LIVRE SECOND
FOonDATION DES COLONIES DE LA Nouvarr.r- Anezzarznnz, pe Naw-Yonx, pu Manvy- LAND, DE LA CAROLINS &T DE LA Puan- SYLVANIE, RELATIONS AVEC LES COLONIES FRANÇAISES DU CANADA ET DE L'ACADIE AVEC LES IROQUOIS ET D'AUTRES TRIBUS AMÉRICAINES.
Nous avons pu rapprocher et comprendre dans un même tableau les différentes tribus américaines que la similitude de leur situation dans l’ordre social unissait par un grand nombre de rapports; mais nous ne pourrions point ainsi caractériser par des traits généraux les colons européens que se rendaient alors en Amérique.
i la nature semble imprimer un sceau uniforme sur l'enfance des nations, l’âge vient les modifier ensuite : elles se distinguent par leurs progrès intellectuels, et par des opinions, des croyances, des institutions qui leur sont propres. Les nombreux essaims
ui se detachèrent de nos sociétés pour lie des colonies dans le Nouveau- Monde, s’y divisaient en différents groupes, et chacun d’eux conserva la trace de son origine.
La compagnie de Plymouth, qui obtint de Jacques I“, en 1620, la concession de toutes les terres situées au nord des établissements de Virginie, entre le 40° et le 48° degré, y trans-
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rta successivement un pus nom- Pre d'hommes appartenant à tous les partis politiques ou religieux, et encore animés de cet esprit inquiet, indocile, intolérant, qui avait ébranlé en Europe jusqu'aux fondements de de la société. Il s’y trouvait des wighs et des toris, des anglicans, des puritains, des anabaptistes, d’autres religionnaires. On chercha d’abord à rassembler des hommes, quelles que fussent les nuances de leurs opinions; et comme l’Angleterre n’était point assez peuplée pour s’exposer à une émi M nombreuse, elle attirait les étrangers dans ses possessions nouvelles. Il s’y rendait des gens du Palatinat, du pays de Salzbourg, des autres contrées d'Allemagne et de Hollande, où les troubles publics et le malaise particulier relâchaient tous les liens qui attachent les hommes à leur sol natal et à leurs institutions.
Cesémigrants Appartonaiene aux différentes classes de la société : plusieurs transportaient leur fortune en Amérique, et allaient y fonder d’autres domaines; un plus grand nombre n’avaient pour bien que leur industrie, leur travail et leur courage : lesuns, pour défrayer le prix de leur passage, s'étaient engagés envers la compagnie de Plymouth à un service de plusieurs années; les autres étaient des exilés qui allaient subir teur peine et chercher un avenir plus favorable.
On peut remarquer, au nombre des remiers dissidents, autorisés à s’éta- Er dans la Nouvelle-Angleterre, les brownistes, qui s'étaient réfugiés en Hollande sous les derniers règnes, et que l’on regardait alors comme des sectaires enthousiastes, souvent ennemis de l'autorité. On avait continué de craindre l’exagération de leur zèle; ils n’étaient que tolérés dans leur exil, et ils y vivaient dans un état de nullité peu conforme à la fierté et à l’indépendance de leur caractère. L’Amérique leur ouvrit un autre refuge, et, aprés avoir obtenu de Jacques I‘ la permission d'exercer librement ieur culte dans la Nouvelle-Angleterre , ils frent un contrat avec la compagnie
de Plymouth, ee aller y former un établissement. Une première colonie de cent personnes arriva au cap Cod, le 9 novembre 1620, prolongea sa navigation vers l’ouest, et fonda sur le continent la ville de New-Plymouth, au fond d’une baie qui a retenu le même nom. La moitié de ce nombre. périt dans la première année : on divisa en piurs familles, ou messes , les haitants qui restaient, et quelques autres colons étant arrivés d'Angleterre, le nombre des messes fut porté à trente-deux. La ville où ils se fixèrent renfermait également trente-deux maisons : on lui donna un demi-mille de circuit; un fort fut construit au centre sur un terrain plus élevé, et l’on érigea une tour d'observation, d’où la sentinelle pouvait découvrir à plusieurs lieues en mer. Le nombre des colons s’accrut jusqu’à trois cents; et ils obtinrent, en 1630, une patente du conseil de Plymouth qui déterminait les limites de leur établissement.
Quelques tentatives avaient été faites, depuis 1621, pour fonder, plus au nord, d’autres colonies. Ces premiers essais ne réussirent pas; mais du moins ils firent reconnaître tous les rivages de la baie de Massachusett , et l’on put apprécier l'avantage de s’y établir. Des aventuriers du Ÿ incolr, shire, de Londres et du Dorsetshire, obtinrent du conseil de Plymouth la concession des terres qui s’étendent du nord au sud, entre le Mérimack et le Charles-river, dont l'embouchure est au fond de la baie. Les priviléges de cette compagnie furent confirmés par une patente royale : la communauté eut le droit de choisir son gouverneur, de faire les lois qui lui parattraient utiles à la colonie, et qui ne seraient pas contraires à celles d’Angleterre , et de jouir de la liberté de conscience. Le sceau de la colonie représentait un Indien portant une flèche de la main droite et un arc de la main gauche ; cette devise sortait de sa bouche : Venez et aidez-nous.
L'expédition formée par la compagnie de Plymouth se composait de six pavires qui avaient à bord trois cent