, coupés que des ravins et par l’escarpement des rochers; le transport des vivres, de l'artillerie, des munitions, exigeait de nouveaux efforts; mais les troupes étaient pleines d'ardeur : on espérait surprendre l’ennemi et l’attaquer à l'improviste, en se portant jusqu’à lui par des passages regardés longtemps comme impraticables. Ce corps se composait de onze cents hommes d’élite; le colonel Burr était du nonibre, et l’on y remrquait les apitaines Morgan, Lamb et d’2"tres officiers également braves.
Ces troupes, détachées de l’armée qui assiégeait Boston, se rendirent par terre à Newbury, vers l’embouchure du Mérimac, s’y embarquèrent
ur gagner l'entrée du Kennebec, qui Fe de nord au midi l’état actuel du Maine, et remontèrent le cours de ce fleuve jusqu’à sa source. On arriva par de hautes vallées , et après une He marche, jusqu’à cette chaîne de hauteurs qui sépare les versants de l’Atlantique et du Saint-Laurent. Les difficultés du passage, s'étaient accrues de jour en jour : les vivres manquaient, la fatigue était extrême; les maladies rayageaient l’armée; elle éprouvait de fréquentes désertions, occasionnées par l'excès de la misère.
Mais Arnold opposait à tous les obstacle un courage inébranlable. Les plus dévoués, les plus forts imitaient son exemple : l'espoir d’arriver au terme et de rencontrer enfin l'ennemi soutenait leur constance. On atteignit, au delà des montagnes, les sources de la Chaudière, dont les eaux vont se jeter dans le Saint-Laurent , à quelques milles de Québec; et après avoir longtemps suivi le cours de cette rivière, on se porta vers la pointe de Lévis, qui n’est séparée de la capitale du Canada que par le lit du grand fleuve. La navigation et la marche des troupes, depuis leur départ du camp, avaient duré près de deux mois; elles arrivèrent le 5 novembre sur les bords du Saint-Laurent ; mais la contrariété des vents ne leur permit de le traverser que dans la nuit du 18, à la même époque où le général Montgomery faisait son entrée dans la ville de Montréal. Leur descente eut lieu à l’ouest du Cap-au-Diamant; Arnold gravit avec ses troupes les mêmes escarpements que le général Wolf avait surmontés dans la guerre précédente, et il se porta, comme lui, sur le plateau des hauteurs d'Abraham. Les contrariétés et le délai de son débarquement lui avaient fait perdre l’occasion de surprendre la place, et il n’avait point assez de forces pour attaquer seul une RREEON plus nombreuse que son corps ’armée. Au bout de quelques jours, il se détermina à remonter la rive gauche du fleuve, jusqu’à la pointe aux Trembies, située à vingt milles de distance , pour y attendre les troupes