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Ces plaintes étaient répétées avec aigreur : beaucoup d'hommes ardents y voyaient un motif porn pour attaquer les Florides et les enlever à l’Espage: et, quoique le gouvernement
éral ne voulût se porter à. aucune mesure hostile, du moins il regardait comme désirable l'acquisition de ce territoire.
Le colonel Burr sut habilement profiter de cette situation des esprits, et il, vit quel parti on pouvait tirer des mécontents , disposés à favoriser toute espèce d'innovations. Ceux qu’on pouvait exciter contre l’Espagne avaient eux-mêmes des griefs contre le gouvernement fédéral : l’un et l’autre motif de ressentiment pouvaient aider à les mettre en action , à leur faire prendre les armes, à les entraîner insensiblement dans une Voie où ils ne pourraient plus rétrogradef. En cherchant, sous différents prétextes , à gagner les hommes entreprenants qui pouvaient le servir, Burr évitait de se mettre à leur discrétion par des confidences prématurées ; il ne dévoilait qu’une partie de ses desseins; il commençait des rassemblements, dont le but paraissait inoffensif ; et, quand ses démarches durent enfin exciter toute la vigilance desautorités publiques , l’obscurité qui enveloppait encore ses différents actes, laissait à peine quelque
rise à une accusation positive, dont es preuves judiciaires étaient difficiles à rassembler, Les uns lui attribuaient l’intention de démembrer les États- Unis, et de vouloir former de ceux de l’Ouest un gouvernement séparé ; les autres lui reprochaient d'engager son pays dans une nouvelle guerre, en préparant une expédition contre les colonies espagnoles.
Burr avait l’activité et l’énergie nécessaires pour soutenir une entreprise . * difficile et périlleuse. 1} n’en fut pas même détourné par de premières dénonciations, qui lui peraissaient trop vagues pour lui faire encourir une condamnation; et il connaissait assez la fois des lois pour se tenir hors de
eur atteinte. Acquitté, à la fin de 1806, par les tribunaux du Kentucky, il
ursuivit ses projets, gagna la val.
ée du Mississipi, en cherchant à augmenter le nombre de ses partisans ,.et se rendit à Natchez : là, il fut de nouveau cité à comparaître devant les tri.
bunaux; mais un jury déclara qu’il n'é.
tait coupable ni de crime ni d’offense contre les lois, et qu’il n’avait donné au peuple aucun légitime sujet d'inquiétude et d’alarme. Cependant, quoiqu'il fût absous devant la loi,:il ne l'était pas dans l’opinion publique :
l’arrestation de quelques-uns de ses affidés le détermina à s'éloigner préci.
pitamment; mais il fut atteint près des rives du Tombigbee ; et on le traduisit, comme prisonnier d'État, devant la cour fédérale de Richmont en Virginie. La procédure qui s’instruisit alors fut suivie avec solennité : on abandonna promptement la charge de trabison portée contre lui; mais Burr était
accusé d’avoir organisé, sur le terri-
toire fédéral, une expédition militaire contre une nation avec laquelle les Américains étaient en paix. Les enquêtes à faire, et tes nombreux témoi.
gnages à recueillir en différents lieux, prolongèrent la cause pendant trois mois : elle fut jugée le 1° septembre 1807; et le jury éclara que, n'ayant pas acquis la preuve des accusations portées contre le prévenu, il le reconnaissait non coupable. Ce fut la dernière scène de sa vie politique ; dès ce moment, il rentra dans la vie privée, et se renferma dans les occupa:
tions du barreau, où il devait encore se faire remarquer par la subtile péné tration de son esprit, et par de profondes études en jurisprudence. Son nom ne pouvait étre obscur, mais il avait cessé d’être redoutable.
Les inquiétudes qu’avait fait naître un projet de démembrement ayant été heureusement dissipées , on vit se re.
nouveler avec plus d’activité les entre pres e défrichement dirigées vers es États de l'Ouest : elles s'étendirent dans les territoires d’Indiana, d'Illi nois et de Michigan ; elles gagnèrent les rives de la Mobile, et commen cèrent à se prolonger , au delà du Mis sissipi, dans les contrées que ke gou-
TD em nm mm « … …
agna la val:
Scbant à \augs partisans ..et L, F fut de noue devant les triiéclara qu’il n’éime ni d'offense il n'avait donné ime sujet d'invependant, quoi:
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ques-uns de ses g’éloigner précis t atteint près des et on le traduisit, P'État, devant la hmont en Virgii s’instruisit alors ennité : on abanla charge de ve \; mais Burr ét isé, sur le terni- «pédition militaire avec laquelle les en paix. Les en s nombreux témoien différents lieux, use pendant trois se le 1° septembre clara que, n’ayant ve des accusations prévenu, il le rebupable. Ce fut la
était ,
vernement fédéral avait acquises. La Louisiane avait été partagée, en 1804, en deux territoires, dont les chefslieux étaient la Nouvelle-Orléans et Saint-Louis du Missouri; il s'y rendit de nombreux essaims d'habitants ; et le commerce et la navigation du Mississipi prirent un essor d’autant plus rapide, qu’on était alors maître de l'une et de l’autre rive du fleuve.
‘* Na n ne jouit pas longtemps du
e la cession qu'il avait iaite. La
erre s'était rallumée entre lui et la :
rande-Bretagne au mois de mai 1803:
les soixante millions qu’il recevait des
tats-Unis furent employés aux préparatifs d’une descente en Angleterre; et cette somme se trouva inutilement jetée dans l'Océan, car le projet de débarquement ne se réalisa point. Le sacrifice de la Louisiane ne parvint pas même à maintenir entre la France etles États-Unis la bonne intelligence dont il devait être le gage; et l'effet de cet arrangement fut promptement détruit par de nombreux sujets de plaintes : les États-Unis se trouvèrent exposés à des agressions, à des dommages qu’ils ressentirent vivement, et qui se firent d’abord remarquer dans leurs relations habituelles avec les Antilles. )
Depuis les troubles de Saint-Domingue, le commerce de cette île avait
était applicable à Pun et à l’autre batligérant; car l'Angleterre cherchait, ainsi que la France, à entraver par ses croisières les communications commerciales des Américains avec les possessions françaises, et même avec ses propres colonies.
Au mois de mars 1805, le congrès déclara par un autre acte. qu’aueun vaisseau armé pour étre mis en mer, ne pourrait se rendre dans les Antilles ni sur les côtes du continent, depuis Cayenne jusqu'aux limites de la Louisiane, à moins qu’il ne se fût engagé sous caution à ne se servir de ses armes que pour sa défense, à ne les vendre nulle part, et à les rapporter aux Etats-Unis. L’intention du gouvernement fédéral était de se maintenir dans une exacte neutralité, et de ne fournir aucune munition, aucun instrument de guerre aux belligérants : mais, malgré ces restrictions, le commerce américain continua d’être attaqué dans les parages des Antilles. Bientôt il devait éprouver dans toutes les parties de l'Océan de plus pus atteintes et les mesures que l'Angleterre et la France prirent envers les neutres ne laissèrent plus aucune sécurité à leur commerce et à leur navigation. Leurs droits furent oubliés : ces deux puissances ne mirent plus de bornes à la rigueur des ordonnances qu’elles pu-
a vie politique ; dès ra dans la vie pria dans les occupa: Dù il devait encore par la subtile péntit, et par de projurisprudence. Son tre CRAQUE mais il outable.
ne fait naître brement ayant été ipées, on vit Se rt L d'activité les entre ment dirigées vers t : elles s'étendirent es d’Indiana, d'Ili ran : elles gagnéren Sobile, et commen ger , au delà du Mis:
ontrées que ke gol à
passé aux Américains : les noirs qui n'avaient pas de marine étaient intéressés à le favoriser; et, quand le premier consul eut envoyé contre eux une N expédition, les croisières qui furent depuis l’Elbe ;usqu’à Brest.
établies dans ces parages ne purent Ce blocus idéal, qu'aucune force empêcher que les États-Unis ne conti- maritime n’aurait pu réaliser d’une nuassent les mêmes relations. Ils pri- manière complète, exposait à la renrent même le parti de donner à leurs contre des croisières anglaises un navires marchands les moyens de se grand nombre de bâtiments neutres : défendre; et, comme les armements il entraînait alors la capture des navidirigés contre eux les poursuivirent et res, des marchandises, quelquefois les attaquèrent plus d’une fois jusque même des équipages; et cette première sur les côtes de leur pays, le congrès violation de tous les droits amena entre publia, le 4 novembre 1804, un acte la France et l’Angleterre un échange qui autorisait le président à permettre et une suite d’actes et de règlemen ou à défendre, selon son gré, l'entrée dont la sévérité fut toujours progresdes ports et des rades des États-Unis, sive.
à tout vaisseau armé, appartenant à L'empereur Napoléon, qui disposait une nation étrangère. Cette mesure alors d’une grande partie de l’Europe,
blièrent ; et le gouvernement britannique en donna l'exemple le 16 mai 1806, en déclarant en état de blocus une partie des côtes occidentales d'Europe,
et que ses victoires avaient conduit à Berlin, au mois de novembre 1806, répondit aux proclamations du gouvernement ais , en déclarant lui-même en état de blocus les îles britanniques, en leur interdisant toutes communication légale avec le continent, et en ordonnant qu’on n’admfit dans les ports eccupés par ses armes aucun vaisseau venant directement d'Angleterre ou de ses colonies. À La Grande-Bretagne défendit alors toute communication avec les ports occupés par la France ou par ses alliés; et on déclara saisissables tous les bâtiments qui s’y rendraient, à moins qu’ils ne vinssent relâcher dans les ports britanniques, où ils auraient à payer un droit, et d’où ils seraient en suite réexpédiés pour leur destination.
Cet assujettissement, imposé par l'Angleterre aux vaisseaux des autres nations, donna immédiatement lieu au décret impérial de Milan , du 17 décembre 1807. Ce décret déclara dénationalisé tout navire qui se serait soumis à la visite d’un bâtiment anglais, ou à un voyage en Angleterre , ou qui aurait payé une taxe quelconque au gouvernement britannique. Tont navire , rangé dans cette classe, qui entrerait dans les ports de la France ou de ses alliés, ou qui serait rencontré en mer par ses vaisseaux'armés ou par ses corsaires, serait déclaré de bonne prise : ilen serait de même des bâtiments de toute nation, qui viendraient des ports d’Angleterre ou de ses colonies, ou qui auraient cette destination; et ces mesures ne devaient cesser d'avoir leur effet qu’envers les puissances qui auraient la fermeté de forcer l’Angleterre à respecter leur pavillon.
Chacune des prohibitions que nous
: venons de rapporter avait successive-
ment empiré la condition des neutres;
jet le gouvernement britannique vint
encore l’aggraver, en déclarant en état de blocus toutes les côtes méridionales d'Espagne ; depuis Cadix jusqu’à Carthagène.
La guerre autorise sans doute le terrible droit de représailles, mais les rigueurs que nous venons de signaler
n'avaient plus ce caractère; car elles atteignaient beaucoup moins les belli.
gérants que les puissances neutres. En changeant ainsi le but des hostilités on en dépassait toutes les bornes : on ne pouvait d’ailleurs, sans s'exposer aux justes réclamations des neutres , les envelopper dans les mesures que l’on prenait de part et d’autre pour se nuire mutuellement. C'était contracter une dette envers eux; c'était l’augmenter sans cesse, et il serait indispensable
‘ de l’acquitter un jour.
Les Etats-Unis eurent à souffrir de cet état d’irritation , beaucoup plus que toute autre puissance : ils insistèrent près de la France et de la Grande-Bre.
tagne sur la révocation des ordres qui frappaient leur navigation et leur commerce; et le gouvernement fédéral, ne pouvant obtenir aucun adoucissement à ce système de rigueur, publia, le 1“
mars 1809 , un acte qui interdisait im. :
médiatement l’entrée des ports américains à tous les vaisseaux de guerre, soit anglais, soit français, et qui , à da ter du 20 mai suivant, l’interdisait également à tous leurs navires de commerce, sous peine de saisie et de con.
fiscation : le même acte défendait toute importation aux États-Unis de marchandises anglaises ou françaises; e* tte prohibition devait durer jusqu’à
que où les mesures prises contre
mmerce des Etats-Unis auraient éts modifiées.
Déjà le congrès avait défendu par deux actes du 22’ décembre 1807 et du 9 mars 1808, la sortie de tous les b4timents de commerce américains , afin de les soustraire aux attaques des bel:
ligérants : il continua par sa nouvelle loi de défendre toute expédition de n+ vires pour Angleterre ou pour France; mais cet embargo fut souvent éludé:
un grand nombre de capitaines américains ne cessèrent pas de tenir ia mer, et de poursuivre des spéculations hasardeuses, où la chance des bénéfices devenait encore supérieure à celle des pertes.
Le bill du 1° mars 1809 fut le dernier acte de l'administration de Jefferson.
Il avait soutenu avec force, mais sam
ctères car elles moins les bellices neutres. En it des hostilités , les bornes : on , sans s’exposer s des neutres , les nesures que l'on tre pour se nuire t contracter une toit l’augmenter ait indispensable
rent à souffrir de beaucoup plus que e : ils insistèrent de la Grande-Bre ion des ordres qui ation et leur comiement fédéral, ne un adoucissement ueur, publia, lel* , ui interdisait 1m ée des ports amériisseaux de guerre, ançais, et qui , à daivant, l'interdisait urs navires de comde saisie et de conme acte défendait aux États-Unis de aises ou françaises; à devait durer jusqu'à esures prises contre États-Unis auraient
S avait défendu par décembre 1807 et du ortie de tous les bésrce américains , afin aux attaques des bel:
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voquer une rupture, les droits de la neutralité; il avait saisi avec habileté tous les moyens de conserver honorablement la paix; et il voyait, en rentrant dans la retraite, son pays se dédommager, par des améliorations intérieures, de toutes les entraves mises
‘ àsesrelations avec le dehors. De grands
événements appartiennent au temps de la présidence de Jefferson, l’acquisi- ‘tion de la Louisiane, l’invention des bâtiments à vapeur, Pentreprise d’unir par une grande ligne de navigation les contrées de l’est et de l’ouest.
Ce dernier plan avait été formé dans l'État de New-York ; et le gouverneur Morris proposa en 1808, d'ouvrir un canal entre la rivière d'Hudson et les grands lacs qui séparent le Canada des États-Unis. La législature de ce pays autorisa en 1808 les premières dépenses à faire pour vérifier si cette ligne de communication était praticable ; et l’on projeta de la diriger vers le lac Ontario, en empruntant les eaux du Mohawk, du lac Onéida et de la rivière Oswégo; mais il fallait, dans ce système, lier les lacs Érié et Ontario par d’autres moyens de navigation; et l’on eut à reconnaître tous les accidents du sol qui les sépare, afin de juger des difficultés qu’on aurait à vaincre.
Le Niagara, qui recoit les eaux du lac Érié, et qui va les verser dans le lac Ontario , parcourt d’abord un large bassin où il se déploie avec majesté.
Les hauteurs de sa rive gauche, les plaines de sa rive droite, et les différentes Îles qu’il embrasse sont ornées d'une riche végétation : bientôt le sol est plus aride, les rochers sont mis à nu; et leur plateau, se prolongeant sous le lit du fleuve, soutient l’immense volume de ses eaux. Mais cette base vient tout à coup à lui manquer; elle se termine par un escarpement de cent cmquante pieds de hauteur sur un mille d’étendue; et le Niagara s’élance, se précipite avec impétuosité dans la vallée ouverte devant lui : elle est hérissée d’écueils, l’eau s’y brise, et rejailht vers le ciel sous la forme d’un tourbillon de vapeur. Une voûte est ouverte entre le pied des rochers et la
chute du fleuve : un mugissement éternel sort de ces flots bouleversés ; les échos le redoublent et le prolongent ; il se confond avec les roulements du.
tonnerre; et, quand le ciel est pur, le soleil reflète souvent les couleurs de l'arc-en-ciel dans le nuage isolé qui s'élève et reste suspendu sur l’abîme.
Ce spectacle d’un fleuve qui tombe, et de la-profonde vallée où il bouillonne pour reprendre ensuite un paisible cours, et des hautes forêts qui l’enveloppent d’une ceinture, et des rayons du jour, épanouis sur sa tête, offre la nature dans tout l'éclat de sa grandeur et de sa beauté ( voy. pl. 95 et 96 ).
A la vue d’une barrière que la puissance de l’homme ne franchira jamais, les ingénieurs, chargés d’examiner la rive droite du fleuve, voulurent d’abord y creuser un canal, où la différence de niveau serait rachetée par un certain nombre d’écluses; mais M. Geddes pensa que, sans échelonner ainsi la navigation, par des moyens qui la ralentissent toujours, on pourrait ouvrir de l’est à l’ouest une communication directe entre l’Hudson et le lac Érié .
elle suivrait d’un côté la vallée du Mohawk , de l’autre celle du Tonnewanta; et l’on s’assura que, dans l’intervalle de l’une à l’autre rivière, on trouverait des cours d’eau suffisants pour alimenter le canal, et pour l’élever ou l’abaisser tour à tour à différents niveaux, selon la configuration du sol et l’abondance des eaux dont on pourrait disposer : une commission, nommée à New-York en 1810, adopta ce dernier projet et fut chargée d’en assurer l'exécution. Ce canal devait commencer au nord de la ville de Troy, suivre les rives du Mohawk dont la navigation est plusieurs fois interrompue par des chutes et des rapides, parcourir les régions où devaient bientôt s'élever Utique, Rome, Syracuse, Rochester, et se diriger, en profitant de toutes les
rises d’eaux intermédiaires, vers l’em-
ouchure du lac Érié, près de Buffalo, où la nation des Sénécas avait eu ses rendez-vous de chasse et avait creusé ses pirogues ( voy. pl. 93 et 94 ).
Avant que ces travaux fussent entre=
ris, le Massachusett en avait donné ’exemple, en faisant établir entre le Mérimack et la baie de Boston un canal qui fut ouvert à la navigation en 1804.
ette ligne était sans toute moins importante ; mais elle fit reconnaître l’avantage d'unir par une navigation intérieure différents rivages, dont les communications par voie de merétaient à la fois plus lentes et plus périlleuses; et l'on devait un jour faire une grande application de ce principe, dans le systeme de défense qui fut adopté pour le littoral des États-Unis.
Boston a été plusieurs fois cité dans le cours de cette histoire, pour sa coopération à toutes les grandes entreprises : cette ville sut aussi donner au commerce une impulsion favorable, et quelques-unes de ses expéditions maritimes méritent d’être remarquées.
Elle avait des relations étendues avec la Chine et les Indes orientales. Ses vaisseaux expédiés vers le Midi, portaient à l'Amérique du Sud une partie des produits de ses manufactures : ils allaient doubler le cap Horn, remontaient dans le grand Océan jusqu’à la côte nord-ouest de l’Amérique, où l'on faisait la traite des pelleteries et celle des peaux de phoques et de veaux marins : ils les portaient en Chine, en exportaient des soieries et des cargaisons de thé, allaient prendre des étoffes de coton dans les Indes, et se rendaient aux Moluques, aux Célèbes, dans les iles de la Sonde, pour y chercher des épiceries. Ces voyages en Asie tenaient longtemps à la mer les Bostoniens : leurs marins s’accoutumaient aux plus pénibles épreuves de la navigation, et ils jouissaient d’une haute réputation d’habileté et d’intrépidité.
Les fils des plus riches familles etaient souvent placés à bord des vaisseaux qui faisaient le commerce d’Asie : un professeur leur apprenait la théorie de la navigation; ils y joignaient une pratique assidue; ils s’exerçaient à toutes les manœuvres; et cette école de plusieurs années, où l’étude s’unissait constamment à l’expérience, fournissait à la marine américaine d’excellents officiers.
D'autres vaisseaux, destinés au commerce d'Europe se rendaient successivement à Liverpool, en Hollande, au Havre, dans la Méditerranée : les pécheries de la morue, de la baleine et des éléphants de mer occupaient un gen nombre de matelots, et l’activité
es manufactures, celle des chantiers de construction faisaient annuellement des progrès.
Cependant l’heureuse situation de New-York, plus centrale et plus à portée de tous les marchés intérieurs, commençait à assurer sa prééminence commerciale, attirait dans ses murs une population nombreuse, et l’encourageait à se livrer aux entreprises les plus étendues. Elles étaient surtout dirigées vers les territoires de l'Ouest, vaste champ de découvertes , dont les limites , encore indéterminées, allaient s’éloigner de plus en plus.
Le gouvernement fédéral, aussitôt après avoir fait l'acquisition de la Louisiane, avait désiré connaître d’une manière exacte les contrées situées à l’occident du Mississipi. Zébulon Pike fut chargé en 1805 de parcourir toutes les eaux supérieures de ce fleuve : il s’éleva jusqu’au lac Sandy, et revint, neuf mois après à l’embouchure du Missouri , d’où il était parti. Cet off.
cier entreprit en 1806 une nouvelle expédition : il remonta le cours entier de l’Osage, et se porta sur l'Arkansas dont il gagna également la source, tandis que Vilkinson descendait la même rivière jusqu’à son embouchure; il alla ensuite reconnaître les sources de la Platte, et se rendit, au delà des montagnes, sur les bords du Rio-del- Norte dont il descendit le cours : alors il voyageait dans les possessions espagnoles sans y étre autorisé, et les administrations locales .le firent arrêter et escorter jusqu’à la frontière. Dunbar et Hunter avaient visité en 1804 les eaux du Washita qui se jette dans h rivière Rouge : celle-ci fut reconnue par le docteur Sibley; et le gouvernement des Etats-Uuis Le les capitaines Lewis et Clarke d'explorer le cours du Missouri depuis son embouchure jusqu’à sa source, de gagner
estinés au com-
daient suCCESSI-
n Hollande, au rranée : les péde la baleine et occupaient un lots, et l’activité le des chantiers nt annuellement
se situation de atrale et plus à rchés intérieurs, r sa prééminence t dans ses murs reuse , et l’encoux entreprises les 3 étaient surtout itoires de l'Ouest, uvertes , dont les erminées , allaient
plus. à + fédéral, aussitôt aisition de la Loui-
, connaître d’une contrées situées à sipi. Zébulon Pike je parcourir toutes s de ce fleuve : il Sandy, et revint, l'embouchure du ait parti. Cet off- 1806 une nouvelle bnta le cours entier brta sur l'Arkansas ement la source, son descendait la à son embouchure; nnaître les sources rendit, au delà des : bords du Rio-delndit le cours : alors s possessions Espaautorisé, et les ades le firent arrêter la frontière. Dunbar visité en 1804 les qui se jette dans li elle-ci fut reconnue ley; et le gouvernthis chargea les capilarke d'explorer le depuis son embousource, de gagnet
ensuite par la route la plus directe le premier fleuve navigable, situé dans les versants occidentaux des montagnes Rocheuses, et de le suivre jusqu'aux rivages du grand Océan.
Ce voyage, commencé le 14 mai 1804, fut exécuté avec autant d’habileté que de succès. Lewis et Clarke étaient accompagnés d’une escorte de us hommes, pourvus des moyens
‘de se défendre, et chargés de ne com-
mettre aucune agression : ils s’attachèrent non-seulement à bien connaître le fleuve et les contrées qu'ils avaient à parcourir, mais à gagner la confiance des nations indiennes auxquelles ils venaient promettre. paix et amitié.
Ils leur apprirent que les États-Unis avaient succédé aux anciens possesseurs de la Louisiane, que destinés à maintenir des relations habituelles avec leurs tribus, ils leur apportaient la” protection du gouvernement fédéral , son intervention pour pacifier les guerres qu’ils avaient entre eux, ses secours et ses présents pour concourir à leur bien-être : ils leur remirent des armes, des étoffes, des meubles utiles; firent flotter au milieu d’eux le avillon des Etats-Unis, et donnèrent Û leurs chefs des uniformes de l’armée américaine, C’était à la fois arborer les signes de la souveraineté et offrir des ages d'adoption. Le président leur était représenté comme un père qui faisait visiter ses enfants rouges : on les invitait à lui envoyer à leur tour une députation; et la puissanca qui ne s'offrait à eux que sous la forme d'une autorité paternelle les trouvait disposés à déférer à ses conseils.
Divine les diverses nations de ces
contrées appartinssent toutes à la classe des peuples chasseurs, elles différaient entre elles par quelques nuances. Les Osages avaient fait des progrès en agriculture, et ils devaient au voisinage des colonies espagnoles ces premiers emprunts de civilisation. Les Panis avaient aussi quelques champs cultivés ; mais ils ne formaient plus un seul corps de nation; et le nombre en avait été réduit par de longues guerres avec les Osages:
La nation la plus puissante était celle des Sioux, partagés en dix tribus,
qui pouvaient reunir trois mille guerriers : elle s’étendait entre le Mississipi et le Missouri, et se prolongeait vers le nord jusqu'au Red-River, dont les eaux vont Ss’écouler dans le lac Winnipeg. La Compagnie anglaise du nordouest, qui avait près de ce lac une factorerie, entretenait avec les Sioux quelques relations de commerce; et les capitaines Lewis et Clarke trouvèrent chez eux des interprètes qui facilitèrent leurs communications.
Les Ricaras que l’on rencontra vers l’ouest avaient une commune origine avec les Panis, dont ils s'étaient ensuite séparés, et ils s'étaient rapprochés des Mandans qui occupaient les vallées les plus septentrionales du Missouri. L'un et l’autre peuple faisaient avec la LOmpagoie du nord-ouest un commerce de pelleteries : quelques Français canadiens s'étaient fixés au milieu d'eux; et quand les voyageurs s’arrétèrent dans le principal village des Mandans, pour y passer l'hiver, ils purent se procurer de nombreux renseignements sur les mœurs de ces tribus.
Les villages de ces nations se ressemblent : leurs maisons ou loges ont une forme conique, dont les parois se composent de pieux plantés dans la terre, recourbés et rapprochés vers le sommet, et liés entre eux par des rameaux longs et flexibles qui s’entrelacent comme une claie : on ménage vers la cime une ouverture de quelques pieds , pour recevoir le jour et donner issue à la fumée. Ces loges se partafont en plusieurs compartiments, pour "habitation des familles, le dépôt de leurs provisions d'hiver, etcelui des pelleteries qui doivent être échangées avec les Canadiens, ou avec d’autres facteurs étrangers.
Les observations déjà faites dans le cours de cette histoire, sur les Indiens situés à lorient du Mississipi et dans Ja région des Apalaches, peuvent aussi s’appliquer aux nations occidentales, La similitude de leur situation dans l'ordre social explique celle de leurs.
usages. La chasse et la Pere sont leurs principaux moyens d'existence :
elles se disputent leurs forêts et leurs fleuves, avec le même acharnement, avec la même cruauté envers leurs prisonniers. Quelques ébauches de civilisation ont été commencées vers les extrémes limites de leurs contrées sauvages ; mais l'empire des habitudes y résiste à cette heureuse innovation : l'ascendant de la force y prédomine; on cherche les fatigues et les périls, et l’on méprise les paisibles jouissances d’une vie sédentaire. Et cependant c’est à travers de tels obstacles que les anciens peuples ont abandonné les forêts ou les pâturages, et se sont élevés à tous les développements de la morale et de l’intelligence. La postérité a consacré les noms de quelques hommes qui les civilisèrent : une gloire si noble et si pure pourrait encore satisfaire la plus aute ambition.
Au retour du printemps, les voyageurs américains reprirent leur expéition : ils se rembarquèrent sur le Missouri, qu’ils avaient trouvé constamment navigable, et le 15 juin 1805 ils furent arrétés par les cataractes du fleuve, à plus de cinq cents lieues de son embouchure. Un bruit sourd et continu, qui se faisait entendre à plusieurs milles de distance, les avait prévenus de ce phénomène. On arriva au ied de quelques rapides, et l'on eut e spectacle de la grande chute du Missouri, D une nappe de quatrevingt-sept pieds de hauteur sur six cents pieds d'étendue. Elle n’occupe toute la largeur du fleuve, et les eaux voisines de chacune des deux rives roulent en cascade et de rochers en rochers jusqu’à la même profondeur.
Au delà de cette chute imposante, on it d’autres rapides, puis une seconde nappe d’eau de quarante-sept pieds de hauteur. De nouveoux degrés où l’eau tombe avec fracas se développent plus loin encore : ils sont surmo par une troisième chute de vingt-six pieds; et d’autres cascades, blanchissant d’écume, couronnent ce magique tableau. On ne peut néanmoins le comparer au Niagara, où la
chute d’un fleuve entier s’accomplit
tout à la fois, et où la simplicité s’unit .
à la magnificence.
Les Américains franchirent, par un portage, l'intervalle des chutes : ils reprirent ensuite la navigation du Missouri, et lorsqu'ils furent arrivés au pied de la première chaîne des monta.
gnes, ils furent frappés d’une autre scène majestueuse : le fleuve coulait pendant deux lieues entre deux boule.
vards de rochers granitiques qui s’éle.
vaient perpendiculairement à près de douze cents pieds : le Missouri avait mille pieds de largeur dans ce défilé:
et plusieurs sources, jaillissant avec abondance des flancs du rocher, ve.
naient accroître le volume des eaux. Ce po reçut le nom de Porte des mon.
agnes Rocheuses. Une longue plaine
reparut ensuite : on parvint aux four.
ches du Missouri, qui reçoit ses eaux de trois rivières principales, et on leur donna les noms de Jefferson, de Ma.
dison et de Gallatin.
Arrivé enfin à la chaîne principale des montagnes, on rencontra les Indiens shoshonées, qui, dans leurs excursions annuelles, passent une partie de l’année dans les hautes vallées du Missouri, une autre dans celles de là Columbia : on apprit d’eux la route qu’ils suivaient dans leurs émigrations périodiques; on acheta les chevaux qu'ils s'étaient eux-mêmes procuré par leur commerce avec les colonies es-
agnoles; et, après avoir péniblement
ranchi les montagnes, on eut à cons
truire des bateaux pour descendre une rivière, longtemps navigable, qui reçut le nom de Lewis : elle les conduisit dans la Columbia; et les voyageurs américains, accomplissant heureuse.
ment leur expédition, suivirent jusqu'à la mer le cours de ce fleuve.
Pendant leur voyage et leur séjour à l'occident des montagnes Rocheuses, ils eurent de fréquentes relations avec les naturels du pays, depuis les Indiens serpents qui occupaient les hautes val:
lées, juégrans ifférentes peuplades répandues aux bords des fleuves ou sur les rives de POcéan. Dans la pop ces tribus, on aplatissait la tête dés
traver:
nues :
rent a plusiet différe
itier s’accomplit simplicité s’unit .
nchirent, par un les chutes : ils revigation du Misfurent arrivés au haîne des montad’une autre
e fleuve caulait entre deux boule.
nitiques qui s’éle.
rement à près de le Missouri avait ur dans ce défilé; y, jaillissant avec s« du rocher, velume des eaux. Ce de Porte des mon- Une longue plaine parvint aux four ui reçoit ses eaux cipales, et on leur Jefferson, de Ma.
e “chaîne principale rencontra les Inqui, dans leurs exassent une partie autes vallées du e dans celles de la rit d’eux la route s leurs émigrations heta les chevaux
ce fleuve.
x-mêmes procurés avec les colonies esavoir péniblement es, on eut à Cons Dour te cn avigable, qui reçu ele les’ condahi L et les voyageurs lissant heureuse n, suivirent jusqu'à
vage et leur séjour tagnes Rocheuses, entes relations avet , depuis les Indiens ajent les hautes val:
fférentes peuplades s des fleuves ou sut . Dans la plupart de atissait la tête dés
enfants, soit qu’on voulût conserver à la nation ‘un caractère distinctif, soit que l’on déférât à une bizarre opinion sur le type de la beauté : funeste aberration qui, en mutilant l’organe de la , devait arrêter le développement des facultés intellectuelles.
Lewis et Clarke hivernèrent chez les Indiens clatsops : ils leur laissèrent, avant de partir, un écrit qui pourrait un jour étre remis à quelque navigateur, et où ils déclaraient « qu'ayant “été envoyés par le gouvernement des «États-Unis pour explorer l’intérieur «du continent d'Amérique, ils avaient ‘ne par la voie du Missouri et «de la Columbia, jusqu’à l'embouchure «de ce dernier fleuve dans l’océan Pa- «cifique, qu'ils y étaient arrivés le 14 «novembre 1805, et qu’ils en‘étaient « partis le 23 mars 1806, pour retour- «ner par la même route aux États- «Unis. » à Ces pense explorateurs avaient traversé des régions jusqu'alors inconnues : d’autres voyageurs s’y engagèrent après eux, les parcoururent en plusieurs directions , et franchirent sur différents points les montagnes Ro-
uses.
Il résulta de leurs observations, commencées le long du Mississipi, que les terres les plus fertiles s’étendaient jusqu'à quatre-vingts lieues vers l’ouest ; que le sol, devenu plus élevé, formait une seconde région, où les forêts étaient plus rares et ne suivaient plus que la rive des eaux. On découvrait, en s'avançant davantage, une vaste étendue de plaines traversées par différents fleuves, et dont l’aspect était divers : les unes étaient occupées par des joncs et de hauts herbages; d’autres étaient stériles comme les steppes de la Tartarie; d’autres, tour à tour envahies ou abandonnées par les eaux, étaient couvertes d’une couche de sables profonds , soulevés quelquefois par les vents. Ces l'a taanel généralement dépourvus de bois, se relevaient en-
sives, qui allaient se rattacher, comme autant d’embranchements, à la ligne des montagnes Rocheuses, et celles-ci fai-
suite en collines, en hauteurs progres- :
saiôht artie de cette longue chaîne des Cordillères qui parcourt du nord au sud en ad entière. Les points les plus élevés de cette région coïncident au 41° degré, et les réservoirs qui s’y sont formés répandent leurs eaux dans toutes les directions. C’est dans cette contrée supérieure que prennent leur source le Colorado , qui se rend au golfe de Californie: le Rio-del-Norte, le plus EE er fleuve du Mexique; l’Arkansas, tributaire du Mississipi; la Platte, le Yellowstone, principaux affluents du Missouri, et le Lewis, qui va grossir les eaux de la Columbia.
La plupart des plaines élevées que parcoururent les premiers voyageurs en s’éloignant vers l’ouest, leur parurent moins favorables à la culture qu’à la multiplication des troupeaux, et ils purent en juger ainsi, soit par le décroissement de la végétation, soit par l’innombrable quantité debuffalosqu'ils rencontrèrent. Néanmoins les indices que donne une nature sauvage ne sont point inaltérables : la terre peut être modifiée par le travail de l’homme; et des efforts dirigés avec Eau hé parviennent à façonner un sol rebelle, et à couvrir la nudité de la terre de la parue des plantes, en les adaptant ’une à l’autre, et en choisissant les sites et les végétaux.
La navigation des fleuves qui arrosent ces contrées favorise les progrès des établissements : ‘elle du Missouri offre un développen.: 1 de plus de mille lieues, si l’on tient corpte de tous ses détours; celle de l’Arkansas en a huit cents; les autres rivières peuvent être
alement remontées jusque vers le pied des montagnes Rocheuses : là on rencontre des chutes et des rapides qui entravent les communications. La rivière Platte est la moins navigable de toutes, et les vastes plaines dont elle occupe le centre sont souvent exposées aux débordements.
Si l’une et l’autre rive du Mississipi ont un grand nombre de productions.
semblables, il est néanmoins plusieurs genres de richesses qui appartiennent fl aux contrées occidentales.
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