RE
Les mines de plomb que l'on dfdécouvertes à l’ouest du Mississipi se partagent en deux régions : l’une, située au nord, vers le prairie du Chien, comprend les mines de Dubuque, découvertes et exploitées dès le commencement du dix-huitième siècle : l’autre région est plus méridionale; elle occupe vingt lieues de longueur sur sept de largeur, dans la chaîne des monts Ozarks qui s'élèvent entre le Missouri et l’Arkansas. Les premières veines de cette mine ont été reconnues dans les hautes vallées du Maramec, du Saint- François et du Washita : on trouve sur les bords de ces rivières des masses de plomb natif, et la fusion de la galène que l’on extrait donne souvent en métal plus de la moitié de son poids.
La même chaîne de montagnes renferme des mines de fer abondantes; et le voisinage des rivières en facilite l’exploitation. Des mines de charbon fossile se découvrent dans un grand nombre de lieux , et l’on reconnaît combien de forêts ont été ensevelies dans ces vastes plaines , formées de terres d’alluvion, et progressivement exhaussées durant la marche des siècles. Le feu a quelquefois pénétré accidentellement dans ces masses souterraines dont il continue de dévorer une partie : d’autres amas de bois engloutis ont été abandonnés par la nature à une combustion sourde et lente, qui leur a fait éprouver des transformations différentes, suivant la nature des couches où ils étaient ensevelis : ils se sont convertis en houille, en tourbe, en charbon bitumineux ou fossile; et, en exhumant pour l'entretien de nos usines les débris de ces forêts carbonisées, nous pourrons épargner pluslongtemps celles qui nous couvrent encore de leur ombrage.
Nous avons reconnu que les plaines situées au sud-ouest du Missouri sont traversées d’occident en orient par de très-longues rivières : la séparation de leurs bassins fluviatiles n’est souvent formée que par des atterrissements qui en deviennent les digues naturelles ; et les plateaux intermédiaires se couvrent de couches de sel qui en
blanchissent la surface; soit qu’elles appartiennent à d’anciens dépôts de sel gemme, soit qu'elles aient été plus récemment produites par l’évaporation des eaux qui tenaient cette substance en dissolution. salines occupent des plaines entières , et l’on en trouve d'autres également PACS dans les terres voisines de l’Osage et de l’Arkansas : les cours d’eau qui les ar.
rosent se sont plus ou imoins impré.
gnés de sel, en passant sur un lit qui en était chargé ; et la terre et les eaux participent de la même amertume.
On explique par la nature du sol et ar celle des pâturages, l'extrême af.
uence des buffalos que les premiers voyageurs y rencontrèrent. Ces ani.
maux recherchent les régions salifères:
la plaine est semée de leurs débris:
souvent même, en la creusant à peine,
on y trouve de nombreux osseméhnts.
fossiles, appartenant à la classe des mastodontes et à d’autres familles qui ont disparu. Les buffalos occupent au.
jourd’hui la contrée où vivaient ces races gigantesques ; et ils avaient ét également répandus dans les plaines de l'Ohio, de l’Indiana , de l'Illinois:
mais l'approche des colonies euro. péennes les a mis en fuite. Ceux qui avaient erré entre les Apalaches et le Mississipi se sont retirés vers les lacs et les prairies du nord-ouest ; d’autres ont franchi le fleuve , et, après en avoir habité les rives occidentales, ils ont encore été repoussés vers des régions plus sauvages. Là, ils continuent de se réunir en troupeaux innombrables; et ils jouissent en commun des pâturages dont les herbes et les eaux sa.
voureuses conviennent à leur instinct.
Souvent ces families nomades et paisibles changent de contrée : elles ont du nord au midi des émigrations périodiques et alternatives, suivant h saison ; on les voit marcher en car vanes, couvrir au loin la plaine, et traverser à la nage le Missouri et les autres fleuves. Mais les premiers voys geurs des États-Unis remarquèrent que les buffalos ne franchissaient pas les montagnes Rocheuses : ces boule:
vards avaient arrété jusqu'alors leurs
rface; soit qu’elles l'anciens dépôts de r'elles aient été plus es par l’évaporation ent cette substance salines occupent s,et l’on en trouve ; remarquables dans s de l’Osage et de urs d'eau qui les ar s ou moins impré.
ssant sur un lit qui t la terre et les eaux éme amertume.
la nature du sol et rages , l'extrême of.
os que les premiers ontrèrent. Ces ani.
les régions salifères: ée de leurs débris:
la creusant à peine, ombreux ossements!
ant à la classe des d’autres familles qui uffalos occupent aurée où vivaient ces s; et ils avaient été us dans les plaines diana , de l'Illinois; des colonies euro:
en fuite. Ceux qui les Apalaches et le retirés vers les lacs nord-ouest ; d’autres e,et, après en avoir becidentales , ils ont sés vers des régions à, ils continuent de beaux innombrables; commun des pâtubes et les eaux sa nent à leur instinct.
lies nomades et paï e contrée : elles ont des émigrations pénatives, suivant h it marcher en caraloin la plaine, € e le Missouri et les is les premiers voy# Unis remarquérent be franchissaient pas icheuses : ces boule:
té jusqu'alors leurs
excursions vers l'ouest : ils n'abandonnent pas les prairies et la plaine; et cette contrée, où leur espèce se développe dans toute sa force, devient aussi un de leurs derniers refuges. Les loups, leurs ennemis infatigables, rôdent sans cesse autour de leurs pâturages : ils n’attoquent pas un trou-
u réuni, mais ils l’effrayent, ils le mettent en fuite, et tombent avec voraëité sur les animaux qui s’en écartent ou qui n’ont pu le suivre. Les uns et les autres ont de plus redoutables ennemis dans les chasseurs qui les poursuivent : cette guerre est continue , et l'appât de leur dépouille la rend plus acharnée.
Parmi les animaux qui fréquentent ls montagnes Rocheuses, et dont la fourrure est recherchée dans le commerce, les voyageurs américains remarquèrent l'ours, le renard rouge, et plusieurs espèces d'antilopes. L’argali atteint les sommets. les plus élevés et se suspend aux bords des ee er.
l'élan, le wapiti , parcourent ces forêts dont les arbres sont élancés, et où ils ne rencontrent aucun taillis qui embarrasse leurs ramures. Les castors sont encore nombreux dans les vallées et dans les plaines qu’arrosent des courants d'eau vive; mais ils se replient devant la race humaine, soit pour échapper à la destruction, soit pour cacher leur industrie dans la solitude.
Autrefois la nation des Osages les avait protégés : elle avait appris, par une superstitieuse tradition , que son ge dateur s'était allié à la famille d’un castor ; et on avait eu longtemps égard àce titre de consanguiniti; mais les calculs du commerce et l’appât du gain frent ensuite oublier cette filiation.
Quand les États-Unis commencèrent leurs établissements sur la rive occidentale du Mississipi, les Osages , les Arkansas furent les premières nations indiennes qui se trouvèrent en contact avec eux; et Lewis, devenu gouverneur de ces contrées, eut à conclure un arrangement avec leurs tribus sur la démarcation des deux territoires.
Les Indiens renoncèrent pour guaques subsides à une partie de leurs forêts,
et ils commencèrent vers l'ouest ce mouvement de retraite qui ne devait plus avoir de terme.
L'avenir dont les aborigines étaient alors menacés inspirait à leurs vieillards de vives inquiétudes ; et, lorsque les officiers du gouvernement fédéral vinrent prendre possession des terres nouvellement acquises, constater les limites qui leur étaient assignées , et construire des forts pour en assurer la défense, un vieux guerrier de la nation des Osages, s’entretenant avec leur interprète, lui exprima ses plaintes.
« Le grand fleuve , le père des eaux, « nous séparait de vous : pourquoi ve- « nir nous chercher et vous établir sur « notre rivage ? La terre du matin ne « vous suffisait-elle pas? Elle a, comme « la nôtre, des eaux, des forêts, des « montagnes ; elle vous offre, comme « à nous , ses fruits, ses animaux, ses « ombrages. J’en ai parcouru les con- « trées , dans la fleur de ma jeunesse, « et le tomahac à la main, quand je « cherchais à venger le massacre de « ma famille , quand j’allais enlever les « chevelures de mes ennemis pour pa- « rer ma hutte sauvage. Les plaines où « je triomphais m'ont paru belles : leur « état a-t-il changé? sont-elles deve- « nues stériles ? ne reçoivent-elles plus « l’eau des nuages et les rayons du « jour ? les rivières où flottait la piro- « gue ont-elles suspendu leur cours ?
« Ces régions sont vastes : vous ne « les remplissez pas encore ; et si elles « vous suffisent pourquoi changer de « demeures? Vous avancez ; et tout ce « qui avait reçu la vie tombe ou dispa- « raît : l'incendie s’étend devant vous; « il éloigne ceux que vous ne pouviez « atteindre, et vous vous emparez du « désert que vous avez fait. J'ai prévu « le sort qui attend tous les hommes « rouges, quand du haut de nos mon-& « tagnes j'ai vu la terre que vous enva- « hissez se dépouiller de ces belles fo- « rêts qui avaient été notre séjour, « que j'ai vu ces immenses troupeaux « de buffalos, de cerfs, d’autres ani- « maux sauvages, s’éclaircir dans les « pres et gagner précipitamment « les savanes, les prairies de l’ouest :
ne CRT NS RTE
“ils étaent notre cortége; ils nous « suivent pour s'affaiblir encore, et « pour s'anéantir un jour au fond de e nos solitudes.
« La terre est encore étendue der- « rière nous : nous ne sommes pas au « terme où vous cesserez de nous pour- «suivre; mais les pass où vous nous «réduisez sont déjà moins fertiles.
« D'âpres montagnes , des rochers es- « carpés, où les plantes et les animaux « ne peuvent plus vivre, ne nous offri- « ront que leurs cavernes, où la famine « viendra nous chercher.
« Nos pères nous ont appris que « d’autres régions s’étendaient au delà «de ces montagnes : mais si nous « franchissons cette barrière, les peu- « ples que nous rencontrerons vou- « dront-ilsnous recevoir ? La terre qu’ils « habitent ne leur a-t-elle pas été don- « née par le grand esprit, pour qu’ils « ct sa en parcourir paisiblement « les foréts? Sans doute vous nous « poursuivrez encore ; et les débris de «nos nations, refoulées les unes sur « les autres, ne laisseront plus dans « les vastes contrées qui leur avaient « appartenu que les monuments de leur « passage et de leur destruction. Qui «sait même s’il en restera quelque «trace sur la terre? On dit que les « grandes eaux l’enveloppent comme « une ceinture ; et si vous nous repous- « sez sans cesse vers leurs rivages, il « viendra un temps où nos dernières « générations, ne pouvant plus s’éloi- « gner davantage, et ne voulant pas « plier sous la servitude, contemple- « ront ce gouffre immense comme un « dernier asile, et n’aspireront plus « qu’à s’y ensevelir. »
s plaintes du vieux guerrier, qui ne pouvait songer sans terreur aux fatales destinées de la race aberigène, ne furent alors attribuées qu’à une exaltation déréglée : la prévoyance et la pénétration des sages sont quelquefois traitées ainsi; et peut-être il ne devait pas s’écouler plus d’un siècle, avant que cette prédiction s’accomplit.
Les alarmes des Indiens étaient si vives que leurs tribus cherchèrent, quelques années oprès, à revenir sur
la cession de territoire qu’elles avaient faite et dont les conditions n'étaient pas encore remplies. Une députation de chefs de guerre se rendit près du gouverneur du Missouri, et l'orateur s’éleva contre la validité de cette vente, « Les hommes qui l'ont faite n’y étaient « pas autorisés ; et la nation elle-même « n'en aurait pas le droit. Notre con.
« trée appartient à notre postérité aussi “bien qu’à nous : nous l'avons reçue « pour e temps de notre vie, et now « la transmettons à nos descendants, « Il ne peut nous être permis de ven.
« dre les ossements de nos pères et « l'héritage de nos fils. »
Cette protestation fut vaine, et ke pres déclara qu'une cession vo.
ontairement faite par les Osages « sanctionnée par le congrès , ne pouvait pas étre révoquée : les subsides promis aux Indiens leur furent remis, ét ik:
conservèrent le droit de chasser dans la même contrée , aussi longtemps que les États-Unis n’y auraient pas form d'établissements.
Ce privilége éventuel ne pouvait pu être de longue durée. Déjà s’avançaient vers la nouvelle frontière ces aventi.
riers, à demi sauvages, connus sou le nom de tra s, qui vivent à milieu des forêts, se mélent aux ch ses des Indiens, leur font souvent k guerre, dépeuplent d’animaux Je « qu’ils parcourent, et deviennent l« pu on pourvoyeursdes marchands de pelleteries. Les terres épuisées de gibier étaient promptement abandon nées par les Indiens ; et quelques aude cieux fourrageurs ouvraient un champ plus libre aux familles de cultivateur qui arrivaient après eux.
Ainsi la population des rives inft.
rieures du Missouri et de l’Arkanss commençait à remonter le cours da fleuves, et à se répandre dans les cor trées intermédiaires, avant de poursuit vre plus au loin sa marche progressire Mais quelques hommes, embrassail dans leurs vues un long avenir, avaient déjà conçu l’espérance de porter jus
u’au grand Océan les limites des États
Jnis, et d'occuper, au nom du go vernement fédéral, l’embouchure «
oire qu’elles avaient conditions n'étaient es. Une députation » se rendit près du ssouri, et l'orateur lidité de cette vente, l'ont faite n'y étaient Ja nation elle-même le droit. Notre con.
notre postérité aussi : nous l’avons reçue e notre vie, et nous à nos descendants, être permis de ven.
nts de nos pères et
fils. »
ion fut vaine, et ke ra qu’une cession vo.
e par les Osages «t > congrès , ne pouvait : les subsides promi furent remis, et il.
iroit de chasser dans , aussi longtemps que y auraient pas formé
entuel ne pouvait pu rée. Déjà s’avançaient frontière ces aventuuvages , CONNUS sou peurs, qui vivent à , se Mélent aux char leur font souvent k ent d'animaux le «0 ht, et deviennent la oyeursdes marchand es terres épuisées de omptement abandon ens ; et quelques aude s ouvraient un champ
brès eux.
sa marche progressif
milles de cultivateur
lation des rives inft puri et de l’Arkansi emonter le cours dé épandre dans les cor ires, avant de poursii
hommes, embrassail n long avenir, avaient pérance de porter jUr an les limites des États
r, au nom du got ral, l'embouchure à
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. so!
les rives des fleuves dont Lewis et Clarke avaient reconnu le cours.
M. John Astor de New-York fonda en 1809 une compagnie pour le commerce des fourrures de l'océan Pacifique. Ilse propos de former un établissement à l'entrée de la Columbia ; d'y envoyer, chaque année, un vaisseau chargé de marchandises , soit pour les naturels du pays, soit pour la Chine; d'x prendre les pelleteries qu’on aurait pu se procurer, et de faire voile pour Canton, entrepôt général où l'on en trouverait toujours le débit : le vaisseau , après y avoir déposé ses fourrures et le reste de sa cargaison, devait revenir à New-York avec les productions dela Chine et des Indes orientales.
Le navire le Zonquin fut expédié le
ier : il partit le 6 septembre 1810, alla doubler le cap Horn et se rendit aux Îles Sandwich. Le capitaine Thorne
ile commandait enrôla pour le service de la él 2 2 quelques insulaires de cet archipel, et il arriva le 23 mars 1811 à l'embouchure de la Columbia , sur la rive méridionale de laquelle on érigea le fort 4storia.
Une expédition par terre devait se rendre à la même destination. William Hunt et Donald Mackenzie partirent de Saint-Louis de Missouri, au mois d'août 1810, avec soixante-treize hommes : ils devaient suivre d’aussi près
ue possible la route que Lewis et
larke s'étaient tracée en 1804 et 1805, etils remontèrent le Missouri jusque dans le pays des Ricaras : ils s’engagèrent ensuite dans les vallées du Ye/lnostone, pour gagner les montagnes Rocheuses : on rencontra au delà de cette barrière le cours de la rivière Lewis; et les voyageurs, après avoir fait par terre et par eau le trajet le plus périlleux et le plus pénible, arrivèrent en deux détachements au fort Astoria , où cent quatre habitants se trouvèrent alors réunis. Dès ce moment on s’occupa des défrichements nécessaires à cette naissante colonie, et des relations pus devait entretenir avec les In-
iens.
Quels que fussent les désastres que cet établissement devait éprouver bien-
tôt, l'occupation première avait eu lieu, le titre de possession était lamé, et les États-Unis étaient intéressés à le faire valoir. Ce peuple est constant dans ses vues : s’il laisse quelquefois reposer ses prétentions, il n’y renonce point, et il attend l’occasion de les faire revivre. :
On avait eu des preuves de cet esprit de persévérance dans les démarches faites par le gouvernement fédéral, pe obtenir de la France et de l’Angleterre la révocation des ordonnances, contraires à la neutralité de la navigation et du commerce américain. Quoique le congrès eût déclaré qu'à dater du 20 mai 1810 aucun navire des deux nations ne serait reçu dans les ports des États-Unis, il annonça, au moment où allait commencer cette interdiction, qu’elle cesserait envers la puissance qui révoquerait ses édits avant le 3 mars 1811, et il ss le général Armstrong, ministre plénipotentiaire d'Amérique en France, de réclamer cette révocation. Ses instances eurent enfin un heureux succès, et ce ministre reçut, le 5 août 1810, la déclaration que les décrets de Berlin et de Milan cesseraient d’avoir leur effet à l’égard des Américains, à dater du 1° novembre suivant. La navigation et le commerce entre la France et les États-Unis allaient dès lors reprendre un cours régulier.
es deux nations accueillirent avec joie la réconciliation qui venait de s’établir entre elles. Jefferson l’avait toujours désirée : il avait évité toutes les mesures extrêmes qui auraient pu y mettre obstacle; et Madison, qui lui succéda dans la présidence, le 4 mars 1809, honora son administration, en assurant le retour de la bonne harmoni ete les États-Unis et leur ancien allié.
Dès ce moment, on put se livrer avec plus de confiance à de nombreuses ge rations commerciales. Les pénibles épreuves qu’elles avaient eu à subir ne les avaient pas interrompues ; mais ces
érilleuses expéditions, suivies au miieu des écueils, n’avaient offert aucune garantie : de grandes fortunes s'étaient
É Le t î À]
élevées subitement; d’autres s'étaient écroulées : les bénéfices ne servaient plus de compensation aux dommages, et l’on avait à réparer une longue suite de inalheurs particuliers.
Les Américains réclamèrent de la France des indemnités pour les pertes qu’ils avaient faites; mais cette question était difficile à résoudre d’une manière définitive, aussi longtemps que la guerre n’avait pas cessé entre l'Angl e et la France. « J’ai voulu, disait le gouvernement français, opposer à mon adversaire des armes éga es, et s’il a mis des bornes aux droits maritimes des autres. puissances, il n’a forcé de limiter. Je n’ai pu souffrir qu’il masquât son commerce sous pa-
‘ villon neütre; et quand l'Océan le dérobait à mes poursuites, je l’ai atteint dans tous les ports dont j'étais maître :
cette mesure était générale, et les Américains ne pouvaient en étre exceptés. Le congrès a voulu sans doute les y soustraire, lorsqu'il a mis dans ses ports un embargo général sur leurs navires, et qu’il a ordonné le retour de tous ceux qui étaient encore chez l’étranger. Cependant, malgré ses injonc-
tions, un grand nombre d’Américains, cehAppant à l’action des lois, ont con-
tinué de suivre, pour le compte de l'ennemi, un commerce qu’il ne pouvait pas exercer lui-même avec liberté.
Si leur navigation était illicite aux yeux même du gouvernement fédéral qui l’avait prohibée formellement, n’avaientils pas perdu, en méconnaissant son autorité, le droit de recourir ensuite à sa protection? et le désaveu qu'ils avaient encouru de sa part ne permettait-il pas de les considérer comme ennemis? »
Quelque spécieux que pussent être ces motifs, le gouvernement fédéral ne les admettait point. « Si des capitaines américains enfreignent nos lois, c’est à elles seules qu’il appartient de les punir; et en les poursuivant pour un délit, je ne m’'interdis point de réclamer en leur faveur une compensation pour les dommages qu’ils ont soufferts. J'ai
voulu me tenir à l’écart de vos démé-
luc nuer l’Anplaterre at mattra lac vais.
es avec l'Angieterre, eir re!
Li 27 CRE IT
seaux anéricains à l'abri de toute agres.
sion : cette réserve n’était point un acte hostile, c'était une P isible sauve.
garde pour ma neutralité. Je m'isolais, mais je ne pouvais demeurer impas.
sible. La France et les États-Unis ont été liés par une convention qui reconnaissait l’inviolabilité du pavillon ne.
tre et la liberté du commerce : la durée de cet acte ne devait expirer qu’à la fn de 1809, huit ans après l’échange de ses ratifications, et c’est sur ses clau.
ses mêmes que nous fondons la justics de nos demandes, Si l'Angleterre :
suivi d’autres principes maritimes, ceux que consacraient nos traités avec b France n’en sont point altérés, et ce que les deux contractants s'étaient mu.
tuellement promis est devenu la seule base de leurs obligations comme de leurs droits. »
C’est au développement de ces illées
énérales que pouvaient être ramenés' es différents points d’une négociation qui fut suspendue et renouvelée ph.
sieurs fois. Cette discussion polémique, où l’on tendait à éclaircir les faits et à se rapprocher par quelques conces sions réciproques, n’avait rien d'irri.
tant: les États-Unis cherchaient à faire reconnaître leurs droits à une indem.
nité; mais ils en réduisaient l’évalua.
tion primitive, et ils n’en sollicitaient pas le remboursement immédiat: ik avaient égard aux dépenses de la guerre où la France continuait d’être engagée, et, sans prétendre qu’elle dût en «œ moment dre ses charges, ils ajour.
naient à des temps plus paisibles leurs instances ultérieures,
Au milieu même de leur mésintelli.
gence, jamais les deux nations n’avaient eu l’une envers l’autre de sentiments hostiies. Les Américains suivaient ave intérêt les destinées de la France, et contemplaient dans toutes ‘tes phases de sa fortune l’illustre capitaine que victoire avait si souvent couronné et qu’elle commençait à enivrer de ses faveurs. Napoléon honorait à son tour la mémoire de Washington; il aimait à voir les Américains prospérer à l’abri de leurs institutions, et, après avoir
lui-même a
nn.
Lo VISA VVYSIVVUAU À 4 AUUL VIDDUHI