‹ États-Unis d'Amérique [microforme]Chapitre 34 sur 56 · LP · texte numérisé non relu

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de leur puissance, il n’aurait pas voulu attaquer son ouvrage.

Les États-Unis n’avaient pas alors la même tendance à se rapprocher du vernement britannique. Leurs plus ers intérêts, leur dignité, leur indénr avaient été blessés : la presse leurs matelots était exercée par l’Anre à bord même de leurs navires:

on les âvait attaqués jusque sur leurs rivages, et chaque agression nouvelle ajoutait aux ressentiments. Le gouvernement fédéral persista donc à exclure deses ports les bâtiments britanniques, et à suspendre toute relation de commerce entre l'Angleterre et les États-

Unis.

Telle était en 1811 la situation politique de la confédération américaine, et d'autres événements d’une impor-

tance pu grande encore comancn-

aient à fixer son attention.

Autant les États-Unis paraissaient éloignés d'intervenir dans les querelles de l'Europe, dont Jefferson aurait voulu quelquefois être séparé par un océan de feu, autant les intérêts du nouveau monde éveillaient leur sollicitude. Ils voyaient se propager dans rs colonies les germes de l’inépendance; et quoique le gouvernement fédéral ne prît aucune mesure

ur les fomenter et pour les faire

éclore, il ne cherchait pas sans doute à en arrêter le développement.

Miranda, né à Caracas, fut un des hommes qui contribuèrent avec le plus d'ardeur à l'émancipation de l’Amérique espagnole; il avait des vues étendues, un génie entreprenant et le désir d'acquérir de la célébrité.

Pendant la guerre de l'indépendance les États-Unis, Miranda, très-jeune ncore, avait servi leur cause, et c’éait au milieu d'eux qu’il avait formé e projet d’affranchir sa patrie. Une si grande entreprise exigeait des ressoures nombreuses ; un appui étranger lui devenait nécessaire , et il voulut, après a conclusion de la paix de 1783, sonler les dispositions de quelques puisances. Dans cette vue, il se rendit à ondres et à Saint-Pétersbourg : en

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therine qui aimait les vastes desseins, en Angleterre, il espérait des secours plus efficaces; mais d’autres événements suspendirent pendant plusieurs années l’exécution de son entreprise.

La guerre de la révolution française était commencée : Miranda vint y prendre part, et il fut élevé au grade de lieutenant général dans les armées de la république. Ses campagnes en Belgique développèrent son habileté et son expérience; néanmoins il échoua au siège de Mastricht, et il ne put empécher, en 1793, la perte de la bataille de Nerwinde, où il commandait l'aile gauche de l’armée. Disgracié à la suite de ce revers, il fut arrêté, relâché, et incarcéré de nouveau jusqu’à la mort de Robespierre. Son projet d’émanciper l'Amérique espagnole l’occupait sans cesse; mais il ne fut secondé ni par le comité de salut public, ni par le directoire exécutif : la France et l'Espagne étaient alors unies par des traités de paix et d'alliance; et Miranda, exilé le 18 fructidor (4 septembre 1797), se rendit à Londres, et alla proposer au stat britannique un plan

indépendance pour la Terre-Ferme et le Mexique : il demandait que les États- Unis fussent invités à concourir à cette expédition, qu’on leur offrit le territoire des Florides s’ils consentaient à faire agir un corps de dix mille hommes, et que l’Angleterre fournit les vaisseaux et les subsides nécessaires au transport des troupes et aux opérations de la guerre.

Mais il fallait s’assurer de l’adhésion du gouvernement fédéral : Miranda se rendit en Amérique pour l’obtenir, et le président refusa les propositions qui lui étaient faites : il ne voulait pas commettre d'agression contre les possessions de l'Espagne, avec laquelle les Etats-Unis étaient en paix.

Quand de nouvelles dissensions, relatives à la navigation du Mississipi et à l’entrepôt commercial de la Nouvelle- Orléans, éclatèrent entre les deux puissances , Miranda vint encore aux États- Unis pour solliciter de nouveau leur coopération à ses desseins. Cette seconde démarche n’eut pas plus de suc-

cès : le traité de 1803 qui cédait la Louisiane aux Américains venait d’être conclu, et la cause de leurs contestations avec l'Espagne avait cessé.

Alors, ne pouvant plus compter sur les secours du congrès, Miranda chercha + peoñant son séjour à New-York, à intéresser à ses projets quelques spéculateurs, et à faire en secret des enrôlements volontaires; opérotion plus facile dans un port où affluent un grand nombre d’étrangers qui viennent, d’un hémisphère à l’autre, tenter la fortune et courir de nouveaux hasards. On se procura des armes et des munitions de guerre : une partie de ces dépenses fut acquittée sur les fonds que l’on avait apportés de Londres: la garantie des autres payements tenait au succès même de l’expédition : le colonel Smith et Ogden armèrent le navire le Léandre, où cette troupe aventureuse s’embarqua; et Miranda, mettant à la voile le 3 février 1806, se dirigea sur Saint- Domingue, d’où il se rendit dans l’île de la Trinité. Dès que la destination de cet armement fut connue, le ministre d’Espagne près du gouvernement fédéral s’en plaignit vivement, et il obtint que Ogden et Smith fussent poursuivis devant lés tribunaux; mais tous deux furent acquittés par une déclaration du jury, et le résultat de cette procédure montra que l’entreprise, sans être avouée par le congrès, était favorisée par l'opinion publique.

L’emiral Cochrane se trouvait alors à la Trinité, et Miranda obtint de lui quelques bâtiments armés; cinq cents volontaires étaient réunis sous ses ordres ; il partit le 24 juillet, et alla débarquer près du cap de la Véla, dont les forts tombèrent en son pouvoir : il se dirigea ensuite sur Rio de la Hacha, pour y attendre des secours de la Jamaïque; mais ne recevant aucun renfort, et ne pouvant pas se maintenir avec si peu de forces, il dut renoncer à son expédition , revint dans l’île de la Trinité, et regagna l’Angleterre, pour y attendre une occasion plus favorable.

Ces projets d’émancipation se renouvelèrent deux ans après, et ils furent

précédés d’un événement . inattendu

qui, en changeant le sort du Brési, Ék ne fut pas sans influence sur celui des pe colonies espagnoles. On vit, le 27 juil. ell let 1808, arriver de Lisbonne à kio. ln Janeiro la famille yale de Bragance, à L’invasion de ses États d'Europe avait bu:

déterminé le prince régent de Portx. l'a gal à se retirer au Brésil; et ce pays, mi élivré du régime colonial, avait æ. | quis les mêmes droits que la mèrepe. DR À; rie. | L'invasion de l’Espagne produisit a d’autres mouvements en Atnérique, ‘ ; lorsqu'on y apprit les actes et les tra. Lg tés de Bayonne, qui avaient précipité ne du trône Charles IV et son fils Ferd. D 1 nand VII, et qui avaieut conféré cette au couronne à Joseph Bonaparte. Cette be nouvelle parvint à Caracas au mo fé de juillet 1808 : les colons ne recu. RE nurent pas le nouveau roi : ils p mèrent Ferdinand VII, et ouvrir des relations avec la junte suprême qu û ” s'était formée en Espagne pour gr. rie

verner au nom de ce prince. Leur exem.

ple fut suivi dans la Nouvelle-6r.

nade, et les habitants y reconnurat également Ferdinand VII. à

Les opérations militaires de Napo léon en Espagne ne changèrent pa cette détermination; soit lorsque, ver geant les revers essuyés à Baylen px un corps de troupes, il retrouvaith victoire à Burgos et à Tudela, soi lorsqu’il obtenait dans les plaines d'O.

cana un nouveau MORE et que se lus habiles généraux pénétraient da es différentes parties du royaume En soumettant des provinces , il ne ft pas plier les volontés nationales :

ne cédait qu’à la force; il ne put poit imposer l’obéissance partout où il né tait pas; et les colonies espagnols, imitant l'exemple de la métropok, persistèrent dans la résolution de n pas reconnaître l’autorité de Bow

parte.

La régence de Cadix, qui rempli la junte de Séville après Îles premier succès de Napoléon, ne pouvait de bord lui opposer aucun der de forces : elle était réduite à des pre clamations ; mais ses paroles étaie

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puissantes ; + .: retentissaient dans toutes les parties de l'Espagne et de ses possessions éloignées; et partout elles allaient soulever les esprits contre la domination de l'étranger. Cependant la régence allait au delà de son but : l'énergie qu'elle voulait inspirer l'exposait à d’autres périls ; et la première proclamation qu’elle adressa aux colonies espagnoles vint y ébranler l’autorité de la métropole. « Elle en aux Américains qu’ils avaient été longtemps accablés sous un joug d’autant plus oppressif qu'ils étaient éloignés du centre du pouvoir : elle ne voulait plus les soumettre au gouvernement arbitraire des vice-rois : elle les dégaeait de cette dépendance, et plaçait rh leurs mains leurs futures destinées. »

A peine cette proclamation fut connue à Caracas, que l’autorité du caitaine général fut remplacée par une unte : elle se forma le 19 avril 1810; et une junte semblable fut établie le 2 juillet dans la Nouvelle - Grenade, où don Amar était alors vice-roi.

Après avoir donné l'impulsion aux colonies, la régence de Cadix cherchait à y conserver la direction des affaires et l'exercice du pouvoir; mais déjà on commençait à se lasser d’une autorité exigeante , de tous les sacrifes qu’elle demandait pour assister une métropole éloignée, et de la souveraineté nominale d’un monarque absent et captif, dont l'héritage était abandonné à la guerre civile et étrangère, sans qu'on pût encore prévoir quel serait le terme de tant de calamités, Les nouveaux magistrats de Caracas adressèrent de vives représentations à la régence ; et l’amertume de leurs plaintes fut considérée par elle comme un acte de rébellion : elle ordonna le blocus des ports de cette colonie, et fit marcher contre elle un corps de troupes, tiré des provinces ui n'avaient pas encore pris part à l'insurrection.

La guerre qui devait décider du sort del'Amérique espagnole fut alors commencée: Miranda parut de nouveau

Dour la scène : il revint d'Angleterre à 25° Livraison. (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE.) 25

Caracas vers la fin de 1810; et son iufluence dans le congrès dont il fut membre, et dans les sociétés’ populaires qu’il fit organiser, pe la déclaration de l’indépendance. L'acte en fut signé, le 5 juillet 1811, par les représentants des provinces qui formaient la confédération de Vénézuéla ; et l’on publia , le 23 décembre suivant, une constitution, où se retrouvaient les mêmes principes que dans celle des États-Unis, sur la nature et la distribution des pouvoirs. La législature fut divisée en deux chambres, celle des représentants et celle du sénat; et l’on remit le pouvoir exécutif à un magistrat temporaire : la forme des jugements par jury fut adoptée ; on organisa une cour suprême pour les causes qui intéressaient la confédération ; une limite fut tracée entre l'autorité centrale et celle des États particuliers ; tous les droits civils et politiques furent déterminés ; et le congrès de Vénézuéla couronna dignement son ouvrage , en abolissant la torture, en favorisant la civilisation des Indiens, et en assurant la suppression de la traite des noirs.

Le Et qui s'était formé dans la Nouvelle-Grenade entretenait avec celui de Vénézuéla d’intimes relations, et il suivait une marche semblable.

Après avoir proclamé l’indépendance , il adopta, le 27 novembre 1811, une constitution fédérale.

Au Mexique, la lutte la plus vive était engagée entre le parti espagnol et celui de l'émancipation. Hidalgo , ministre des autels , avait excité, au nom du Dieu des armées, l’enthousiasme des indépendants : protecteur des Indiens, ami des créoles, il les avait soulevés dans tout le nord du Mexique :' il tint la campagne pendant six mois, remporta plusieurs avantages, et, tombant enfin au pouvoir de ses ennemis le 21 mars 1811, il fut exécuté trois mois après, avec les principaux officiers qui partageaient sa captivité. Cepese les va es n’arrétèrent pas

es progrès de l’insurrection. La cause qui a des martyrs fait aussi des prosélytes; et d’autres hommes dévoués se

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mirent à la tête des indépendants.

L’impulsion donnée à toutes les contrées or eti qui entouraient le golfe du Mexique , s’étendait aussi aux provinces pis méridionales : le mouvement était général ; mais le choc des intérêts, l’ardeur des passions, la haine des partis devaient longtemps abandonner ces malheureuses régions aux déchirements de la guerre civile.

Quoique nous n’ayons point à nous occuper d’une suite de révolutions, étrangères au sujet de cet ouvrage, nous avons dû indiquer quelques-unes des causes qui les préparèrent; et nous ne pouvons méconnaître dans cette fermentation généralelesconséquences inévitables de l’indépendance des États- Unis. L'exemple de leur prospérité était offert au monde : les peuples qui couvraient l'Amérique du Sud avaient mesuré leurs forces ; ils voulurent s’affranchir à leur tour, et jouir du droit de se gouverner.

Les États-Unis, qui exerçaient alors un tel ascendant sur les destinées de l'Amérique espagnole, et:qui voyaient s'étendre autour d'eux la nature de leur gouvernement et de leurs institutions politiques, s'étaient néanmoins abstenus de prendre une part directe à ces grands changements; soit qu’il entrât dans leurs principes de laisser à chaque nation le soin de son propre sort, soit qu’ils eussent résolu de ne

oint enfreindre les traités de paix qui es unissaient à l'Espagne, ou que , pendant leurs dissensions avec l'Angleterre, ils ne voulussent pas s’engager dans d’autres embarras, et se distraire du soin de défendre leurs propres «droits. Ainsi, lorsque don Telesfore Oréa , envoyé de la junte de Caracas, vint, en 1810, solliciter les secours des ; États-Unis , le congrès refusa aux insurgés sa coopération, quoiqu'il pût désirer leurs succès, dans une carrière où lui-même les avait précédés.

S'ilétait disposé à reconnaître les chan- ‘gements établis, du moins il attendait que le temps les eût consacrés, et il prévoyait les résultats de ce mouvement irrésistible. D’autres peuples allaient s'élever à ses côtés; et, quoique

vs mm ve ©

la durée d’une génération se fût à peine écoulée depuis son indépendance, il allait devenir le plus ancien gouverne.

ment du nouveau monde.

Arrivés à la fin de 1811 , nous voyons se. dévelo devant nous ce grand spectacle d’émancipation; et les premiers conquérants de l’Amérique y perdent la domination qu'ils avaient exercée pendant plus de trois siècles ; d’autres États succèdent aux colonies:

leur lutte s'engage avec la métropole:

et ni les passions énergiques, ni la per.

sévérance ne leur manquent pour traverser cette crise orageuse, et pour conquérir enfin leur indépendance.

Ce résultat est le plus grand de ceux qui aient suivi la révolution des États-Unis. Leurs principes, leur exemple, leurs victoires devaient chan.

ger l’avenir du nouveau monde; et, le Jour où leur émancipation fut prodla.

mée, une voix se fit entendre dans :

toutes les régions méridionales de l'A.

mérique, pour leur prophétiser les mêmes destinées.

Le moment où elles commencent à s’accomplir termine une période his.

torique, assez mémorable , assez éten.

due, pour que nous nous soyons bornés à la parcourir, et pour que nous puissions la séparer du nouveau cercle des événements qui vont la suivre. Nous touchons d’ailleurs à une époque trop récente pour qu’elle puisse être com-

rise dans cet ouvrage. Les faits dont es acteurs et les témoins, vivent en.

core ne sont point assez éclaircis : il faut que l'opinion publique ait eu le temps de recueillir toutes les relations, de les comparer entre elles, et de re:

monter aux principes des actions humaines , pour qu’elles puissent être ap-

réciées avec justesse, et entrer dans es pages de l’histoire. Les noms obseurs n’y seront point inscrits ; et si les pRrAnnegee éminents doivent échapper à l’oubli qui efface et emporte tout ce qui est vulgaire, néanmoins la distribution des rangs et de la renommée ne peut pas se faire entre enx, avant que la tombe ait consacré leurs noms, que les passions qui les jugeaient se soient assoupies, et que la trace de leurs ser

n se fût à peine dépendance , il ncien gouvernede. , {1 , nous voyons nous ce grand ion; et les pree l'Amérique y n qu'ils avaient de trois siècles :

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