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se livra sans relâche à d'innombrables travaux, avec une ardeur qui excédait ses forces * cette puissance des facultés inteHectuelles, qui survit à l'affaiblissement des organes, semble les ranimer encore par son activité et son énergie, mais elle hâte leur épuisement. Washington, luttant contre une fatigue de tous les jours, approchait rapidement du terme, et cinq mois après sa nomination au commandement des troupes américaines, il fut enlevé à sa patrie : une inflammation à la gorgs se déclara dans la nuit du 13 décembre 1798: elle fit des progrès si rapides que tous les secours devinrent impuissants : l’e. barras toujou”s croissant de sa respiration l’avertit que sa fin était prochaine; et, attendant la mort sans la craindre, il régla quelques affaires, prit congé, par un geste affectueux, de ses serviteurs qui ne pouvaient plus l’entendre, et resté seul avec le docteur Craig son ami, dont il pressait encore la main, il rendit le dernier soupir.
Cette nouvelle fut rapidement portée de Mont-Vernon à Philadelphie : le peuple fut consterné; les délibérations du congrès furent suspendues; il ne s’assembla le lendemain que pour s’occuper des tristes devoirs que l'on avait à remplir. Le congrès prit le deuil jusqu’à la fin de la session, et voulut décerner des honneurs publics à la mémoire « de l’homme qui fut le premier « dans la guerre et dans la paix, et qui « eut la première place dans le cœur « de ses concitoyens. » Les mêmes sentiments d'affection et de respect furent sxprimés par John Adams, son successeur. Le congrès décida que les deux chambres se rendraient le 26 décembre au temple luthérien; qu’un de leurs membres y prononcerait l’craison funèbre de Washington; que tous les citoyens des États-Unis seraient invités à prendre le crépe pendant trente jours; qu’un monument en marbre serait érigé en son honneur dans la ville fédérale, et que mistriss Washington serait priée de permettre qu’on y transférât le cercueil de son illustre époux, momentanément déposé sous les oin-
brages de Mont-Vernon, das le mo.
dns tombeau de sa famille (voy.
ÿ Ainsi finit le grand homme qui lais.
sait aux générations à venir sa gloire et l'exemple de sa vie.
Quand les Américains firent une si grande perte, les démêlés survenus entre eux et la France devenaient encore plus graves : les États-Unis venaient d’être atteints, le 29 octobre, par un nouvel arrêté du Directoire, ordonnant que les matelots des puis.
sances neutres, trouvés à bord des bi.
timents armés contre la France, fus.
sent déclarés pirates et traités comme
J usqu’alors il avait été généralement reçu d'admettre les étrangers pour un tiers dans la composition des équipages de navires, et le droit des gens ne permettait pas d’eulever aux neutres cette franchise. Le traité conclu à Londres, entre l'Angleterre et les États-Unis, ne pouvait pas même étre allégué comme exemple d’une telle infraction; car si ce traité exposait à la punition des pirates les armateur: américains qui prendraient des let‘:es de marque contre l’Angleterre, il ne s’appliquait qu’aux chefs , et ne s’étendait point aux simples matelots faisant partie des équi.
pages; mais nous avons déjà vu que chaque puissance beiligérante ne se bornait point alors à imiter les rigueurs de ses adversaires. Le Directoire de France voulait ravir à l'Angleterre toute espèce de coopération de la part des étrangers; et cette sévérité contre les matelots américains employés à la manœuvre des naviresanglais leur était d'autant plus fatale, que souvent ils y avaient été retenus contre leur gré : ces hommes forcément enrôlés, et n'ayant pu se maintenir dans la condition des neutres, allaient être rejetés dans ls classe des forbans, et ils se trouvaient menacés d’un plus dur traitement que l’ennemi lui-même.
Une situation si pénible ;%, pouvait re prolonger, et la nouvelle des délibé.
rations prises par le Directoire produisit en Amérique une vive effervescence, Mas l’homme d’État dont on
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révérait la mémoire avait souvent conseillé d'éviter une rupture avec la France : l’autorité de ses derniers avis prévalut encore; le gouvernement fédéral les suivit, et d'autres ministres furent en Europe pour essayer une réconciliation. Pendant leur séjour à Paris, le pouvoir avait passé des mains du Directoire dans celles du consul Bonaparte, et les sentiments du triomphateur de l’Italie n’étaient point hostiles envers les États-Unis. Une loi du 14 décembre 1799 avait mis de plus justes bornes à la course maritime, et un arrêté consulaire avait rétabii les sages règlements du 26 juillet 1778 sur la navigation des bâtiments neutres.
Ce retour aux principes longtemps soutenus par la France aplanissait les principales difficultés d’une négociàtion avec les États-Unis, et une convention du 30 septembre 1800 vint eniin rapprocher les deux gouvernements.
On se promit la restitution des bâtiments de l’État qui auraient été pris de part et d’autre, et celle des propriétés capturées qui ne seraient pas encore condamnées. Les deux puissances jouiraient dans les ports l’une de l’autre, quant au commerce et à la navigation, des priviléges de la nation la plus favorisée. Tous les principes de neutralité et de droit maritime, reconnus par les traités qu’elles avaient conclus précédemment, étaient renouvelés : Chacune d’elies pourrait naviguer et commercer dans les ports appartenant à l’ennemi de l’autre puissance; l'accès des places bloquées et l’importation de la contrebande de guerre étaient seuis prohibés. Le pavillon devait couvrir la marchandise, et celleci était réputée neutre ou ennemie, suivant la nationalité du navire.
Les vaisseaux naviguant sous convoi ne devaient pas être visités : il suffisait que le commandant de l’escorte déclarât que ces navires appartenaient à la puissance dont il arborait le pavillon, et qu'ils n’avaient à bord aucune contrebande.
Les tribunaux établis pour les prises, dons les pays où elles seraient conduites, pourraient seuls en prendre con-
naissance. Tous les capitaines de corsaires devaient fournir une caution, pour répondre des dommages qu’ils auraient illégalement causés pendant leurs croisières. Si l’une des deux nations était en guerre, les corsaires qui auraient reçu une commission de ses ennemis ne pourreient pas armer dans les ports de l’autre puissance, et ils ne pourraient pas y vendre leurs prises.
Aucun pirate ne serait reçu dans les ports, et tous les effets qu’on aurait pu reprendre sur eux seraient rendus aux propriétaires.
Chacune des deux nations exercerait seule sur ses côtes le droit de pêche ; elles ne se troubleraient pas mutuellement daris l'exercice de ce droit sur les côtes de Terre-Neuve, et dans les autres parages au nord des Etats-Unis, et la pêche de la baleine et du veau marin serait libre dans toutes les parties du monde. |
Les règles de droit maritime, rappelées dans la convention que nous venons d'analyser, étaient celles qui avaient déjà été consacrées en 1780 par les puissances du nord de l’Europe, signataires des actes de la neutralité armée. Les mêmes principes avaient été
roclamés en 1794 par le Danemark et a Suède, et ils le furent encore en 1800 par ces deux puissances et par la Prusse et la Russie, qui résolurent de rétablir et de soutenir en commun ce système, protecteur du commerce et de la navigation neutre.
Nous n’avons pas à peindre tous les événements qui furent amenés par cette ligre nouvelle, et qui sont étrangers à l'histoire des Etats-Unis; mais nous devons rappeler quecette confédération du Nord ne fut pas ménagée par l’Angleterre, comme l'avait été celle de 1780, et qu’elle attira sur le Danemark toutes les calamités de la guerre. Co penhague fut bombardé , le 2 avril 1801, par une flotte britannique : les navires, les arsenaux, les magasins furent détruits, et les désastres de cette journée forcèreni le gouvernement danois à renoncer à toute coopération avec ses alliés. Une attaque semblable allait être dirigée contre le port de
Carlscrona, et l’amiral anglais Hyde- Parker obtint de la Suède une renonciation semblable. On venait d’apprendre ia mort tragique de l'empereur Paul, survenue le 24 mars : l’avénement d'Alexandre, son successeur, fit abandonner le système qu'il avait soutenu, et amena la cessation des hostilités entre l'Angleterre et les puissances du Nord. La Russie renoua, par sa convention du 17 juin 1801, ses relations avec l’Angleterre, et les cours de Danemark et de Suède accéderent plus tard aux dispositions de ce traité. On stipula que les vaisseaux neutres pourraient commercer librement dans ies ports des nations en guerre, en exceptant les cas de contrebande et de bloeus; mais il fut en même temps convenu que les marchandises ennemies pourraient être saisies sur bâtiment neutre.
et que la visite pourrait avoir lieu à bord des vaisseaux naviguant sous convoi. Quelques-unes des bases de la neutralité armée se trouvaient ainsi RARES et les autres étaient reje-
On put dès lors remarquer des différences essentielles dans les principes de droit maritime adoptés par différentes puissances de l’Europe : ces priviléges avaient été restreint: dans les conventions faites avec l’ Angleterre , et ils étaient plus étendus dans celles qu’on avait conclues avec la France. Nous aurons bientôt à reconnaître quelles furent les difficultés et les complications d’intérêts qui résultèrent de cette dissemblance de droits et de législation maritime.
Lorsque le gouvernement fédéral ratifia sa convention avec la France, il ve résidait plus à Philadelphie, il avait été transféré à Washington, et le premier traité dont il eut à s'occuper fut cet acte de réconciliation entre les fondateurs et les soutiens de l’indépendance américaine.
Le plan de la ville fédérale avait été tracé en 1791 par le major l'Enfant :
elle ocrupe, sur la rive septentrionale du Potomac, le terrain qui s’étend entre |’ Anacostia et le Rock-River. es Tusvaroras et les Monacans avaient au-
trefois possédé cette partie des bords du fleuve : ils l’avaient choisie comme un lieu de rendez-vous pour la pêche; et l’on dit que les tribus indiennes, à la tête desquelles ils étaient placés, tenaient le cé conseil de leur confédération près du lieu où le congrès des États-Unis vint se réunir deux siècles après.
La fondation de Washington fut commencée par celle des principaux édifices, destinés au congrès, à a pré.
sidence et à toutes les grandes admi.
nistrations. On choisit pour leur em.
placement les sites les plus découverts et ceux qui permettaient ü'etablir entre eux des lignes de communication di.
rectes et faciles. Le capitole devint le point central de la nouvelle cité : la colline sur laquelle il fut placé était aperçue de toutes parts, et les longues avenues qui furent projetées autour de ce monument s’étendirent, comme au.
tant de rayons, jusqu’aux lignes d’enceinte : d’autres places, d’autres édi.
fices devinrent eux-mêmes de nouveaux centres d’où plusieurs avenues se proiongeaient en différents sens; elles re:
gur les noms de Pensylvanie, de
assachusett et des autres Etats. On cherchait dans la cité fécérale l'emploi de tous les signes qui p'avaient rap.
peler l'union et la grandeur. Le peuple devenu roi donna Île nom du Tibre aux eaux qui coulaient près du capitole, et l’on voyait sur ses drapeaux la constel.
lation américaine briller dans un ciel d’azur, où planait un aigle armé de la foudre.
À une demi-iieue du capitole, on construisit sur un tertre moins élevé l'habitation du président, entourée des quatre secrétaireries des affaires étranques de la trésorerie, de la guerre et
e la marine : ce dernier département avait été créé en 1798; et, quelques années après, on fonda le Navy-Yard, sur les bords de l’Anacostia ou de la branche orientale du Potomac. Cet établissement devait réunir les chantiers de construction, les magasins, et tous les ateliers nécessaires à une marine active, industrieuse, et destinée à devenir puissante.
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D'autres emplacements furent choisis, sur quelques-unes des collines formées par les ondulations du sol, soit
our l'Office général des Postes et pour fe Conservatoire des arts ou Paient- Office, soit pour la résidence des autorités municipales. Le collége allait dominer la ville entière : on découvrait de sa position une grande partie du district fédéral de Columbia. Un plateau qui s’élève entre les embouchures du Tibre et du Rock-River fut réservé pour l’université, et le jardin botanique dut occuper un terrain sitié au pied du capitole.
Ce iieu des séances du congrès avait
d'abord été partagé en deux édifices, l'un pour le sénat, l’autre pour la chambre des représentants : ils ne furent réunis que longtemps après par de nouvelles constructions. Les deux faades en furent alors décorées d’une belle architecture; une rotonde en occupa le centre, et elle fut couronnée, comme le Panthéon de Rome, d’une vaste coupole. L’habitation du président reçut de nouveaux embellissements à la même époque, et ces édificesqu’avaient ravagésle fer et la flamme se relevèrent de leurs ruines plus majestueux et plus grands (voy. pl. 89, 90 et 91).
Les rues innombrables, tracées en forme d’échiquier à travers ce territoire, étaient encore inhabitées; et cet aspect de quelques rares monuments, jetés de loin en loin dans un espace désert, pouvait rappeler le souvenir de ces antiques cités où des temples et des palais sont restés debout, et où toutes les autres traces des hommes et de leurs habitations ont disparu; mais on éprouvait ici d’autres impressions.
Les monuments qui survivent aux peuples attristent l'âme : elle jouit de ceux qui commencent leurs cites et qui présagent leur grandeur.
Bientôt quelques groupes d’habita-
: lions commencèrent à se former autour
des principaux établissements publics; d'autres étaient dispersés sur les hauteurs on dans la plaine; et depuis le Navy-Y'ard jusqu’à Georgetown, depuis les sommets du Kalorama jus-
ques rives du Potomac, on voyait es villages , des hameaux , des maisons isolées , s'élever comme les jalons d’une ville immense, dont l'achèvement était réservé à d’autres générations.
Les sessions du congrès, le mouvement des affaires, le goût des voyages, devaient attirer tous les ans à Washington un nombreux concours de nationaux et d'étrangers, et cette affluence donnait à la ville fédérale un caractère animé, mais prompt à se ralentir. Après une résidence de plusieurs mois, toute cette population flottante allait se disséminer sur la vaste étendue des États-Unis, et les rues où elle avait circulé redevenaient de longues solitudes. Cependant les quartiers situés entre le capitole et la présidence avaient déjà reçu quelques milliers d’hatants : cetie position intermédiaire était la plus favorable à la gestion des affaires, à l’activité du commerce, à l’exercice de tous les arts, de tous les travaux, qu’exige la construction d’une ville et qui doivent répondre aux besoins des habitants. Le Navy-Yard et le voisinage de Georgetown se peuplèrent ensuite; mais partout ailleurs les progrès furent moins sensibles, et l’enceinte de la ville fédérale devait renfermer encore longtemps des terres vagues , des champs couverts de moissons, des pâturages où les troupeaux erraient en liberté, et venaient vers le soir à la porte des habitations faire exprimer leur lait et recevoir de leurs maîtres l’eau et le sel.
Pour favoriser les progrès de cette ville, il ne suffisait pas d’y avoir placé le siége du gouvernement; le fondateur qui en avait chois. la situation
ensa qu’elle pourrait devenir un jour e centre d’un grand mouvement commercial, malgré la concurrence de quelques autres places maritimes. Le projet d'ouvrir une ligne de communication entre le Potomac et l'Ohio avait déjà été formé; il devait s’exécuter dans la suite, et influer sur l'agrandissement et la richesse de ia cité fédérale. Une vhle est fondée nour les siècles, et le temps seul peui achever l’œuvre que la prévoyance a commencé.
Les Américains avaient alors devant les yeux la plus brillante perspective de prospérité, et l’Europe elle-même commençait à respirer des malheurs d’une guerre longue et désastreuse. L'année 1801 lui rendit la paix : la France la conclut à Lunéviile, le 9 février, avec l’empereur d'Autriche et le corps germanique; ellesigna, le 1*° octobre, ses préliminaires de paix avec la Grande- Bretagne, et d’autres réconciliations eurent lieu dans la même année avec les Deux-Siciles, la Bavière, le Portugal, la Russie, les régences barbaresques et la Porte Ottomane.
Bonaparte se hât1 de profiter des premiers moments où la mer redevenait libre, pour envoyer à Saint-Domingue un corps d'armée. Cette île, dont les Anglais n’avaient pu ni dompter l’insurrection ni conserver le territoire, avait ensuite été livrée à toutes les fureurs d’une guerre à outrance, entre Rigaut, commandant des hommes de couleur, et Toussaint-Louverture, commandant des noirs. Toussaint, supérieur per l'habileté et nar 1e nombre, l'avait enfin emporté : devenu législateur et pacificateur de l’île, il y avait été proclamé gouverneur à vie, et il cherchait à faire approuver ses réformes par la métropole, dont il était disposé a maintenir la souveraineté; mais 1e premier consul le considéra comme unrévoltéqu'ilfallaitsoumettre. Trente mille hommes furent destinés à cette expédition, dont il confia le commandement au général Leclerc, son beaufrère ; et da flotte de Brest, où se trouvaient les principales forces, ayant mis à la voile au mois de décembre 1801, vint mouiller, le 3 février de l’année suivante, vers l’extrémité orientale de Saint-Domingue. La flotte se partagea ensuite en plusieurs divisions, qui devaient se porter en même temps au nord, au sud et à l’ouest : l’escadre du nord s’empara du fort Dauphin: les noirs mirent le feu au cap Français, qu'ils ne pouvaient défendre, et le vainqueur ne parvint à s’y établir que sur des ruines; on débarqua en forces dans le quartier du Limbé. Leclerc y apprit bientôt l'occupation de Santo-
Domingo, des Cayes, de Port-au.
Prince : la flotte de Toulon y était arrivée; et le général, croyant n’avor plus de mesures à garder, rompit les relations qu’il avait d’abord cherché) former avec Toussaint-L.ouverture, et lui fit impérieusement prescrire de se rendre à discrétion.
Les troupes de Toussaint se compo.
saient de douze bataillons et de quel.
ues escadrons : il occupait, à l’occi.
ent de l'ile, Saint-Marc, les plaines de l’Artibonite, les Gonaïves, où était son quartier général; et malgré l'infe.
riorité du nombre, il soutint avec éner.
gie une guerre sanglante, dont le fléaux furent souvent accrus par les affreuses représailles de Pun et de l'an.
tre parti. Ses principaux lieutenant, Dessalines et Christophe, se sépari.
rent bientôt de lui et firent un arra gement séparé. Les forces des noirs étaient réduites; ils avaient à craindre d’autres défections ; et leur général en chef, invité à une conférence pour k paix, se rendit au Cap, où un traité fut
conclu le 1° mai 1802. Alors il posale À
armes, et se retira dans la fertile vallée d’Ennery, où il désirait vivre paisible.
ment sur son habitation.
Cependant, sü mitieu de sa retraite il portait encore ombrage; on lui sup posait le dessein de renouveler h guerre : plusieurs tentatives de soul.
vement furent attribuées à ses instiga.
tions; et lorsqu'une maladie cont:
gieuse se fut déclarée dans l'arme:
française, où elle fit rapidement d'af freux ravages, cet affaiblissement de ses forces rencit le général en chef plus soupçonneux. Le bruit d’une conspira:
tion vint à se répandre : ce n’était en core qu’une rumeur vague et confuse mais elle s’accréditait ; et pour ôter aur noirs l'appui sur lequel ils pouvaient compter le plus, Leclerc voulut s'en:
parer de Toussaint-Louverture : on fait inviter à une fête; il est arrété lorsqu'il s’y présente, et on lui metla fers aux pieds. Le guerrier prédit au hommes qui lavaient attiré dans un piége, qu’il serait vengé par la justict du ciel. Son infortune ne fit que hâte la ruine de l'expédition envoyée à Saint
maladi son ar généra avait neur d Toute évanou ke pren mingue mière, par celu noirs r terre si et les « cette Île reprena lient « spectacll nis, Le
D vages, c
pitalité.
Plus 6 dre cett consul a:
trocessic avait éte le lende avec les secret ; prise de Boù il po sécurité.
fois Sain il aurait continen loniale d dont no trompère firent pl tance à | Néanmoi loccupat fut nd France: 1 Victor-ét et la ret faite ; ma féré ; et, de nouve rités esp.
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pomingue : les noirs étaient indignés; ils reprirent les armes de toutes parts, et la guerre se ralluma avec une nouwelle furie. Leclerc, emporté par la maladie, laissait les faibles débris de son armée sous le commandement du général Rochambeau, fils de celui qui avait partagé avec Washington l’honneur de la capitulation de Cornwallis.
Toute espérance de succès s’était déjà évanouie , et une nouvelle armée, que le premier consul envoya à Saint-Domingue, y fut dévorée, comme la première, par le fléau de la contagion et par celui d’une guerre impitoyable. Les noirs redevenaient souverains d’une terre si longtemps funeste à leur race; et les colons, qui étaient rentrés dans cette Île à la suite de l’armée francaise, reprenaient la route de l’exil : ils alhient une seconde fois affliger du spectacle de leur infortune les États-
nis, la Louisiane et les autres rivages, où ils avaient déjà reçu l’hospitalité.
Plus d’une année avant d’entreprendre cette expédition malheureuse, le consul avait obtenu de l'Espagne la rétrocession de la Louisiane. Ce traité avait été conclu le 1°" octobre 1800, le lendemain de la convention signée avec les États-Unis ; mais il était resté secret; et Bonaparte avait différé la prise de possession , jusqu'au moment où il pourrait l’effectuer avec plus de sécurité. S'il avait pu recouvrer à la fois Saint-Domingue et la Louisiane, il aurait relevé dans les Îles et sur le continent d'Amérique la puissance coloniale de la France: les désañtres dont nous venons de rendre compte trompèrent tous ses calculs , et ne lui firent plus attacher la même importance à l'acquisition de la Louisiane.
Néanmoins , il fit des préparatifs pour loccupation de cette colonie : Laussat
fut nommé préfet ; et il partit de Francerle 12 janvier 1803 : le général
ictar-était désigné pour gouverneur; ét la remise du pays devait lui être aite; mais son départ fut encore différé; et, sur ces entrefaites, il s'éleva de nouvelles difficultés entre les autorités espagnoles de la Louisiane et
quelques Etats de la confédération américaine.
La concession faite aux États-Unis d’un droit d’entrepôt à la Nouvelle:
Orléans , avait été tacitement prolongée depuis l'expiration de son premier terme; mais l’intendant espagnol, Moralès, l’avait ensuite supprimée par une proclamation du 16 octobre 1802.
Cette prohibition inattendue ranima le mécontentement des États-Unis, dont les contrées occidentales ne pouvaient se passer ni de la libre navigation du Mississipi, ni des facilités commerciales que leur donnait le droit d’entrepôt. On fut d’autant plus surpris de la suppression ordonnée par un officier espagnol , que son gouvernement n’avait alors aucun intérêt à la maintenir, puisqu'il avait cédé de-
uis deux ans tous ses droits à la rance, et qu’il était au moment de lui faire la remise de cette colonie.
Des menaces d’invasion se renouvelèrent alors dans les États de l'Ouest, dont la population s'élevait au nombre de huit cent mille âmes : on répétait que le commerce du Mississipi ne pouvait être entravé, sans une flagrante violation de tous les droits, et qu’il fallait rouvri: par la force cette communication , puisqu'on ne pouvait plus compter sur la paisible exécution des traités.
Jefferson , élevé à la présideice depuis le 4 mars 1801, cherchait à calmer l’effervescence des habitants de l'Ouest , afin de prévenir une rupture; mais il était prêt a défendre leurs intérêts , et il les mettait sous l’égide du gouvernement fédéral, en faisant connaître au congrès, par un message du 22 décembre 1802, les atteintes portées aux droits de son pays, et l’intention de lui en garantir la jouissance, par des moyens honorables et justes.
Pour arriver à ce but, Jefferson désira négocier avec la France la cession de la Nouvelle-Orléans, et d’une partie de la rive gauche du Mississipi, depuis la rivière d’Iberville jusqu’à la mer : il désirait aussi acquérir les Florides; et ce serait avec l'Espagne qu’it
mangez en mpenee era Vu je
au. ait à s'entendre sur cette dernière cession.
Mais, sans attendre l’issue de ces démarches, un parti nombreux continuait de se déclarer pour des mesures plus violentes. Le sénateur Ross demandait en plein sénat que le gouvernement fît attaquer la Louisiane :
d'autres membres proposaient que l’on mit sur pied les milices de l'Ouest ; et la prudence de Jefferson avait peine à modérer cet esprit d’irritation. Monroe, chargé d’une mission plus conciliante , arriva le 12 avril 1803 à Paris, où le chancelier Livingston résidait comme ministre plénipotentiaire des États-Unis: ce ministre avait dé;:
préparé par quelques ouvertures la négociation qu'ils avaient à suivre en commun; et leurs vues furent secondées par la situation politique où se trouvait alors le premier consul.
Les Anglais suivaient des yeux les vastes entreprises de Bonaparte et ie mouvement progressif qu’il avait imprimé à la France. Cette infatigable activité qu'il avait déployée au milieu des camps s’était ensuite appliquée aux affaires intérieures : il avait rapproché les partis, relevé les autels, créé la Légion d'honneur, rendu aux émigrés une patrie, entrepris la révision
es différents codes, et affermi sa propre élévation. Mais ce génie militaire qui l’avait porté au pouvoir, semblait déjà se trouver trop à l'étroit dans ses dernières conquêtes ; et, depuis les traités qui avaient rendu la paix à l’Europe, il avait réuni à la France je Piémont, l’île d’Elbe, les duchés de Parme et de Plaisance; il
ouvernait la république italienne dont il avait été proclamé président ; il avait envoyé des troupes dans les cantons suisses ; il allait occuper la Hollande:
et la France exerçait dans la diète germanique ure haute influence sur les destinées de l'empire d'Allemagne , et sur celles des princes qui avaient à réclamer des dédommagements, pour la sécularisation ou la perte de leurs domaines et de leurs souverainetés.
L’Angleterre , en se plaignant de la prépotence du premier consul en Eu-
rope , était encore plus vivement frap. raient 1 ue des préparatifs militaires et mari. M velles imes qu'il faisait, au commencement M fraient de 1803, dans les ports de l'Océan : on BA à dépl armait une flotte nombreuse ; et, quelle BR mingue due pût en être la destination, j3 M necher rande-Bretagne voulait prendre des BA et il vo mesures semblables. Cette flotte pa. RS d'invasi raissait devoir être expédiée pour |; BR des rive Louisiane ; et le traité de 1800, qui ren. BR pît à la dait ce pays à la France, était l'acte MR regordé dont l’Angleterre était alors le plus MR une’gar en qe elle désirait en empécher BR merce, ’accomplissement; mais, prévoyant MM révoqué que son di or rendrait inévitable M de la vil une nouvelle rupture, et voulant s BR les terr réparer à cette guerre qui devenait MA Livingst imminente, elle appelait ses milices BR gouvern sous les armes, et ordonnait une levés M cession « de gens de mer. a coloni Cependant le gouvernement anglais BR lArkans qui s'élevait avec amertume contre le RRtances fi acquisitions faites ou projetées par |; BR siane pot France, n’avait-il pas eu lui-mêmels RRde litige vues les plus amnbitieuses ; et, depui MRgociateu: les derniers traités de paix, son ét chargé F de possession n’avait-il pas changé tenir la c Ses troupes retenaient encore l'ile de MR: des te Malte, quoiqu'il se fût engagé à h EMsissipi. | rendre à l’ordre de Saint-Jean & Mpoint à Jérusalem : il agrandissait, sous le MRSi a Fra titre de protecteur, son autorité dans Rcipale vi les îles loniennes : il avait comment voulu co dans les Indes orientales, par un pre BB rive od mier traité du 31 décembre 1802, cette Ace fleuve longue suite d’acquisitions qui signe MRaurait éta lèrent le gouvernement général de Rue autre Wellesley, et qui firent passer so b ESSsent un t dominat'on britannique de nouvelles Met ce n’e colonies, plus grandes que la métro Emoment ole. Fu aurai Tel était le parti que chacune de En songe:
deux puissances cherchait à tirer de et il for avantages de sa situation. L'une vor BSEtats-U lait maintenir en Europs l’ascendant ésiré re que lui avait donné la gioire de ss tie ne jo armes , l’autre prétendait lui dispute Brant aux la liberté des mers et toutes les cor Meloppem quêtes éloignées. ant d’ A l'approche de la guerre qui alhi Sntérieur se rallumer, le premier consul, dés Eee golfe d rant réunir toutes ses forces autour ES£er un co de lui, renonça au projet d'envoyeitime de en Amérique des troupes qui lui sans cett
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raient nécessaires en Europe. De nouvlles combinaisons politiques s'offraient à son esprit : il était frappé de h déplorable situation de Saint- Domingue ; il craignait que l'Angleterre ne cherchât à s'établir à la Louisiane ; et il voulait aussi prévenir les press d'invasion, formés par les habitants des rives de l'Ohio. Un droit d'entrepit à la Nouvelle-Orléans n'était plus regordé par les Américains comme unegarantie suffisante de leur commerce, puisque ce droit avait déjà été révoqué; ils demandaient la cession de la ville elle-même et celle de toutes ls terres adjacentes : le chancelier Livingston avoit même proposé au gouvernement français d'ajouter à cette œssion celle de toutes les contrées de a colonie qui sont situées au nord de l'Arkansas. Cette réunion de circonstances faisait Hs que la Louisine pourrait bientôt devenir un sujet de litige; et, quoique le nouveau négociateur envoyé en France ne fût chargé par ses instructions que d'obtenir la cession de la Nouvelle-Orléans, € des terres situées à lorient du Mississipi . le premier consul ne se borna point à accéder à cette demande.
DSi la France, en abandonnant la prin-
cipale ville de cette colonie, avait voulu conserver les régions situées sur ha rive occidentale du Mississipi , entre ce fleuve et le cours de la Sabine, elle aurait été dans l'obligation d’y fonder une autre capitale : de tels soins exigent un temps de calme et de sécurité; t ce n’était pas dans un semblable moment de crise que le premier conkul aurait voulu s’y livrer. Dès lors il he songea plus à occuper la Louisiane, et il forma le dessein de céder aux États-Unis cette possession, qu’il avait ésiré rendre à la France, mais dont lle ne jouissait pas encore. En assuant aux Américains un si grand dé-
Meloppement de territoire , en leur don-
ant d’autres lignes de navigation ntérieure, et un littoral étendu sur e golfe du Mexique , il espérait oppa-
BBer un contre-poids à la puissance ma-
time de l'Angleterre, et il voyait,
Mons cette rivalité d'intérêts et dans
cette balance de pouvoirs, un nouveau moyen de résister au monopole et aux prétentions exclusives d’une seule nation; mais il désirait aussi que les conditions de cet arrangement lui aidassent à subvenir aux premières dépenses de la guerre qui était pres de s'engager, et au payement des indemnités que les États-Unis réclamaient de la France, pour d'illégales captures de navires et de cargaisons. Ces indemnités s’élevaient à vingt millions de francs ; et les Américains, se chargeant de les acquitter eux-mêmes, s’engagèrent de plus à un versement de soixante millions, pour entrer en possession de la Louisiane.
Quoique cette colonie eût été séparée de la France depuis quarante ans , que la première génération eût passé, et que les intérêts, les mœurs, les lois se fussent modifiés, néannoins l'empire des souvenirs et celui des premières affections subsistaient encore; et quand les habitants avaient appris qu'ils rentreraient sous les lois de l’ancienne patrie, cette nouvelle avait profondément ému toutes les âmes. La France elle-même avait accueilli avec empressement une si chère espérance .
mais on fut bientôt détrompé; et, lorsqu'on eut connaissance des nouveaux traités du 30 avril 1803, qui cédaient cette contrée aux États-Unis, un grand nombre d'hommes furent affligés d’une semblable perte; soit que leurs spéculations fussent déja dirigées vers la Louisiane, qu'ils y vissent un nouveau champ pour le commerce et pour les entreprises agricoles, ou que, fatigués des troubles et des guerres de l'Europe, ils désirassent trouver un nouvel asile qui fût encore pour eux la patrie; soit que, par sentiment de dignité naturelle et par un invincible attachement aux droits des hommes, ils ne pussent s'accoutumer a voir les gouvernements disposer entre eux de l'acquisition des pays et des âmes, évaluer en numéraire de telles aliénations, et livrer avec la terre les peuples redevenus main-mortables. Nous avons peint la pénible impression qu'avait causée en France le premier abandon
de la Louisiane en 1762 : de tels regrets pouvaient-ils ne pas se ranimer, lorsqu'on vit cette renonciation se renouveler et devenir irrévocable ?
Cependant la perspective ouverte à cette colonie vint ensuite rendre ces réflexions moins amères. La Louisiane se trouvait émancipée : n’étant plus réduite à la protection d’une métropole située à deux mille lieues de distance, elle ne serait plus entraînée dans des querelles étrangères à ses intérêts; et, en devenant membre de la confédération des États-Unis, elle aurait part au développement de leur prospérité. L’heureux avenir qui lui était promis satisfaisait du moins un des premiers vœux de la France.
L'Espagne apprit avec déplaisir la cession qui venait d’être faite aux Américains. Elle s'était réservé par ses traités de 1800 qu’elle pourrait recouvrer la possession de la Louisiane, dans le cas où la France se déciderait de nouveau à y renoncer. Ce droit de préférence , que l'Espagne cherchait à retenir, avait surtout pour motif de rétablir la contiguité des Florides avec ses autres domaines d'Amérique; et en effet on pouvait prévoir que l’isolement des Florides les rendrait trop faibles pour se défendre seules contre une invasion, si la guerre venait à menacer leurs frontières : leur sort était étroitement lié à celui de la Louisiane ; et dès qu’elles étaient enveloppées du territoire des États-Unis, elles paraissaient destinées à en faire un jour partie.
Pour accomplir la cession de la Louisiane, il était d’abord nécessaire que les autorités espagnoles fissent la remise de cette colonie aux Français chargés de la recevoir : cette remise eut lieu le 30 novembre 1803, entre les mains de Laussat, qui résidait depuis plusieurs mois à la Nouvelle-Oréans sans y remplir aucune fonction.
Le nouvel administrateur n’exerça que passagèrement les pouvoirs dont il se trouvait alors investi; et l’on prépara, dans cet intervalle, la seconde *""nsmission de souveraineté. Le général Wilkinson s’avançait vers la capitale
avec un corps de troupes américaines:
il fit son entrée le 20 décembre; et Je gouvernement de la colonie fut trans.
féré le même jour au commissaire des
Etats-Unis, qui était chargé d’en pren. |
dre possession.
Le drapeau de la France avait flutte endant vingt jours sur les murs de a Nouvelle-Orléans; et de vieux sol.
dats qui l'avaient alors gardé ne pou.
vaient s’en séparer sans regret : ils mirent à leur tête un sergent, orné
des cicatrices de ses anciens combats, |
et portant en écharpe l’étoffe de « pu illon révéré. Le noble cortége passa devait les troupes des États-Unis,
ui lu, rendirent tous les honneurs mi.
litaires, et il alla remettre aux mains du commissaire français le signe d'hon.
neur et de ralliement qui venait encore de les réunir et qu’ils avaient salué de leurs dernières acclamations.
Les Etats-Unis avaient profité des moments de paix dont l’Europe ayait joui, pour terminer en 1802 leurs discussions avec l'Angleterre sur des créances mutuelles qui n'étaient pas encore acquittées, pour conclure aver la France les traités de la Louisiane, et pour rendre à leur commerce mar:
time tous les développements dunt la guerre l'avait momentanément privé.
Mais leur navigation dans la Méditerranée était encore en butte à quelques agressions : plusieurs vaisseaux américains avaient été pris en 1801 par des corsaires de Tripoli : le capitaine Sterret, attaqué trois fois par un de leurs armements, n’avait dû qu’à une extrême bravoure ses succès dans chaque combat: et le gouvernement féderal avait envoyé une escadre dans la Méditerranée, pour contenir les croisières de la Régence.
Il y eut l’année suivante quelques engagements devant le port de Tripoli, entre une frégate américaine et les cha:
loupes canonnières chargées de défendre les approches de la place; et une nouvelle escadre de deux frégates et de cinq corvettes, commandée par le com.
modore Preeble, vint croiser dans les mêmes parages au mois d'août 1803 La frégate la Philadelphie précédai
les ant cée sur lui étai point à à la mé tous se mettre {ut force page au quérent Preéble schoone éflorts | ments e pris de Alors de vaiss reprend frégate sition le dix sold L de Syrad le10 fév s'avance capturé, saute à quipage l'épée à totent .le sion de 1 terrible | batteries corsaires en flamr forcés de quatre h tains en :
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hdelphie précédait
les antres navires; mais s'étant avance sur les bas-fonds d’une côte qui ne li était pas connue, elle ne réussit point à se dégager, et après avoir jeté a la mer toute sa ch:::: et presque tous ses canons, sans j voir se remettre à flot ct regagner le large, elle {ut forcée de se rendre avec son équiage aux bâtiments ennemis qui l’attaquérent de toutes parts. Le commodore Preéble s’empara à son tour d’un schooner tripolitain, et il fit de vains dforts pour obtenir l'échange des bâtiments et des hommes qui avaient été pris de part et d’autre.
Alors Décature, qui était lieutenant de vaisseau, conçut le hardi projet de reprendre au milieu même du port la frégate américaine. On met à sa disposition le schooner l’Zntrépide , soixantedix soldats et six matelots : il part L de Syracuse, et paraît devant Tripoli
l10 février 1804; il entre dans le port,
savance à cinquante pas du bâtiment apturé, se porte sur ses flancs, et
gute à bord avec le pilote Morris : l’é-
quipage le suit; ils se jettent tous,
l'épée à la main, sur l’ennemi, netoient les ponts, et prennent possession de la frégate. Mais bientôt un feu terrible est dirigé contre eux par les batteries du rivage, des châteaux, des corsaires de la Régence : la frégate est en flammes, et les Américains sont forcés de se retirer. Ils n’avaient que quatre hommes blessés : les Tripolifins en avaient perdu vingt-deux dans le combat, et la prise qu’ils avaient à fite fut détruite sous leurs yeux.
Au mois d'août suivant, l’escadre américaine vint jeter l’ancre à une portée de canon des batteries du port : elle eut plusieurs rencontres avec les armements de la Régence; et, le 5 septembre, le lieutenant Somers, accompagné des lieutenants Wadsworth et Israel, fut chargé de s’approcher, autant qu’il le pourrait, de la ville et des batteries , avec un brüûlot chargé de dix barils de poudre et de trois cents bombes : il était suivi d'une barque. à bord de laquelle il devait se réfugier pour gagner D le brick la Siréne; mais il ne revint
à point de son expédition. Deux galères
ennemies, montées de cent hommes chacune, étaient près d’arriver sur lui, lorsqu’on entendit l'explosion : on croit que Somers, ne voulant pas se retirer, et préférant la mort à l'esclavage, mit lui-même le feu aux poudres. Les galères furent détruites; un grand nombre de bombes éclatèrent sur la ville et le château , et répandirent partout la consternation.
Lorsque Preeble revint aux États- Unis, le congrès lui vota des remerctments, et lui dérerna une médaille d'or, en mémoire de ses glorieux services.
Une nouvelle expédition fut formée contre Tripoli : le général Faton qui la commandait était chargé de la concerter avec Hamet, ancien pacha de Tripoli, chassé par son frère, et retiré en Égypte, où il était encore à la tête de quelques troupes. Le 6 mars 1805, le général Eaton, accompagné de Hamet, partit d'Alexandrie avec un corps de cavalerie arabe, d’autres partisans du pacha détrôné et soixante-dix chrétiens. Après un pénible voyage à travers la Cyrénaïque, il arriva le 25 avril devant les murs de Derné. Un parlementaire, qu’il envoya au gouverneur de la place, n’ayant pu en obtenir la reddition, on donna l'assaut, et cette ville fut emportée à la baïonr=tte; une partie de l’escadre américaine était arrivee ans la baie : elle seconda puissaminent l'attaque des troupes de terre.
Une armée africaine tenait alors la catupagne; et, le 18 mai, elle se présenta devant la ville pour essayer de la reprendre; mais elle fut repoussée, et dut se retirer précipitamment au delà des montagnes. Cette armée, revenant à la charge, engagea plusieurs escarmouches; et, le 10 juin, elle soutint près du rivage un combat général où elle fut encore défaite.
Cependant, tandis que le général Eaton et Hamet obtenaient ces succès dans ‘a province de Derné, le pacha régnani faisait négocier à Tripoli un traité de paix avec Tobias Lear, accrédité aupres de lui par le gouvernement fédéral. Ce traité stipula la mise en liberté des prisonniers américains, et
leur rancon fut fixée à une somme de soixante mille livres sterling. Les troupes des États-Unis durent cesser leurs hostilités : elles se remmbarquèrent, et leur commandant promit d'emp'oyer son influence pour determiner Hamet à se retirer. On avait profité de ses services en paraissant l’assister luimême; il vit combien était fragile la protection des étrangers, et il fut sacrilié au rétablissement de la paix.
La guerre avait duré quatre ans, et les expéditions des Américains dans la Méditerranée avaient signalé avec éclat leur marine naissante. Cette épreuve pouvait être utile à leur considération politique : elle montra tout ce qu'ou devait attendre de l’intrepidité de leurs hommes de mer et du développement de leurs forces navales, lorsqu'ils auraient à les faire servir à leur propre détense.
Après avoir terminé cette guerre, les États-Unis se trouvaient en paix avec toutes les puissances : les nouvelles contrées qu'ils avaient acquises doublaient l'étendue de leur territoire, et ils s'occupaient des moyens d’en ler entre elles toutes les parties, quand te génie inventif de Fulton leur prépara es plus rapides et les plus puissantes vuies de communication que l’on eût iraginées jusqu’à cette époque.
Le projet Applique à la navigation la force expansive de la vapeur, et d’y trouver un principe de mouvement pour accélérer la marche des vaisseaux et assurer leur direction, avait déjà occupé plusieurs Américains. On cherchait un mécanisme dont les effets pussent être supérieurs à l'action des rames ; et diftérents essais furent tentés successivement . soit pour choisir le premier moteur, soit pour lui adapter le système de rotation et d’impulsion qui pouvait avoir le plus d'énergie.
Sans av ir à suivre dans leurs détails la série et les progrès de ces utiles recherches, qui avaient besoin d’être a puyées de toute la précision des calculs, nous ferons remarquer que Fulton s’occupait avec ardeur, depuis pl::sieurs années, de l’examen de ces questions, lorsqu'il fit en France, en 1802, pen-
dant son séjour à Plombières, une suity d'expériences comparatives sur la puis.
sance des différents moyens d'inpul.
sion. ‘étant convaincu que l’enploi des roues à palettes etait le meilleur de tous, il traça un plan ingénieux pour les adapter au bütinent qu'elles de.
vaient faire avancer, et à la machine à vapeur destinée à leur imprimer je mouvement : il voulut en même temps comparer la force de cette machine avec la rapidité de la rotation, et con biner la résistince de l'eau avec 1 forme à donner au navire. Ses calcuis avaient pour but d'obtenir une vitesse de quatre mikes à l'heure; muis il trouva aussi les moyens d'eu produre une beaucoup plus grande. Le bateau vapeur avec lequel il essaya son nouveiu
ode de navigation fut consiruit :
aris, et lancé sur la Seine en 1803
Cette expérience eut un pieiu sucées: |
et le chancelier Livingston, qui rési.
dait alors en France comme ministre américain, s’attacha, de concert avec Fulton, à faire pronptement jouir s patrie de cette heureuse decouverte Lui-même s'était livré à ce genre de recherches avant d'être revétu de s:
mission , et il avait obtenu de la legis.
lature de New-York le privilége d'éts.
blir un steamboat sur la riviere d’'Hui:
son, s’il pouvait en présenter le model dans le cours d'une année. L'expe.
rience ne put avoir lieu, et le projet fut abandonné; mais Fulton, après avoir fait sa découverte, se rendit en Angleterre pour se procurer une mx chine à vapeur telle qu’elle avait été perfectionnée par Watt, et pour ensur veiller l'exécution. Cette machine fut transportée à New-York vers la fin de 1806: toutes les pièces, tous les roux ges qui devaient recevoir leur impulsion de ce premier mobile, furen préparés; et le vaisseau, artistement construit, auquel on appliqua ce granl mécanisme, ouvrit soudainement, sans rames et sans voiles, sa rapide navigr tion. Un peuple nombreux était &couru à ce spectacle, et il suivait des yeux avec adiniration eette œuvre du calcul et du genie.
Pour abréger aussi les commu
vastes du ris destin pen a forc vemer jusqu’ mode flot. ] de sa tuer « l'inver tient r rentes nuer | et, por plan L Imagin preuve de Gal
Tels terre, verte q tions s
bières, une suite tives sur la puismoyens d’inpul.
eu que l'emploi ait le meilleur de | ingénieux pour ent qu'elles de.
et à la machine à eur imprimer le ten même temps e cette machine rotation, et conr de l'eau avec li avire. Ses Culcuis ptenir une vitesse l'heure ; mais || ens d'eu produire ‘ande. Le bateau s ssay à SON NUUVEL ) fut consiruit ; la Seine en 1803 un pieiu succes; | ingston, qui rési- > COmINEe Ministre \, de concert avr nptement jouir s reuse decouverte vré à ce genre de être revêtu de si obtenu de la legis le privilége d'étsr la riviere d’Hut:
brésenter le modèle he année. L'expelieu, et le projel ais Fulton, aprés erte, se rendit en procurer une hi:
e qu’elle avait été att, et pour en sur Cette machine tut ork vers la fin de ces, tous les roux cevoir leur impulr mobile, furen sseau, artistement à appliqua ce gran oudainement , sans , Sa rapide navigr ombreux était ac e, et il suivait des n eette œuvre du
ssi les commu
cations par terre, on s’aida des expér'ences qui avaient été faites en 1801,
r Evans de Philadelphie. Cet homme ngénieux ayant été chargé de construire un navire à drague, pour curer le Er et y prévenir quelque envasemeht, avait fait exécuter dans ses vastes ateliers, situés à une demi-lieue du rivage, la machine et le bâtiment destinés à cet emploi : il fit placer cette esante charge sur des roues auxqu:
k force de la vapeur imprimait le mou vement; le navire fut ainsi transport jusqu'aux bords du fleuve, et le mên Mode d'impulsion le lança et le mit flot. Evans ne fit aucun autre essu de sa machine locomotive, pour effectuer des transports par terre; mais l'invention dont l'honneur lui appartient reçut bientôt en Angleterre différentes applications. On voulait diminuer les frottements-et les obstacles; et, pour faire circuler les roues sur un plan uniforme et sans aspérités, on imagina les chemins de fer, dont l’épreuve fut faite, en 1806, dans le pays de Galles.
Tels furent, soit par eau, soit par terre, les premiers essais d’une découverte qui tendait à multiplier les relations sociales de tous les pays.
La situation prospère où les États- Unis étaient déjà parvenus avait été constaniment secondée par le concours de leurs pruuières autorités. Quelle ue fût la différence de vues politiques
es hommes qui se succédèrent au pouvoir, ils s'étaient signalés par la pureté de leur zèle et par un sincère dévouement à la patrie. Washington, John Adams, Jefferson, étaient arrivés à la suprême magistrature par une longue suite d’honorables services ; mais à mesure que l'opinion publique se divisait et que les partis se mettaient en présence, l'élévation au pouvoir était plus contestée, et si la grandeur nationale était assurée , toutes les ambitions particulières n'étaient pas satisfaites.
Jefferson, lorsqu'il fut nommé président en 1801, avait eu pour concurrent le colonel Burr : aucun d’eux n'ayant réuni la majorité des voix dans les assemblées électorales, le sénat avait
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. 2cs
eu à choisir entre eux; et ce ne fut qu'après une longue suite de scrutins indécis que Jefferson obtint les suffra- ‘ ges du À m0 grand nombre.
La vice - présidence hat à Burr , et une si éminentedignité ne put le satisfaire : le pouvoir qu'il n'avait pas lui portait ombrage : réduit à attendre une autre élection, il chercha les moyens d'y recouvrer la supério-
° des v ‘es; et avant que ses fonc-
ent expirées, il se mit sur les
ns l'État de New-York, pour
celles de gouverneur : cette
pouvait lui assurer un plus
bre de voix, et il la regar-
d 1e un acheminement à la présie; mais l'influence dont jouissait Alexandre Hamiiton le fit écarter; et le colonel Burr, se trouvant offensé de quelques observations personnelles que ce général ne voulut pas rétracter, lui envoya un cartel. Hamilton fut tué dans ce combat singulier, et les regrets que causa la perte d’un homme qui s'était fait également remarquer dans les camps et dans les conseils, firent perdre à son adversaire les partisans qu’il avait eus : il ne lui resta aucune chance de succès pour la présidence, ni même pour la continuation de la vice-présidence; et Jefferson , cher au parti populaire et respecté de ses antagonistes, fut promu de nouveau à
la première magistrature.
urr, en voyant ses espérances déques, tourna ses vues vers d’autres combinaisons politiques : il passa dans les États de l'Ouest, où les esprits longtemps agités pouvaient se soulever encore ; et il vit, dans la mésintelligence qui subsistait alors entre l’Espagne et les États-Unis, un moyen d'attirer autour de lui de nouveaux partisans, et peut-être de se créer une autre existence. Les Américains se plaignaient de ce que l'Espagne leur refusait une indemnité pour un grand nombre de prises illégales : ils réclamaient contre les entraves mises à leur commerce par le gouverneur de la Mobile, et contre quelques violations de territoire commises sur les limites occidentales de la Louisiane.
24° Livraison. (ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE. ) 24
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