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Au néral s’ et il pri fleuve ; taquer bli son et meu lignes d ets'emn avoir ta la serva traite ; désordr la moitié harcelée Jamai si sangle contre « vaient q armes à d'attaqu
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; mais les nations aient moins souft pouvoir compter auxiliaires , :'ésisnseils de pacificaes, les Wiandots, Miamis , se voyant rs les grands lacs s du nord-ouest, veau leurs efforts ette inévitable des se trouvait alors pays situés entre rié, Un corps de es y fut envoyé, en s du général Horrter sur: les bords re les habitations ursuivre jusqu'au ion; mais il mors’épuisa dans des chacun des détagir fut attaqué et Les sauvages, eniers succès, étensur les frontières a Pensylvanie; et un nouvel armee commandement ral Arthur Saint:
s gouverneur du , C'etait cc même
chargé, en i. "7,
pavancée pour que le général Wayne
2 la défense de Ticondéroga, lorsque urgoyu£ . enflé de ses premiers avan-
| tages, envahissait le nord des États-
Uuis. QUE Saint-Clair se fût alors plié devant l’ennemi, il jouissait de quelque réputation militaire, et on le jugea d'autant plus capable de diriger uneexpédition contre les Indiens, qu’il avait contracté l'habitude de traiter avec eux, et qu’il devait connaître leur situation et leurs ressources.
Au mois de septembre 1791, ce général s'avança vers le cours du Miami, etil prit position à quelques lieues du fleuve ; maïs les sauvages vinrent lattaquer sur les hauteurs où il avait établi son camp : le combat fut obstiné et meurtrier : les Indiens forcèrent ses lignes de défense , défirent ses troupes ets'emparcrent de son artillerie , après avoir taillé en pièces les hommes qui la servaient. Saint-Clair ordonna la retraite; elle se fit avec un extrême désordre ; et l’armée, qui avait perdu la moitié de ses hommes, fut vivement harcelée par les vainqueurs.
Jamais on n'avait éprouvé de revers si sanglant dans les guerres soutenues contre eux. On reconnut qu’ils n’avaient que trop profité de l'usage des armes à feu, et de tous les moyens d'attaque qu’ils avaient empruntés des Européens. fls avaient d’ailleurs assemblé toutes leurs tribus ; et l'attrait au butin, l’orgueil du triomphe les animaient d’une ardeur plus vive, et donnaient à leurs hostilites un nouveau caractère de fureur.
Le congrès reconnut la nécessité de lever de plus grandts forces, pour soutenir une guerre devenue si désastreuse, Il ordonna la formation d’une armée de cing mille hommes, commandés par le génér:l Wayne; et, tandis que ces troupes se réunissaient, on envoya deux ofticiers près des Indiens pour négocier un arrangement avec eux , et prévenir une nouvelle effusion de sang ; mais ces ministres de paix furent massacrés.
Les troupes fédérales se mirent alors en mouvement. On était au mois de septemore; et la saison était trop
pât terminer avant l’hiver l'expédition qui lui était confiée : il ne s’avança que jusqu’au champ de bataille où Saint- Clair avait été défait, et il se fortifia dans cette position. Là , il réunit tous les moyens d'ouvrir la campagne suivante : il exerça ses troupes, anima leur courage, et n’entretint l’impression des revers précédents que pour en tirer une éclatante vengeance. S’étant remis en marche au printemps de l’année de 1794, il pénétra dans le turritoire indien, et se dirigea vers le cours supérieur de la Maumée, qui va, du midi au nord , se jeter dans le lac rié.
Les sauvages, en se repliant devant lui, épiaient tous ses mouvements , et cherchaient à l’attirer dans des embuscades , et à surprendre tous les corps qui pouvaient s'écarter ; mais le général Wayne s’avançait avec précaution :
il évitait les escarmouches ; il avait soin de se retrancher tous les soirs:
et, après avoir fatigué et trompé les Indiens par ses manœuvres, il se tint en présence devant eux, vers le confluent de la Glaise et de la Maumée.
Toutes les forces des Indiens étaient réunies : on s’observa de part et d'autre pendant quinze jours ; et, durant cet orageux armistice, Wayne fit encore parvonir à plusieurs chefs de tribus des propositions d’arrangement qui ne furent point agréées. La paix ne pouvait étre obtenue sans combat, et il y eut enfin , le 20 août, un engagement décisif. Les Indiens s'étaient portés, à travers les bois , vers la position occupée par leur enueri; mais celui-ci les attaqua avec tant d'impétuosité à la baïonnette, après avoir fait sur eux une première GATE qu'il les chassa de la forêt, ne leur laissa pas le temps de se rallier, fit périr les plus braves, ét poursuivit tous les autres, jusque sous le canon de la forteresse que les Anglais occupaient encore près des rives du lac.
A la suite de cette victoire, .e général Wayne détruisit au loin les établissements des Indiens, et l’on érigea quelques forts sur leurs frontières, afin de s'opposer à leur retour.
Les Etats-Unis venaient d’abattre, par ce dernier succès , 1 ligue des Indiens du Nord-Ouest ; et ils cherchèrent bientôt à étendre, par un nouveau traité avec les six nations iroquoises , les relations qu'ils avaient récemment formées avec les Sénécas. Ce traité, qui fut conclu le 11 novembre 1794, confirma les Onéidas , les Onondagas et les Cayugas dans la propriété des terres qui leur avaient été antérieurement réservées par leurs traités avec l'État de New-York. On fixa les limites du territoire des Sénécas , et ils durent le conserver s&"s trouble, jusqu’au moment où ils désireraient le vendre au peuple des États-Unis. Les Sénécas s’engagèrent, avec le concours des cinq autres nations , à céder aux États- Unis le droit d'ouvrir une grande route à travers leur contrée, depuis le fort Schlosser jusqu’au lac Érié, et à leur accorder également le libre usage des ports et des rivières situés dans leur pays.
En considération d’un ei.sagement si utile à la facilité des communications et au développement du ommerce, les États-Unis remirent aux six nations une valeur de dix mille dollars en marchandises; ils s’engagèrent à leur fournir annuellement, jusqu’à concurrence de quatre mille dollars, des draps , des animaux domestiques , des instruments aratoires, d’autres ustensiles appropriés à leurs besoins ; et ils mirent à leur disposition des artisans qui résideraient sur leur territoire.
Après avoir ainsi fixé leurs rapports habituels avec les six nations, les États- Unis voulurent récompenser les Onéidas , les Tuscaroras , et quelques restes de la tribu des Stockbridges, qui s’étaient unis à leur cause pendant la guerre de l'indépendance, et dont les maisons et les propriétés avaient été détruites. Pour reconnaître leurs obligations envers ces peuplades , ils s’engagèrent à leur distribuer, en compensation des pertes qu’elles avaient faites, une somme de cinq mille dollars , à faire construire pour leur usage, et à portée de leurs principaux éta-
blissements, un moulin à blé et une scierie ; à pourvoir à l'entretien de ce machines , et à former quelques jeunes Indiens aux métiers et aux arts qui le emploient.
’époque de ces traités avec les sir nations suivit de près la défaite des In.
diens du Nord-Ouest : ceux-ci , ne pou.
vant pas espérer de prolonger une lutte inégale, conclurent eux - même un arrangement avec les États-Unis, le 3 août 1795; et quelques moyen de DEVIsRRSs au milieu d'eux un Com.
mencement de culture et d'industrie furent mis à leur disposition.
Si l’on ne mesurait que par du chiffres l'importance des libéralité, on s’abstiendrait de consigner dax l’histoire les faibles subsides qui furent accordés aux Indiens par ces diffé.
rentes conventions. Mais ces Secours, dont une partie devait se renouvel tous les ans, avaient un caractèreWd'hu.
manité et de prévoyance qui en relère le prix : ils étaient donnés à des tribu simples ; on les adaptait à leur situ.
tion , et l’on tendait à leur inspirer k goût du travail et celui d’une vie plus sédentaire: pensée féconde et géné.
reuse, dont Washington désirait quels Indiens recueillissent un jour les fruits,
Quoique les guerres qu’on avait e à soutenir contre les Indiens eussent entraîné de sanglants ravages, dans les dernières années que nous venons de parcourir, ce fléau destructeur avait été local : une contrée particulière était dévastée, comme par l'effet d’un torrent, d’un incendie, d’un violent orage; mais les autres lieux n’avaient pas sou fert : toutes les ressources de la conf.
dération lui restaient ; et l’on était sir de triompher enfin d’un ennemi si inférieur par le nombre, les armes, « la manière de faire la guerre. Les pé rils seraient devenus beaucoup plus grares, si une rupture avait éclat envie les États-Unis et d’autres puis sances : on avait besoin d’affermir de naissantes institutions; et le gouver
nement fédéral espérait encore échap BR
per, par son éloignement, aux not veaux orages dont l’Europe était déj menacée.
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La révolution qui avait éclaté en France commençait à ébranler le monde. Elle avait rallumé la guerre entre eux nations mal réconciliées : les hostilités qui allaient désoler la terre devaient aussi s’étendre sur l'Océan; elles en embrasseraient la vaste étendue, et troubleraient les relations commerciales des peuples les plus éloi-
és.
CDans cette lutte mémorable , où les principales nations de l’Europe se liuèrent contreune seule, tous is droits des neutres qui désiraient conserver la paix furent bientôt méconnus et sacrifiés ; et les États-Unis furent également exposés aux agressions des alliés et des ennemis qu’ils avaient eus pendant la guerre de l'indépendance. Néanmoins ces causes de mésintelligence ne devaient pas encore amener une rupture : la France faisait des démarches auprès d’eux pour les entraîner dans son alliance ; et l’Angleterre leur offrait de pacifier tous ses différends avec eux, sur l'occupation militaire de quelques postes situés près des grands lacs, et sur de nombreux intéréts pécuniaires et commerciaux , s'ils
‘ consentaient à renoncer à quelques
priviléges du pavillon neutre.
Le gouvernement fédéral , placé dans une semblable alternative , préférait à tout autre avantage celui de donner unemeillzure frontière au territoiredes Etats-Uais, d’en conpléter l’affranchissement, et d’en garantir la sécurité :
il désirait aussi étendre, dans les colonies anglaises des Antilles, les relations de commerce des Américains ; et il reconnaissait la nécessité d’acheter , par quelques sacrifices, de si importantes concessions. Mais, pour mieux expliquer les motifs qui le détermiuerent à cet arrangement , il convient de rappeler les sentiments qui l’animaient envers la France au cormencement de la révolution, et les principales causes de mésintelligence qui vinrent altérer cette affection mutuelle.
Les États-Unis avaient continué de suivre, dans leurs relations politiques avec la France, les principes qui les avaient eux-mêmes dirigés dans la fo:-
mation de leur gouvsrnement. Ils re- En me leurs institutions comme
manées de la volonté du peuple : l’autorité qui les avait établies conservait le droit de ‘:s modifier, et c'était de cette sour:: première qu’ils faisaient dériver tous les pouvoirs.
Fan voyant la France changer la ferme de son gouvernement, les États- Unis ne prétendirent point s’immiscer dans l’examen de son organisation intérieure, et ils respectèrent en elle ce droit d'indépendance qu’ils avaient réclamé pour eux-mêmes. Une nation leur paraissait être l’unique juge de ses propres actes : ils ne s’occupèrent ; au milieu de ses vicissitudes , que du maintien de ieurs traités avec elle, et crurent que les relations des deux puissances devaient être à l’abri de ces commotions.
Quand la révolution française eut précipité du trône le monarque qui avait lui-même préparé une réforme en appelant autour de lui les conseils de son peuple, les Américains ne durent pas être insensibles aux malheuss d’un prince qu’ils avaient eu pour allié; cependant les regrets que méritait de leur part cette grande victime ne les empéchèrent poiust de reconnaître le En s républicain qui venait
’être proclamé : ils regardèrent même les nouvelles instiutions de la France comme plus analcques à celles des États-Unis, et comn'e destinées à unir plus étroitement les itérêts et les vues des deux nations.
À cette époque, l? durée de la présidence de Washing' on touchait à son terme; mais il venait d’être investi de nouveau des mêmes pouvoirs, et, dans des circonstances devenues si difficiles, il allait s’attacher à conserver la paix aux États-Unis, tant qu’elle pourrait se concilier avec leurs avantages #t leur dignité. Leur éloignement leur vermettait de ne pas prendre part à la guerre : le souvenir des fléaux qu’elie avait attirés sur leur territoire n'était p’s effacé; et si l’on parvenait à rester aeutre au milieu des guerres européennes, un nouveau développement commercial était réservé à cette na-
20e Livraison. (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. ) 22
tion qui, constamment gpentés par
* un mouvement progressif depuis l'affermissement de son indépendance, avait fait prospérer sa culture et son industrie, avait multiplié ses navires, et faisait déjà apparaître son pavillon dans tous les parages.
Washington publia, le 22 avril 1793, une a sh de neutralité. Ii déclarait qu’une conduite amicale serait observée envers touces les puissances, et À le gouvernsment fédéral n’accorderait aucune protection aux citoyens des États-Unis qui pourraient er courir des peines ou des confiscations
de la part des belligérants, en commettant des hostilités contre :ux, ou en portant à leurs ennemis des marchandises regardées c mme contrebande de guerre.
Une si prudente politique devait assurer aux Américains un libre &c paisible commerce avec les autres nations ; mais ces nombreuses voiles qui commençaient à circuler dans tous les ports, soit neutres, soit ennemis, et qui er remplacer les pavillons des
Iligérants sans étre exposées aux mêmes risques, commençaient à porter ombrage à l’ Angleterre et à la France, et chacun des deux gouvernements considéra bientôt les Américains comme les facteurs habituels du commerce de ses ennemis.
Dès ce moment la liberté de leur navigation éprouva de nombreuses atteintes. Le premier exemple en fut donné par plusieurs armements britanniques; et la Convention nationale, ayant reconnu .que le pavillon neutre n'était pas respecté par les ennemis de la France, déclara, par une loi du 9 mai 1793, que les bâtiments de guerre et les corsaires français pourraient arrêter et amener dans les ports de la république les navires neutres qui se trouveraient chargés, en tout ou en partie, soit de subsistances appartenant à des neutres et destinées pour des ports ennemis, soit de marchandises appartenant aux ennemis :
celles-ci devaient être déclarées de bonne prise, et la valeur seule des subsistances serait remboursée.
L'exemple des entraves mises aux droits des neutres amena promptement d’autres rigueurs, dont les Américains eurent souvent à souffrir. Les instru tions que le gouvernement britannique donna aux armateurs, le 8 juin sui.
vant, leur enjoignireut d'arrêter les vaisseaux chargés de blés ou de farine pour les ports de France : les cargaisons de ces navires seraient ensuite achetées par 'e data ua à moins qu’il ne permit aux capitaines de les transporter, et de les vendre dans quel.
ques ports d’une puissance amie de l'Angleterre.
Le comraerce des neutres se trouvait ainsi lésé, tantôt par des attaques individuelles, tantôt par des lis ou des ordonnances qui, tour à tour suspendues, renouvelées ou modifiées, rendirent incertaines toutes leurs relations.
La France n’avait pas alors de ma.
rine militaire; ses vaisseaux manquaient d'officiers : plusieurs flottes avaient péri, et ces combats inégaux et funestes avaient fait inutilement briller quelques actes d’héroïque dévouement, comme celui de l'équipage du Fengeur, qui s’engloutit vriontairement dans les flots plutôt que de se rendre à l’ennemi. Alors on avait encouragé les armements en course : on avait prodigué les lettres de marque; et, joue attirer les corsaires par l'ap-
ât d’un plus riche butin, on leur avait ivré, non-seulement le commerce ennemi, mais une large part de celui des neutres.
C'était l’époque où la France, après s'être débattue sur ses frontières contre les forces de l'Autriche, de la Prusse, de l’Espagne, de l’Angleterre, de l'Italie, coalisées contre elle, ouvrait péniblement la longue carrière de ses victoires, expiait au milieu des convulsions de l’anarchie la gloire de ses triomphes, et voyait les chefs d’une sanglante révolution se succéder l’un à l'autre.
La France, déchirée par la fureur des factions, était du moins restée supérieure à ses ennemis étrangers * en dé fendant son territoire elle e. avait reculé les limites. Mais ne pouvant être
ves nrises aux
a promptèment
les Américains
ir. Les instrurent britannique le 8 juin suiit d'arrêter les lés ou de farine nce : les cargaiseraient ensuite 1eméent, à moins apitaines de les endre dans queljssance amie de
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pas alors de mavaisseaux manplusieurs flottes combats inégaux fait inutilement 8 d’héroïque déelui de l'équipage pluutit vr:0ntais plutôt que de se lors on avait ents en course : on ttres de marque; orsaires par l'aptin, on leur avait le commerce en- > part de celui des
la France, après frontières contre he, de la Prusse, ngleterre, de l'Itaelle, ouvrait péniarrière de ses viceu des convulsions ire de ses triomfs d’une sanglante der l’un à lautre.
ar la fureur des oins restée supécrane ‘en dé ire elle e. avait bis ne pouvant être
maîtresse de la mer, d’où ses forces avaient disparu, elle en avait abandonné le domaine à tous ceux qui pouvaient troubler les relations maritimes et commerciales de l’Angleterre avec les autres nations.
Sur ces entrefaites, l'Amérique fut témoin d’un événement funeste, bien
ropre à faire oublier en ce moment
us les intérêts politiques, et à réveiller au fond des cœurs les plus profonds sentiments de l’humanité et de la pe Depuis près de deux années les troubles et les malheurs de Saint-Domingue affligeaient la France : cette île s'était couverte de ruines depuis le 20 août 1791, époque où la première insurrection des noirs y avait éclaté :
l'incendie de quelques habitations était devenu le fatal brandon de la guerre civile; il s'était rapidement propagé; il avait dévoré les possessions des maîtres, il ne s’éteignait que dans leur sang, et tous les liens de la servitude avaient été rompus, sans que l’on fût prét à l’usage de la liberté.
La triste peinture de cette longue série de calamités n’entre pas dans le cadre de notre histoire; mais après la ruine du cap Français, qui fut incendié le 24 juin 1793 par les noirs et les hommes de couleur, nous avons vu un grand nombre de blessés, de malades et de proscrits, réfugiés à bord des navires, et incertains sur le choix d'un asile où l’on voudrait recueillir leur infortune. Les uns se retirèrent dans l’île de Cuba, et ils y introduisirent la culture du café; d’autres gagnèrent la Louisiane : l’origine des habitants était la même; ils avaient à compter sur un échange de hons offices, et l’on se roppalait qu’en 1788 les colons de Saint-Domingue, informés d’un incendie qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans, s'étaient hâtés de leur envoyer des secours pour relever leurs habitations. Un grand nombre de fugitifs fireni voile pour les États-Unis; ils reçurent dans chaque ville un accueil hospitalier : les gouvernements vinrent à leur aide; on accorda quelques terres à ceux qui pouvaient les cul-
M üiver, et l’on pourvut par d’autres li-
béralités aux besoins des vieillards, des veuves et des enfants. Exemple bien digne de remarque, dans un moment où les relations polie de la France avec les États-Unis étaient souvent troublées et pouvaient conduire à une rupture.
Genet, arrivé à Charleston comme ministre piénipotentiaire de France, avait cherché, dès les premiers moments de sa mission, à effectuer dans ce port des armements en course : il avait délivré des lettres de marque, pour courir sus aux bâtiments de commerce dont la pt ou les cargaisors appartenaient aux ennemis de la France, et il autorisait les capteurs à conduire leurs prises dans les ports mêmes des États-Unis. Piusieurs corsaires partirent bientôt de Charleston, et leur expédition fut préparée avec tant de secret et de célérité que le gouvernement fédéral ne put y mettre aucun obstacle. Ces armements firent guees prises en haute mer; ils en
rent même dans les eaux du littorai américain et dans l'enceinte de sa juridiction : 1ss États-Unis s’en croyaient alers responsables, et Washington n'hésita pas à reconnaître qu’une incemnité était due aux capturés qui «vaient à se plaindre de ces actes de vivlation. Le gouvernement fédéral décida que les vaisseaux armés en course seraient désarmés, et plusieurs hommes qui n’avaient point obéi à cette disposition furent arrêtés par ses or-
dres.
Mais ce n’était déjà plus un simple conflit entre les autorités nationales et un ministre étranger : les passions de la foule avaient été mises en mouvement. Il s’était formé , en Amérique, deux partis ; celui qui désirait maintenir sa neutralité au milieu des belligérants, et celui qui, soulevant toutes les ambitions, toutes les haines, cherchait à conduire à la guerre les États- Unis, élevait contre le pouvoir des magistrats celuidessociétés populaires, et regardait leurs orageuses assemblées comme les organes et les plus sûrs interprètes de l’opinion publique.
Le gouvernement fédéral ne céda
int à leurs cons: il déclara, Bar un règlement du 3 auat, qu'aucunc des puissances belligérantes n'avait le droit de faire armer ni d’équiper dans les ports américains des vaisseaux destinés soit à l'attaque, soit à la défense, et que toute expédition de cette nature était illégale. Il annonça même, le 5 septembre, au gouvernement britannique , avec lequel il désirait conserver la ae que l’on ne recevrait plus dans les ports des États-Unis les armements qui en étaient sortis, pour croiser contre le pavillon de cette puissance, et qu’il chercherait à obtenir la restitution des prises qui avaient été faites.
Washington avait adressé à la France comme à l'Angleterre des représentations sur les atteintes portées de part et d’autre à la liberté du commerce américain : il en rendit compte au congrès par un message du 5 décembre, et il se plaignit hautement des procédés du ministre plénipotentiaire de France, qui, sans partager les sentiments d'amitié de la nation Es ee GA cherchait à envelopper les États-Unis dans les malheurs d'une gens étrangère, et dans ceux de la
iscorde et de l’anarchie. Genet fut irrité des dispositions prises pour arrêter l'effet de ses armements ; et, ne pouvant exciter les Etats-Unis à commettre des hostilités contre le gouvernement britannique , il espéra les engager dans une autre guerre, en formant le projet de deux invasions dans les contrées voisines qui appartenaient alors à l’Esprene. Il envoya des émissaires dans a Géorgie, pour y faire des levées d'hommes pa devaient pénétrer en Floride ; et il en envoya d'autres dans le Kentucky, pour y essayer un semblable armement contre la Louisiane.
Cette seconde entreprise trouvait dans les États de l'Ouest de nombreux partisans : les troupes que l’on y assemblait devaient descendre l’Ohio et le Mississipi ; et l’on croyait pouvoir s’emparer gans obstacle de la Nouvelle-Or-
De tels préparatifs n’échappèrent point à la vigilance du gouvernement
fédéral : aucune violation plus grave ne pouvait être tentée contre la neutralité des États-Unis et même contre leur souveraineté; et, comme la prudente fermeté de Washington le por.
tait à ne pas dévier de l’impartialité u’il s'était prescrite, Genet s’effo ’opposer à l'autorité du président celle du peuple, que ses émissaires cherchaient à soulever. Un club, formé sous ses auspices, établissait ses afli.
liations avec d'autres sociétés semblables : il dénigrait, comme ennemis du bien public, ceux qui ne partageaient point ses sentiments passionnés; et Washington, personnelle. ment attaqué par ses actes, et voyant la paix des États-Unis mise en péril
par les menées turbulentes d’un agent :
qui abusait de sa mission, chargea la égation américaine à Paris de demander son rappel. Cette demande fut accueillie par le comité de salut public :
il nomma un nouveau ministre près du gouvernement fédéral, et témoigna le désir de resserrer les liens de la France avec les États-Unis.
Cependant le rigoureux système «ii nait la navigation et le commer:
es neutres n'était pas révoqué: le gouvernement britannique leur imposait les mêmes entraves; il les avait même aggravées, en donnant, le 6 novembre, aux commandants de ses vais.
seaux de guerre et de ses armements en course, l’autorisation de saisir tout navire et chargement venant des îles françaises d'Amérique, ou expédié pour leurs ports. quoine ces ordres fus sent donnés d’une manière générale, le pavillon des États-Unis se trouvait plus exposé que tout autre à leur application. Alors l’Angleterre avait formé le projet de CHERE Pile de Saint- Domingue, où elle So ge depuis peu le quartier de Jérémie et celui du môle Saint-Nicolas, situés vers ses deux pointes les plus occidentales. Le gouverneur de la Jamaïque était chargé de cette expédition : un corps de ci cents hommes avait débarqué, le 19 septembre , dans la grande anse que bordent ies paroisses de Jérémie ; il eï avait pris possession au nom du gou-
on plus grave contre la neut même contre an 04 « pruington le por:
e Fmpartinlité Genet s’efforça da président ses émissaires Undlub, formé blissait ses aflisociétés semomme ennemis qui ne partaentiments pason, personnelle.
actes , et voyant is mise en péril entes d’un agent sion , chargea la Paris de demandemande fut acde salut public:
au ministre près éral, et témoigna les liens de la s-Unis. | reux système «ii et le comme:
pas révoqué: le inique leur impoaves ; il les avait donnant, le 6 nodants de ses vais:
e ses armements tion de saisir tout t venant des îles e, ou expédié pour e ces ordres fus anière générale, -Unis se trouvait autre à leur appli:
eterre avait formé
ie et celui du môle és vers ses deux identales. Le got:
que était chargé de n corps de cin t débarqué, le 19
ande anse que s de Jérémie ; il € n au nom du go
.nement
ir l'ile de Saint: M upait depuis peu À
vernement. britannique : un. autre détachement anglais était arrivé trois Lie rès au môle Saint-Nicolas , et a garde de ce port lui. avait été remise. Les colons eux-mêmes avaient appelé ces pro’ecteurs étrangers , et ils comptaient sur eux. pour empêcher que l'insurrection ne pénétrit dans leurs ateliers. La situation de ces postes avancés permettait aux Anglais de communiquer aisément avec la Jamaïque:
ils pouvaient recevoir de cette Île des renforts et des approvisionnements ; et ce fut ainsi qu'ils envahirent par degrés d'autres quartiers de Saint-Domingue; et que, sans pouvoir s'affermir dans cette possession , ils contri- Huèrent du moins à la faire perdre à la France.
En essayant de s’agrandir dans les Antillss , l'Angleterre reconnaissait encore mieux l'avantage de conserver la paix avec les États-Unis: elle désirait se de nes d’eux ; et le gouver-
ritannique déclara, le 26 mars 1794, qu’il ouvrait à leurs productions et à leurs marchandises tous les ports de l’Angleterre, et qu’on pourrait les y importer directement sur des vaisseaux soit anglais, soit américains : le 18. août suivant, il révoqua les ordres qu autorisaient l'arrestation et la préemption des cargaisons de blés. ou de farines, destinées
our des ports français; et il se borna
à maintenir la défense de communiquer avec les places mises en état de blocus.
Ces concessions faisaient prévoir un prochain arrangement entre.les États- Unis et la Grande-Bretagne : John Jay s'était rendu à Londres comme négociateur : il discuta avec Grenville toutes les questions qui étaient en li-.
tige; et les deux plénipotentiaires si-
èrent, le 19 octobre, un traité
’amitié, de, commerce et de navigation. 11 fut convenu que les Anglais retireraient, avant le mois de juin 1796, les troupes et les garnisons des pus qu’ils occupaient encore au midi es lacs, et en decà des limites du territoire assigné aux États-Unis par leur dernier traité de paix. On assura
aux habitants de l’une et de l'autre frontière lu liberté des communications mutuelles , celle du commerce et de la navigation; et il fut expressément déclaré que les deux parties contractantes jouitaient également du cours du Mississipi. Des commissaires furent char.
fs de déterminer avec précision la
gne de démarcation à suivre depuis les sources de ce fleuve jusqu'au lae des Bois; ils eurent aussi à décider quelle était la rivière, connue sous le nom de Sainte-Croix, qui devait servir de limites entre les États-Unis et la Nouvelle-Écosse.
Les réclamations élevées sur des dettes ou des pertes qui remontaient à l’époque de la dernière guerre, ou sur des prises illégales dont on s'était promis la restitution, furent également soumises à l'examen d’une commission qui avait à prononcer par voie d'arbitrage, et dont'le jugement devait être mis à exécution.
Toutes les stipulations que nous venons de rappeler avaient un caractère permanent et absolu : elles ter minaient d’une manière irrévocable les discussions qui avaient eu lieu entre l'Angléterre et les États-Unis; mais on joignit à ces premiers articles d’autres clauses qui ne devaient avoir qu’un effet temporaire. Les unes s’appliquaient aux relations commerciales que les Américains pourraiént entretenir, soitavec les colonies anglaises des Indes crientales ou occidentales, soit avec les domaines britanniques en Europe:
les autres déterminaient quelles seraient, en temps de guerre, les restrictions mises à leur commerce maritime avec les autres nations.
Nous ne retrouvons plus dans les règles qui furent adoptées en cette circonstance ces principes protecteurs que les États-Unis avaient longtemps observés, et qui avaient assuré une garantie aux droits des neutres, en reconnaissant que le pavillon couvrait la marchandise. 11 fut établi par ce nouveau traité que si un navire, rencontré en mer par un armateur, avait à bord quelques propriétés appartenant à l'ennemi, cette partie de sa cargaison
serait de bonne prise. On mit au nombre des articles de contrebande, nonseulement les armes et les instruments de guerre, mais tous les matériaux qui pourraient directement servir à l’équiment des navires : tous étaient égament soumis à la confiscation. Quant aux subsistances et aux autres objets ui n’étaient pas généralement regarés comme contrebande de guerre, mais qui pouvaient y étre assimilés , on stipula que, toutes les fois qu’ils auraient été saisis pour ce motif, le propres devrait être indemuisé de eur perte, soit par les capteurs, soit par le gouvernement sous l'autorité duquel ils auraient agi.
insi se trouvait limitée cette franchise absolue de commerce et de navigation que les États-Unis avaient regardée jusqu'alors comme inhérente aux droits et à la jouissance de la neutralité. Le congrès, qui avait souvent proclamé et soutenu ces priviléges maritimes, ne se prétait qu'avec peine à un tel sacrifice, et il ne trouvait pas que le traité de Londres lui offrît une compensation suffisante. Il regrettait surtout les entraves mises par ce traité aux relations habituelles des États- Unis avec les colonies anglaises des Antilles; et le sénat refusa de ratifier l’article 12 qui bornait ce commerce aux expéditions directement faites d’un territoire à l’autre, sans permettre aux navires américains de porter en Europe les productions des colonies :
il désirait qu’on laissât à leur circulation plus de liberté; et les discussions amenées par cet incident firent différer d’une année entière l’échange des ratifications , qui n’eut lieu à Londres que le 28 octobre 1795.
Un traité d’amitié entre les Etats- Unis et l'Espagne venait d’être signé à San-Lorenzo par Thomas Pinckney et par le prince de la Paix, et il ayait pour but de concilier les deux puissances sur la démarcation de leurs domaines et sur la navigation du Mississipi. ;
Les contrées qu’arrosent l'Ohio, le Kentucky et ie Tennessée se plaignaient des entraves de cette navigation : le
Mississipi et ses affluents étaient leurs voies naturelles de communicationavec la mer; les traités de 1783 leur en avaient promis le libre usage; et toute restriction était une atteinte portée à leurs droits. Les habitants de l'Ouest le sentaient vivement : ils mirent de l'emportement dans leurs représentations : ils étaient disposés à se procurer de vive forcé la jouissance d’un privilége nécessaire à leur prospérité, leur existence même; et le gouvernement fédéral eutquelque peine à contenir un mécontentement près d’éclater, et à empêcher que des hostilités imprévues ne vinssent traverser les D +7 commencées.
détermina avec précision , dans e traité du 27 octobre 1795, la ligne qui devait séparer la Floride et le territoire fédéral, depuis l'Océan jus:
qu’au Mississipi : les États-Unis eurent pour limite occidentale le milieu du cours de ce fleuve, en le descendant er ve trente et unième degré de atitude ; et l’on convint que la navigaton en serait libre jusqu’à son emouchure, pour les Américains et les Espagnols seulement, à moins que Sa Majesté Catholique n’étendît ce privilégé à d’autres puissances par une convention spéciale. Un droit d’entrepôt à la Nouvelle-Orléans fut accordé pour trois ans aux citoyens des Etats-Unis ; et si Sa Majesté Catholique ne le continuait point , elle devait leur assigner un entrepôt équivalent, sur une autre partie des rives du Mississipi.
Les principes de la liberté du commerce, même avec les ennemis, ceux de l’inviolabilité du pavillon qui doit couvrir la marchandise, ceux qui restreignent la contrebande aux armes et aux instruments de guerre, et qui ne rangent dans cette classe ni les bois de mâture et de construction, ni les autres articles nécessaires à l’équipement des navires, ni tous les objets utiles à l’entretien de la vie, furent formellement reconnus et garantis par ce traité.
Cette contradiction entre quelquesunes des clauses fondamentales de deux conventions, conclues vers la même
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ue.
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n entre quelquesamentales de deux es vers la même
époque, l’une avec l'Angleterre, l'autre avec l'Espagne, uvait devenir, embarrassante pour la politique des États- Unis. Ils restreignaient par un traité les droits du pavillon et du commerce, et ils leur laissmient par l'autre une entière latitude : ils avaient promis à l'Angleterre «de perte er avec elle la libre navigation du Mississipi, et ils convenainnt avec la cour de Madrid
eux et les Espagnols jouiraient seuls
e cette navigation.
Lorsqu'on publia l’unetl’autretraité, cette différence de stipulations dut être remarquée mais les États-Unis s'émurent faiblement des débats qu’elle
uvait faire naître : ils avaient obtenu Le deux puissances tous les avantages
u'ils pouvaient en attendre : leur ter-
ritoire était affranchi de la présence des troupes étrangères ; et l’entrepôt commercial qui leur était ouvert à la Nouvelle-Orléans les mettait sur la voie d’une prospérité nouvelle, et devait un jour leur assurer de plus importantes concessions.
Si, en écrivant l’histoire d’un peuple, on se bornait à signaler les actes
litiques où sa puissance et sa vo- Fonté se montrent, où il établit ses rapports avec les autres États, où il déclare la guerre, pose les bases de la paix et règle ses relations de commerce, cette histoire ne serait peutêtre que celle de son gouvernement :
pour connaître la nation même , il faut énétrer dans ses penchants, dans ses fabitudes , et suivre ces mouvements libres et spontanés qui décèlent son caractère, et qui peuvent influer sur les progrès de sa marche sociale et de sa prospérité.
ôn peut remarquer aux États-Unis que la plupart des développements de la puissance sont l'ouvrage des citoyens eux-mêmes, et s’accomplissent sans l'intervention du gouvernement. C’est au sein même de la famille que se forment les plus ayentureuses entreprises, que se prend la résolution de défricher les. terres incultes, d’aller peupler le désert, de commencer par là fondation d’un hameau celle d’un nouvel État. Lesémigrants ont renoncé
sans retour au sol natal; et ils sont animés et soutenus par la nécessité méme du succès.
Le tableau d'une de ces expéditions peut faire apprécier leur importance.
Que l’on se représente un jeune cuitivateur, récemment uni à une de son choix. Tous deux partent pour les contrées de l'Ouest, après avoir reçu la bénédiction paternelle. Un vaste char porte tous les trésors qui doivent aïder à leur établisse : c’est la hache et la scie; ce sont des ustensiles DE les usages domestiques, pour la culture, et pour les besoins d’une industrie naissante, Des graines pour les premières semailles, d’autres subsistances jusqu’à l’époque des récoltes, forment leur appro:''sionnement.
Des cages où l’on a rassemblé de: oiseaux de basse-cour surmonter: ce confus équipage ; et la villageoisc . voyase sur son trône, comme la reine
e la colonie qui va ‘ii :Mlir, chante les plaisirs de son enf ince. ou la dou-
ceur de ses liens , ou les espérances de:
l'avenir. Son époux, le fusil sur l’épaule, conduit la marche du char triomphal, qui entraîne, attachés à sa suite comme autant d'esclaves, le bélier, le taureau, le coursier, pleins de force et de jeunesse. D’autres animaux domestiques marchent en liberté; mais le chien qui les a sous sa garde, comme un serviteur fidèle, presse leurs pas, les retient unis en un seul cortége, et seconde par sa vigilance les soins et les travaux de son maître (voy.pl.71).
Une .1tre famille, uneautre escorte sembla!:t« , s’est réunie à la première :
leur perspective est la même : les deux chefs iront établir dans le voisinage l’un de l’autre leurs nouvelles demeures ; ils s’entr’aideront dans leurs besoins et dans les accidents imprévus; les enfants qu’ils espèrent grandiront ensemble; déjà même leurs pensées et leurs vœux s’élancent vers un long avenir : les famikles s’uniront un jour entre elles par les nœuds les plus saints ; la solitude des forêts qui les entourent aura disparu, et de nouvelies prospérités sont promises à leurs.
générations. :
et te
Cette. ive encourage les premiers fentes ndant on ne Peu trevoit encore qu’à travers les fatigues et les privations. Il faut tout créer dans:un pays sauvage : ces terrains sont ‘rebelles à la culture; et lorsque
. vous avez abattu par la hache et le
feu de vastes foréts, leurs racines restent engagées dans le sol. Que de peines pour les'extirper, pour essarter la terre, pour en arracher les rocs dont elle th hérissée, pour détourner les eaux marécageuses qui l'envahissent, et pour leur assurer un libre écoulement! Le travail Coit assainir cette humide fange; mais des fièvres contaieuses ne viendront-elles pas assaillir e cultivateur, et frapper de mort les premiers hôtes de cc: contrées ? La culture de la terre est alors suspendue ; et le pays a perdu sa végétation indiène , sans donner encore de nouveaux ruits. Cependant la route est ouverte, et l’on'suit la trace de ses guides : un travail commencé laisse quelque héritage. à recueillir : on vient remplacer les prémiers occupants, et le labeur devient moins pénible sur une terre à demi défrichée : la charrue y ouvre ses sillons : la natate, le maïs vont se reproduire : on prolonge une clôture autour de ses plantations : une cabane rustique en occupe le centre; et les hommes, recueillis sous ces humbles toits, commencent bientôt des édifices plus durables et pius réguliers (voy.
pl. 72).
Le cemps s'écoule rapidement entre l'enfance et la jeunesse de ces colonies. Un pays déjà exploré va se cultiver avec plus de discernement : la qualité du sol est connue , et l’on peut y naturaliser : d’autres productions :
des mines sont découvertes; on a trouvé des lignes de navigation pour le commerce : les artisans arrivent, et les usines viennent à s'établir. Déjà le travail se multiplie sous toutes les formes : ilse proportionne aux besoins des habitants ; et à mesure que la colonie augmente, il se développe avec son bien-être, se prête à ses exisences, et parvient à assimiler l’industrie à celle des autres États d’où les fon-
dateurs étaient partis. Ils avaient eu tion l'avantage d'entreprendre leurs. nou- cond veaux établissements avec toutes les crite:
ressources qu'offre le développement Æ ls 0 des arts et de l'intelligence humaine, leurs Aussi la cité nouvelle s’organise aisé. vrir t ment; et comme elle émane d’une A!
société déjà florissante, elle est natu- dait rellement conduite à n’adopter que des ment institutions analogues. : partie Nous avons vu que la principale po- moye pulation des États de l'Ouest leur élait semer envoyée par ceux de l'Atlantique ; mais poste quel e était souvent accrue par l’effet jour d es révolutions et des guerres de l'an- aux b: cien monde. L'Europe était alors en faisait proie à tant de calamités, qu’un grand pour ( nombre d'hommes allaient chercher au avec d delà des mers un rot ee La religion sans a avait eu ses proscrits ; la politique eut elle r les siens : chacun venait jouir del bénéfic
tolérance, de la liberté civile, de ‘a sécurité; et la confédération américaine, enrichie des pertes des autres nations, eut bientôt à compter quelques nouveaux Etats. Deux gouverne-:
ments territoriaux avaient été érigés en 1790 dans le Kentucky et le Tennessée : l’un et l’autre pays furent admis au rang des États, l’un en 1792, l’autre en 1796; le territoire de l'Ohio n’obtint la même admission que six ans après : il avait été plus fréquemment exposé aux incursions des Indiens, et ce péril habituel avait nui aux premiers progrès de la population et de la culture.
Un des plus sûrs moyens de favori.
ser le défrichement des pays de l'Ouest fut l’occupation d’une grande étendue deterres publiques, par les hommes qui avaient servi durant la guerre de l'in dépendance : ils se distribuèrent dans les cantons qui leur étaient répartis; et ces concessions étant voisines les unes des autres, une contrée entière put étre mise en valeur à la fois, et trouver des mesures de défense dans la facile réunion de ses ressources et de ses forces. Ce n’était pas que ces arrondissements territoriaux pussent s’assimiler à des colonies militaires, assujetties à des prestations personnelles, et imposant aux possesseurs l’obliga- à
, Ils avaient eu dre ‘leurs. nouavec toutes les | développement ence humaine.
s'organise aiséle émane d’une e, elle est natu- ’adopter que des
la principale po- PObest Vent élit Atlantique ; mais accrue par l'effet guerres de l’anétait alors en tés, qu’un grand aient chercher au fuge. La religion sf politique ut enait jouir de |la rté civile, de la édération amérijertes des autres à compter quel- . Deux gouvernevaient été érigés tucky et le Tenutre pays furent ats, l’un en 1792, rritoire de l'Ohio ission que six ans blus fréquemment is des Indiens, et nui aux premiers ation et de la cul-
oyens de favori- Les pays dé l'Ouest e grande étendue le hommes qui la guerre de l'inlistribuèrent dans étaient répartis; étant voisines les le contrée entière leur à la fois, et s de défense dans ses ressources ét était pas que ces ritoriaux pussent nies militaires, as ions personnelles.
ssesseurs l'obliga- &
tion d’un service de condition spéciale ne leur était prescrite; mais leur courage était exercé :
les combats leur étaient familiers, et leurs levées volontaires pouvaient couvrir tout ce pays d’un vaste bouclier.
A mesure que la population s’étendait dans ces contrées, le gouvernement cherchait à en lier toutes les parties, en multipliant entre elles les moyens de communication. L’établissement et les correspondances de la te aux lettres recevaient de jour en jour des accroissements proportionnés aux besoins. L'autorité publique n’en faisait les frais : elle contractait, pour chaque grande ligne de service, avec des entrepreneurs particuliers, et sans avoir à entrer dans leurs dépenses elle recueillait une portion de leurs bénéfices. Ce mode de correspondance offrait sans doute moins de garantie :
les transports de lettres n'étaient pas toujours faits par les agents destinés à
cet emploi; souvent on recourait aux
voyageurs qui avaient la même direction à suivre, et l'intérêt ou les secrets des familles se trouvaient à leur merci; mais ils en abusaient peu, et quelquefois même leur voiture se trouvait RE à leur insu, de la valise des dépêches.
ans les régions encore couvertes de forêts, où la culture commençait à peine et où les habitants étaient rares et dispersés, on suppléa plus d’une fois à l'établissement d’un bureau de poste, en suspendant à un arbre placé sur la route la boîte où les lettres devaient être déposées. Les messagers y laissaient la correspondance ; elle était relevée, à jours fixes, par les facteurs chargés d’en faire la distribution dans l'arrondissement voisin : on confiait au méme dépôt les lettres qui devaient vartir, et l’arbre tutélaire était placé sous la sauvegarde de la foi publique.
Les Indiens eux-mêmes s'étaient ac-
coutumés à respecter ces écojfes parlantes : ils leur attribuaient une espèce de pouvoir megique qu'ils n’osaient braver, et la crovanec aux sortiléges protégeait un si fragile moyen de communication.
erre. Aucune.
Quand cette facilité de correspondre eut rendu moins sensible la longueur des plus grandes distances, tous les échanges de secours et de services entre les différentes parties de la confédération: devinrent plus nombreux : un mouvement général semblait entraîner vers les États de l'Ouest toutes les spéculations, tous les intérêts ; et au désir d’un accroissement de bien-être individuel se joignait la flatteuse espérance d’agrandir le territoire et la puissance de sa patrie. à
Le ropide développement de quelques États était puissamment secondé par cet esprit d’association dont nous avons déjà signalé l'influence, et qui mettait en commun les ressources et la volonté d’un grand nombre d’hommes. Cet emploi de la force et des masses avait fait ériger autrefois des monuments gigantesques ; et si les bras de tout un peuple avaient pu élever ou aplanir des montagnes, quelle ne devait pas être la puissance du nombre, lorsque, ar par un grand dévelo pement intellectuel, elle s’appliquait aux premiers intérêts de la société, et à tout ce qui peut accélérer ses progrès Alors tout conspire au même
ut; mais les travaux se partagent, et chaque entreprise est séparément con duite. Une compagnie d'actionnaires s’est formée pour la construction d’une route ou le creusement d’un canal; une autre pour le desséchement d’une région marécageuse : ici l’on commence l'exploitation des mines; là différentes usines sont mises en mouvement, et ce qu’un homme ne peut faire est essayé par une corporation. Cependant
uelles sont les ressources dont elle
ispose pour subvenir à ses dépenses ?
Elle s'appuie .ur le crédit et sur la confiance qu’elle a fait naître. Ces compagnies manquaient de bras, mais il arrive des étrangers qui cherchent du travail; elles manquaient de numéraire, mais ie papier qu’elles émettent en tiendra lieu. Des banques particulières se sont formées; la circulation de tous ces signes monétaires est iibrement ouverte; c'en est assez pour assurer le payement de la main-d'œuvre
et les échanges du commerce. On peut compter sur la réussite de ces entreprises, prudemment conçues et suivies avec persévérance; mais de téméraires qe ateurs, accablés du poids de leurs charges, tombent au milieu de leurs travaux imparfaits; et cette ardeur infatigable, qui se porte habituellement vers des opérations difficiles et hasardeuses, explique de nombreuses faillites, occasionnées par l'insuffisance des moyens mis en usage. Elles seraient moins fréquentes dans un pays où toutes les dépenses qui ont un but d’utilité publique seraient faites par le gouvernement lui-même, car il pourrait déployer un ensemble de ressou-ces et de forces dont les associations particulières ne disposent point; mais aux
tats-Unis le soin des améliorations locales est souvent abandonné aux populations qui en attendent le plus d’avantages.
Tous les intérêts sont tellement liés chez un peuple industrieux et commerçant, que la ruine d’un spéculateur, exagéré dans ses éntreprises, entraîne celle des créanciers dont il avait em-
runté les ressources. S’il a dissipé eur fortune, les institutions publiques et l’opinion opposent à cet abus de confiance un frein trop impuissant, et l'indulgence des lois sur les faillites prive de toute garantie les transactions dont la bonne foi devrait être toujours la base. On semble avoir craint de mettre des bornes à cette active et puissante émulation qui, en commençant une entreprise, souvent ruineuse pour son auteur, la fait ensuite prospérer entre les mains de l’homme qui s’en empare et la conduit à son terme.
Mais au-dessus de ces intérêts et de ces calculs s'élèvent les lois de l’équité : elles seront toujours considérées comme les plus durables éléments de la grandeur; et si l’on doit croire au fectionnement graduel de toutes les institutions sociales, cette partie de la législation américaine sera sans doute rectifiée.
C’est surtout dans ies questions religieuses que l’esprit d'association se développe avec un zèle qui aurait moins
de ferveur dans les affaires humaines, Chaque communion jouit d’une entière.
liberté dans ses dogmes et dans son mode d’adoration; chacune a ses tem.
ples, et forme une corporation dis.
tincte qui pourvoit à l’entretien de ses ministres, aux frais du service et à toutes les cérémonies saintes. Le gou.
vernement ne s’immisce dans aucune de leurs pratiques; son autorité nat.
teint que les actions qui blesseraient l’ordre social, et tous les rapports entre l’homme et la Divinité ne sont plus de son domaine.
Cette indépendance religieuse, n'é.
tant restreinte par aucune entrave, à déjà fait naître dans les croyances pri.
mitives un certain nombre de scissions; et depuis l’époque où ces diverses communions, persécutées dans lancien monde, vinrent chercher un asile dans le nouveau, nous les avons vues perdre en se démembrant cet esprit de haine et de jalousie qui les avait animées si longtemps. Chacune d'elles avait à même origine : toutes remontaient ég> lement à la révélation et aux livres saints; et comme elles s’étaient réserve le droit d'interpréter l’Écriture, elles permirent le même examen à de nou.
veaux commentateurs. Plusieurs d’en.
ire eux ne différaient que par de nuances; d’autres parvinrent à former des corps de doctrine.
Après avoir retracé, dans le second livre de cette histoire, les religions que les fondateurs des colonies avaient ap.
portées en Amérique, nous avons à suivre quelques-unes de leurs ramifia tions, et à rappeler celles qui obtinrent le plus d’empire sur l'opinion.
"Église anglicane continuait d’avoir u grand nombre de prosélytes. Elk reconnaît dans sa confession de foi k trinité, l’incarnation du Fils de Dieu, B la divinité du Saint-Esprit : elle nie le purgatoire, rejette les indulgences, vénération des images et des reliques et l’iavocation des saints, condamne k célibat du clergé, et se de de quelques principes de la réformation sur les sacrements et sur l’interprét:
tion des mystères; mais elle en diffèri essentiellement par ses règles sur k
mateurs rendus tachaien souteni par la g mœurs ; veur de écondai être bé oin leu ment da
hiéra que, mite
j'abar res, homn sion.
Ce s'était grand déjà c divisés et quel dans u une au poser même qu'ils n culatio:
désiré :
tion civ auxquel les avai
verses dépende pui aux comme Les presque pré doctrine le pouvo souvent
loquencé sas
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religion grégatio Lavait ses l'on DO ments u
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ffaires humaines, uit d’une entière.
mes ét dans son acune a ses temcorporation disl'entretien de ses , du service ét à y saintes. Le gouisce dans aucune son autorité n’aty qui blesseraient les rapports entre té ne sont plus de
* religieuse, n’éucune entrave, a les croyances pri.
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les indulgences, li ages et des relique saints, condamne lt et se rapproche it s de la réformation et sur l’interprét : mais elle en iffère r ses règles sur b
acé, dans le second e, les religions que plonies avaient ap ue, nous avons à es de leurs ramifica celles qui obtinrent
hiérarchie et la discipline ecclésiastique, par le désir de maintenir luniformité de la doctrine, et de ne point jabandonner aux innovations arbitraires, que voudraient y introduire des hommes sans caractère et sans mis-
sion.
Cependant à peine l'Église anglicane s'était séparée du saint-siége, qu’un grand nombre de dissidents s’élevaient déjà contre elle; et quoiqu’ils fussent divisés entre eux par quelques opinions et quelques rites, ils se réunissaient dans une commune opposition contre une autorité qui prétendait leur imposer sa croyance. Leur parti était même devenu plus redoutable, parce qu'ils ne s'étaient pas bornés à des spéeulations religieuses, et qu’ils avaient désiré faire passer dans l’administration civile les principes de démocratie auxquels la constitution de leurs Églises les avait accoutumés. Aussi leurs diverses associations et leur esprit d’indépendance prétèrent un puissant appui aux hommes qui se présentèrent cmmeréformateurs du gouvernement.
Les anabaptistes, répandus dans presque tous les États de l’Union, n’étaient pas restés immuables dans leurs doctrines. Une Église où chacun avait lepouvoir de la prédication devait être souvent agitée par l’exaltation ou l’éloquence de ceux qui avaient reçu l’insration du ciel, et cet enthousiasme vorisait encore l'esprit novateur. Ces religionnaires formaient déjà neuf congrégations différentes : chacune d’elles
avait ses assemblées, ses ministres, et
l'on pouvait prévoir des démembrements ultérieurs.
Les frères moraves, autres réformateurs du luthéranisme, s'étaient rendus également populaires : ils s’attachaient, comme les anabaptistes, à soutenir l’autorité de leurs doctrines par la gravité et l’austérité de leurs mœurs ; leur conduite prévenait en faveur de leur croyance , et les terres que
fécondait leur travail passaient pour
tre bénies du ciel. Ils envoyaient au oin leurs missionnaires, non-seulement dans les villes et les campagnes scupées par les hommes civilisés,
mais au milieu des nations indiennes qu’ils cherchaient à convertir à la foi et à l’ordre social.
Quelquefois, en setenant hors de la ligne des coutumes et des opinions reçues, une corporation se et encore plus en évidence. Les moraves formaient entre eux de véritables communautés religieuses : leurs assemblées réglaient le travail de chaque frère, disposaient de son temps, déterminaient son sort, ne laissaiént pas même aux jeunes sœurs le choix de leurs plus doux liens, et leur proposzient les époux qui leur étaient destinés. Un système où l’on ne tenait pas compte
es penchants mutuels faisait craindre qu'un grand nombre d’unions ne fussent mal assorties; mais on croyait écarter ce péril en laissant aux personnes qui ne se seraient pas convenu le droit de consulter trois fois le sort. Si l’épreuve leur était favorable, elles s’en autorisaient pour refuser le parti proposé ; et ce recours offrait une légitime excuse, un moyen de supercherie peut-être, à celles qui avaient en vue un mariage d’inclination, ou qui désiraient conserver leur liberté. Le temps fit tomber en discrédit un usage que l'on avait appris à éluder; et l’on se rapprocha davautage des coutumes de la société, lorsqu'on eut reconnu que les mariages les plus heureux ne dépendaient'ni de la volonté d’autrui ni des caprices du sort.
La communion qui fit le plus de progrès aux États-Unis était celle des méthodistes. John Wesley, leur fondateur, naquit en 1708, à Epworth en Angleterre, et se fit remarquer de bonne heure par une imagination vive et enthousiaste. La lecture habituelle de l’Imitation de Jésus-Christ le dis-
sait à la vie intérieure : il entreprit a réforme de l’Église anglicane, après avoir attiré dans ses opinions une partie des étudiants de l’université d'Oxford, où il avait terminé ses études, et il poursuivit le cours de ses prédications, soit en Angleterre, soit en Amérique, où il fut puissamment secondé par l’éloquence de Whitefield, qui ensuite se sépara de lui. Wesley
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avait d’abord suivi les principes des moraves et des hernhutes, mais il les trouva trop mystiques dans leur croyance, trop séparés des autres hommes, et trop restreïnts dans leur charité. La foi lui paraissait être un don de l'Esprit saint : c’est elte qui justifie, mais elle a besoin du concours des bonnes œuvrer. Si l’on est étranger aux lumières de la foi, cette erreur ne eut pas être punie comme un péché :
ie bonheur ou le malheur dans l’autre vie dépend de la conduite que l’on a tenue dans celle-ci ; les hommes ne sont pas prédestinés, et la sagesse d’un Dieu juste et miséricordieux a prévu leur sort, mais elle ne l’a pas décidé, et n’a pas entravé leur libre arbitre.
Le clergé méthodiste admet une hiérarchie, à la tête de laquelle sont placés des évêques. Les principaux miaistres du culte se réunissent tous les ans en conférence : on règle dans ces assemblées le nombre des prédicateurs pois chaque arrondissement ; on veille
l’observance de la discipline ; le clergé reçoit ses nouveaux membres, et les aspirants qui désirent être admis à exercer la prédication sont mis à l’épreuve pendant plusieurs années , avant d’être confirmés dans le ministère.
Il y a deux sortes de ministres : les uns sont fixés dans les villes, les autres sont voyageurs. Ceux-ci pénètrent dans les pays où les habitations sont encore isolées, et ils tiennent quelquefois en plaine CAApAsne des assemblées, des neetings, où leurs coreligionnaires accuurent de toutes ph Ces convocations de tous les chrétiens dispersés dans une vaste contrée, avaient lieu durant les premiers siècles de l’Église; et quand les fidèles n'avaient pas de temples où ils pussent se réunir, ils venaient prier ensemble sous la voûte du ciel. Les méthodistes se sont réglés sur cette tradition; et si leurs meefings ont été quelquefois un sujet de censure, ce reproche ne peut porter sur l'intention qui les a fait établir. Les réformateurs religieux ne peuvent prétendre à quelque influence dans une société civilisée qu’en respectant les principes qui l’animent et la conser-
vent, et une institution dirigée contre les mœurs serait réprouvée par l’opi.
nion publique.
Mais, si nous considérons quai lieu de ces grandes assemblées tous les assistants ne se borncut point à recueillir la parole de Dieu, et qu’après avoir entendu les chants religieux et la prédication , ils cèdent eux - mêmes à une inspiration soudaine , pour adres.
ser hautement au ciel leurs prières À
avec un degré de ferveur qui va jusqu'à l’extase, pour s’accuser publiquement
de leurs fautes , et pour donner le plus È
libre essor à leur repentir, nous pou.
vons reconnaître dans cet excès d’émotion, qui trouble quelquefois toutes les facultés de l’âme, un état d’exalts.
tion dont les passions humaines peuvent tirer avantage. La jeunesse, qui vient de déclarer les combats et les x
blesses de son cœur, n'a-t-elle pas re. BR
mis une arme contre elle à ceux qui chercheront à la séduire ? On apprend quels a pu faillir , et la vivacité même
e ses regrets a trahi celle de ses pen.
chants.
Ces assemblées durent souvent plu:
sieurs jours ; il a donc fallu se pour:
voir de subsistances. Un grand nombre prennent en commun leurs repas; et, dans ces nouvelles agapes, on peri
souvent le fruit de la prédication et de À
la prière ; les erreurs que l’on s'était reprochées reparaissent plus excus:
bles : les ténèbres qui viennent ensuite jeter un voile sur les actions, peuvent favoriser quelques dérèglements. 14 nuit est semée de piéges ; et la vertu qui chancelle a besoin des regards di monde et des rayons du jour. Mais ces ME | ne s'appliqueraient pas au méthodisme seul : d’autres commu nions religieuses ont vu quelques-una de leurs cérémonies également exposée aux LrarenRt et l'intérêt de h morale publique les a souvent cor duites à renoncer aux réunions no turnes et mal surveillées, dont la cor À ruption ou la fragilité du cœur pourrai abuser.
Le fondateur des méthodistes mou:
rut en 1791, après avoir affermi st doctrines, et avoir obtenu dans tou
les ran/ fervent les mé d'inspir fond de modifie:
cation e Lelang:
enihous inégalite penchan deurou La plup distes : ç heur, st etleurst leurs me qui cons Le cat rique av christian que dans irlandais Baltimor die; et, cetté Ég ses néopl ples,la des céré monie dé voix répè ger de ré Cette in encore | naître le pie, ) l'homme jusqu’à s vient ala du haut les intéré ïelle il evient ] Lalibr ces, fond velle loi, aux États
h l'effet à
Chaque 1 à üne co observe frais de d'instruc sil aband
n dirigée contre ouvée par l’opi-
dérons qu’au miassemblées tous borncut point à Dieu, et qu'après its religieux et la it eux - mêmes à ine , pour adresiel leurs prières ur qui va-Jusqu’à ser publiquement ur donner le plus È entir, nous pou-
; cet excès d’émoxelquefois toutes un état d’exalta-
1s humaines peu- La prit ra -ombats et les fai.
n'a-t-elle pas re. BS ‘e elle à ceux qui uire ? On apprend
; la vivacité même
| celle de ses pen
rent souvent plu nc fallu se pour.
Un grand nombre n leurs repas; et, apes, on per prédication et de s que l’on s'était sent plus excusi i viennent ensuit s actions, peuvent dérèglements. Li iéges ; et la vertu in des regards di s du jour. Mais cs liqueraient pas al d’autres comm:
t vu quelques-uns également exposés et l'intérêt de l s a souvent co aux réunions not illées, dont la cor à é du cœur pourril
méthodistes mot avoir affermi st obtenu dans tou
les rangs de la société de nombreux et fervents disciples. Les pratiques sont les mêmes pour tous, mais le don d'inspiration varie; et la forme et le fond de leurs prières improvisées se modifient selon le degré de leur édu- «ation et la portée de leur Eau arr Lelangagedevient éloquent ou vulgaire, enihousiaste ou mesuré : il révèle les inégalités de caractère, d’esprit et de penchant, et tout ce qu’il y a de grandeur ou d’aLattement au fond du cœur.
La plupart des esclaves sont méthodistes : ces hommes, égaux par le malheur, s'unissent aussi dans leurs vœux etleurs prières : ils ne rencontrent plus leurs maîtres en s'élevant vers le Dieu qui console, ;
Le catholicisme , qui passa en Amérique avec les différ:ntes branches du christianisme , ne s’était d’abord établi que dans le Maryland , où une colonie irlandaise avait été conduite par lord Baltimore : mais sa sphère s’est agrandie; et, dans la plupart des États, œtte Église a augmenté le nombre de ses néophytes. La majesté de ses temples, la pompe des autels, la solennité des cérémonies saintes , l'éclat, lharmonie de tous ces chants que mille voix répètent , disposent l’âme à changer de LADA et à s’élever vers le ciel.
Cette influence des signes n’est pas encore la piété même, mais elle fait naître le recueillement, et conduit à la puis. En ébranlant l'imagination de 'homme , on a pénétré plus vivement jusqu’à son cœur : l’orateur sacré devient alors plus puissant; il domine du haut de la chaire évangélique tous les intérêts humains, ct la morale à la-
relle il imprime le sceau dela religion
evient la parole de Dieu.
Lalibre pratique de toutes les croyances, fondées sur l’ancienne et la nouvelle loi, n’a été suivie d’aucun ‘’suble aux États-Unis ; et ce-calme n’est point
à l'effet d’une indifférence religieuse.
Chaque homme continue d’appartenir à üne communion de son choix : il en observe les règles; il contribue aux frais de ses établissements de piété, d'instruction ou de bienfaisance ; et, S'il abandonne les cités pour aller for-
mer au loin un nouvel établissement, cesopinionsreligieuses s'emparent plus fortement de lui, lorsque, livré à dc pes travaux , et trop-averti de sa aiblesse,, il a besoin qu’un invisible rasentenE veille constamment sur lui.
lus sa situation est difficile, plus il désire et il espère l'intervention de la Divinité dans les affaires humai.es.
La diversité des communions doit attirer aux États - Unis un plus grand nombre d’émigrants. Chacun des étrangers qui s’y rendent est sûr d’y ‘rouversa croyance établie : elle forme entre lui et les anciens habitants un premier lien; elle fait disparaître par l’association religieuse la différence des origines ; et la fusion des intérêts commence par celle des opinions.
Les libertés religieuses et civiles que nous venons de rappeler étaient constamment protégées par le gouvernement fédéral : il y voyait des principes d’émulation et de prospérité :
toutes ses institutions s’affermissaient; les différentes branches d’administration étaient organisées ;et Washington, l'un des premiers artisans de ce grand ouvrage, cherchait, avant tout, à le mettre à l’abri des innovations, et à ne pas rejeter son pays dans une crise nouvelle, L'Amérique eut sans doute à se féliciter d’une si prudente réserve, en contemplant le spectacle des commotions de l’Europe : deux nations généreuses y avaient été attaquées par les ennemis de leurs récentes institutions, et l’un de ces deux peuples venait de succomber. Sa destinée toucha Washington, et il apprit en même temps les malheurs d'un héros qui avait servi près de lui la cause de l’indépendance américaine.
Kosciusko , accoutumé à combattre pour de si grands intérêts , avait été, après son retour en Europe, un des premiers défenseurs de la constitution
olonais: de 1791, qui avait e" our
ut de relever sa patrie, et d’en r<.sire le gouvemament plus fort et plus régulier, en supprimant le iberum veto, et en affaiblissant les germes d’anarchie semés dans les anciennes lois.
Mais la confédération de Targowice
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