‹ États-Unis d'Amérique [microforme]Chapitre 2 sur 56 · ÉTABLISSEMENTS DES ANGLAIS EN VIRGINIE · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS DES ANGLAIS EN VIRGINIE

LaunS RELATIONS AVEC LES INDIGÈNES.

Moeurs DES TRIBUS SAUVAGES.

Les premiers établissements formés par l’Angleterre sur la côte orientale d'Amérique ne furent point signalés

d’éclatantes conquêtes et par la

éstruction d'un empire : ils durent

leur origine à quelques colonies dispersées sur des plages incultes, où se rendirent des hommes entreprenants, séduits par l'attrait des découvertes, zélés partisans de tous les projets qui avaient de l’utilité et de la grandeur.

Il y vint des réfugiés fatigués de leur sort : la persécution leur faisait chercher une situation nouvelle, et ils ne voulaient s’expatrier que pour vivre en paix. Quand les dissensions de l’ancien monde eurent peuplé les rivages du nouveau ; Quand les différents partis olitiques ou religieux qui avaient tour à tour banni leurs adversaires, et qui se retrouvèrent encore aux prises dans cette terre d’exil, eurent perdu leurs animosités mutuelles; lorsqu'ils eurent paniteent fondé , dans le voisinage.

es uns des autres, des institutions analogues à la diversité de leurs croyances, et qu'ils se virent enfin rapprochés par de communs intérêts, leur association devint plus prospère , la liberté religieuse ramena l'esprit de tolérance, comme la liberté civile développa l’industrie ; de favorables institutions donnèrent un libre essor à la pensée ; une grande activité morale et intellectuelle devint la source de cette Doté , de ces progrès qui devaient élever ces colonies au rang des nations, et qui constituent aujourd’hui la puissance des États-Unis.

Sans doute il est digne d'intérêt d'observer ces développements de la raison humaine, de s’attacher à d’autres victoires qu’à celles de la force, et de voir s’étendre sur une si belle contrée la culture, l’industrie, les arts et tous les éléments de l’ordre social.

L'histoire de l’Europe ancienne ne nous offre point un pareil spectacle :

l'enfance des nations y avait fait des progrès moins rapides ; et les peuples policés qui en devinrent les législa teurs et les maîtres retombèrent plus d’une fois sous la domination des barbares.

En suivant le cours des événements qui vont nous occuper, nous remarquerons un empiétement continu des institutions sociales sur les contrées

«qui ies ignoraient. Cependant faut-ik

consi comm

rinci

a vie ricain vant | elles a bienfa del’in faiblir situat:

nées ?

théori:

besoin faits.

systèn tés po:

pourrs rent in moyen par un efforts invinci

variété cultiver De prof des son la Dela térieur maritim fleuves, ter plus comnei teras so de ce lit

lonies dis- Ites, où se reprenants, couvertes , projets qui \ grandeur. À ués de leur 2% aisait chere,et ils ne ur vivre en s de l’ancien rivages du rents partis avaient tour ires, et qui prises dans perdu leurs | ae hi ‘4 e voisinage

institutions eurs Croyanafin rappro- | térêts, leur rospère , la | l'esprit de té civile dérorables insre essor à la vité morale

événements ous remarcontinu des es contrées dant faut-ii

considérer ce mouvement progressif comme une conquéte faite par les rincipes de la civilisation sur ceux de a vie sauvage? Les peuplades amcricaines ne se replient-elles pas devant les Européens? se refuseraientelles au mélange des deux nations, aux bienfaits des lois, à ceux du travail et de l’industrie? aiment-elles mieux s’affaiblir et s’éteindre que de changer de situation et d'accepter d’autres destinées? Ce sont là des problèmes que la théorie seule ne peut résoudre; elle a besoin de s’appuyer de l'autorité des faits. Nous ons ies différents systèmes qui furent quelquefois adoptés pour elviliser les Indiens, et l’on pourra juger si ces tentatives devinrent impuissantes par la faiblesse des moyens, par leur peu d'ensemble , ou par une résistance qui a lassé tous les efforts, mais qui peut-être n’était pas invincible.

Le littoral qu'occupaient les États- Unis d'Amérique lorsqu'ils proclamèrent leur indépendance se Jronnse du nord-est au sud-ouest, depuis la baie de Passamaquody jusqu'à la Floride. Ce rivage reçut les Européens qui devaient y fonder leur puissance ; et les établissements qu’ils y formèrent s’étendirent, en remontant le cours des fleuves, jusqu’à la chaîne des monts Apalaches, également connus sous le nom d’Alleghanys. Ces montagnes sont séparées de l'océan Atlantique par de vastes plaines, dont la largeur varie de vingt à cinquante lieues, etun grand nombre de rivières navigables traversent en différents sens ces terres d’alluvion. La fécondité du pays est remarquable, et la variété de la température permet d'y cultiver les plantes de tous les climats.

De profondes baies, dont les plus grandes sont celles de la Chésapeake et de la Delaware, font pénétrer dans l’intérieur les avantages de la navigation maritime, et recoivent le tribut des fleuves, qui aident eux-mêmes à porter plus au loin les communications du commerce. Le cap Cod et le cap Hatteras sont les points les plus saillants de ce littoral, dont ils enveloppent les

régions centrales; et ce fut vers le cap Hatteras que les colonies anglaises, destinées à former un jour la confédération américaine, essayèrent leurs premiers établissements.

Le goût des expéditions maritimes, excité en Europe par les découvertes de Christophe Colomb, avait promptement donné lieu à d’autres entreprises, dont le but était d'ouvrir une route nouvelle vers les Indes orientales. Sébastien Cabot avait reconnu , en cherchant cette communication, les rivages de Terre-Neuve et de quelques régions de l'Amérique : plusieurs navigateurs, partis d'Angleterre comme lui, avaient cherché les mêmes parages; et Henri VII, regrettant de ne pas avoir laissé découvrir le Nouveau- Monde sous son pavillon, désirait y pénétrer à son tour; mais les embarras des guerres civiles et étrangères vinrent lui imposer d’autres soins : il ne se fit, sous les règnes de Henri VIII, d'Édouard VI et de Marie, aucune expédition pour l'Amérique, et l'honneur d'y fonder un premier établissement était réservé à Élisabeth.

Cettereine, dont les vues étaient gran« :

des, reconnut l’avantage d’accroître la puissance et les ressources de l’état par des pêcheries, des comptoirs, des colonies : elle accueillit favorablement les projets qui lui furent proposés par sir Humphrie Gilbert, et l’autorisa par des lettres patentes à faire des découvertes dans tous les pays barbares qui n'étaient pas possédés par des princes ou des poupe chrétiens , à les occuper , à en disposer en faveur d’autres sujets anglais, et à les tenir de la reine d'Angleterre et de ses héritiers, en prétant hommage à la couronne, et en s’engageant à la redevance d’un cinquième sur toutes les valeurs en or et en argent que l’on pourrait en extraire. Ces mêmes lettres permettaient à Gilbert de repousser tous ceux qui tenteraient de s'établir à moins de deux cents lieues des places qu’il aurait occupées lui-même ; elles lui accordaient le droit de-publier, dans le même rayon de territoire, des lois et des ordonnences, pourvu

24 * j L'UNIVERS.

qu’elles s’accordassent avec les lois et la politique de la métropole, qu’elles ne fussent pas contraires à la foi chrétienne professée dans l’église anglicane, et qu’elles ne tendissent pas à soustraire les sujets ou le peuple de ces pays à leur serment d’allégeance envers la reine et ses successeurs.

Ces lettres patentes nous donnent une idée précise des prétentions attachées alors au droit de découverte. On regardait comme légitime l'occupation de toute contrée comprise sous la dénomination de pays barbare; on étendait cette souveraineté idéale à des provinces entières où l’on ne possédait qu’une seule place, et l’on reconnaissait aux autres puissances chrétiennes une égale prérogative sur les pays où elles auraient des établissements. Ainsi les a se regardaient comme seuls intéressés dans ce partage; il leur semblait que ce continent, aussi vieux que le nôtre, fût récemment sorti des eaux ; ses habitants n'étaient comptés pour rien ; et c'était à la branche aînée de la race humaine que l'héritage de la terre paraissait réservé.

Les contrariétés que Gilbert éprouva dans son entreprise, par l'abandon d’une partie de ses associés et par les

ertes d’une première expédition, ne

ssèrent point sa constance; il engagea ses biens, recourut à des emprunts pour faire un nouvel armement, et partit de Plymouth pour Terre-Neuve, avec deux vaisseaux et trois petites embarcations. Il se trouvait dans les parages de cette île trentesix bâtiments pécheurs de différentes nations : Gilbert, sans éprouver d'opposition de leur part, débarqua au port Saint-John, et proclama qu'il prenait possession du territoire jusqu'à deux cents lieues de distance : c'était donner à ses droits une latitude que l’île ne comportait point; mais on n’en connaissait pas alors l'étendue.

Après quelques excursions dans le pays, où l’on chercha inutilement des mines d’or. Gilbert fit voile vers le sud-ouest pour reconnaître le contipent d’Anérique; mais il rencontra des écueïs, il éprouva de violentes

tempêtes, et sa flottille revint en Angleterre sans le ramener lui-même. II s'était mis en mer sur un simple canot, afin de ranger de plus près les côtes d'Amérique, et de pénétrer dans les anses et les criques du rivage, et

il ne voulut pas quitter cette fréle-

embarcation. Les vagues l’emportèrent; la nuit survint ; son fanal que l’on vit briller quelque temps s’éteignit tout à coup; le bateau était submergé.

Walter Ralegh, beau-frère de Gilbert, et vaste génie propre à toutes les nobles entreprises, avait pris part à ces premières expéditions, et avait équipé à ses frais le plus grand navire, Ep on donna le nom de Barque de Ralegh. Il obtint de la reine Elisabeth de nouvelles lettres patentes, conformes à celles qui avaient été accordées à Gilbert : quelques hommes généreux s’unirent à ses projets, et les deux navires qu’ils équipérent furent commandés par Philippe Amidas et Arthur Barlow, qui mirent à la voile le 27 avril 1584. Ils prirent, selon l'usage suivi jusqu'alors , la route des Canaries et des Antilles, d’où ils s’élevèrent vers les côtes du continent.

Le lieu où ils abordèrent était l’île d’Occacock , située entre le cap Look- Out et le cap Hatteras , et faisant partie de ce long archipel qui borde le rivage, au midi de la baie de Pamtico ; ils y virent des barques indiennes, eurent de premières relations avec les habitants, et recuren‘ J’eux un accueil hospitalier. L'été commençait, la terre jouissait de sa parure, et le luxe de la végétation frappait tous les yeux : les coteaux étaient couronnés de cèdres, de cyprès, de pins, de sassafras. La vigne sauvage embrassait la tige des arbres, se prolongeait à travers leurs rameaux, et y suspendait ses grappes de raisin. La plaine produisait du maïs, des melons, des concombres, une grande variété de racines bulbeuses et de fruits. Après cette première découverte, les deux vaisseaux revinrent en Angleterre. Les contrées qui venaient d'être reconnues recurent le nomde Virginie, soit parce qu'il se rapprochait du nom de Vi

| était dif

gina que soit par envers lé

D pas pris

Le suc mina le en faire il partit ( avec sep d'Occaco( située pl tinent, o les Indie

| après ave

sieurs pi double tr.

en Amér y forme et ces no de Roano

Quel q lequel les résentée

plus r eut bien

lages m généralen aux inon traversen tions de | vasées SOI nouveaux neuses qu

A élève le

formé, e la terre f lagunes, tels que

marle, © leurs eau mêmes :

passages naux, Ci d’abris à vaste litt tinent vo rais. Ceu noms de Swamp

plus reb nueraien si le tra ne Darv

vint en Anlui-même. 11 \ simple caus près les nétrer dans 1 rivage, et

cette fréle-

l’emportè- 1 fanal que ps s’éteignit ; Submergé.

ère de Gilre à toutes it pris part Is, et avait and navire, Barque de e Elisabeth es, conforé accordées 2 généreux t les deux rent comlas et Arla voile le lon l'usage des Canails s’élevènent.

était l’île cap Lookaisant pari borde le > de Pames indienrelations ren‘ J’eux commena parure, frappait alent coude pins, ivage emse prolonaux, et y raisin. La :s melons, le variété its. Après les deux terre. Les econnues soit parce 1 de Vi

gina que lui donnaient les Indiens , soit par une exagération de flatterie envers la reine Elisabeth qui n'avait pas pris d’époux. a Le succès de cette expédition détermina le capitaine Richard Greenvil à en faire immédiatement une nouvelle ; il partit de Plymouth, le 9 avril 1585, avec sept navires, se rendit dans l’île d’Occacock et dans celle de Roanoke, située plus au nord, passa sur le continent, où il eut quelques démélés avec les Indiens, et revint en Angleterre, après avoir fait sur les Espagnols plusieurs prises maritimes pendant sa double traversée. Greenvil avait laissé en Amérique cent huit hommes pour v former un premier établissement, et ces nouveaux colons choisirent l’île de Roanoke pour leur résidence.

Quel que fût le riant aspect sous lequel les régions voisines s'étaient résentées , dans la saison de l’année plus riche et la plus féconde, on eut bientôt à reconnaître combien il était difficile de s’y maintenir. Les plages maritimes de ces contrées étant généralement basses, sont exposées aux inondations des fleuves qui les traversent, et quelquefois aux irruptions de la haute mer. Ces eaux extravasées sontsouvent retenues dans leurs nouveaux bassins par les dunes sablonneuses que le mouvement des vagues élève le long du rivage, et il s’est formé, entre ces digues naturelles et la terre ferme, de longs canaux, des lagunes, de vastes golfes intérieurs, tels que ceux de Pamtico et d’Albemarle, où plusieurs rivières versent leurs eaux, et qui communiquent euxmêmes avec l'Océan, par différents passages à travers les dunes. Ces canaux, ces bassins pourraient servir d’abris à la navigation le long de ce vaste littoral, mais une partie du continent voisin est occupée par des marais. Ceux qui sont connus sous les noms de l’4ligator et du Dismal- Swamp sont les plus insalubres et les plus rebelles à la culture : ils continueraient de dévorer leurs habitants, si le travaii et l’industrie des hommes ne parvenaient à dessécher la terre,

et à rendre aux eaux stagnantes quelque circulation.

L'établissement commencé dans l’île de Roanoke ne pouvait tirer du continent se des ressources momentanées ; mais les hommes engagés dans ces expéditions se laissaient aisément séduire

ar l’appât des richesses du Nouveau-

onde : ils croyaient n’avoir qu’à pénétrer dans l’intérieur pour les découvrir. On navigua vers l'occident jusqu’au fond de la baie où le Chowan et la rivière Roanoke apportent leurs eaux, et l’on remonta le cours de ce dernier fleuve, dans l’espérance de découvrir des mines d’or, et même de se rapprocher d’un autre parage maritime où la pêche des perles serait abondante. Ce voyage, où l’on éprouva les plus pénibles fatigues, n'eut aucun succès.

La colonie reçut des Indiens quelques subsistances ; mais la vie des sauvages est si misérable, et leurs moyens de la soutenir sont si bornés, qu’on ne pouvait obtenir d’eux que des secours insuffisants. Accoutumés à une sobriété extrême par la difficulté de trouver des aliments, ils s’étonnaient de la voracité des Européens ; ils leur voyaient consommer en quelques jours le peu de provisions qu’ils avaient péniblement amassées, et l’épuisement de leurs moyens de subsistance les irrita contre leurs hôtes, les mit dans la nécessité de s’éloigner pour chercher eux-mêmes leur nourriture, et laissa la colonie, seule et sans ressources, sur une côte déserte dont les dernières productions avaient disparu.

Le gouverneur envoya plusieurs détachements à la découverte, soit dans l’intérieur du pays, soit vers le littoral, afin de chercher les secours que la terre ou la mer pourraient offrir, et l'on aperçut enfin, au midi du cap Hatteras, une flotte de vingt-cinq voiles : c'était celle de Francis Drake qui retournait en Angleterre, après avoir accompli son expédition contre Santo- Domingo et Carthagène. Il s’était emparé de ces deux places, en avait détruit une partie avant de ies rançonner, et avait ensuite brûlé, sur. les côtes

orientales du continent, les forteresses espagnoles de Saint-Augustin et de Sainte-Hélène. Élisabeth l'avait chargé de porter des secours à l’établissement de Virginie, et l'amiral offrit de pourvoir à tous ses besoins.

On convint d’abord qu’il laisserait à la colonie un détachement de cent hommes, des provisions pour quatre mois et un navire ; mais les colons avaient déja éprouvé tant de misères, qu'ils

rièrent Francis Drake de les recevoir à bord de sa flotte : ils y furent embarqués, et ils arrivèrent à Portsmouth à la fin du mois de juillet. John With avait été attaché comme peintre à cette expédition, et ses dessins peuvent aider à mieux connaître une partie des usages qu’il avait remarqués. Thomas Harriot, mathématicien, se trouvait aussi en Virginie. Il publia un traité sur les productions naturelles de cette centrée, sur ses poissons, ses animaux, ses plantes, sur les ressources qu’elle pouvait offrir par sa culture et son commerce, sur les opinions religieuses et sur les mœurs de ses habitants.

Quoique l'issue de l’entreprise formée par Richard Greenvil eût été malheureuse, l’image des fatigues et des privations que l'on avait souffertes s’était affaiblie pendant la traversée, et les récits des hommes qui revenaient d'Amérique tendaient à ranimer en Angleterre cet esprit aventureux qui avait dirigé ses spéculations vers le Nouveau-Monde. Un vague sentiment d'espérance encourageait à faire de nouvelles tentatives. La plus grande difficulté paraissait vaincue, puisqu'on avait reconnu le rivage et qu’on y avait débarqué sans opposition. Les peines et les sacrifices d’un premier établissement avaient été inévitables ; mais les successeurs, trouvant la route tracée, pourraient s’y engager plus aisément : ils seraient éclairés par les fautes et les malheurs de leurs devanciers, et les leçons de l’expérience aplaniraient pour eux tous les obstacles.

Il fallait encore seconder cette pente de lopinion publique, et Walter Ralegh, qui avait été le promoteur des premières expéditions, sut imprimer

aux esprits ce mouvement salutaire.

Son ambition, liée aux intérêts de son pays, avait eu pour but d'appeler l’Angstane au partage du Nouveau-Monde.

| voyait deux puissances d'Europe établies, l’une en Floride, l’autre au Canada. L’intervalle qui les séparait sur la côte orientale d'Amérique n’avait été qu’imparfaitement aperçu : les points que l’on y avait occupés d’une manière passagère étaient abandonnés, et ce qu’on y avait reconnu, ce qu’il restait à découvrir offrait un cham libre aux plus vastes projets. Ralegh mit sa gloire à parcourir cette carrière.

Il voulait l’affaiblissement de l’Espa-

ne, cherchait la faveur d'Élisabeth en a rendant plus puissante, et croyait lui faire trouver en Amérique d’autres richesses que des métaux. Les pays où l’on abordait offraient une grande variété de productions : la pe étaient inconnues à l’Europe. On pouvait en transplanter plusieurs : déja ee essais de ce genre avaient été faits par l'Espagne et le Portugal, et ces premières épreuves avaient été couronnées de succès.

Nous regardons comme une de nos plus précieuses acquisitions, celle du maïs, que les Européens trouvèrent dans toutes les parties du Nouveau- Monde ( voyez pl. 25). Dès les premiers moments de la découverte, cette plante avait été importée dans les régions méridionales de l’Europe, d’où elle s'était répandue plus au nord. Aucune céréale n’est aussi productive ; et comme sa culture exige peu de soins, qu'elle promet d’abondantes récoltes et un aliment sain et facile à préparer, on ne s'étonne point que l'usage en ait été généralement répandu chez les indigènes : il n’exigeait d’autre apprêt que d’écraser les grains et d’en faire cuire dans l’eau la farine, en donnant à cette bouillie plus ou moins de consistance. C'était là cette sagamité qui composait leur frugale nourriture, et qui suppléait aux produits de la chasse ou de la pêche lorsqu'ils venaient à manquer.

L'Angleterre ne connaissait point encore l’usage du tabac, quand l’exem-

ple de Ra consomma rogrès; € ollande, l'Europe. 1 au Mexique à Tabasco, le docteur Tolède, l’a Espagne ; les jardins plante rare vrantes et marquées.

al, en Î tait ambas de Sébasti France, où sous le no de Sainte-C à Lisbonne Len France, L'usage ( ralement ré Monde. Le les feuilles bliques ou espèce d’er tempête, a flots, au Si sances invi qu’ils adore uaient la t ils allaient gourdissen ’ils ava rendaient leurs song dules qui :

cherchaien venir. Cet guérir rec pour préd propriété mer passa!

ser le sent regarder € faisant an maux de l:

les feuille:

on la fais parfum. ] se servai étaient t

nt salutaire. térêts de son appeler l’An-

iveau-Monde. À

es d'Europe e, l’autre au les séparait mérique n’at aperçu : les ccupés d’une abandonnés, nnu, ce qu’il t un cham

jets. Ralegh A: ar t de l’Espa- Élisabeth'en , et croyait que d’autres Les pays où grande vapart étaient .Pouvait en Ja quelques été faits par et ces precouronnées

une de nos IS, celle du trouvèrent Nouveauès les preverte, cette lans les rérope, d’où nord. Auroductive ; re peu de ibondantes n et facile point que ement rén’exigeait les gun | la farine, e plus ou it là cette ir frugale aux proéche lors-

ait point

Pexem-

ES

ple de Ralegh le fit adopter. Cette consommation fit pro ment des rogrès ; elle se répandit ensuite en ollande, d’où elle gagna le reste de J'Europe. Les Espagnols, en arrivant au Mexique, avaient trouvé cette plante à Tabasco, d’où elle tira son nom; et le docteur François Hernandez, de Tolède, l’avait envoyée le premier en Espagne; mais on ne la cultivait dans les jardins royaux que comme une plante rare, dont les propriétés enivrantes et narcotiques avaient été remarquées. Elle était connue en Portual, en 1560, lorsque Jean Nicot y tait ambassadeur de François IT près de Sébastien : il la transplanta en France, où elle fut long-temps désignée sous le nom de Nicotiane. Le cardinal de Sainte-Croix, nonce du saint-siége à Lisbonne, et Nicolas Tornabon, légat

l'en France, la portèrent en Italie.

L'usage de cette plante était généralement répandu dans le Nouveau- Monde. Les Américains en brôlaient les feuilles dans leurs cérémonies publiques ou religieuses, et c'était une espèce d’encens qu’ils offraient à la tempête, au tonnerre, à la fureur des flots, au simulacre de toutes les puissances invisibles qu’ils redoutaient ou qu’ils adoraient. Leurs devins s’offus-

uaient la raison en fumant avec excès :

ils allaient jusqu’à tomber dans un engourdissement léthargique ; et lorsqu'ils avaient repris leurs sens, ils rendaient leurs oracles, expliquaient leurs songes ou ceux des hommes crédules qui venaient les consulter, et y cherchaient une confuse image de l’avenir. Ceux qui exerçaient l’art de guérir recouraient au même moyen pour prédire l'issue des maladies. La propriété d’exalter les esprits, d animer passagèrement les forces, d’émousser le sentiment de la douleur, faisait regarder cette plante comme un bienfaisant antidote contre une partie des maux de la vie sauvage. On en mâchait les feuilles, on en respirait la poudre; on la faisait brûler et on humait son parfum. Les roseaux dont les Indiens se servaient pour ce dernier usage étaient terminés par un godet dans

lequel le tabac brülait lentement. Ces pipes étaient leurs calumets; elles.

evenaient un de leurs meubles les plus précieux, un gage d’amitié lorsquon en faisait l'échange, un symbole

e paix généralement usité dans les transactions que faisaient les différentes tribus.

La consommation introduite en Europe eut ses partisans et ses détracteurs : ceux-ci regardaient l’action du tabac sur les fibres du cerveau comme une cause d’altération intellectuelle ; d’autres y voyaient un nouveau principe d'imagination. Médecins, moralistes, physiciens, s’emparèrent également de la controverse. Au milieu de ces querelles animées, l’usage se propageait et devenait populaire. La multitude n’entrait pas dans l’examen de ces discussions , mais elle se procurait des sensations nouvelles ; et cegoût s’explique comme celui des liqueurs spiritueuses, de l’opium, des saveurs et des parfums excitants, dont l'usage et quelquefois l’abus sont recherchés des hommes civilisés comme des sauvages.

‘ En empruntant des Indiens leur calumet, on propageait aussi leurs opinions sur les vertus de cette plante ; elle passait pour guérir les blessures de flèches empoisonnées, pour tenir lieu d’aliment pendant quelques jours, pour ôter même le sentiment du besoin ; et si elle jouissait de cette énergie sur le sol natal, on enviait à l’Amérique un si précieux spécifique : on se plaignait de ce que la Providence l'avait refusé pendant tant de siècles aux nations de son choix, pour en enrichir des peuplades ignorées auxquelles les bienfaits de la civilisation n’étaient pas parvenus. Les mêmes enthousiastes regardaient le tabac comme le plus riche trésor qu’on pût recueillir dans les pays de l'or et des perles, et ils ajoutaient que la nature y avait si bien empreint ses forces vitales, qu’étant même réduit en fumée it conservait encore tout son prix. Élisabeth s’entretenait un jour avec Ralegh des merveilleuses vertus de cette plante, et la conversation ayant pris

un caractère moins grave, Ralegh dit à la reine qu’il en avait si bien analysé tous les principes, qu’il pourrait calculer jusqu’au poids de sa fumée. L'expérience paraissait difficile; il propose un pari, et la reine l’accepte : le courtisan pèse alors le tabac qu'il va consumer, il le fume, il en pèse ensuite les cendres, et la reine convient que ce qui manque au premier poids doit en effet s'être évaporé en fumée. En acquittant la gageure qu’elle venait de perdre, Élisabeth dit en riant qu’elle avait appris qu’un grand nombre d’alchimistes changeaient leur or en fumée, mais que Ralegh était le premier qui sût changer sa fumée en or.

Nous nous serions abstenus de faire entrer cette anecdote dans nos récits, si elle n’était pas relevée par le caractère et le nom de deux personnages remarquables, et si l'adoption d’un usage qui gagna rapidement tous les autres pays ne faisait pas prendre quelque intérét aux circonstances qui ont accompagné son origine.

Faire entrer dans les habitudes de la vie un nouveau genre de besoin, c'était aussi faire fleurir une branche importante de commerce ; et l’on reconnut l’avantage d'encourager en Virginie la culture d’une plante qui en était une des principales productions.

On attribue également à Ralegh les premiers essais faits en Irlande, pour y naturaliser la pomme de terre, que Francis Drake avait apportée d’Amérique. Elle fut ensuite transplantée dans le comté de Lancastre, où elle se multiplia : on l’introduisit en Hollande, en Flandre, en Italie; et ce fut long-temps après qu’elle fut portée sur les bords du Rhin, d’où elle se propagea en France et en Allemagne.

Les contrées qui avaient un grand nombre de céréales et de légumineuses n’adoptèrent qu’avec lenteur cette nouvelle plante alimentaire; l'utilité de son usage éfait moins sentie; les places de la culture étaient marquées, et le pouvoir de la routine y mettait obstacle aux améliorations.

On sait que ce végétal dont la tige est herbacée, à deux sortes de racines,

les fibreuses et les tubéreuses : les pre.

mières se ramifient en pénétrant dans le sol, où elles vont puiser les sucs qui les nourrissent ; les secondes sont grosses, charnues, rampent entre deux couches de terre, et se renflent par intervalles en plusieurs tubercules que de minces ligaments enchaînent les uns aux autres. La substance savoureuse et nourricière que fournit cesolanum se trouve ainsi à l’abri des orages, des soleils brûlants , de la grêle, et de la plupart des intempéries qui appauvrissent nos récoltes. Cette plante, dont la culture réussit dans tous les climats et dans presque toutes les ex- POPIAIQUE » offre aussi par ses nom-

reuses variétés de plus fécondes ressources à l’économie domestique et rurale.

Ralegh, occupé du sort de la Virgai , et prévoyant toute l'importance

’un établissement qui devait incessamment s’agrandir, avait reconnu la nécessité de ne pas l’abandonner à lui-même et de lui porter des secours.

Un vaisseau chargé d’approvisionnements fut expédié par ses soins; mais il n’arriva en Amérique que plusieurs jours après le départ de l’amiral Drake, qui avait emmené toute la colonie, et n'ayant plus à lui donner assistance, il revint en Angleterre, avec les provisions qu’il avait à bord.

Une seconde expédition , conduite par Richard Greenvil, venait apporter des renforts à ce même établissement ; mais il ne put égalementaborder dans l’île de Roanoke qu’après le départ de ceux qu’il venait secourir , et il trouva leurs habitations abandonnées; cependant, pour conserver la possession du pays, il débarqua cinquante hommes dans cette île, et les pourvut de provisions pour deux ans avant de remettre à la voile.

Trois vaisseaux furent expédiés Pannée suivante, sous le commandement de John White, qui était nommé gouvérneur de Virginie : ils prirent le circuit des Antilles, gagnèrent le cap Hatteras, et arrivèrent dans l’île de Rosnoke, où l'on espérait revoir les cinquante hommes que Richard Green-

vil y avait laissé maisons étaient sur la côte voisiné été attaqués par ‘après avoir combat, ils s’éti Hatteras, d'où il tis, sans que l ultérieure. White Roanoke; il pass Hatteras pour y tion , et l’année né par cette Co) üe compte en À situation où elle Le gouvernemé alors très-occupê| sister à l’expéditi sous le nom d’invl les vaisseaux étai pour la défense 4 put obtenir que | res, avec lesquels 22 avril 1588. Li autre expédition fit même néglige mitive; ses arme faire des prises incidents de la cc rentrer bientôt à d'Angleterre. L’a la colonie, par ler lui étaient néces:

détresse et prépa Walter Ralegl menses ressourct premiers établisse a d’autres mains plissement de se guerre qui S'étai pagne lui offrait d'élévation, de fi aimait mieux sel l'Europe, et att les regards de s:

céda les privilég cordés par sa chi qui se chargea nisation de la Vi veaux associés d entière l'envoi d tion, et le comi core reinis à Jo de Plymouth av

les pre.

ant dans sucs qui les sont tre deux lent par ules que nent Îles Savouit ce sodes oraa grêle, qui applante, tous les s les exs nomdes resique et

la Virortance | incesreconnu nner à ecours.

vil y avait laissés; mais le fort et les maisons étaient en ruine. On apprit sur la côte voisine que les blancsavaient été attaqués par trois mille Indiens ; qu'après avoir soutenu un premier combat, ils s'étaient embarqués pour Hatteras, d'où ils étaient ensuite partis, sans que l’on sût leur destinée ultérieure. White ne s'arrêta point à Roanoke; il passa dans une des îles Hatteras pour y former une plantation , et l’année suivante il fut désigné par cette colonie pour aller renre compte en Angleterre de la triste situation où elle était réduite.

Le gouvernement britannique était alors très-occupé des moyens de résister à l'expédition espagnole connue sous le nom d’invincible Armada. Tous les vaisseaux étaient mis en réserve pour la défense du pays, et White ne put obtenir que l'envoi de deux navires, avec lesquels il mit à la voile le 22 avril 1588. Le désir de tenter une autre expédition plus aventureuse lui lit même négliger sa destination primitive; ses armements cherchèrent à faire des prises sur l'ennemi, et les incidents de la course les forcèrent à rentrer bientôt après dans les ports d'Angleterre. L'abandon où se trouva la colonie, par le retard des secours qui lui étaient nécessaires, augmenta sa détresse et prépara sa ruine.

Walter Ralegh avait épuisé d’immenses ressources pour soutenir les

remiers établissements; il remit alors à d’autres mains la suite et l’accomplissement de ses grands projets. La guerre qui s'était engagée avec l’Espagne lui offrait de nouvelles chances d'élévation, de faveur et de gloire; il aimait mieux servir sous les yeux de l'Europe, et attirer par ses exploits les regards de sa souveraine. Ralegh céda les priviléges qui lui étaient accordés par sa charte, à une compagnie qui se chargea de continuer la colonisation de la Virginie; mais ces nouveaux associés différèrent d’une année entière l’envoi d’une première expédition, et le commandement en fut encore reinis à John White, qui partit de Plymouth avec trois vaisseaux , au

mois de mars 1590. Au li de se rendre directement dans la co. .e, où il devait aller reprendre ses fonctions de gouverneur, il voulut, comme dans sa cainpagne précédente, faire des prises sur les Espagnols; il prolongea ses croisières pendant plusieurs mois dans les parages des Antilles, et il n’arriva qu’au mois d’août sur la côte voisine du cap Hatteras. La colonie qu'il y avait laissée trois ans auparavant ne s’y trouvait plus : on fit divers signaux, mais on ne reçut aucune réponse ; on accourut vers un feu allumé, mais le lieu était désert, et l’on ne vit que des débris d'arbres enflammés.

Quelques indices firent présumer que ces hommes s'étaient retirés vers le cap Look-out , et la flottille se rendit dans ces parages; mais n’ayant pu s'y tenir sur ses ancres, ni aborder pendant quelques jours, elle abandonna cette recherche, gagna les Açores et revint en Angleterre. Si les malheureux colons existaient encore, ils devinrent la proie des sauvages; on ne les revit plus : d’autres tentatives pour les retrouver n’eurent aucun succès ; et pendant douze ans on perdit de vue tout projet d'établissement en Virginie.

L’interruption qu’avaient éprouvée à puni reprises les expéditions de l’Angleterre, lui avait fait perdrele fruit de ses premiers efforts; il lui fallait des temps plus calmes pour reprendre avec ardeur cette grande entreprise : la tranquillité de l’Europe permit enfin de s’y livrer , et les éminents services de quelques hommes assurèrent à la Grande-Bretagne de plus durables établissements.

Bartholomé Gosnold entreprit, en 1602, un voyage en Amérique , avec un éauipage de trente-deux hommes ; il voulait arriver en Virginie par une route plus directe, et le 1° mai il prit terre vers le 43° degré de latitude.

La côte était basse et sablonneuse :

ne trouvant pas un bon mouillage, il reprit la mer, cingla vers le midi, et se trouva porté le lendemain dans la baie de Cap-Cod, qu'il nomma ainsi à cause de l’ahondance de morue (Cod-

fish) qu'il y découvrit. En faisant voile autour de la péninsule recourbée que termine ce cap, il reconnut plusieurs îles : la plus grande était couverte de vignes, et Cosnold la nomma Marthas Wineyard; il donna le nom d’Élisabeth à une autre île, où quelques es u’il sema pour en essayer a culture, levèrent promptement; et après avoir eu des communications amicales avec les Indiens, il revint en Angleterre.

Les récits que firent ces aventuriers de la beauté et de la fertilité du pays, attirèrent l’attention publique et firent renaître le goût des découvertes.

Plusieurs expéditions particulières furent tentées sans résultats; mais en 1606, il se forma deux sociétés, celle de Londres et celle de Plymouth , entre lesquelles Jacques 1° partagea le droit de créer des établissements sur la côte d'Amérique : la société de Londres put en former depuis le 34° de-

ré de latitude nord jusqu’au fond de a baie de la Chésapeake; celle de Plymouth eut les mêmes priviléges, le long du littoral de l'Atlantique, depuis le 38° degré jusqu’au 45°. La concession faite à chaque compagnie s’appliquait à toutes les îles situées à cent milles anglais du rivage : elle s’étendait également à cent milles dans l’intérieur des terres. Toute cette côte était alors connue en Angleterre sous le nom de Virginie : on la partageait en deux sections, celle du nord et celle du sud ; chacune d’elles avait un conseil établi en Amérique, et toutes deux relevaient d’un corps supérieur, résidant en Angleterre, et chargé de régler le gouvernement de ces colonies.

Chaque conseil était tenu de pourvoir au maintien du service religieux et à la propagation de la foi chez les peuples sauvages, suivant les rits et la doctrine de léglise anglicane ; il devait empêcher qu'aucun habitant ne contrevînt à son serment d’allégeance ; on établissait un jury pour les causes criminelles qui emportaient la peine capitale; le président et le conseil pouvaient prononcer sur les délits moins graves. Il serait ouvert pendant cinq

ans un ou plusieurs magasins, où les marchands déposeraient tous Îes produits qu’ils auraient importés dans la colonie; un trésorier ou capitaine marchand en aurait la surveillance, il en rendrait compte; et chaque habitant recevrait de ces magasins tous les objets nécessaires à son usage.

Le but de cette dernière mesure était de pourvoir aux besoins de chaque colonie : on voulait mettre à sa pres tous les moyens de conservaion; et pour mieux assurer son entretien, on décida qu’elle devait avoir en Angleterre une ou plusieurs compagnies de correspondants, chargés de veiller aux intérêts de l’association, d'expédier les marchandises qui devraient étre envoyées en Amérique, et de prendre en retour les, produits que l’on pourzît en extraire. Le président et le conseil de chaque colonie avaient le pouvoir de paie les ordonnances qui eur paraîtraient convenables au maintien du bon ordre, pourvu qu’elles s’accordassent en substance avec les lois d'Angleterre et avec leurs principés d'équité.

Lorsqu'on eut tracé les bases des tablissements qui devaient étre formés en Virginie, le capitaine Christaphe Newport fut chargé de commander la première expédition, qui se composait de trois navires; elle partit de Blackwell, prit la route des Canaries, et aborda le 26 avril 1607, près du cap Henri, sur la côte méridionale de la Chésapeake. La boîte qui renfermait les ordres du gouvernement fut alors ouverte; on 4 lut les noms de ceux qui devaient former le conseil de la colonie , et le nouveau gouvernement fut organisé. On chercha un emplacement favorable pour le premier établissement : il fut fondé sur la rive d’un fleuve qui reçut, en l’honneur du roi, le nom de James-river ; et la ville qu’on ÿ bâtit, à quarante milles de son embouchure, fut nommée James-town.

Le capitaine John Smith était désigné comme membre du conseil; cependant une fausse accusation de ses ennemis empêcha d’abord de l’admet-

tre: on vo Angleterre ; innocence , tes délateurs les avaient & Smith fut a zèle pour le bientôt qu’e on lui aurai le plus ferme Après av de James-to revint en Eu qu'il avait dé rent prompté de ce nombr et par l’insal riées : le con bres, d’autr tout se fit b l'influence de l'habileté, la dé toutes les soins furent diennes les p en vivres po bord réduit à il engagea € change avec 1 che de lhive chasse furent fit ensuite av voyage vers mini, l’un des du James-riv.

que les hom:

surpris par ut quel il se déf chute l'avant fut enveloppe Le chef de :

était un frere torité s'étend il conduisit dans le villag promena ns!

vers les terri tres tribus, € résidence de gauche du Yo la baie de |:

golfe profon chaîne des A trée obéissait

s,où les les pros dans la line marce, il en habitant 1s les ob-

| mesure 3 de chatre à sa onservason enait avoir irs comargés de xciation,

ui denérique , produits Le pré- > colonie "les orit conve- ordre, en subterre et

ases des tre fore Chride com- , qui se le partit s Cana- 7, près dionale ui rennement s noms le conpu gouhercha le preé sur la l’hon- -river ; iarante noin-

t désiil; cede ses hdmet-

tre : on voulait même le renvoyer en Angleterre; mais, confiant dans son innocence , il insista pour étre jugé :

les délateurs se rétractèrent, ceux qui les avaient subornés furent punis, et Smith fut admis dans le conseil. Son zèle pour le bien de la colonie prouva bientôt qu’en la privant de ses services on lui aurait enlevé le plus habile et le plus ferme défenseur.

Après avoir formé l'établissement de James-town , le capitaine Newport revint en Europe. Les cent personnes qu'il avait débarquées en Virginie furent promptement réduites à la moitié de ce nombre, par l'effet des maladies et par l’insalubrité des provisions avariées : le conseil perdit quelques membres, d’autres furent disgraciés, et tout se fit bientôt par l'autorité ou l'influence de Smith, dont le courage, l’'habileté, la résolution, triomphaient de toutes les difficultés. Ses premiers soins furent d’obienir des tribus indiennes les plus voisines des secours en vivres pour la colonie : il fut d’abord réduit à les exiger par la force; il engagea ensuite un commerce d’échange avec les Indiens, et à l’approche de l'hiver les ressources de la chasse furent plus abondantes. Smith fit ensuite avec une faible escorte un voyage vers la source du Chickahomini, l’un des affluents septentrionaux du James-river : il s’avança plus loin que les hommes de sa suite, et fut surpris par un parti indien, contre lequel il se défendit vaillamment : une chute l’avant mis hors de combat, il fut enveloppé et forcé de se rendre.

Le chef de tribu qui l'avait attaqué était un frère de Powhatan, dont l’autorité s’étendait sur la nation entière :

il conduisit d’abord son prisonnier dans le village où il demeurait; il le promenaensuite solennellement à travers les territoires occupés par d’autres tribus, et enfin il l’amena dans la résidence de Powhatan, sur la rive gauche du York-river, qui se jette dans la baie de la Chésapeake. Depuis ce golfe profond jusqu'à la première chaîne des Alleghanys, toute la contrée obéissait à Powhatan : elle s’é-

tendait au nord jusqu’au Patuxent, qui coule vers le fond de cette baie; elle comprenait au midi tout le bassin du James-river et de ses affluents.

Dans ses premières communications avec les sauvages, Smith eut souvent l'occasion de reconnaître leur crédule simplicité. En voyant entre ses mains une boussole, ils croyaient que l'aiguille en était animée par un mouvement et un pouvoir magique; la poudre dont on faisait usage pour les armes à feu leur paraissait être une graine que l'on pouvait reproduire et muktiplier en la semant dans la terre.

Smith avait chargé d’une lettre un messager indien qui lui rapporta de James-town les objets qu’il avait demandés : les sauvages ne pouvaient CDEARS comment ce papier avait

arlé.

: Le prisonnier fut accueilli et fêté dans tous les lieux de son passage , et Powhatan lui fit rendre les mêmes honneurs. On eut ensuite à délibérer sur son sort; et après une longue consultation, sa mort fut résolue. Smith est conduit vers la pierre du sacrifice ; il y pose sa tête; on allait l’écraser à coups de massue : Pocahontus, fille du cacique, intercède alors pour l’étranger, et n’obtenant rien par ses prières, elle se penche sur la tête de Smith, la couvre de la sienne, et s'expose la première aux coups du tomahac dont il est menacé. Les Indiens furent touchés de ce dévouement, et consentirent à lui laisser la vie. Sa libératrice n'avait que treize ans; un premier mouvement de pitié l’avait entraînée, et la générosité de son cœur ne se démentit jamais. Tout venait d’être changé dans les dispositions des sauvages; on veilla sur les jours de celui qu’on avait été près d’immoler; il fut remis en liberté; on lui donna des guides pour le reconduire à James-town. et des subsistances y furent ensuite envoyées plusieurs fois par Powhatan ou par sa lille. Il arrivait journellement au fort quelques Indiens, pour y voir leur nouvel ami; ils l'avaient admiré en le tenant prisonnier, et ils croyaient le capitaine

Smith placé sous la protection de leur grand esprit.

De nouveaux approvisionnements et un renfort de cent vingt hommes furent bientôt amenés d'Angleterre par le capitaine Newport. Smith se rendit avec lui à la résidence de Powhatan, et ce chef indien, auquel ils offrirent quelques présents, accueillit ses hôtes avec toute la pompe guerrière qu’il pouvait déployer. Pocahontas voulut aussi leur donner une fête, et le caractère des jeux et des folâtres ébats de ses compagnes mérite d’être

Qu" lo Un feu était allumé au milieu d’une plaine, où se trouvaient assemblés un grand nombre d’Indiens : Smith, Newport et leur cortége avaient été conduits à cette réunion, et les premiers rangs leur étaient réservés. D’horribles cris partent subitement d’une forêt voisine : les Anglais se persuadent u’on veut les surprendre; ils mettent l'épée à la main, et se hâtent d'arrêter comme otages quelques vieillards indiens; mais Pocahontas accourt au milieu d’eux : elle est incapable de les trahir ; elle se livre à leur vengeance s’ils ont pu la soupçonner d’une perfidie; et le gage qu’elle leur offre de sa sincérité fait renaître leur confiance.

Tout à coup on voit sortir de la forêt trente de ses jeunes compagnes : leur corps est peint de diverses couleurs ; elles n’ont pour vétement ou pour ceinture qu’un réseau de légers feuillages; la peau et les ramures d’un cerf couvrent leur tête; leurs mains sont armées d’un arc, d’une flèche ou de qieaues autres traits. Toutes ces jeunes filles s’assemblent en cercle autour du feu; elles commencent leurs chants sauvages et leurs danses, et dans les intervalles de repos elles poussent des cris percants. Les mêmes exercices se renouvellent et sont suspendus à plusieurs reprises ; puis elles regagnent la forét d’où elles étaient sorties ( voy. pl. 10).

L'année suivante, Smith fit un voyage de découvertes dans la baie de la Chésapeake. On en côtoya d’abord la rive orientale, depuis le cap Charles

usqu’à l'embouchure du Pocomoke.

es Îles de la baie furent visitées : on passa vers sa rive occidentale, et après avoir reconnu le Patapsco, dont les bords étaient inhabités, on s’éleva plus au nord vers l'entrée de la Susquehana.

Ce capitaine découvrit à son retour la majestueuse embouchure du Potomac, dont il avait déja vu les rives su-

érieures pendant sa captivité. Les

ndiens voisins du fleuve étaient aussi sous la domination de Powhatan. Ils se présentèrent d’abord comme ennemis ; muis la décharge de quel ues armes à feu les dispersa. Smith n’eut ensuite avec eux que des relations de paix. Il remonta le Potomac; il s’avança jusqu’à ses premières chutes, et les Indiens lui apportèrent, dans leurs canots, une provision de gibier et de poisson. Après avoir regagné l'entrée du fleuve, Smith découvrit successivement celles du Rep ahanock et du York-river, et il revin À Jamestown, le 21 juillet; mais il voulut reprendre immédiatement ses découvertes dans la Chésapeake. Il navigua de nouveau jusqu’au fond de la baie, remonta le cours de la Susquehana, reconnut green des rivières qui s’y jettent, et ouvrit des communications avec les Indiens. Ceux des rives de la Susquehana étaient remarquables par leur haute stature; ils avaient six cents hommes de guerre, et ils se mettaient en défense contre une grande et puissante nation qui avait quitté les rives des grands lacs d'Amérique pour faire une irruption dans leur pays.

Ces sortes d’invasions étaient fréquentes. L’ambition des conquétes a pris naissance dans l’état sauvage ; et comme on ne pouvait acquérir et conserver de l’ascendant sur sa tribu que par des preuves éclatantes de force et de LS souvent de hardis aventuriers allaient commettre des agressions individuelles, attirer des représailles, et engager une guerre dans laquelle leur nation entière se trouvait ensuite entraînée.

La reconnaissance de la baie de la

Chésape qui y ver ment ter Ilavait de l’éta inie; il issemen contrées réparait a posses services dans lop plus dig res de président ses devoi n'était i acheva le James-to les troup lonie et p Un des Smith ét amicales à ménage semblait épargné :

nes comn de reconi ropéens ( quer et d leur croy pays ; il qu'avec « maïs ou d nissait, e!

eux pour défendre.

à venir | une embt Smith re:

veau tém cahontas rêts et a venir du d'attaque Smith ve offrir qu fusa : il et la jeu tamment rent le « de ce vo repoussa

omoke.

tes : on et après ont les va plus Susque-

) retour x Potoves suté. Les nt aussi an. Ils e enneues ar-

n’eut elations nac ; il chutes, t, dans > gibier 'egagné couvrit hanock Jamesvoulut découavigua a baie, hana, ivières pmmuux des emarre; ils uerre, contre bn qui ls lacs uption

ht fréêtes a be ; et t conpu que rce et avenagresrepréns labuvait

de la

Chésapeake et des principaux fleuves qui y versent leurs eaux fut heureusement terminée par le capitaine Smith.

Il avait pu apprécier toute l'importance de l'établissement commencé en Virquhi il en calculait d'avance l’agranissement, voyait de grandes et fertiles contrées ouvertes aux Européens, et réparait tous les moyens d’en assurer a possession à son pays. De si grands services le plaçaient au premier ran dans l'opinion. Aucun homme n’étai plus digne que lui de diriger les affaires de la colonie, et il fut nommé président par le conseil. Le cercle de ses devoirs s'était agrandi; mais Smith n'était inférieur à aucun emploi : il acheva les établissements publics de James-town, il exerçca et disciplina les troupes, maintint l'ordre de la colonie et pourvut à ses besoins.

Un des premiers soins du capitaine Smith était d’entretenir des relations amicales avec les tribus dont il avait à ménager les dispositions. Powhatan semblait quelquefois regretter de l’avoir épargné : les périls des nations indiennes commençaient à l'émouvoir. Forcé de reconnaître la supériorité des Européens dans tous les moyens d’attaquer et de nuire, il les redoutait ; il leur croyait le dessein d'envahir son pays ; il ne voulait souvent échanger qu'avec des armes les provisions de maïs ou d’autres vivres qu’il leur fournissait, et profitait de ces rapports avec eux pour acquérir les moyens de se défendre. Powhatan fit inviter Smith à venir le voir; mais il avait dressé une embuscade pour le surprendre , et Smith reçut en cette occasion un nouveau témoignage de l'affection de Pocahontas, qui vint, à travers les forêts et au milieu de la nuit, le prévenir du dessein qu’on avait formé d’attaquer incessamment son escorte.

Smith voulut, par reconnaissance, lui offrir quelques présents ; elle les refusa : il lui suffisait de lavoir sauvé, et la jeune Indienne s’enfuit précipitamment. D’autres dangers menacèrent le capitaine Smith dans le cours de ce voyage : il échappa aux piéges, repoussa les agressions. et revint à

James-town, avec la provision de ges qu'il avait obtenue de différen-

es peu Hades.

n chef indien qui fut arrêté dans une de ces renrontres parvint ensuite a s'échapper ; et comme les Anglais cherchaient à se venger de sa fuite en poursuivant les hommes de sa tribu, un d’entre eux s'arrêta et leur dit :

« Si notre chef s’est affranchi, consi- « dérez que les poissons nagent, que « les oiseaux volent, que les bêtes sau- « vages s'échappent d'un piége pour « conserver Ja vie. Un homme est-il « coupable de suivre comme eux l’in- « stinct de la nature? Si vous persistez « dans la résolution de nous détruire, « nous abandonnerons nos habitations «et nous irons vivre loin de vous.

« Il nous en coûtera des peines, mais « vous en souffrirez davantage : sans « nos grains et nos fruits, vous ne « pouvez subsister. Accordez-nous la « paixet laissez-nous semer nos champs « avec sécurité. » Smith accueillit leur demande, et la paix fut rétablie entre la colonie de James-town et les tribus indiennes, qui continuèrent de lui fournir des approvisionnements.

On profita de ces moments de sécurité pour mieux connaître l’intérieur du pays. Smith dressa la carte de tous les lieux qu’il avait découverts, soit en parcourant la Chésapeake, soit en remontant le cours des fleuves; et cette carte, envoyée en Angleterre, fut souvent consultée dans les nouvelles expéditions qu’on eut à faire pour la Virginie. Le capitaine Newport, déja connu par ses deux premiers voyages, en lit encore un troisième, pour chercher ces mines d'or, toujours ts par les indigènes ; et, dans Lu pas de les découvrir, il voulut explorer les hautes régions des Apalaches, où le James-river prend sa source.

On peut observer, en s’élevant dans cette contrée jusqu’au-delà des montagnes Bleues, qui forment la première chaîne des Apalaches, un pont naturel, jeté sur une vallée étroite et escarpée où coule le Cedars-creek, avant de se jeter dans le James-river. Ce

3° Lavraison. (FTATS-ÜNIS D’AMÉRIQUE.) 3

pont est élevé de cent cinquante pieds au-dessus du courant : les flancs des deux montagnes sur lesquelles il s’appuie sont perpendiculaires, et la masse de rochers suspendue sur cet abîme unit les deux côtés du vallon par une voûte très-surbaissée, dont la largeur est de vingt-cinq pieds, et dont l'épaisseur est presque double. On suppose que ces rochers calcaires formaient autrefois une digue continue, qu’elle fut minée par l’action des eaux, et que sa base, incessamment creusée, leur ouvrit enfin un passage. Cette grande déchirure de la vallée, ce torrent qui la parcourt, ce vaste cintre qui la couronne , offrent un des plus imposants spectacles de la nature : ils la présentent dans sa beauté sauvage, avec son désordre, ses variétés et la parure de sa végétation (voyez pl. 7).

Mais l'intérêt d’une telle découverte ne pouvait satisfaire que l’imagination qui s'élève à la contemplation de la nature, et qui cherche à suivre dans leurs développements et leurs vicissitudes les œuvres de la création. La COnPAETUR de Londres, qui avait fondé l'établissement de Virginie, en trouvait l'entretien trop onéreux : n’ayant au- Cune mine à faire exploiter, elle était frustrée dans son attente ; elle àttribuait à des vices d'administration le peu de prospérité de la colonie, et sol-

icitait, de Jacques 1°’, de nouvelles lettres-patentes qui lui furent accordées en 1609.

Un grand nombre d’associés, remarquables par leur rang et par leur fortune, entrèrent dans la nouvelle compagnie, qui fut organisée en corporation, sous le titre de trésorier et compagnie d’aventuriers et de planteurs de la ville de Londres pour la

remière colonie de Virginie. Le roi eur céda toutes les terres qui s’étendaient le long des côtes, dans un es-

pace de deux cents milles au nord de.

embouchure du James-river, et de deux cents milles au midi du même fleuve : la concession d’orient en occident était beaucoup moins jimitée ; elle devait se prolonger d’une mer à l'autre. Il était alors admis en principe,

chez les Européens, que les droits ac-

uis sur la côte orientale 3 Amérique s’appliquaient aussi à toutes les terres situées sous les mêmes parallèles ; mais l’extension des établissements formés dans cette direction devait nécessairement rencontrer des obstacles.

soit dans l’interposition des fleuves, des marais, des montagnes, et dans les divers accidents du sol, soit dans le nombre et l'opposition des indigènes ou des autres compétiteurs.

Le droit de découverte, sur lequel on fondait ses prétentions, est sans doute un de ceux dont il est le plus diflicile de poser les limites. Le navi-

ateur qui reconnaît un rivage peut également apercevoir les montagnes, souvent éloignées, qui bornent son horizon; toutes les plaines intermédiaires échappent à ses regards, et il ne saisit que les points extrêmes d’un si vaste tableau. Cet aperçu incomplet et fugitif suffirait-il pour lui donner le droit d’occuper seul une immense contrée? et si les voyageurs d’une autre nation, abordant ensuite sur différents points des régions que l’on avait vaguement reconnues avant eux, parviennent à s’y établir, et peuvent y jeter les fondements de leurs colonies, pourra-t-on revendiquer contre eux une priorité de découverte, dont on n’était pas même à portée de soupçonner l’étendue ? Car ces lignes de terre qui se dessinent à l’horizon et que nous apercevions à peine, ne font-elles point partie d’un continent plus vaste?

ne se trouve-t-il pas, au-delà des somméts que notre vue peut atteindre , d’autres plaines, d’autres vallons , des montagnes encore plus élevées; et le domaine que nous nous sommes arrogé s’étendra-t-il de proche en proche à toutes les régions contiguëés? De si graves questions n'étaient point encore résolues à cette époque. On ne croyait plus, ilest vrai, que l’autorité d’une bulle pontificale pût suffire pour partager entre deux nations européennes toutes les contrées du nouveau monde, et d’autres peupies avaient cherché à entrer aussi dans ce plan d’invasion ; mais chaque concurrent étendait à son

gré l’app verte, d des guer sion, à d ui se di épouille La con valeur le; autorisée tation de les terres mais dan as d’aut Jouir de t( tion du c était rése corda la ] colonie, à étrangers l’exportat:

l'on y en étre exem; pendant p duits que soumis qu cent. On:

de la color lc pouvoir les réglem intérêts de claré que rendre, Se serment de La prési rer : il vo vor be arrondisser que l’on fo James-rive mond , il :

premières « Powhatan, été cédé pe donna son p celle de es princip:

Mais dans visiter les ment blessé d’un baril d s’aigrir, et 1 taine, Smit en Angleter lonie des

gré l'application de ce droit de découverte, dont l'incertitude donna lieu à des guerres, à des prises de possession, à des traités entre les puissances ui se disputaient le territoire et les dépouilles des indigènes.

La compagnie charçée de mettre en valeur les richesses de la Virginie fut autorisée à la recherche et à l’exploitation des mines, non-seulement dans les terres qui lui avaient été cédées , mais dans toutes celles qui n'avaient

as d’autres possesseurs; elle devait jouir de tous leurs produits , à l’exception du cinquième , dont le paiement était réservé à la couronne. On accorda la liberté de se rendre dans la colonie, à tous les Anglais, à tous les étrangers qui voudraient s’y établir ; l'exportation des marchandises que l'on y enverrait d'Angleterre devait être exempte dedroits de toute nature pendant plusieurs années, et les produits que l’on en recevrait ne seraient soumis qu’à un droit de cinq pour cent. On accorda au conseil supérieur de la colonie, résidant en Angleterre, le pouvoir d'établir toutes les lois, tous les réglements qu’il jugerait utiles aux intérêts de la contrée ; enfin, il fut déclaré que personne ne pourrait s’y rendre, sans étre tenu de prêter le serment de suprématie. |

La présidence de Smith allait expirer : il voulut rendre un dernier service à la colonie en lui donnant deux arrondissements nouveaux ; et tandis que l’on fondait vers l'embouchure du James-river l’établissement de Nanscmond, il vint commencer, vers les premières chutes du fleuve, celui de Powhatan, dont l'emplacement avait été cédé par le chef indien qui lui donna son nom. Ces deux forteresses et celle de James-town couvraient les principaux points de la colonie.

Mais dans un voyage qu’il faisait pour visiter les travaux, Smith fut grièvement blessé par l'explosion accidentelle d’un baril de poudre : le mal vint à s'aigrir, et la cure devenait plus incertaine, Smith se détermina à revenir en Angleterre. Il laissait dans la colonie des provisions de vivres pour

deux mois et demi, vingt-quatre pièces d'artillerie, trois cents mousquets, trois vaisseaux, sept barques et plusieurs espèces d'animaux et d'oiseaux domestiques, dont la naturalisation réussissait. Des plantations de maïs avaient été formées par ses soins autour de James-town , et l’année 1608 fut la première-où les colons anglais firent une récolte de cette graine, semée de leurs propres mains. Smith était convaincu que ce pays pouvait-fournir tous les produits agricoles, qui sont la véritable richesse d’une contrée.

Mais la colonie dont il était le bienfaiteur avait encore besoin de lui, et son départ fut une calamité pour elle. Il l'avait soutenue dans les temps les plus difficiles, et il avait assuré ses relations avec les Indiens. Ceux-ci révéraient sa justice ; ils s’étaient attachés à lui ; ils le regrettèrent , et n’esperane pas qu’il pût survivre à ses

lessures, ils le pleurèrent, comme s’il allait mourir.

Trois nouveaux commissaires étaient alors partis de Londres pour la Virginie, où ils devaient se charger en commun des soins du gouvernement :

c’étaient Thomas Gates, George Sommers et le capitaine Newport. Tous trois étaient à bord du vaisseau amiral, et ils étaient suivis de neuf bâtiments de transport; mais lorscu’ils furent arrivés au nord-est du détroit de Bahama et dans les parages du Gulf-Stream, une violente tempête, survenue le 24 juillet, sépara du reste de l’escadre le premier vaisseau, le rejeta loin des plages u continent américain, et, après l'avoir battu pendant trois jours, le poussa vers les îles Bermudes et le fit naufrager sur la côte. Le navire y fut brisé, et les hommes parvinrent péniblement à se sauver. Les bâtiments de convoi furent moins maltraités; ils purent continuer leur navigation jusqu’en Virginie, où ils arrivérent successivement.

L’archipel des Bermudes, où se

rouvaient alors retenus les nouveaux chefs destinés à la colonie, se compose d’un grand nombre d’iles, dont la plupart ne sont que des rochers entourés

d’écueils et redoutés des navigateurs.

On leur avait aussi donné le nom d’Iles du deuil ; elles n’étaient encore connues que par des naufrages ; il ne s’y trouvait aucun Indien, et aucune puissance d'Europe ne les avait occupées, quoiqu’elles eussent été découvertes, en 1527, par Juan Bermudez.

Cependant les plus grandes îles de cet archipel sont fécondes : celle où l’on aborda était parée d’une partie des plantes de la Virginie; elle pouvait recevoir celles d'Europe, et George Sommers y sema des graines qui lev

rent promptement. La saison de l’année était favorable, il en profita; il visita l’intérieur, étendit ses reconnaissances dans les îles voisines, et prévit les avantages de l’établissement

ue l'Angleterre pourrait bientôt y ormer. Mais dans leur situation actuelle, les trois commissaires avaient à s'occuper avant tout des moyens de gagner la Virginie avec les cent cinquante compagnons de leur naufrage.

Ils n'avaient aucune espérance d’être recueillis par d’autres vaisseaux, dans un temps où tous les marins évitaient ces parages, et ils construisirent, en bois de cèdre, deux légers navires.

On profita, ou les achever et pour les mettre en état de prendre la mer, de tous les agrès qu’on avait sauvés. Ce travail dura long-temps, et l’on fut retenu aux Bermudes près de neuf mois avant de remettre à la voile.

Après une traversée de quatorze jours, les navigateurs arrivèrent en Virginie, où ils n’étaient plus attendus.

Pendant ce temps, la colonie avait été réduite à une extrême détresse.

Les derniers établissements fondés par Smith étaient abandonnés, et celui de James-town était en proie à l’anarchie.

Les hostilités contre les Indiens se renouvelaient fréquemment, et on ne prenait plus les mêmes soins pour cultiver leur amitié ou pour les contenir : on avait épuisé toutes les provisions; et de cinq cents hommes que Smith avait laissés à son dénart, il n’en restait plus que soixante, dont la misère augmentait de jour en jour.

Is prirent enfin le parti d'abandonner

James-town, et déja ils s'étaient embarqués pour retourner en Europe, lorsqu'ils furent renccatrés, en descendant le fleuve, par les vaisseaux de lord Delaware, qui arrivait dans la colonie et qui arrêta cette émigration.

Il avait été nommé gouverneur lorsqu’on avait appris en Angleterre la situation ho de la Virginie, et ses deux navires lui apportaient de nouveaux secours. Les premiers soins de lord Delaware furent de rétablir la confiance et la sécurité des habitants, de renouer de paisibles relations avec les Indiens, et de se procurer auprès d’eux des subsistances. Son administration fut éclairée et bienfaisante ; mais il ne resta pas dix mois en Virinie : une maladie violente le réduisit un tel état de faiblesse, qu’il ne pp plus s’occuper et se soutenir.

] s’embarqua pour les Antilles et re-

“vint ensuite en Europe. La compagnie

de Virginie reconnut , par les conseils de lord Delaware et par l’expérience

des hommes éclairés qui avaient sé-

journé aux Bermudes, que l’occupation de cet archipel serait utile aux intérêts de la colunie. Mais comme la charte de la société ne lui accordait je droit de s'établir que dans les îles situées à moins de cent milles du continent, ele sollicita et obtint une. charte nouvelle

ui lui accordait toutes les îles situées à trois cents lieues des côtes d’Amérique, depuis le 30° degré de latitude jusqu’au 41°. Richard More fut nommé gouverneur des Bermudes, et il partit avec soixante hommes pour y former un établissement.

Il serait sans intérêt pour l’histoire de suivre les relations habituelles des colons de Virginie avec les contrées voisines ; on n’y verrait que des trèves passagères, des ruptures imprévues, des piéges tendus de part et d’autre; mais portons encore les yeux sur Pocahontas qui, dans une de ces rencontres où le capitaine Ratcliffe et trente soldats anglais furent tués, sauva la vie de Henri Spilman comme elle avait sauvé celle de Smith, et lui rocura les moyens de se réfugier sur es rives du Potomack, où il passa plu-

Je.

sieurs 9 l’année des Ind taine Ai fleuve, | par un.

James droits à nie, elle mais on dont la] tablissen gènes. « sa nouve plus à 1 Quinze ce chan cherchaï avec Jol d'avril 1!

consenti age d'u es deux vité par à former donnant à un aut:

diens’yr « de mo « d’amit « rer de « ne la v « déja sa « fise!

« mains « guerre « vieux, « en pai Pocahd ligion c les maxi dienne d baptême rémonie qu’elle éf servait e Smith q fections pérait pl Cepend venu en s'était gr geait à fa vers les €

nt emurope , en deseaux de dans la gration.

ur lorsterre la e, et ses de noujoins de ablir la bitants, ns avec r auprès \dminisaisante ; en Virréduisit qu’il ne outenir.

es et reimpagnie conseils périence

aient sé-

cupation

intérêts harte de droit de situées à nent, elle nouvelle :s situées d’Améri-

latitude tnommé

il partit y former

l'histoire telles des contrées es trèves prévues, d'autre; sur Poces rentcliffe et nt tués, n comme h, et lui gier sur passa plu-

sieurs années. Elle-même s’y retira l’année suivante; elle vivait au milieu des Indiens de cette tribu, et le capitaine Argall, qui fit un voyage sur ce fleuve, parvint à l’attirer à son bord par un stratagème, et la conduisit à James-town. Pocahontas avait des droits à la reconnaissance de la colonie, elle } fut honorablement traitée ; mais on la retenait comme un otage dont la présence paraissait utile au rétablissement de la paix avec les indigènes. S’étant bientôt accoutumée à sa nouvelle situation, elle ne songea plus à retourner chez les sauvages.

Quinze mois s'étaient écoulés depuis ce changement ; plusieurs Anglais recherchaient sa main, et son mariage avec John Rolfe fut célébré au mois d'avril 1613. Powhatan son père avait consenti à cette union, qui devint le gage d’une réconciliation sincère entre es deux peuples ; et il fut ensuite invité par le gouverneur de la colonie à former avec elle un nouveau lien en donnant sa plus jeune fille en mariage à un autre Anglais; mais ce chef indien s’y refusa : « J’accepte volontiers « de mon frère les saluts de paix et « d'amitié ; mais je ne peux me sépa- « rer de ma fille, et je mourrais si je « ne la voyais pas souvent; vous avez « déja sa sœur : que ce gage vous suf- « fise! La hache est tombée de mes « mains : c’est assez de sang et de « guerre; je n’en veux plus : je suis « vieux, et je désire achever mes jours « en paix. »

Pocahontas fut instruite dans la religion chrétienne : elle en embrassa les maximes, et fut la première Indienne de ces contrées qui reçut le baptême : on lui donna dans cette cérémonie le nom de Rebeccr. Lorsqu’elle épousa John Rolfe, elle conservait encore un tendre souvenir à Smith qui avait eu les premières affections de son cœur; mais elle n’espérait plus le revoir.

Cependant le capitaine Smith, revenu en Angleterre depuis cinq ans, s'était gnéri de ses blessures, et songeait à faire de nouvelles expéditions vers les contrées plus septentrionales

du Nouveau-Monde. On avait fait dans la baie de Massachusett quelques essais d'établissement qui n’avaient pas réussi, et les rivages de Casco-bay étaient regardés comme une contrée froide et stérile où l’on ne pouvait se fixer; mais l’entreprise de Smith attira bientôt l’attention des Européens.

Ce capitaine partit de Londresen 1614, avec deux vaisseaux, pour découvrir des régions favorables à la pêche de la baleine, à l’exploitation des mines ou au commerce des fourrures ; il arriva dans l’île de Monahigan et sur le continent voisin, visita toute la côte du Massachusett, eut de nombreuses relations avec les Indiens, et rapporta de son voyage une grande quantité de a À de morues et d'huile de baleine. Une carte du pays fut dressée par ce judicieux observateur :

il } indiqua les noms donnés par les Indiens aux promontoires , aux baies, aux rivières, aux montagnes, aux habitations des différentes tribus. De nouveaux noms étaient proposés par Smith; une partie de ces changements fut agréée ; et la contrée entière qu’il avait reconnue prit le nom de Nouvelle-Angleterre. Le compte qu’il rendit de ses découvertes en fit apprécier toute l'importance.

Smith était de retour à Londres, et il se préparait à faire un nouveau voyage dans l'Amérique du nord, lorsque Rebecca vint avec son mari en Angleterre, où elle fut affectueusement recue par tes premiers rangs de la société. Smith se présenta chez elle :

il était accompagné de quelques amis; et Rebecca, après un salut froid et modeste, se détourna d’une manière passionnée, se couvrit le visage et ne put parler pendant long-temps. Enfin elle lui rappela les services qu’elle lui avait rendus, et l’amitié que lui-même avait jurée à son père. « Vous lui pro- « mettiez, dit-elle, qe tout ce qui « était à vous serait à lui, et que vous et lui ne feriez qu'un. Vous l’appeliez mon père quand vous étiez étranger dans notre pays; et moi qui suis étrangère dans ie vôtre, je « veux vous donner le même nom. »

Page 1