LIVRE TROISIÈME
PROGRÈS DES COLONIES DU CANADA: VOYA= GES DES MISSIONNAIRES; EXPÉDITIONS DE LA SALE DANS LA LOUISiANE: ASPECT GÉ- NÉRAL DE CETTE CONTRÉES INFLUENCE DE SA DÉCOUVERTE SUR LA SITUATION DES INDIENS; ÉVÉNEMENTS JUSQU'A LA PAIX DE RYS5WICK; EXPÉDITION D'IBERVILLE; SUITE DES ÉVÉNEMENTS JUSQU'A LA RUINE D&S NATCHEZ,
Les colonies anglaises, dont nous nous sommes a‘tachés à développer l’origine et les premiers accroissements, se prolongeaient sur le littoral de l’Atlantique ; et les possessions de la France, si‘uées plus au nord, n’avaient de cont'ct avec elles que vers l'Acadie et vers le bassin du fleuve Saint-Laurent. Le théâtre de leurs rivalités se trouvait borné à cette frontière. Mais bientôt les discussions des deux puissances eurent de nouveaux aliments, et l'attention de l'Angleterre s’éveilla sur l'agrandissement progressif des colonies françaises, lorsque, ne
s'arrétant plus au côté septentriona, des grands lacs, elles s'avoncèrent vers le midi, et vinrent à s'étendre jusqu’au golfe du Mexique.
Après avoir fondé la ville Mont- Réal dans une grande île du fleuve Saint-Laurent, vers laquelle on trouve les premiers rapides, connus sous le nom de Saut-de-Saint-Louis, les Français firent ériger, sur la rive méridionale du fleuve, le fort de Richelieu, situé à l’embouchure de la rivière des Iroquois : on avait en vue de contenir plus aisément cette nation sauvage ; et deux autres forts furent ensuite élevés, l'un près du lac Chambly, l'autre près du lac Champlain, pour en protéger les communications avec le Saint-Laurent. On avait surtout cherché à prolonger vers l’ouest les établissements français ; les cultivateurs, les négociants, les missionnaires se rendaient au nord des grands lacs, soit qu’ils y fussent plus favorablement accueillis par les Indiens, soit que la traite des pelleteries fût plus abondante sur ces rivages ; et l’on y avait établi des plantations, des factoreries, des habitations pour les naturels du pays, que l’on cherchait à attirer vers la vie sociale.
Afin de suivre paisiblement ces projets de colonisation, Courcelles, devenu gouverneur du Canada, s'était attaché à maintenir des relations amicales avec les Algonquins et les Ottoways, qui, depuis la ruine des Hurons, étaient les nations canadiennes les plus nombreuses et les plus renommées ; il voulut profiter de leurs bonnes dispositions et de leur influence sur les autres Indiens, pour étendre, avec leur adhésion, la souveraineté de la France sur les contrées occidentales. Nicolas
Perrot, voyageur instruit, qui connais- |
sait les principales langues du Canada, arcourut les cantonnements des diférentes tribus, pour les déterminer à envoyer des députés au Saut-de-Sainte- Marie, où un représentant du roi de France devait se trouver également.
La chute d’eau d'où ce lieu emprunte son nom se rencontre au milieu du détroit qui sépare le lac Huron du lac
Supérieur, a laent établisseme Les dép du nord se ils étaient du gouvern son envoyé connussent grand-chef, sa protectio fut interpré avec acclar vant les usa des présents l'engageme ter les diffé surmontée « érigée au md de possessio gion chrétie La facilité canadiennes de se mettr rois de Fran été habituel!
relations ave verneurs du ( magny, Co ces peuplade par de bons vent portés :
mêlés : le F mœurs ; et pe caractère, le ses Nm pique uelle il se pi dons de ae naître entre d'intimité :
rapprocheme encore plus « Pour attir pour mieux c et pour les p on employa, « verte, le seco l'on en joigni expéditions q régions de l< Dablon, Mesr pin, se signa et par leur z carrière héris
Supérieur, et cette situation fait juger de l'étendue qu'avait alors la ligne des établissements français.
Les députés de toutes les nations du nord se rendirent à cette réunion :
ils étaient disposés à déférer aux vœux du gouverneur du Canada ; et lorsque son envoyé leur demanda qu'ils reconnussent le roi de France pour leur grand-chef, et qu'ils se missent sous sa protection, cette demande, qui leur fut interprétée en al onquin, fut reçue avec acclamation. On confirma, suivant les usages de ces nations et par des présents faits de part et d'autre, l'engagement que venaient de contracter les différentes tribus, et une croix, surmontée des armes de France, fut érigée au même lieu. C'était une prise de possession, faite au nom de la religion chrétienne et de la couronne.
La facilité avec laquelle les nations canadiennes adhérèrent à l'invitation de se mettre sous la protection des rois de France, prouve qu’elles avaient été habituellement satisfaites de leurs relations avec les Français. Les gouverneurs du Canada, Champlain, Montmagny, Courcelles, avaient ménagé ces peuplades, les avaient assistées par de bons offices, et s'étaient souvent portés médiateurs dans leurs démélés : le Français se pliait à leurs mœurs ; et peut-être la vivacité de son caractère, le libre essor qu’il donne à ses sentiments, la flexibilité avec laquelle il se prête aux différentes situations de la vie, contribuaient à faire naître entre les deux nations plus d'intimité : mais d’autres causes de rapprochement eurent une influence encore plus sensible.
Pour attirer les tribus sauvages, pour mieux connaître leurs habitudes, et pour les préparer à la civilisation, on employa, dès l’époque de la découverte, le secours des missionnaires, et lon en joignit plusieurs aux premières expéditions qui furent faites dans les régions de l’ouest. Les PP. Allouez, Dablon, Mesnard, Marquette, Hennepin, se signalèrent par leurs travaux et par leur zèle apostolique, dans une carrière hérissée de tant d’écueils. Fé-
nélon fit chez les sauvages du lac Ontario les premiers essais de cette M em persuasivé que les nations policées devaient admirer un jour.
Les missionnaires étaient des ecclésiastiques ou des religieux désignés par leurs évêques ou par les chefs de leur ordre. Souvent ils ne se seraient as décidés volontairement à des foncions si pénibles ; mais ils les accomplissaient par piété, par dévouement, et comme un soldat obéit avec courage à l’ordre qu'il a recu.
D'abord ils cherchèrent à connaître les hommes simples qu’ils voulaient éclairer ; ils s’efforcèrent d'apprendre leur langue , et allèrent habiter au milieu d'eux. L’ascendant que donne la supériorité de la raison, entre des hommes qui se rot et qui peuvent commencer à se comprendre, était le seul moyen dont ils pussent faire usage : ils surent l’employer avec succès. Les plus habiles d’entre eux évitaient les questions de dogme afin d'être mieux compris. En s'adressant plutôt au cœur qu’à l'intelligence, ils avaient moins d'intervalle à franchir ; et pour mieux persuader l’homme simple, tel que la nature l'a fait, ils se tenaient plus à sa portée. Leurs soins paternels, la sagesse de leurs conseils et l’autorité de leurs exemples leur faisaient acquérir un puissant empire sur ces peuples sauvages ; ils cherchaient à les éloigner des pratiques cruelles et superstitieuses ; ils fortifiaient au milieu d’eux les liens de famille que la nature avait déja formés, et ils leur inspiraient le goût du travail et celui d'une vie plus sédentaire, sans laquelle il ne peut pas y avoir de société durable.
La religion catholique fut la première que l’on prêcha aux Indiens du Canada. Leurs tribus ont conservé long-temps, avec un sentiment de respect, le souvenir des missionnaires qui vinrent s'établir dans leur contrée.
Ils les É Efert les hommes de la prière ; ils les croyaient en communication avec le grand Esprit, et leur attribuaient le pouvoir de faire des enchantements. Leur célibat était regardé
comme une difficile vertu : il les faisait paraître plus détachés du monde, et comme supérieurs aux autres hommes.
Dans ces missions religieuses et sociales, on ne pouvait réussir que par une piété douce et par la pureté de la morale. Rien n’était préparé pour ces
remiers apôtres ; il fallait chercher
s sauvages dans les forêts, suivre leurs pénibles chasses, parcourir les rivières dans leurs canots, vivre sous les mêmes huttes, et s’exposer comme eux à toutes les rigueurs de la misère.
Les missionnaires. en s’avançant au milieu des Indiens, v faisaient rénétrer de proche en proche les priucipes de la morale. S'ils quittaient une tribu, ils lui prescrivaient quelques devoirs à suivre, jusqu’au temps où ils pourraient revenir auprès d’elle, pour observer ses progrès naissants et pour l’instruire davantage. Ils voyageaient d’une station à l’autre, et semaient de bonnes œuvres, afin de remplir dignement les fonctions dont ils étaient revétus.
Quelle récompense ces hommes pieux obtenaient-ils pour tant de privations et de fatigues ? Ils ne pouvaient la chercher dans le monde, et ce prix était d’un ordre plus élevé ; ils le trouvaient dans leur conscience, dans l’accomp!issement des devoirs qu'ils s'étaient imposés, et dans l'idée d’un Dieu rémunérateur. Ils vivaient dans l’humilité, passaient sur la terre sans être aperçus, faisaient modestement le bien, et préparaient au saivage un meilleur avenir. Un missionnaire, accompagnont quelques familles indiennes qui abandonnaient leur pays ravagé par les Iroquois et qui allaient chercher un autre établissement, écrivait à son supérieur : « Notre convoi « est composé de soixante personnes, « hommes, femmes ou enfants; tous « sont d’une langueur extrême. Quant « aux provisions, elles sont entre les « mains de celui qui nourrit les oi- « seaux du ciel. Je pars chargé de mes « péchés et de ma misère, et j'ai grand « besoin qu’on prie pour mi. »
Quels que fussent les efforts et la
constance du zèle des missionnaires, ils avaient de grandes difficultés à vaincre. Si leurs discours entraînaient quete Indiens, cette conversion tait souvent passagère, et les néophytes leur étaient enlevés par l'empire des habitudes et par l’emportement des pue qui n’ont aucun frein dans ’état sauvage. « Puisque nous habi- « tons, disaïent-ils, un. monde diffé- « rent du vôtre, nous devons avoir un « autre paradis, et un autre chemin « pour y parvenir. » La hutte d’un vieillard indien avait pris feu, et il répondit au missionnaire qui cherchait inutilement à le convertir et qui voulait le retirer des flammes : « Si je suis « condamné au feu éternel après ma « mort, il ne vaut pas la peine de l’é- « teindre aujourd'hui. » Changer les croyances et les traditions des sauvages était difficile ; ils devenaient rarement chrétiens, mais on avait du moins l'espoir d’en faire des hommes.
L’entrevue que les Français venaient d’avoir au Saut-de-Sainte-Marie avec les députés des nations c'inadiennes donnalieu à l’établissemer.{de plusieurs autres missions. Ii s’en forma dans l’île et sur la côte de Michillimackinac, situées entre les lacs Huron et Michigan ; on parcourut les eaux de ce “2rnier lac et de la Baïe-Verte, et des missionnaires furent envoyés sur leurs rivages, où les Miamis avaient plusieurs tribus.
En s'étendant ainsi vers l’ouest, on acquérait des notions sur des pays plus éloignés, et l'on äpprit, par les rapports des Indiens, l’existence d’un grand fleuve, auquel ils donnaient le nom de Méchassebé. Deux hommes courageux et éclairés entreprirent d’aller reconnaître cette rivière et les contrées qu’elle arrose; l’un était le P. Marquette , récollet missionnaire, l’autre etait Joliet , de Picardie, négociant établi au Canada. Tous deux connaissaient ies mœurs des Indiens e* #vaient appris la langue de quelques trivus. Ils s’enbarquèrent sur le lac Michigan, gagnèrent la Baïie-Verte ct remontèrent la rivière des Outagamis ou des Renards, près de laquelle était une
uplade d archi uné
sépare les l’ouest, ils dont ils su teignirent | Quatre Ind ans ce vo des eaux, € mage, des brillantes f] Ce fleuve € sauvages.
forêts, il inonde; et enfle ses € impétuosité lui rendent crainte ; ils puissance 1 toute force Les deux traient alor rière de déc d’un zèle re conquérir p présentait pourrait ob contrée nou toute sa m et multiplia que l'on s’:
n’apercevait nada, ces fo qui n'ont d elles étaien rairies, le:
erbages, ll des vallons, saient des sycomores ; réunis en descendant reconnuren:
celle de l'Of ils terminèr provisions « quer. Ils re; l'Illinois, et cette rivièr teurs qui | gon. Le P.
chez les M es, et Jo
onnaires, ficuités à traîfnaient onversion les néor l'empire ement des rein dans ous habiide difféavoir un e chemin utte d’un eu, et il cherchait ; qui vou- Si je suis après ma ne de l’é à anger les Æ es sauvaient rareavait du hommes. s venaient arie avec À jadiennes
>, et des sur leurs plusieurs
evaient ibus. Ils ichigan ,
uplade du même nom. Après avoir ranchi une chaîne de hauteurs qui sépare les versants de l’est et de l'ouest, ils arrivèrent au Wisconsin dont ils suivirent le cours, et ils atteignirent le Mississipi, le 17 juin 1673.
gere Indiens qui les accompagnaient ans ce voyage Saluèrent alors le Père des eaux, en lui offrant, à titre d’hommage, des flèches, des calumets, de brillantes fleurs et des épis de maïs.
Ce fleuve est en vénération chez les sauvages. Il baigne le pied de leurs forêts, il fertilise les champs qu’il inonde; et quand il s'irrite, quand il enfle ses eaux et qu’il heurte avec impétuosité ses rivages, les Indiens lui rendent encore un culte mêlé de crainte; ils le révèrent cominc une puissance invincible , devant laquelle toute force humaine doit s’abaisser.
Les deux voyageurs français entraient alors dans une glorieuse carrière de découvertes : l’un, tout animé d’un zèle religieux , voyait des ames à conquérir pour le ciel; l'autre se représentait les avantages que la France pourrait obtenir de l'acquisition d’une contrée nouvelle qui s’offrait à lui dans toute sa magnificence, et qui variait et multipliait ses richesses à mesure que l’on s’avançait vers le midi. On n’apercevait plus, comme dans le Canada, ces forêts immenses et continues qui n'ont de limites qu’à l’horizon :
elles étaient coupées par de vastes rairies, les unes couvertes de hauts erbages, les autres formant d’humides vallons, au milieu desquels croissaient des jones, des peupliers, des sycomores, tantôt dispersés, tantôt réunis en différents groupes. En descendant le fleuve, les voyageurs reconnurent l'entrée du Missouri, celle de l'Ohio, celle de l’Arkansas, où ils terminèrent leurs découvertes. Les provisions commençaient à leur manquer. Ils regagnèrent l'embouchure de l'Illinois, et remontèrent le cours de cette rivière jusqu’au pied des hauteurs qui la séparent du lac Michi- £on. Le P. Marquette alla reprendre chez les Miamis ses travaux apostolies, et Joliet vint rendre compte au
ouverneur du Canada des résultats e ce voyage.
Cavelier de la Sale, né à Rouen, se trouvait alors à Mont-Réal, où il avait formé un établissement de culture et de commerce. Il avait fait plusieurs excursions chez les sauvages, était doué de courage et de constance, avait un génie actif, exercé, fécond en ex-
édients, et désirait attacher son nom a d'importantes découvertes. Son zèle lui fit entreprendre celle des bouches du Mississipi ; et après avoir fait part de son projet au comte de Frontenac, alors gouverneur du Canada, il se rendit en France pour en préparer l'exécution. La sage politique de Colbert protégeait d'une manière éclairée le commerce et la navigation ; elle avait donné à l'administration publique une impulsion salutaire, et il était facile d’intéresser Louis XIV à toutes les entreprises qui avaient de la grandeur. Ce monarque fit mettre à la disposition de la Sale le navire , les hommes, les approvisionnements qu’il désirait. Le chevalier de Tonti, brave officier, qui avait honorablement servi en Sicile, lui fut associé, et tous deux partirent de la Rochelle le 14 juillet 1678. Ils arrivèrent à Québec et remontèrent jusqu’au lac Ontario, où la Sale fit mettre en état le fort de Frontenac dont le roi lui avait accordé le commandement. C'était un poste avancé, destiné à couvrir ses opérations ultérieures, et un lieu d’entrepôt pour le commerce à établir avec les nouvelles régions qu’il allait reconnaître. Il fit construire sur l’Ontario un léger navire, parcourut ce lac dans toute sa longueur, érigea un second fort à l’autre extrémité, et multiplia ses relations avec les peuplades voisines, surtout avec les Sénécas, tandis que l’on construisait sur le lac Érié un autre navire, destiné à prolonger vers l’ouest la ligne de navigation qu'il venait d'ouvrir. Au mois d'août 1679, la Sale s’embarqua sur l'Érié avec quarante hommes, au nombre desquels se trouvait le P. Hennepin ; il gagna le détroit qui le séparait du lac Huron, parcourut ce nou-
veau bassin, et se rendit sur la côte de Michillimackinac, d’où il pénétra dans le lac Michigan. Après avoir reconnu la Baie-Verte, on poursuivit la navigation vers le sud, jusqu’à l’entrée de la rivière de Saint-Joseph. La Sale y fit ériger un fort; et lorsque Tonti l’eut rejoint avec le reste des hommes de son expédition, il remonta le cours de cette rivière et traversa les hauteurs qui le séparaient de l’une des deux branches de lIllinois. Cette route, différente de celle que le P.
Marquette avait suivie, ouvrait aux voyageurs les contrées les plus fertiles.
La Sale pénétra dans les belles vallées que l'Illinois parcourt; il éleva sur ses rives le fort Crèvecœur, établit des communications amicales avec les Indiens, commença la traite des pelleteries dont le privilége exclusif lui était accordé, et fit entreprendre un voyage vers le Haut-Mississipi, avant d’en parcourir lui-même les vallées inférieures. Son but était de bien connaître les régions voisines des grands lacs, d'en multiplier les relations avec le Canada , d’organiser entre les deux pays un commerce facile et régulier.
La conservation de ses découvertes devenait plus assurée, si on pouvait les lier ainsi par un grand nombre de points aux contrées déja ccanues.
Ces projets furent secondés avec zèle par le P. Hennepin, et le 18 février 1680, ce missionnaire s’embarqua dans un canot d’écorce avec deux autres Français; il gagna l'entrée de l'Illinois , remonta Île Mississipi, et reconnut successivement l'embouchure de ses principaux affluents : ceux de l’est sont le Wisconsin , le Chippeway et la rivière de Sainte-Croix ; ceux de l’ouest sont la rivière Moingona et celle de Saint-Pierre. Un peu plus loin, sa navigation fut interrompue par une cataracte de dix-sept pieds de hauteur, qui occupe toute la largeur du fleuve :
elle reçut le nom de Saut de Saint- :ntoine. Il fallut alors transporter le canot d’écorce dans le lit supérieur du Mississipi; et en naviguant plus au nord on rencontra la rivière Saint- François, que l’on remonta jusqu’au
lac Issati où elle prend sa source. Ces contrées étaient alors occupées par les Sioux, et les trois voyageurs devinrent leurs prisonniers ; mais ils n’en éprouvèrent aucun mauvais traitement; ils furent même adoptés par trois chefs de guerre qui avaient perdu leurs fils; et pendant plusieurs mois ils les suivirent dans leurs chasses et leurs navigations. Remis enfin en liberté, ils descendirent le Mississipi jusqu’au Wisconsin, remontèrent cette rivière, gagnèrent par un portage celle d’Outagamis qui les conduisit jusqu’à la Baie-Verte, et se rendirent à: Michillimackinac, d’où ils reviurent à Mont- Réal.
L'établissement que La Saie avait commencé chez les Illinois se trouvait encore contrarié par la guerre qui avait éclaté entre eux et les Iroauois. Les deux nations n'étaient plus séparées l’une de l’autre par celle des Ériés que les Iroquois avaient détruite, et ceuxci étaient devenus plus redoutables et plus orgueilleux depuis cette victoire :
ils ravagèrent le pays des Illinois, leur enlevèrent huit cents prisonniers, et détachèrent de leur alliance les Miamis, déja prêts à leur porter des secours. Ces hostilités menäçaient les Français eux-mêmes, qui . ‘aient habituellement à se défier des dispositions des Iroquois; et pour se mettre à l'abri de leurs incursions, La Sale fit ériger le fort Saint-Louis, sur un rocher de deux cents pieds de hauteur, qui dominait le cours de l'Illinois. Ces travaux, et les voyages qu’il fallut fai e en Canada pour obtenir des levées d'hommes et des moyens de défense, l’occupèrent une annéeentière : il s’embarqua ensuite avec une escorte sur un bâtiment qu'il avait fait construire, et arriva sur le Mississipi le 2 février 1682. En descendant le fleuve il parvint à l'embouchure de l’Arkansas, où il fit un acte solennel de prise de possession; il poursuivit jusqu’au golfe du Mexique le cours de sa navigation, et le nom de Louisiane fut donné aux vastes contrées qu’arrose le Mississipi.
Les lacs Itasca et Ossowa, principales sources de ce grand fleuve, sont
situés dan qui se prol et les mont pare les ve midi. Ces de quinze eaux de la niveau, ré du fleuve, moyenne dé les eaux ne ar heure d jusqu’à l'enf étuosité d euve imp un mouvent plaines qu’i son cours, en distance qui paraisse placé sur le ue les extrd forts, prolo montagnes teurs, désig semblent € fleuve comir liaires entre nuosités : le ment de l’u:
serpentant à accunule st quantité de Le Missis breux afflue deux grande qui bornent immense val d'Alléghanis de Cordillièr grand des fl tribut : ses & tagnes rach:
vées que les Mississipi. C du sol dans ( mesure qu’O occupent le prairies s’él elles sont é Missouri p terres incli quelles il re:
La rivière
Jurce. Ces es par les devinrent en éprounent; ils rois chefs leurs fils; s les suileurs naberté, ils jusqu’au e rivière, elle d’Oujusqu’à la à Michil.
t à Mont-
sale avait e trouvait > qui avait uois. Les
séparées
riés que , et ceuxatables et victoire :
1ois, leur iniers, et
ent habipositions
uire, et février
situés dans cette chaîne de hauteurs qui se prolonge entre le lac Supérieur et les montagnes rocheuses, et qui sépare les versants du nord et ceux du midi. Ces sources ne sont élevées que de quinze cents pieds au-dessus des eaux de la mer, et cette différence de niveau, répartie sur toute la longueur du fleuve, ne donne pas une pente moyenne de six pouces par mille. Aussi les eaux ne parcourent que deux milles ar heure depuis le Saut-Saint-Antoine jusqu’à l'entrée du Missouri; mais l’imétuosité du courant de ce: dernier euve imprime à celui du Mississipi un mouvement plus rapide. Les vastes plaines qu’il parcourt, en continuant son cours, sont coupées de distance en distance par des hauteurs coniques qui paraissent isolées pour le voyageur placé sur le fleuve, mais qui ne sont ue les extrémités d'autant de contreforts, prolongés jusqu'aux chaînes de montagnes plus éloignées. Ces hauteurs, désignées sous le nom de blufs, semblent érigées de chaque côté du fleuve comme de grandes bornes milaires entre lesquelles il décrit ses sinuosités : le courant se porte obliquement de l’une à l’autre limite, et en serpentant dans cette large vallée, il accunule sur ses bords une grande quantité de limon.
Le Mississipi reçoit, par ses nombreux affluents, toutes les eaux des deux grandes chaînes de montagnes qui bornent de part et d'autre cette immense vallée, à lorient sous le nom d'Alléghanis, à l'occident sous celui de Cordillières. Le Missouri est le plus grand des fleuves qui hui portent leur tribut : ses sources dérivent des montagnes rocheuses, beaucoup plus élevées que les plateaux originaires du Mississipi. On est frappé de la stérilité du sol dans ces hautes régions; mais à mesure qu’on s’en éloigne les forêts occupent les deux rives; de vastes prairies s'étendent dans l’intérieur :
elles sont émaillées de fleurs; et le Missouri parcourt rapidement ces terres inclinées, à l'extrémité desquelles il rencontre le Mississipi.
La rivière Blanche, l’Arkansas, la
rivière Rouge, beaucoup moins lon-
ues que le Missouri, mais prenant eurs sources dans de hautes montagnes qui tiennent à la grande chaîne des Cordillières, précipitent également leurs eaux à travers de longues valiées, et les terres qu’elles tiennent en dissolution et qui en changent la couleur, sont portées au Mississipi et vont se déposer sur ses bords. Toute la basse Louisiane est formée de ces terres d’alluvion : en creusant légèrement le sol on rencontre l’eau, et l’on trouve, en le creusant davantage, des couches d’arbres entiers qui paraissent avoir été anciennement roulés par les ondes. Le lit du fleuve est souvent chargé de ce genre de dépouilles : d’immenses forêts bordaient une grande partie de son cours, dans le temps où où le découvrit; des arbres nombreux y avaient été renversés par les vents ; d’autres tombaient de vétusté ou étaient entraînés avec leurs racines par les eaux qui rongeaient le rivage.
Ces débris flottants parcouraient le fleuve, dont ils suivaie it la pente, st s’ils rencontraient quelque obstacle ils s’arrêtaient; les uns pénétraient dans la vase, où ils s’enfonçaient comme:
des pilotis, les autres s’y engageaierit par l'extrémité de leurs rameaux renversés, et découvraient leurs racines dressées vers la surface. Les tiges retenues dans la terre par ces branches chevelues et flexibles, conservaient leur mobilité, ét formaient autant d’écueils qui se balançaient sur les eaux; la navigation était embarrassée par ces débris, généralement connus sous le nom de snags , de planters ; et ceux qui arrivaient jusqu’à l’emb. . chure du Mississipi déposaient sur ses bords de longs amas de bois entrelacés, qui aidaient à retenir le limon du fleuve, et prolongeaient vers la mer la pointe de ses rivages.
Cette action continue des eaux est encore plus sensible dans la rivière Rouge. Les arbres des forêts voisines, déracinés et en‘:aînés dans son lit, s’y sont tellement amoncelés qu’ils en ont occupé toute !a largeur; ils se sont même liés les uns aux autres, ils se
sont rattachés aux deux rivages, et après avoir formé sur ce fleuve une espèce de radeau, ils ont intercepté et retenu les autres arbres successivement amenés par les eaux supérieures.
Cette digue flottante, qui porte le nom de raft, et dont les dimensions se sont agrandies chaque année, pendant le cours des siècles, a usurpé et recouvert la surface de la rivière Rouge, dans une longueur de plusieurs milles :
elle ne tient à la terre que par les deux côtés qui touchent le rivage, et le fleuve, sur les eaux duquel elle est suspendue, poursuit obscurément son cours, comme S'il était emprisonné dans un immense aquéduc. La plateforme qui le recouvre semble même avoir changé de nature; tous ces arbres renversés, confondus entre eux, et décomposés par le temps, ont produit une QUES de terre végétale et féconde, où les vents ont semé des graines, où d’autres arbres ont pris naissance, où les principes de la vie sont encore développés par l'humidité.
De tels phénomènes nous ont paru dignes d’être rappelés; is caractérisent l'état sauvage où ces régions ont été plongées ; l’industrie humaine doit y passer encore; et quand le travail aura défriché ces rivages et les aura proté-
és par des digues propres à prévenir
e nouvelles dévastations, ces arbres floitants, 1eurs uébris, leurs écueils cesseront d’entraver la navigation de différents fleuves où doivent un jour affluer tant de richesses.
En remontant le Mississipi et l’Illinois pour revenir dans le Canada, les Français purent se rendre compte des ressources que la Louisiane devait offrir au commerce, à la culture, à la navigation. L’étendue et la beauté des forêts les avaient frappés; ils trouvaient , depuis l'enibéeebune du grand fleuve jusqu’à l’Arkansas, de nombreuses cyprières dont les arbres, s’élevant en colonnes droites de pius de quatre-vingts pieds , projetaient horizontalement leurs branches; les pins de la même région étaient fermes, élastiques, favorables à la mâture; les chênes verts de la basse Louisiane
étaient propres à toutes les constructions. On de chênes inconnues en Europe; l’érable à sucre prospérait dans les régions moyennes; le sycomore était le
lus grand arbre des forêts de l’ouest; il y atteint quelquefois des proportions gigantesques, et son tronc « jusqu’à
ouze pieds de diamètre : il aime une terre humide, et s’élève le long des courants d’eau, où il abreuve ses racines. Souvent le cœur de l'arbre se décompose et se creuse, mais la vie qui lui reste se développe encore sous son écorce et dans les couches du liber; la sève y circule avec abondance; et cette énorme tige, mutilée par le temps, ne se dépouille pas de ses rameaux étendus et de son vert feuillage.
On put reconnaître que la Louisiane produisait beaucoup d’arbres fruitiers, à pepins, à pulpe, à noyaux ; qu’elle avait dans ses contrées méridionales des orangers, des oliviers, des palmiers, des bananiers; que toutes les planies d'Europe pouvaient trouver dans ses régions "lus élevées des températures et des expositions convenables. La folle-avoine, que les voyageurs remarquèrent des toutes les prairiés supérieures , était recherchée par les troupcaux sauvages: les chasseurs indiens y trouvaient eux-mêmes un supplément de subsistances ; et le nom de cette plante devint celui d’une nation chez laquelle on en avait observé l’usage : cette nation est celle des Ménoménies , qui a continué d’occuper une partie d°s territoires situés entre le lac Supérieur et le Michigan.
La connaissance des principales espèces d'animaux intéressait La Sale d'autant plus vivement, qu'il s'était particulièrement oceupé de la traite des pelleteries; M avait fait de nombreux envois de fourrures dans le Canada; et ce genre de commerce assu-
rait d'importants bénéfices, dans un temps où les colomies européennes n'cccupaientencoreque quelques lignes
de territoire, et où les immenses forêts du Nouveau-Monde offraient à leurs hôtes d’innombrabies abris.
écouvrait d’autres variétés
Le wa de cerfs, mées, pal plaines de pèce d’éla développée les à peuplades aux bords habitation sur l’eau e nard , le c les mêmes mélaient cougouar, et le lion, l’analogie, plus sauvag
L'animal qu généra alo, qui nom de b forte et so larges nas courtes, lég sa poitrine crinière ; ses il est faro nombreuses répandues € versa; part et l’homme plier sous le en saciété; fois jusqu'a tre cents, ( vant la sais hiver des ré rages sont « herbages or teur ; 11s y p tie de l’anné les ardeurs dont ces pr Comme ils sentiers qu'i des autres :
contre des e traversent à lacs (voy. pi
C'est surts la chasse de S'asenhé si du péturage
6" fra
1strucariétés e; l’éles réétait le ouest; rtions jusqu’à se une ng des ses rarbre se la vie "€ SOUS du lidance; par le ses ra- ; feuil-
uisiane uitiers, qu’elle ionales es paltes les trouver es tem-
é d’oc-
Le wap , les différentes races de cerfs, à cornes branchues ou palmées, parcouraient les vallées et les plaines de la Louisiane; l’orignal, espèce d’élan dont la ramure est trèsdéveloppée, se trouvait surtout dans les contrées du nord ; d: nombreuses peuplades de castors d construisaient aux bords des lacs et des rivières leurs habitations, ayant une double issue sur l’eau et sur la terre; l’ours, le renard , le chevreuil, habitants nomades les mêmes vallées, s’y égaraient, s’y mélaient confusément ; l’ocelot, le cougouar , moins forts que la panthère et le lion, avec lesquels ils ont de l’analogie, cherchaient les antres les plus sauvages (voy. pl. 27).
L'animal le plus remarquable et le lus généralement connu était le buf- Hilo, i fut d’abord désigné sous le nom de bœuf illinois. Sa tête est forte et son regard sauvage; il a de larges naseaux, des cornes solides, courtes, légèrement arquées; son cou, sa poitrine sont revêtus d’une épaisse crinière; ses habitudes sont frugivores; il est farouche, mais inoffensif. De nombreuses troupes de buffalos étaient répandues dans les pays que l’on traversa; partout ils étaient restés libres, et l’homme n'avait pas cssayé de les plier sous le joug. Ces animaux vivent en société; ils s’assemblent quelquefois jusqu’au nombre de trois à quatre cents, changent de contrée suivant la saison, et se rapprochent en hiver des régions du sud. Leurs pâturages sont ces vastes prairies dont les herbages on cinq à six pieds de hauteur ; ils y passent la plus grande partie de l’année, et se retirent, pendant les ardeurs du jour, dans les forêts dont ces prairies sont entrecoupées.
Comme ils voyagent ensemble, les sentiers qu'its suivent à la file les uns des autres sont bien frayés; la rencontre des eaux ne les arrête point: ils traversent à la nage les rivières et les lacs (voy. pl. 28).
C'est surtout en automne que se fait la chasse des buffalos. Les sauvages s'assenilent en grand nombre autour du péturage qu'occupe un troupeau :
on met le feu aux herbes les plus voisines de l’enceinte; mais quelques pasue restent libres , et des hommes armés d’arcs et de flèches s’y tiennent en embuscade pour surprendre les bêtes fauves qui, en voulant éviter la flamme, s’exposent à ce nouveau péril.
L’habitude d’incendier les prairies a fait reconnaître aux Indiens que cet usage, Et tous les ans, était ropre à favoriser la pousse d’une verbe plus tendre et plus substantielle, en nettoyant la terre et en la couvrant d’une légère couche de cendre. Aussi la même coutume s’est généralement répandue dans toutes les plaines : elle conserve aux animaux des pâturages toujours abondants ; et l’art de brûler ces plantes annuelles, en limitant à son gré l'étendue de cette dévastation, est bien connu des sauvages. Ils attachent le feu à l’extrémité d’une prairie, et sur un grand nombre de points à la fois, de manière à y former une longue traînée deflamme, qui s’avance plus ou moins rapidement en brûlant de proche en prochetous ies herbages; ses progrès s'étendent aussi long-temps qu’elle trouve un alimrnt; et si l’on craint qu’elle n’atteigne d’autres pâturages qu’on voudrait tenir encore en réserve, on lui oppose une force semblable en allumant à l’autre extrémité un nouvel incendie. Les deux lignesde feu se rapprochent en s’avançant ; tout ce qui les séparait se consume , et ce double embrasement s'éteint à la fois sur les derniers herbagesqu’iladévorés Les observations que La Sale fut À portée de recueillir sur les régions u’il avait découvertes et sur la direction générale de leursfleuves, lui firent reconnaître qu’il fallait faire de l’embouchure du Mississipi la principale entrée de la Louisiane, et qu’en arrivant dans cette colonie par le golfe du Mexique, on lui assurerait des communications plus directes avec la métropole. Le projet de tenter cette expédition maritime fut suivi avec activité. La Sale, revenu à Québec, fit un voyage en France, où ses propositions furent accueillies , et il obtint du roi l'équipement de quatre vaisseaux,
6 f#raison. (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE.) 6
prairies, et où les ressources de la
sur lesquels on embarqua deux cent uatre-vingts personnes destinées à {ormer un premier établissement. Ce nombre sé composait de soldats, de cultivateurs, d'ouvriers, et de quelques jeunès femmes, première espérance de durér pour la colonie. L’escadre était commandée par Beaujeu, comme lexpédition de terre devait l'être par La Sale, et la mésintellipris qui éclata entre les deux chefs evint funeste à cette entreprise. On était arrivé, le 28 décembre 1684, dans les parages qu’il tallait explorer; mais on croyait que les courants du golfe avaient fait dériver vers l’est, et ue l’on n’était parvenu qu’à la baie ’Apalache. Dans cette persuasion , on cingla long-temps vers le sud-ouest, pour chercher l’embouchure du Mississipi, sans s’arrête: à quelques indices qui auraient pu la faire reconnaître si on ne s’en était pas cru encore éloigné et si l’on eût rangé la côte de plus p-#. Lorsque La Sale, soupçonnant enfin son erreur, v-ulut rétrograder , le commandant de l’escadre ne partagea point son opinion, et il s'obstina à poursuivre sa navigation vers l’occident, jusqu’à l’entrée de la baie de Saint-Bernaid, où l’on débarqua les homunes de l’expédition et une partie des munitions de guerre qui leur étaient destinées.
Dansses premières communications avec les sauvages, La Sale reconnut les habitudes, les traits, les armes, la forme des canots qu’il avait remarqués plusieurs années auparavant lorsqu’il descendait le Mississipi. Ces analogies lui firent présumer qu’il n’en était pas très-loin; mais il ne lui restait aucun moyen de s’y rendre par mer, car le seul bâtiment qu’on lui eût laissé avant de ramener les autres en France, avait été brisé sur la côte par une tempête: il neput doncdiriger ses recherches que dens l'intérieur de la contrée, et 11 songea d’abord à s’y établir. Deux forts furent construits successivement , l’un à l’entrée de la baie, l'autre à deux lieues dans les terres, près de la Rivière-aux-Bœufs, sur un coteau d'où l'on découvrait de vastes
chasse et de la pêche étaient abondantes. Le premier fort ne fut occupé que pendant quelques mois, et La Sale réunit dans le second tous les hommes qui lui restaient : il en avait déja perdu un grand nombre par l'effet des maladies ou de la désertion, et dans quelques engagements avec les sauvages.
Une autre expédition avait été concertée avec celle de La Sale, et tandis qu’il pénétrait dans la Louisiane
ar les côtes du golfe du Mexique,
onti quittait la contrée des Illinois et descendait le Mississipi jusqu’à son cnbouchure, dans l'espérance de se réunir à lui. Il lPattendit pendant quelques mois, et après avoir fait côtoyer les rivage: du golfe par deux canots uf les visitérent jusqu’à trente lieues e distance, il remonta le fleuve et revint au fort Crèvecœur , d’où il était arti. Quelques-uns des hommes qui ’accompagnaient se séparèrent de lui; les uns se rendirent chez les Cenis , les autres chez les Arkansas, et les différents lieux où ils se fixèrent devinrent le berceau de plusieurs établissements français.
La Sale, abandonné à ses seules ressources, se maintint pendant deux ans sur la côte inhospitalière où il avait abordé. Les Indiens y étaient plus farouches que dans l’intérieur ; il lut souvent exposé à leurs agressions.
Il tenta quelques essais de cultureque la sécheresse fit avorter, et d’autres plantations furent ravagées par les bétes fauves. 11 fallut vivre de chasse ou des fruits spontanés de la terre. Les besoins de la colonie s’accrurent; la misère y excita le mécontentement, et La Sale, au lieu de ramener les esprits, ne songeaqu’à se faire craindre,
Supérieur à toutes les fatigues , il fit de pénibles voyages pour reconnaitre les contrées voisines, visiter tous les rivages de la baie de Saint-Bernard, et chercher le cours du Mississipi. Sa première expédition, dans laquelle il découvrit la rivière aux Cannes, le Rio-Colorado , la Sablonnière, la Maie , dura plus de cinq mois. Il en fit une seconde dans l'espérance de
prolonge dans cha moitié dé Tant de taient les décroissa tait plus ersonne orsque de seize le pays d pas en un chasser p ns iens de I pouvaient chef de l veux s'ét contre qué pagnaient moment d ner; deux vice dorm vèrent le n’espérère tantun c de l’absen( itté dep écouverte même dire s’'embusqui d’entre eu:
buse, et u vage qui .
dernier sot eut lieu le poir d’étal amis de L douleur et venger Sa r son frère, Dieu la ve attendre lo furent tué leurs comp rèrent volo ils étaient personnes , he, conti es Cenis, | tres tribus chaque nat lequel ils p rité; et qu
prolonge ses découvertes, et il perdit dans chacun de ces voyages plus de la moitié des hommes qui l’avaient swvi.
Tant de périls et de peines augmentaient les murmures d’une colonie qui décroissait de jour en jour : elle n'était plus composée que de trente-sept ersonnes, au commencement de 1687, orsque La Sale partit avec une suite de seize hommes pour se rendre dans le pays des Cenis. On ne voyageait pas en un seul corps : l’obligation de chasser pour se nourrir forçait de se artager en différents groupes, et les fiens de la discipline et du devoir ne pouvaient plus être maintenus par le chef de l’expédition. L'un de ses neveux s'étant emporté avec violence contre quelques hommes qui l’accompagnaient , ceux-ci attendirent le moment deson sommeil pour l’assassiner; deux hommes attachés à son service dormaient à ses côtés, ils éprouvèrent le même sort , et les meurtriers n’espérèrent l'impunité qu’en commettant un crime de plus. La Sale, inquiet de l’absence de son neveu, qui l'avait que depuis deux jours, allait à la écouverte, en se portant dans la même direction que lui : les coupables s’'embusquèrent pour l’attendre; un d’entre eux le tua d’un coup d’arquebuse, et un missionnaire et un sauvage qui le suivaient reçurent son dernier soupir. Cet événement funeste eut lieu le 20 mars 1687, et tout espoir d'établissement fut détruit. Les amis de La Sale étaient frappés de douleur et d’indignation : ils vouiaient venger sa mort; mais l’abbé Cavelier, son frère, les conjura de laisser à Dieu la vengeance. Elle ne se fit pas attendre long-temps : deux assassins furent tués dans une querelle avec leurs complices; deux autres se séparèrent volontairement d’un cortége où ils étaient vus avec horreur ; et sept personnes , échappées à cette catastrohe, continuèrent leur voyage chez es Cenis, les Natchitoches et les autres tribus indiennes. Ils obtinrent de chaque nation le calumet de paix avec lequel ils pouvaient passer avec sécurité; et quatre mois après la mort de
La Sale, ils arrivèrent vers l’embouchure de l’Arkansas. Une croix et une habitation européenne frappèrentalors leurs regards : deux Français de l'expee de Tonti y étaient restés; et eur présence et l'aspect d’un fleuve déja fréquenté ranimèrent la confiance des voyageurs. On remonta le cours du Mississipi et celui de l'Illinois , jusqu’au fort Saint-Louis, où l’on passa l'hiver, et prenant ensuite les grands lacs, on vint terminer à Mont-Réal et à Québec cette désastreuse expédition.
Le fort érigé par La Sale au nord de la baie Saint-Bernard avait été attaqué par les sauvages peu de temps après son départ, et les Français qui s’y trouvaient avaient été inhumainement massacrés , à l'exception de cinq enfants que leur âge fit prendre en pitié. Ceux-ci passérent ensuite entre les mains des Espagnols; ils se trouvaient, neuf ans après, sur un vaisseau de cette nation qui fut capturé par le chevalier Désaugiers, et ce fut
leur retour en France que l’on apprit les détails de leurs malheurs.
Pendant plusieurs années, la France cessa de s'occuper de la Louisiane.
On ne prit aucune mesure pour se maintenir dans l'établissement que La Sale avait conimencé, ni pour fortifier les naissantes colonies qui s’étaient formées près de l’Arkansas, du Missouri ot de l'Illinois. La guerre retenait en Europe les principales forces du gouvernement, et l’on négligeait tellement ces possessions éloignées, qu’elles étaient habituellement réduites à leurs seules ressources. Aussi, elles n'étaient défendues que sur un
etit nombre de points, trop éloignés es uns des autres pour s’entre-secourir; la culture avait d’étroites limites, et l’on ne mettait en valeur que quelques territoires. La traite des pelleteries éprouvait moins d’entraves, et de si vastes contrées paraissaient inépuisables ; mais cette espèce de chasseurs européens connus sous le nom de Coureurs de hois devint le fléau d’un commerce qu’il était utile d’abandonner aux sauvages : une émulotion @é-
sastreuse hâta la dépopulation des fc-
rêts; elle ravit promptement aux Indiens une partie de leurs moyens d'existence, et des objets d’échange qu'ils nes offrir aux étrangers.
La découverte des rives du Mississipi vint aussi changer la situation de toutes les tribus sauvages placées à lorient de ce fleuve. Bientôt elles se trouvèrent entourées d’une ligne de colonies étrangères , et chacune de ces tribus perdit une partie de son territoire par l’effet d’une première invasion. Ce sacrifice leur fut moins sensible dans l’origine, et lorsque les trangers n’occupaient qu’un petit nombre de postes épars; mais dès il Jeur fallut des provinces , les Iniens, condamnés à perdre les contrées qui les nourrissaient, n’eurent d'autre ressource que de se faire conquérants à leur tour et de déposséder les nations plus faibles. L’inévitable etfet des guerres que se firent entre eux les sauvages, fut de diminuer partout leur population. Différentes tribus s’affaiblirent, et leurs débris s’incorporèrent à là nation victorieuse; d’autres disparurent et nelaissèrent de traces que dans le nom même de la contrée qu’elles avaient habitée. Nous n'avons point à suivre la marche, les vicissitudes , la filiation de toutes ces peuplades, sur l’origine desquelles nous ne pourrions rappeler que de vagues et d’obscures traditions; mais quand ces tribus touchent à leur déclin, leurs annales, devenues contemporaines de notre histoire, ne peuvent être passées sous silence : elles nous montrent par quels degrés se sont affaiblies les nations que les Européens trouvèrent dans le Nouveau -Monde.
Nous avons remarqué précédemment celles qui eurent avec eux de premières relations de paix ou de guerre, parce an étaient plus ag rte de Atlantique, du fleuve Saint-Laurent ou des grands lacs. D’autres nations plus méridionales furent ensuite enveloppées entre la Louisiane, les F]= rides et les possessions anglaises : c'étaient les Natchez, les Chikasaws, les Choctaws, les Creeks et les Cherokeecs.
Les Natchezetles Chikasaws avaient d'abord occupé les rives occidentales du Mississipi ; mais avant l’époque de l'expédition de Ferdinand de Soto, ils avaient déja traversé ce fleuve, et ils s'étendaient entre l'embouchure de l'Ohio et le ne du Mexique. A l’orient de ces deux nations étaient placés les Choctaws, dont le territoirese prolongeait jusqu'aux rives du Coosa ; et au-delà de ce fleuve habitaient les Muscogulges, plus connus sous le nom de Creeks , qu’ils avaient emprunté du gen nombre de lacs, de ruisseaux,
e rivières, dontleur pays était arrosé :
leur nation s’était furmée de différentes tribus que la communauté d’intérêts avait réunies, ou qui s’étaient incorporées à eux après leurs victoires.
Les Creeks occupaient les versants mé ridionaux des Apalaches, et les Cherokees étaient établis dans les plus hautes régions de ces montagnes et sur leurs versants orientaux.
Les guerres que ces nations se faisaient entre elles ne pouvaient opérer aucun changement dans leur situation sociale; la barbarie était partout lo même, etie vainqueur n’imposait pas des lois et des mœurs nouvelles : les noms de peuples pouvaient changer, mais les hommes gardaient un caractère invariable. On ne put s’attendre à quelques modilications dans leurs habitudes qu’à l’époque où les Européens furent en contact avec eux et voulurent les associer à leurs propres querelles. Les Anglais, les Espagnols, les Français se montrèrent également disposés à rechercher lalliance des nations indiennes : ilen résulta de communes opérations pendant la guerre .et de plus fréquentes relations de com-
merce pendant la paix. Ce dernier état.
qui était le plus habituel, était aussi celui dont on pouvait profiter pour améliorer le sort des Indiens, adoucir leurs mœurs, les attacher à l’agricülture, et rendre leur secours plusutile.
Mais, il faut le dire, la sainteté d’une si haute mission ne fut point comprise, et le commerce avec les sauvages devint la source des spéculations les plus criminelies. On ne craignit pas de dé
rader ces de leur pe tes : par | Pivresse al exaltait en la férocité ruine devi contagion développer dû réprime Aussi, q chassent d vages, dan saient entr reconnaître tel secours:
une véritab cher dans | colonies; et vales devait lus peuplé es plus ct leur métrop ha Grüide- Amérique .
d’une granc tion; et qu les eût pas f tégea const plus efficace gine politiqr ciale, avait dans les fort mais nous à aré en plu:
lié ses anin effét la sit n’était plus, cause de gu plus à se dis d’eux constit et les colonies pres des autr dignité. Aprè s'entre-secor besoin de in première, et centre d’unio manière plus tection de la « empressemen droits de sou plénitude.
L’intention
rend ces hommes simples en abusant de leur penchant pour les liqueurs fortes : par là on abrutissait leur raison; l'ivresse allait jr «à la fureur; elle exaltait encore l’esr “it de vengeance et la férocité; les causes de guerre et de ruine devinrent plus fréquentes, et la contagion de nos sociétés ne fit que développer les vices qu’elles auraient dû réprimer.
Aussi, quoique les Européens cherchassent des auxiliaires parmi les sauvages, dans les guerres qu'ils se faisaient entre eux, ils durent bientôt reconnaître que ce n’était point par un tel secours qu'ils pouvaient obtenir une véritable force : il fallait la chercher dans la constitution même des colonies; et l’avantage de ces luttes rivales devait enfin rester aux pays les
lus poupiéss les mieux administrés, es plus constamment secourus par leur métropole. Les établissements que la Graide-Bretagne avait formés en Amérique jouirent de bonne heure d’une grande supériorité d’organisation; et quoique le gouvernement ne les eût pas fondés lui-même, il les protégea constamment de la manière la plus efficace. La différence de leur origine politique, religieuse ou commerciale , avait amené une grande variété dans les formes de leurs constitutions; mais nous avors vu qu'après s'être séque en plusieurs corps, on avait ou-
lié ses animosités persuanelles. Et en effét la situation de tous les partis n’était plus, comme en Europe, une cause de guerre civile : ils n'avaient plus à se disputer le pouvoir ; chacun d’eux constituait une société distincte; et les colonies s’étaient:élevées les unes près des autres, égales en droits et en dignité. Après s’être rapprochées pour s’entre-secourir, elles reconnurent le besoin de modifier leur organisation première, et en cherchant un nouveau centre d'union, elles se mirent d’une manière plus immédiate sous la protection de la couronne, qui saisit avec empressement l’occasion d’exercer ses droits de souveraineté dans toute leur plénitude.
L’intention de supprimer les chartes
des colonies entrait depuis plusieurs années dans les vues du gouvernement britannique. Il n’avait pas eu à se charger des dépenses de leur établissement; mais ce qui n'avait été dôns l’origine qu’un objet de spéculation privée fut mis au premier rang des intérêts publics , lorsqu'on vit s’accroître la : rospérité de ces colonies.
Celles de Massachusett, de Connecticut, de Rhode-Isiand consentirent, en 1683, à remettre à Charles II les chartes qu’eiles avaient obtenues de la compagnie de Plymouth : le New-Hamps-
ire et le Maine firent également la cession de leurs priviléges; et l’adininistration de New-York se trouva dévolue à la couronne, lorsque le duc d’York, auquel elle appartenait, parvint au trône sous le nom de Jacques II.
Les colonies plus méridionales éprou-.
vérent aussi les mêmes changements ::
celle de Virginie dépendait du roi depuis la dissolution de la compagnie de Londres en 1626; et les propriétaires du New-lJersey, de la Delaware, du Maryland renoncèrent successivement à des droits qu’ils n'étaient plus en état de défendre eux-mêmes. Leur nombre s’était accru par l’effet des di visions d’héritage ou de quelques ces sions volontaires : ces prtages avaient multiplié entre eux ies sujets de litige, e. ils étaient intéressés à laisser au gouvernement les pénibles charges de la souveraineté.
Toutes ces renonciations particulières forment dans l’histoire des colonies anglaises une époque remarquable : elles permirent à la métropole de suivre un système plus uniforme dans leur haute administration, sans toucher néanmoins aux institutions locales qui paraissaient convenir à leur situation. Chaque colonie continus de s’administrer à son gré; mais toutes relevèrent également de l’autorité suprême qui Îles avait prises sous sa gai de : 11 y eut ainsi des juridiction:
particulières et des lois communes qui purent s’accorder entre elles : les unes.
régissaient chaque état considéré séparément ; les autres déterminaient les
Anse 14 rapnorts que fous les menibres de
l'association devaient avoir, soit entre eux, soit 27€ la métropole.
Pour développer avec plus de liberté les progrès de ses colonies, le gouvernement britannique conçut le projet de les faire jouir des bienfaits de la neutralité; la France y était également intéressée; les deux puissances voulaient assurer aux habitants des îles et du continent d'Amérique les moyens de faire le commerce et de cultiver les terres sans interruption; et cet arrangement fut signé à Londres le 16 novembre 1686, par Barillon, ambassadeur de France; mais il ne fut point observé. Les Iroquois, souvent en guerre avec le Canada, continuaient d’être protégés par les colonies anglaises qui leur fournissaient des armes et des munitions; et ce grief fut au nombre de ceux qui, en 1689, déterminèrent unc nouvelle rupture. Tout projet de neutralité coloniale fut alors abandonné : le gouverneur du Canada voulut même tenter une invasion dans la colonie de New-York; mais une irruption des Iroquois dans l’île de Mortréal, où ils commirent de sanglanis ravages, fit abandonner cette enfreurisx, Le gouverneur fit ensuite attaquer sur trois points différents les établissements anglais. Un premier corÿs jartit ce Montréal, au mois de février 1690, et alla détruire le fort de Corlar, près d’Albany; deux autres détachements partirent, l’un des Trois- Rivières, l’autre de Quebec: le premier s’avança jusqu’à Sementel sur le Mérimack, le second suivit le cours du Kinibéqui et vint s'emparer de Casco- Bay. incursions momentanées, dans des pays où l’on ne cherchait pas même à se maintenir, :e pouvaient avoir aucun important résultat. William Phibs, qui commandait une escadre anglaise dans les parages de la Nouvelle-Angleterre, n'ayant pu secourir Casco-Bay, se hâta de diriger ses forces vers l’Acadie, qui était entièrement dégarnie de troupes et de munitions; il occupa successivement Port-Royal, la baie de la Hêve, celle de Chedabouctou ; et ces premiers succès déterminèrent les colonies anglaises
à entreprendre contre le Canada une expédition par terre et par mer. Un corps de {:‘i8 mille hommes, Anglais ou Irogutis. devait s'avancer vers le nord entre les lacs Champlain et Ontario, pour aller attaquer Montréal, tandis qu’une flotte de trente-quatre voiles, sous les ordres de William Phibs, remonterait le fleuve Saint-Laurent, et arriverait devant Québec. Le prete corps se mit en marche; mais es Po 28 que fit la petite vérole au milieu des Indiens les découragèrent, et tout ce qui put échapper à ce fléau se dispersa. L'escadre anglaise parut devant Québec le 16 obtobre; elle débarqua près de la place, fut harcelée par de fréquentes sorties, eut pendant plusieurs jours des engagements désavantageux , ct fut forcée, le 22 octobre, de lever le siége. William Phibs regagna l'entrée du golfe Saint-Laurent, où il éprouva une violente tempête, qui acheva la ruine de cette expédition.
La proposition d'observer la neutralité, maigré la guerre qui troublait l’Europe, fut alors renouvelée par le gouverneur général de la Nouvelle- Angleterre; mais Frontenac y mit des conditions qu’on ne voulut point accepter. L’Acadie continua d’être le théâtre des hostilités, et ses principaux forts furent attaqués en 1691, par le chevalier de Villebon, qui en reprit possession au nom de la France.
Il serait superflu de rappeler les expéditions particulières qui furent tentées de part et d'autre sur différents points des colonies : ce serait charger
sa mémoire d'événements qui ne peu-
vent pas y rester; mais nous devons citer quelques faits d’armes auxquels Iberville et ses frères prirent une glorieuse part. Cet officier se signala tour à tour dans les guerres de l’Acadie, de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson, pendant les dernières campagnes qui précédèrent la paix de Ryswick. Après avoir repris, en 1695, quelques-uns des forts de la baie de Fundy, il fut chargé d’une expédition sur la côte orientale de Terre-Neuve, concourut à la prise du port Saint- John et de la plupart des autres pos-
tes que le cette Île, d'Hudson comme ofl vaisseau ç de l’escad contra tro le premier poursuivit Lui-même milieu d'u gner la ter rejoint par para du fd mier établ Le retot à Riswick frait au z d'autres oc Il restait à commencée reconnaître Mississipi.
proposa au dition , et i seaux part Saint-Dom ils mouillèr rent à la voi se portèren où un étab de se form Iberville re la Mobile, de Pascago se dirigeant riva le2rn du Mississif Cet officier qu'il avait cherches. T adressée tr Sale, gouv était tombée indien , et Ib:
ellc rappelai voyage, les avait eues 3 et les signa par La Sale ter le terme Après une le lit inférieu
dans un ca
une . Un
glais
rs le
On-
réal,
aatre liam Lauc. Le mais le au rent, fléau parut e dércelée ndant désatobre, regarent, ipête , lition.
tes que les Anglais occupaient dans cette Île, et partit ensuite pour la baie d'Hudson, où il accrut sa renommée comme officier de terre et de mer. Le vaisseau qu’il montait ayant été séparé de l’escadre dont il faisait partie , rencontra trois vaisseaux ennernis : il coula le premier, s’empara du second, et poursuivit Jong-temps le troisèm Lui-même fit naufrage le lendem: à milieu d'une tempéte; mais il put gner la terre avec son équipage : il rejoint par ses autres navires, et s para du fort Nelson, qui était le ; mier établissement de ces parages.
Le retour de la paix , qui fut signée à Riswick, le 20 septembre 1697, offrait au zèle et au génie d’Iberville d'autres occasions de servir son pays.
Il restait à poursuivre les découvertes commencées dans la Louisiane, et à reconnaître par mer l’embouchure du Mississipi. Iberville, revenu en France, proposa au gouvernement cette ex dition , et il en fut chargé. Deux vaisseaux partirent de Rochefort pour Saint-Domingue, le 17 octobre 1698; ils mouillèrent au Cap français, remirent à la voile le 1°" jar ier suivant, et se portèrent vers la baie de Pensacola, où un établissement espagnol venait de se former depuis quelques mois.
Iberville reconnut ensuite la baie de la Mobile, l’île Dauphine, la rivière de Pascagoula, la baie de Biloxi, et se dirigeant vers le sud-ouest, il arriva le 2 mars 1698 à l’embouchure du Mississipi, dont il remontalecours.
Cet officier acquit bientôt la preuve
u’il avait atteint le but de ses recherches. Une lettre que Tonti avait adressée treize ans auparavant à La Sale, gouverneur de la Louisiane, était tombée entre les mains d’un chef indien , et Ibervilleeneutcsnnaissance :
elle rappelait les circonstances de ce voyage, les relations paisibles qu’on avait eues avec les returels du pays, et les signaux successivement érigés par La Sale et par Tonti, pour constater le terme de leurs découvertes.
Après une longue navigation dans le lit inférieur du Mississipi, on entra dans un canal naturel de dérivation
qui reçut alors le nom d’Iberville :
cet officier en suivit le cours; il gagna successivement les lacs de Maurepas et de Pontchartrain, et revint dans la baie de Biloxi, où il érigea un fort qui fut pendant quelques années le centre des établissements français de la Louisiane.
L’éporme à jaquelle nous sommes st celle où les possessions rance en Amérique avaient le ‘tendue. L'acquisition de la wrait denouvelles ressourrivières navigables y circutoutes parts, et le grand fleuve clles se réunissaient devenait le centre de mouvement qui animait toute la colonie. Mais, pour mettre en valeur ce territoire, il fallait d’abord lui donner des habitants. Un grand nombre de religionnaires français, qui s'étaient expatriés à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, demandèrent l’autorisation de se rendre dans la Louisiane, pourvu qu’ils pussent y jouir de la liberté de conscience. L’occasion d’expier un grand acte d’intolérance était favorable; mais on eut l'impolitique rigueur de s’y refuser, gros pût s’éclairer de l'exemple e l’Angieterre, qui devait aux dissidents les premiers progrès de ses établissements dans le Nouveau-Monde.
D’autres causes ralentirent la prospérité de la Louisiane : on se trompa sur l'emplacement à donner à sa capitale, et l'on en changea plusieurs fois, avant de s'arrêter à la situation la meilleure. En choisissant une position centrale entre la baie de la Mobile & le Mississipi, on avait en vue de don:
ner deux grandes issues au commerce maritime de la Louisiane, de se tenir à portée de l’une et de l’autre, et d'établir entre elles des communications habituelles , par la rivière d’Iberville , et par les détroits qu’une suite d'îles basses et sablonneuses fait résie le long du littoral , depuis le lac ontchartrain jusqu’à la Mobile. Mois les rives de la baie du Riloxi, sur lesquelles on forma un premier établissement, n’étaient favorables ni à la culture ni au commerce : elles sont cou-
Né | 72 # w 2 d & 2 IMAGE EVALUATION à TEST TARGET (MT-3) PE IL US LS à. AN 74 AN Ke Vs A | À Ka à V à pa Le. A LE ù DAS O; Pho C OA 24 “Gens anse ®
rporation
88 L’'UNIVERS time de la Louisiane, Iberville n'avait |
vertes d’un sable fin et mouvant, où il ne croît que des pins et des cèdres; on y essaya quelques semis de graines e les vents mirent à nu, et qui t desséchées par l’ardeur du ciel.
Aucun grand fleuve n’aboutissait à cette baie, et n’en facilitait les communications avec l'intérieur de la contrée. Les premières familles qu’on amena sur ces plages stériles eurent bientôt consommé Îles «cata ments apportés par les mêmes navires; il fallait les renouveler sans resse :
cette terre dévorait tout sans rien reproduire, et l’on ne pouvait obtenir des tribus indiennes que des ressources insuffisantes et momentanées. On n’avait pour moyens de subsistance que la chasse et la pêche ; les arrivages par mer étaient quelquefois difficiles; la baie du Biloxi s’ouvrait aux vents du sud; l’ancrage de la rade était mauvais, et les navires n’avaient d’abri assuré que dans la rade de l’île non fs $ qui reçut aussi le nom d’île aux Vaisseaux; mais ou n’y trouvait qu’un mouillage de quinze pieds. Toute cette côte est généralement basse ; elle a une si faible pente que les grands navires ne peuvent en approcher e de plusieurs milles, à 1 passes où il faut s’engager avec précaution...
Iberville reconnut bientôt que l’emte de la Mobile était préférale; il y construisit un fort, et celui du Biloxi fut abandonné. C'était un nouvel essai d'établissement, mais la baie avait peu de fond; on ne pouvait y naviguer qu’avec de petits bâtiments, et l’on p éra, en 1702, la situation de l’île Dauphine, placée au midi de cette baie; des magasins, des casernes nes construits, et ce lieu devint e quartier général de la colonie. Cette île était moins sablonneuse que la plage du continent; le maïs, le riz, quelques arbres fruitiers, le figuier surtout, pouvaient y réussir; on y trouvait, comme dans l’île Surgère, des chênes, des pins , des sapins, propres à la construction ou à la mâture.
En rapprochant des limites orientales le premier établissement mari-
exception de quelques .
Le ro ve pas négligé les rivages du ssissipi : il avait fait construire le fort de la Balise près de son embouchure; il avait reconnu le fleuve, et avait marqué dans le pays des Natchez la place du fort Rosalie qu’on y érigea dans la suite. Cet officier fit plusieurs voyages em France, pour intéresser le gouvernement au sort de la colonie:
elle était son ouvrage, il lui consacra tous ses soins; et son nom sera toujours honorablement cité dans les premiers fastes de cette histoire.
D’autres hommes secondaient de sr nobles vues : Juchereau de Saint-Denys et le Sueur firent plusieurs reconnaissances le long du grand fleuve et de ses principaux affluents ; l’un remonta la rivière Rouge jusqu'aux Natchitoches, où ñ forma un établissement; l’autre s’éléva vers le nord jusqu'aux vallées de la rivière Saint-Pierre, où le voyageur Nicolas Perrot avait précédemment découvert une mine de cuivre. Des relations amicales furent formées avec les habitants des pays nouvelleinent découverts, ét l’on s’attacha particulièrement à cultiver l’amitié des Illinois qui, se trouvant placés entre le Canada et la Louisiane, étaient utiles aux relations des deux contrées. Tonti commandait dans ce pays intermédiaire; et son habileté, qu'éclairait une longue expérience, maintint les bonnes dispositions des Indiens envers les Français.
Callières, devenu gouverneur du Canada, était amimé du même esprit de conciliation. Il ne s’en tint point à établir des relations amicales avec les nations indigènes , il voulut aussi rapprocher les unes des autres celles qui avaient été alliées de ls France ou de la Grande-Bretagne peer la dernière guerre. Les dépués des Ottowais, des Abénaquis, des Iroquois, et du petit nombre des tribus huronnes échappées aux désastres de leur nation, se rerdirent à Montréal, et conclurent la paix, sous la médiation du gouverneur. Callières avait le projet de rendre plus général ce plan de pacification : il envoya des offi-
ciers ou pal tilités qu points, à Mont l'assemb s’y trouv des Miam des Outa des noml sous difl midi des L’Indié
à ce rappn était Hurons, valeur, sa quence v qui s’adre et à la re chrétien ; mais il n rêts de se hommes soins à lei vait cou nn.
signalée.
procher enfin ses f d’une har:
connaissa!
toutes les dans la cc mer pour divisions ; tigué dave tance, et Dieu, où i causa une rendit to dus à son chefs de € sur leque insignes Français assistèren Une no ques jour: cents sau u’il avait ter la h:
inviter à | intérêts €
le n'avait !
vages du truire le | emboueuve, et y Natchez y érigea lusieurs
esser le colonie :
consacra sera tous les pre- 'e ient de sr saint-Ders reconfleuve et lun re- ’aux Natétablissenord just-Pierre, rot avait mine de ‘4 furent es pays l'on s’attiver l’aavant plapuisiane , des deux dans ce habileté, périence , ions des
neur du e esprit nt point hles avec lut auss autres es de la Bretagne es dépuquis, des des tridésastres à Montsous la Callières énéral ce des offi-
ciers ou des missionnaires aux aûtres nations sauvages pour prévenir les hostilités qui allaïent éclater sur plusieurs points, et leurs députés se réunirent à Montréal le 1° août 1701. Ceux de l'assemblée précédente y revinrent. Il s’y trouva également des Algonquins, des Miamis, des Sacks, des Illinois, des Outagamis, et d’autres guerriers des nombreuses peuplades dispersées, sous différents noms, au nord et au midi des grands lacs.
L’Indien qui avait le plus contribué à ce rapprochement de toutes les tribus était Le-Rat, orateur et chef des Hurons, homme remarquable sa valeur, sa prudence, et par cette éloquence vive, naturelle, persuasive, qui s'adresse tour à tour à l’imagination et à la raison. Ce sauvage s'était fait chrétien ; il était attaché à la France; mais il n’abandonna jamais les intéréts de sa nation et ceux de tous les hommes rouges : il mettait alors ses soins à les réconcilier, et cet acte devait couronner sa vie, qu’un grand nombre d’exploits militaires avaient signalée. Les efforts qu’il fit pour rapprocher toutes les opinions épuisèrent enfin ses forces; il s’'évanouit au milieu d’une harangue ; et lorsqu'il eut repris connaissance, il exhorta de nouveau toutes les nations indiennes à vivre dans la concorde : il semblait se ranimer pour peindre Îles malheurs de leurs divisions; et son émotion l’ayant fatigué davantage, il retomba en défailiance, et fut transporté à l’Hôtel- Dieu, où il expira dans la nuit. Sa mort causa une affliction générale; on lui rendit tous les honneurs militaires dus à son rang et à ses services : six chefs de guerre portèrent son cercueil, sur lequel on déposa ses armes et ses insignes militaires. Les Indiens, les Français et le gouverneur du Canada assistèrent à ses funérailles.
Une nouvelle réunion eut lieu quelques jours après : il s’y trouva treize cents sauvages. Callières leur déclara qe avait désiré les réunir, pour leur
ter la hache des mains, et pour les inviter à lui remettre le soin de leurs intérêts et l’arbitrage de toutes leurs
querelles. Son discours leur fut interprété dans chacune de leurs langues, et un traité de paix fut conclu le même jour par trente-huit députés indiens. Cet acte fut revêtu, en témoignage d'authenticité, des différents
signes qui cara ent toutes ces nations, et qui étaient pour elles des espèces de symboles , tels qu’un ours,
un castor, un renard, un lièvre, un buffalo. On apporta le calumet de paix, où le gouverneur et tous les députés fumèrent à leur tour; ra et le tomahac furent ensevelis dans la terre ; on chanta le Te Deum ; les présents du roi de France furent distribués, et toutes les tribus se promirent les unes aux autres de rendre la liberté aux prisonniers qu'elles avaient faits.
Mais le Canada perdit bientôt le gouverneur qui avait eu la gloire de parie les Indiens. Son administraion n’avait duré que quatre ans : une si sage politique doit la rendre à jamais recommandable. C’était faire remplir à la France un rôle généreux que de désarmer la fureur des sauvages ; la multiplicité , la cruauté de leurs guerres accéléraient la destruction de leurs tribus; en devenant conciliateur de leurs démélés, on pouvait espérer d’adoucir leurs mœurs. Les Indiens regardaient le gouverneur du Canada comme leur pêre ; ils lui donnaient ce titre, toujours respecté au milieu d’eux, et ils consacraient ainsi sa prééminence et son autorité sur toutes leurs tribus.
Pour assurer une longue durée à la pes que l’on venait de rétablir entre es indigènes, il eût fallu ne pas les employer comme auxiliaires dans les guerres que les Européens se faisaient entre eux : prendre quelques tribus pour alliées, c'était les remettre aux pres avec celles qui servaient dans e parti contraire. Cette réserve ne fut
int assez observée durant la guerre
e la succession ; l'Angleterre était au nombre des ennemis de la France, et les hostilités des deux puissances en Europe éclatèrent bientôt entre leurs colonies d'Amérique.
Le premier signal en fut donné, vers la fin de 1702, par James Moore, gou-
verneur de la Caroline du sud, qui tenta une expédition en Floride contre l'établissement espagnol de Saint-Augustin. Six cents hommes de milice et six cents Indiens furent chargés de cette entreprise. Le Broad-River, où l’on avait autrefois voulu fonder une colonie française, était le point de leur rendez-vous, et une partie des trou
se ensuite par terre vers Saint- Augustin, tandis que le gouverneur devait arriver par mer et bloquer l’entrée du port.
La ville qui était ouverte fut occupée ‘sans obstacle; mais la garnison espagnole se retira dans le fort qu’on avait mis en état de défense. Les Anglais durent attendre, pour battre en brèche, les pièces d'artillerie qu’ils avaient demandées à la Jamaïque; et, avant qu’ils pussent les recevoir, l’arrivée inattendue de deux vaisseaux espagnols, qui apportaient de nouveaux secours à la place, en fit précipitamment lever le siége.
Charleston, d’où l'expédition an-
glaise était partie, fut à son tour exposée à une invasion dont le plan avait été concerté à la Havane en 1703. Les signaux de l’île de Sulivan annoacèrent l’approche de cinq navires tan commandés par Lefebvre.
Cette flottille naviguaitavec précaution vers l’entrée de la baie ; il failait en franchir la barre; on voulut prenüre le temps de la sonder, et le débarquement fut différé jusqu’an lendemain.
Nathaniel Johnson, qui était alors gouverneur de la Caroline, profita de ce délai; il fit arriver dans la nuit toutes les troupes de milice et tous ies Indiens dont il pouvait disposer, et l’occasion de surprendre la place se trouva perdue. Le siége wen fut pas même commencé : il n'y eut que quelques engagements sur le rivage ; les ourrageurs y commirent des dégâts, et une force apAtRurE les ayant rejetés à bord de l’escadre, ils regagnèrent la haute mer.
Ces entreprises partielles et sans résultat n'étaient que le prélude d’hostilités plus graves. Le feu de la guerre
passa rapidement du midi au nord des
colonies anglaises. C'était là que la, France et l’Angleterre, dont les possessions étaient rapprochées les unes des autres , pouvaient trouver, sur un grand nombre de points, la malheureuse facilité de sé nuire ; c'était aussi là que leurs relations avec les Indiens devaient avoir le plus d’influence sur les événements.
Les Iroquois témoignèrent en 1703 à Vaudreuïl, nouveau gouverneur du Canada, l’intention où ils étaient de rester neutres : ils le furent-effectivement; et pour ne pas troubler la paix de leur territoire, Vaudreuil évita de faire du côté de leurs cantons aucune démonstration militaire. Mais ii n’encouragea point les Abénaquis à rester également neutres ; il leur ‘envoya même quelques secours, lorsqu'ils firent des incursions dans les colonies anglaises; et l’on peut regarder la part qu'ils prirent à cette guerre comme une nouvelle cause d'irritation, dont les résultats furent funestes aux colonies de la France. L’Angleterre, Mai ses possessions constamment attaquées par la nation indienne qui était la ue fidèle alliée de ses ennemis, s’attacha avec plus de ee an projet de pat les Abénaquis, et de conquérir l’Acadie, qui était trop séprée du Canada pour en être habituc at secourue.
Le * 1 1704, une escadre anglaise acu:x vaisseaux, venus de Boston, parutdansle bassinde Port-Royal ; les troupes débarquèrent , sommèrent la place de se rendre, et firent dans la campagne plusieurs incursions , tandis
’une escadre, pénétrant davantage
ans la baie de Fundy, se rendait à Beau-Bassin pour opérer une diversion et fare quelque butin dans le quartier des Mines. IÏ y eut dans cette invasion plusieurs engagements où les Français eurent l’avantage, et l'ennemi se rembarqua le 21 du méme mois. :
Deux expéditions plus redoutables furent formées, en 1707 , par Dudley, gouverneur général de la Nouvelle- Angleterre. Une flotte de vingt-quatre bâtiments, commandée par le colonel Mark , parut le 6 juin à la vue de Port-
Royal. El hommes ç La tranch se dispose donner l’a pas pratic nemi é tres le éc après av avoir brûl lace. Ap ueuse, la où elle ft trois vais:
mes. eg Angleterre de répare:
reparut, le dans le ba case, goux fait lever | d'activité € trois fois autour de marches, et le force jours apr On resse un revers attendu. L la Nouvell supérieure!
s'était cru d’ailleurs une haute qu'elle la r 1 la sécurit désirait s’e importante diens s’att que, et Su vernement France les ne put fair secours.
lonie fût r ces, elle es et relevait avant d’en li les méi erre-Neu\ était le ch français ; il par une
+ que la les posles és r. sur un | malheutait aussi s Indiens jence sur
t'en 1703 rneur du taient de effectiveer la paix l évita de S aucune
on, dont $ aux Cogleterre , stamment ienne qui ses enneersistance bénaquis, qui était ir en être
cadre an- 18 de Bosrt-Royal ; ommèrent t dans la s, tandis davantage rendait à diversion e quartier e invasion s Français i se rem-
bdoutables r Dudley, Nouvelleagt-quatre le colonel e de Port-
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. ot
Royal. Elle avait à bord trois mille hommes qui investirent la forteresse.
La tranchée fut ouverte le 10, et l’on se disposait, quelques jours après, à donner l'assaut ; mais la brèche n’était pas praticable , et les pertes que l’ennemi éprouva dans rs og renvontres le décidèrent à remettre à la voile, après avoir enlevé des bestiaux et avoir brûlé les habitations hors de la
lace. Après cette tentative infrucueuse, la flotte se retira à Casco-Bay, où elle fut promptement accrue de trois vaisseaux et de six cents hommes. Te gouvernement de la Nouvelle- Angleterresefaisaitun point d’honneur de réparer cet échec, et son escadre reparut, le 20 août de la même année, dans le bassin de Port-Royal. Subercase, gouverneur d’Acadie, avait déja fait lever le premier siége. Il redoubla d'activité et de vigilance , fit décamper trois fois l'ennemi de ses positions autour de la place, le a #6 dans ses marches, harcela ses détachements, et le força à se rembarquer douze jours aprés.
On ressentit profondément à Boston un revers auquel on ne s'était point attendu. Les forces qu'avait employées la Nouvelle - Angleterre étaient bien supérieures à celles de l’Acadie. On s'était cru assuré du succès : on savait d’ailleurs que la reine Anne attachait une haute importance à cette conquête, qu’elle la regardait comme nécessaire la sécurité de ses colonies, et qu’elle désirait s'emparer, à tout prix, d’une si importante possession. Aussi les Acadiens s’attendaient à une nouvelle attaque, et Subercase en prévint son gouvernement; mais telles étaient alors en France les calamités publiques , qu’on ne put faire passer en Acadie aucun secours. pe a quoique cette colonie fût réduite à ses seules ressources, elle espérait faire téte à l'orage, et relevait ses habitations. Subercase, avant d’en étre gouverneur, avait rem-
li les mêmes fonctions dans l’île de erre-Neuve, où le port de Plaisance était le chef-lieu des établissements français ; il s’y était signalé, en 1705, par une heureuse expédition, ct il
n’avait laissé aux Anglais que le fort Saint-John. Une nouvelle entreprise, faite durant l'hiver de 1709, eut encore plus de succès. Un détachement pes e Plaisance s’avança avec auant d’audace que de rapidité jusqu’à cette forteresse, qui fut emportée par escalade. On aurait pu ons mais il y avait si peu de troupes fran
ises dans l’île de Terre-Neuve, que e gouverneur craignit de les affaiblir en les disséminant. Il aima mieux détruire le fort Saint-John que de l’ocmu. 114 et ce qui pouvait être une conquête ne devint qu’un fait d’armes courageux et sans résultat. L’Angleterre put prends aisément et sans coup férir les positions qu’elle avait pe ues. Elle avait même alors formé e projet d’envahir le Canada, et les troupes de terre, parties des colonies anglaises, devaient être secondées par une armée navale équipée, soit en Amérique, soit en Angleterre. Mais Vaudreuil, gouverneur du Canada, avait pris toutes les mesures nécessaires pour couvrir les points menacés.
L'expédition de terre échoua , et l’escadre qui devait être envoyée dans le fleuve Saint-Laurent , reçut en Europe une autre destination.
Chaque année amenait de nouvelles entreprises. Les colonies anglaises continuaient d’être puissammentsecondées par leur métropole ; celles de la France ne recevaient pas d'elle les mêmes secours; et Subercase étant prévenu des nouveaux projets d’invasion formés contre l’Acadie,, cherchait autourde lui des auxiliaires : il les trouvait dans les Abénaquis, toujours disposés à renouveler leurs incursions contre les Anglais; il les trouvait dans les flibustiers, dont il encourageait la course; mais en attirant ces aventuriers maritimes, et en leur ouvrant un asile dansles ports de la colonie, il l’exposait à des périls encore plus grands. Le gouvernement britannique voulut enlever aux flibustiers leurs repaires; il voulut mettre un terme aux hostilités dont la Nouvelle Angleterre était si souvent menacée; et une armée navale fut chargée en 1710 d’une expédition contre l’Acadie:
elle était sous les ordres de Nicolson, et cinquante et un bâtiments de toutes andeurs entrèrent, le 5 octobre, ans le bassin de Port-Royal. Is avaient à bord trois mille quatre cents hommes de troupes de terre, et Subercase n’en avait que trois cents : il soutint néanmoins les premières attaques, répondit avec vivacité au feu des assiégeants, et leur fit éprouver des pertes ; mais les siennes étaient irréparables; la disproportion du nombre le réduisit à capituler, et il sortit du fort le 16 octobre, avec cent cinquante-six hommes qui lui restaient. $
Ce succès encourageait l’ennemi , et un nouvel armement fut résolu contre le Canada. Nicolson était chargé de conduire les troupes de terre qui s’avançaient vers Montréal, tandis qu'uneescadreanglaisedevaitremonter le Saint-Laurent, pour venir assiéger Québec; mais la flotte fit naufrage vers les Sept-Isles , situées à l'embouchure du fleuve ; la plupart des grands vaisseaux y périrent avec leurs équipages, et cette perte fit précipitamment rappeler les troupes de terre. Leur expédition eut lieu dix mois après l’invasion de l’Acadie.
Cependant les habitants de cette contrée restaient attachés à la France; ceux qui étaient éloignés de Port-Royal différaient de se soumettre au gouverneur que l’Angleterre y avait établi; et Pontchartrain, ministre de la marine en France, encourageait les armateurs de Saint-Malo, de Nantes, de Bayonne, de la Rochelle, à unir leurs efforts pour former un établissement nouveau sur les côtes méridionales de l’Acadie, et pour déloger l'ennemi des positions dont il s’était rendu maître; mais le malheur des temps et l'épuisement du commerce ne permirent pas de trouver des fonds Que les dépenses de cette entreprise.
1 ne suffisait pas d’ailleurs de reprendre la colonie, il fallait des troupes pour la garder ; et les périls du royaume exigeaient alors la présence et l’emploi de ses dernières forces.
Le pavillon de France, long-temps florissant sur toutes les mers, n’y était
lus arboré par Hocquincourt, Beauort, d'Estrées, Vivonne, Duquesne, dignes émules de Ruyter, de Tromp, d’Evertzen, de Russel, de Herbert; il ne l'était plus par Tourville, qui, en 1690 , avait gagné la bataille de Bévésière, et dont la gloire ne fut pas affaiblie, deux ans après, par le malheureux combat de la Hogue , engagé contre des forces très-supérieures. Le comte de Toulouse avait ensuite dignement soutenu l’honneur de la marine française, et l'on avait vu, dans les temps même de sa décadence, d’autres hommes s’illustrer par el’habileté et l’audace de leurs entreprises: c’était le temps où Jean-Bart, Duguay-Trouin, Ducasse, Forbin, Iberville, se faisaient redouter avec de faibles escadres; d’autres armateurs se formèrent à leur exemple, et se signalèrent contre les ennemis de la France. Ilest des temps pénibles où les forces de l’état se trouvant épuisées, et ne pouvant se réparer qu'avec peine, le gouvernement a recours au dévouement et au courage des citoyens; mais la destinée d’une campagne peut rarement dépendre de leurs expéditions particulières , et c’est en vain qu’ils réussissent dans quelques entreprises individuelles , si le gouvernement ennemi, rassemblant ses forces, et pouvant donner à ses opéra tions plus d'ensemble et d’étendue.
fait servir à une attaque générale et décisive toutes les ressources dont il peut disposer.
Deux systèmes de guerre maritime se trouvaient alors en présence l’un de l’autre : l’un s’appuyait sur des armements particuliers, l’autre sur des expéditions formées pee le gouvernement lui-même ; la balance n’était point égale, et le second genre d’attaque était le plus formidable. Mais la lutte que la France soutenait contre toutes les grandes puissances de l'Europe ne lui permettait plus le même déploiement de forces : une longue suite de malheurs Pavait affaiblie; la bataille de Hochstedt, en 1704, luïavait enlevé toutes ses positions en Allemagne; la Flandre était ouverte à ses ennemis depuis la journée de Ramillies ; l'Italie
avait été Turin, ef titeur de mé roi à A trave eut quelq française, gagna , en Villars fo nes de St livrée d Eugène y Hi S partir de descente e de Jacque suivirent d'Oudenar les murs gecourue, furent bie ’amena dénûme charge des exorbitants avait aggra 2h général de couvrir les rie : À 3 | ti atteign.
h roprié pra a vie; il f dits sur le:
vantes, et rable en ct l'avenir. TL la régulari comme les chaient sa ses opérati ils devinre toutes , dar étaient env Louis X malheurs € breuses de paix, et T dit à La H:
naire Hein rince Eus es ennemi encore sat
“es ns esn de Prop, Herbert; il le, qui, en lle de Bévéfut pas afrle hr ad >ngagé conieures. Le suite dignee la marine 1, dans les e , d’autres habileté et s : C'était le ay-Trouin, se faisaient
escadres; èrent à leur : contre les | des temps tat se trount se répaernement a au courage tinée d’une épendre de es , et c’est s quelques le gouvernt ses forses opéra:
d’étendue.
bénérale et es dont il
maritime ce l’un de des armee sur des gouverneétait point d’attaque is la lutte re toutes urope ne déploiee suite de a bataille ait enlevé nagne; la s ennemis s ; l'Italie
avait été évacuée après la bataille de Turin, et l’archiduc Charles, compétiteur de Philippe V, avait été proclamé roi à Madrid.
A travers des temps si orageux, il eut quelques éclairs de gloire. L’arm française, commandée ge Berwick, gagna , en 1707, la bataille d’Almanza; Villers força, au-delà du Rhin, les li-
nes de Stolhoffen, et la Provence fut délivrée d’une invasion que le prince Eugène y avait tentée. On vit même, l'année suivante, une armée navale partir de Dunkerque, pour tenter une descente en Écosse, en faveur du fils de Jacques II. Mais d’autres revers suivirent ces derniers efforts : la défaite d'Oudenarde amena les ennemis sous les murs de Lille, qui ne put étre secourue, et les malheurs de la France furent bientôt accrus par la famine u’amena le rigoureux hiver de 1709.
dénûment rendait pus pénible la charge des impôts ; ils étaient devenus exorbitants : une longue guerre en avait aggravé le poids ; et lorsque Desmarets ft nommé, en 1708, contrôleur général des finances, il fallait, pour couvrir les dépenses publiques, recourir à des emprunts, à des surtaxes ti atteignaient sous toutes les formes É propriété, l’industrie, le luxe et jusqu'aux plus simples nécessités de a vie; il fallait anticiper par des crédits sur les revenus des années suivantes, et l’on rendait le mal plus durable en consumant les ressources de l'avenir. Une telle pénurie nuisait à la régularité de tous les services; et comme les besoins de l’armée relâchaient sa discipline , faisaient languir ses opérations, énervaient ses forces , ils devinrent la première calamité de toutes, dans un temps où les frontières étaient envahies par les étrangers.
Louis XIV, profondément ému des malheurs de son peuple, fit de noms breuses démarches pour obtenir la paix, et Torcy, son ministre , se rendità La Haye, près du grand-pensionnaire Heinsius. 1] s’adressa ensuite au qui Eugène, à Marlborough; mais es ennemis de la France n'étaient pas encore satisfaits : on voulait imposer
au roi l’humiliante condition de joindre ses troupes à celles qui continueraient la guerre pour détrôner son petit-fils. Ce fut alors que Louis XIV répondit noblement « qu'il aimait « mieux faire la guerre à ses ennemis « qu’à ses enfants. » Ce monarque, ranimant ses efforts jee sauver l'honneur et la majesté de la France, était aussi soutenu par cette grande
nsée : que l’avénement de son petit-
Is au trône d’Espagne établissait une alliance naturelle entre les deux puissances; principe qui eut: d'importants et de féconds résultats pendant plus d’un siècle. Ce système était alors jugé salutaire; on regardait les liens
réditaires des deux couronnes commie utiles à leur ascendant politique, et la longue opposition que es autres gouvernements y apportèrent montre qu’ils en avaient la même opinion.
Pour soutenir une lutte devenue trop inégale, un généreux élan d’honneur et de patriotisme réunit encore sous les drapeaux du roi, et sous le commandement du maréchal de Boufflers , une armée de soixante-dix mille hommes; mais ces troupes de rnuvelle levée furent défaites à Malplaquet , et la prise de plusieurs villes de Flandre suivit de près ce nouveau désastre.
Eugène, portant en Espagne le bonheur de ses armes, gagna, en 1710, la bataille de Saragosse contre les troupes de Philippe V, et ce monarque était réduit à lextrémité, quand Louis XIV lui envoya le duc de Vendôme. La fortune alors changea de parti : Vendôme vainquit à Villa-Viciosa l’armée ennemie, commandée par Staremberg ; et le résultat d’une victoire si favorable à la cause du roi fut bientôt secondé par un événement imprévu. L’archiduc Charles , qui était compétiteur de ce prince , étant appelé au trône impérial par la mort de Joseph [*", l’Angleterre aperçut le danger de réunir sur une même tête les couronnes d’Espagne et d’Autriche, elle parut disposée à seretirer dela lutte engagée depuis si long-temps contre Philippe V; et tandis que Marlborough désirait la continuation d’une guerre
qui augmentait sa gloire, un parti contraire, plus attaché aux grands intérêts de l'état, cherchait secrètement les moyens de rendre la paix à l'Angleterre, en lui conservant les avantages que la guerre lui avait procurés dans ses possessions d'Amérique.
Ses Pope efforts tendaient à ce dernier résultat, et l’on reconnut dans tout le cours des hostilités combien le sort des colonies dépendait de la situation de leurs métropoles. La France, ayant à résister à toutes les grandes puissances de l’Europe, ne pouvait plus envoyer de secours à ses domaines d'outre-mer. Louis XIV avait usé sa puissance : ce ut de grands généraux, d'hommes habiles qui avaient illustré son règne, ne l’environnait ques la plupart étaient entrés dans la
mbe; les autres étaient affaiblis, comme le monarque , par la vieillesse ; et ce grand pouvoir militaire, trop souvent agresseur , mais si Ki en favorisé par la fortune, était tombé d’épuisement au milieu de ses triom-
es.
Il fallut subir en Amérique les conséquenres des calamités que l’on éprouvait ‘n Europe; et De possible de dissoudre la ligue générale qui s'était formée contre la France, Louis XIV, s’attachant à cette espérance, consentit à de grands sacrifices, pour décider l'Angleterre à se séparer de la
coalition. Il promit l’abandon de l’Aca-'
die, de l’île de Terre - Neuve et des rivages de la baie d'Hudson. La Grande-
Bretagne ne pouvait rien souhaiter.
de plus : elle ne sortait de la lice qu’en devenant plus puissante. Remarquons néanmoins qu'en paraïssant incliner depuis 1711 vers une paix séparée, afin de porter la France à faire susjeu en Amérique les hostilités, ’Angleterre ne cessait pas de seconder en Europe les opérations de ses alliés :
elle ne rappelait point encore Marlbo- Ass Vds général, quoique disgracié à la Cour de la reine Anne, continuait de servir et devaincrepour elle, L’Angleterre négociait ainsi , à main armée, un arrangement particulier dont on lui assurait le prix, et qui amena d’abord
la signature d’une suspension d'arines le 19 août 1712. Plus u’un mois avant la signature de cette trève, le maréchal de Villars forçant les lignes de Denain , avait ramené la victoire sous les drapeaux de la France. L'issue de cette journée rendait la paix plus désirable de part et d'autre, et les négociations commencées avec l’ Angleterre se terminèrent enfin à Utrecht par un traité définitif. Ce traité cédait à l’Anrite l’Acadie avec ses anciennes imites ; il lui cédait la forteresse de Plaisance et les autres établissements que les Français possédaient dans l’île e Terre-Neuve, en leur réservant néanmoins le long des rivages du nord et de l’ouest, depuis le cap Bonavista dur” la pointe Riche, le droit de ai oh et de sécher les produits de leurs pécheries. L'île de Cap- Breton et les autres îles situées dans le golfe et à l'embouchure du Saint- Laurent étaient egalement réservées à la France.
Malgré les concessions que cette puissance venait de faire, elle pouvait encore se promettre une grande prospérité coloniale : elle trouvait dans la récente acquisition de la Louisiane une compensation de ses pertes; mais le gouvernement français, au milieu des derniers embarras de la guerre de la succession, avait renoncé à faire valoir lui-même les ressources de cette colonie, et ilavait cédé à Crozat, en 1712, le privilége exclusif de son commerce, en retenant la souveraineté et la haute administration du pays. Ce privilége fut préjudiciable aux colons : un commerce sans concurrence fit renchérir les marchandises qui leur étaient envoyées de la métropole, et diminua les profits qu’ils auraient pu faire sur leurs propres exportations. Les progrès de la population n'étaient pas encouragés par ceux de la culture , et Crozat n’envoyait dans la colonie qu’un petit nombre de nouveaux habitants ; cette pénurie d'hommes était une cause inévitable de ruine. La Louisiane, réduite à quelques comptoirs de commerce, ne pouvait pas être mise,en valeur :
il lui fallait des établissements agricoles,
ut pour en avait beso ble dans s Crozat sance de s point à fa mo () ridé, de l’a que; et, ap veset def don de son Alors se cident, à droit de fai le commer recevoir d de castors reg “les i Lédés à la faire la pai tions indien des mines; terres de s des forts, y troupes levé vaisseaux , en se réserv gageait à p es agressic pagnie avait elle devait € le royaume droits de dot qu’elle envo:
on lui accord sur les pro France.
La conces suffisait pas colonie; et | mouvement fallait un ere fectives. On fonds de la « cinq cents li leur était fot billets étaien étrangers pc avait la facu vendre, de |
La compa ter dans la
n d'armes jois avant maréchal s de Dee sous les issue de plus déles négongleterre ht par un rit à l’Ananciennes teresse de issements dans l’île réservant s du nord ap Bonaiche, le àr les prole de Carpuées dans du Saintréservées
que cette le pouvait inde prosit dans la Louisiane es; mais milieu des erre de la aire valoir ette colo- ,en 1712, pmmerce, t la haute privilége : un comrenchérir taient en-
diminua faire sur es progrès as encouet Crozat un petit nts ; cette cause inéne; réduipmmerce, à valeur :
agricoles,
et pour en développer la prospérité elle avait besoin d’un accroissement sensible dans sa population.
Crozat reconnut bientôt l’insuffsance de ses ressources : il ne parvint point à faire fleurir la colonie par les relations de commerce que l'on s’efforça d'établir, d'un côté avec la Floride, de l’autre avec le Nouveau-Mexique; et, après plusieurs années d’épreuves et de pertes , il fit, en 1717, l’abandon de son privilége.
Alors se forma une compagnie d'Occident, à laquelle le roi accorda le droit de faire, se + vingt-cinq ans, le commerce de la Louisiane, et de recevoir du Canada toutes les peaux de castors qui proviendraient de la traite des pelleteries. Les terres, les ports, les iles de la Touisiane étaient cédés à la compagnie : elle pouvait faire la paix ou la guerre avec les nations indiennes; elle avait la propriété des mines; elle pouvait aliéner les terres de sa concession, construire des forts, y placer des garnisons de troupes levées en France, équiper des vaisseaux, établir des juges. Le roi, en se réservant la souveraineté, s’engageait à protéger la colonie contre es agressions étrangères. La com-
gnie avait ses navires de commerce :
elle devait effectuer ses retours dans le royaume; elle était exempte de droits de douane pour les marchandises qu’elle envoyait dans la Louisiane , et on lui accordait une réduction de droits sur les produits qu’elle importait en France.
La concession de ces avantages ne suffisait pas encore aux intérêts de la colonie; et pour donner un premier
mouvement à ses opérations, il lui :
fallait un crédit et des ressources effectives. On créa, pour former les fonds de la compagnie, des actions de cinq cents livres chacune, dont la valeur était fournie en billets d’etat : ces billets étaient payables au porteur ; les étrangers pouvaient en acquérir; on avait la faculté de les acheter, de les vendre, de les négocier.
La compagnie s'engageait à transporter dans la Louisiane six mille blancs
et trois mille noirs pendant la durée de son privilége; mais elle ne pouvait ponte les noirs daus les autres coonies françaises, ni envoyer ses vaisseaux sur les côtes de Guinée, où le monopole de la traite avait été réglé par d'autres dispo”itions.
La fondation de cette compagnie d’Occident était une création de Law, qui, après avoir inutilement proposé ses plans de finances à plusieurs cours d'Allemagne et d'Italie, parvint à les ‘ faire adopter en France. Le crédit de la compagnie et la perspective des richesses de la Louisiane furent les premiers mobiles que Law mit en usage pour étendre ses opérations de banque, qui n’avaient commencé, l’année précédente, que par l’émission de douze cents billets dont le capital était de six millions. Les actions de la compagnie furent bientôt portées à cent millions, et le nombre en fut rapidement accru dans une proportion bien supérieure à leur gage : la valeur en était hypothéquée sur les terres de la Louisiane , et le bas prix de leur vente mit les spéculateurs, qui voulurent faire des acquisitions dans cette colonie, en possession de domaines im- .
meuses, Où ils purent transporter des cultivateurs et des ouvriers.
L'activité des premières opérations de la compagni: d'Occident fut favorable à la colonie : de grands concessionnaires s’y rendirent. et l’on y commença de nombreux .:‘ichements.
Des espérances sans bora:s encouragegent ces entreprises; le Mississipi
evait réaliser les fables de l’Eldorado, et l’on espérait centupler en Amérique la fortune qu’on abandonnait en Europe : l’or se changeaïit en papier, le papier en territoire. Mais ceux qui négligèrent d’entrer en possession n’acquéraient qu’un titre illusoire sur des déserts incultes, où ils ne transportaient aucun habitant et où ils ne commençaient aucune exploitation. Ce titre, dont ils ne firent point usage, tomba en désuétude ; et la propriété ne resta d’une manière incontestable qu’à ceux qui l’occupèrent et qui formèrent un véritable établissement.
La compagnie d'Occident s’attacha d'abord à fortifier l’île Douphine où étaient placés les magasins ot le quartier-général de la colonie. Cette île avait été ravagée en 1710 par un corsaire anglais, et il fallait la mettre à l'abri d'une nouvelle insulte; on y construit un fort et lon y plaça une
arnison; mais au mois d'août 1717, l'entrée du port fut subitement fermée par un barrage de sable qu’un ouragan y avait amoncelé : alors il fallut cher- Cher un autre mouillage pour les vaisseaux qui ne pouvaient pas remonter jusqu’à celui de la Mobile, et l’on revint dans la rade foraine de l’île Surgère, qu’on avait déja fréquentée et qui n’est exposée qu'aux vents du nord, très-peu violents dans ces parages :
on y construisit un fort pour la sûreté des vaisseaux , et l’on transféra , pour la seconde fois, sur la plage de la baie de Biloxi, qui en est voisine, les ma- Er et le quartier-général que l'île
auphine ne pouvait plus conserver.
Huit cents colons furent envoyés en 1718 par la compagnie d'Occident : ils arrivèrent tous ensemble au Biloxi, rivage stérile où ils ne trouvèrent ni assez de provisions pour subsister, ni assez de EL Ko de transport pour
agner les différents points de la coonie : il en périt un grand nombre
u de temps après le débarquement.
es terres où devaient s’établir ceux qui survécurent aux premières victimes étaient très-dispersées : les unes étaient situées dans les cantons de Pas- “agoula, de Bâton-Rouge, des Natchez; les autres dans ceux de la Rivière-Rouge, de l’Arkansas , de l'Ohio, de PIllinois. Il fallut s’y rendre péniblement ; mais on n’éprouva de la part des Indiens aucune opposition. Les Natchez offrirent même des provisions de vivres aux familles qui vinrent se fixer au milieu d’eux; et l’on construisit sur un plateau qui dominait cette contrée, le fort Rosalie, destiné à protéger les établissements français.
Le poste le plus occidental de la colonie était celui des Natchitoches :
les Espagnols du Nouveau - Mexique avaient cherché à s’en rapprocher, et
depuis quelques années ils avaient fondé dans le pays des Cenis une mission religieuse qui devint bientôt un établissement militaire, et qui porta ensuite jusqu'aux Adayes ses postes avancés. Le gouverneur de la Louisiane avait lui-même favorisé cette mission, dans la vue d'ouvrir ainsi de lus faciles relations de commerce avec e Nouveau-Mexique. :
Le Mississipi étant devenu la ligne centrale de la colonie, on conçut le projet de fonder sur les rivages de ce fleuve la Nouvelle - Orléans, glorieux et noble établissement que sa situation destinait à devenir l’un des dt per ts ducommerce.
es plans en furent tracés en 1717 par Bienville, frere d’Iberville; et cette cité naissante, favorisée de tous les avantages que peuvent assurer la richesse d’un pays immense et l’activité de la navigation la plus étendue, reçut l’année suivante ses premiers habitants.
Cependant les ro de la colonisation allaient être interrompus par une nouvelle guerre entre la France et l'Espagne; et quoique l’avénement de Philippe V eût dû rapprocher les deux puissances, la turbulente inquiétude d’Albéroni, son ministre, faisait rompre une alliance achetée par tant de sacrifices. Cette rupture éclata en 1719 : la guerre allumée en Europe gagna promptement l'Amérique, et
érigny , qui commandait les forces navales de la Louisiane, fut chargé d’une expédition contre Pensacola. Ce fort espagnol, situé sur une hauteur qui domine l'entrée de la rade, fut brusquement attaqué et se rendit par capitulation le 14 mai; mais on n’y laissa qu’une cata de deux cents hommes, et la place fut reprise, le 7 août, ar un armement de dix-huit cents ommes, partis du port de la Havane.
Les Espagnols croyaient leurs troupes suffisantes pour s'emparer successivement de l’île Dauphine, de la Mobile et de la Nouvelle-Orléans : ils essayèrent sur les deux premiers points plusieurs attaques inutiles, et virent bientôt paraître à l’entrée de la baie
temps r Missour commu
de la M limite:o !
rent éle Pautre s du territ tions éta qu’on né une paix que leur vues, ét barbares la nation établisse main bas les Angle Ce com]
par le go uscaror
7° Li
avaient
risé cette r ainsi de Jerce avec
u la ligne conçut le ivages de ans, glont que sa r l’un des ommerce.
n 1717 par , et cette e tous les urer la rit l’activité due, recut iers habi-
la coloni- Jmpus par France et nement de er les deux inquiétude aisait romar tant de éclata en en Europe érique, et s forces naargé d’une a. Ce fort auteur qui , fut brust par capin’y laissa ents hom- | le 7 août, huit cents la Havane.
rs trou successivee la Mobile ils essayépoints pluet virent de la baie
de Pensacola une escadre française, commandée par Champmeslin : elle s’empara d’un fort que les Espagnols venaient d’ériger vers la pointe de l’île de Sainte-Rose ; elle captura ensuite leurs vaisseaux après un vif combat; et Pensacola, investi par les Français et par les sauvages qui s'étaient réservé l'attaque de terre, fut contraint de capituler le 17 septembre. Ainsi dans la même année cette forteresse fut assiégée trois fois. Ces expéditions consécutives font Jueer de l'intérêt que l’on attachait de part et d’autre à la possession d’un port si avantageusement situé sur une côte qui n'offre qu’un petit nombre d’abris. Le sort de cette place dont on se disputait la conquête allait étre fixé par des négociations : on conclut bientôt une suspensiond’armes , et ,en 1721, Pensacolafut rendu à l'Espagne, après la signature de la paix.
La compagnie d'Occident avait été réorganisée dans l'intervalle : elle fit de puissants efforts pour améliorer la situation de la Louisiane. La Nouvelle- Orléans recut des habitants plus nombreux, et l’on y transféra le quartier-
énéral de la colonie; Juchereau de
aint-Denis alla commander le posts des Natchitoches, où il avait longtemps résidé : ceux de l’Arkansas, du Missouri, de l'Illinois, protégèrent les communications avec le nord, et celui de la Mobile continua de défendre la limite orientale. Deux autres forts furent élevés, l’un sur les bords du Tombegbe pour surveiller les Choctaws, l’autre sur la rive de l’Alibsma près du territoire des Creeks. Ces préoautions étaient d’autant plus nécessaires, qu’on ne pouvait jamais compter sur une paix durable avec les sauvages, et que leurs hostilités, toujours imprévues, étaient signalées par les plus barbares fureurs. On avait vu, en 1713, la nation des Tuscaroras attaquer les établissements de la Caroline, et faire main basse au même instant sur tous les Anglais voisins de cette frontière.
Ce complot fut promptement vengé par le gouverneur de la colonie : les
uscaroras furent attaqués à leur tour;
on ne leur fit aucune grace, et ceux qui écha tà ced se réfugièrent les Iroquois et furent admis dans leur confédération.
Un attentat semblable, exécuté deux ans après par la tribu sauvage des Yamassees , offrit les mêmes exemples de cruauté, et il eut les mêmes résultats.
Un grand nombre d’Anglais de la Caroline étant tombés à la fois sous les coups de ces barbares, ceux-ci furent vivement poursuivis ; on immola tout ce qu'on put atteindre, et les restes de leur nation se retirèrent sur le territoire de la Floride.
Quoique les fureurs des Indiens eussent été punies par les plus terribles représailles, cependant elles répandaient l’effroi dans les établissements européens voisins des nations sauvages. On avait à chercher une garantie contre leurs féroces hostilités, et les opinions variaient sur le système à suivre. Les uns pensaient que pour maintenir la sécurité des Européens, il fallait attiser la guerre entre les tribus indigènes; les autres, attribuant leur haine à la crainte qu’elles avaient d'être expulsées de leur territoire, croyaient qu’il fallait recourir à des traités de limites avec elles, afin de sanctionner par leur | hp consentement la possession des terres qu'on occupait dans leur pays, et de leur assurer, par un acte solennel, le libre pese et le domaine des campagnes, des forêts, des fleuves, etde tous leslieux de chasse et de pêche qui leur étaient réservés. Ce dernier parti, le plus conforme aux règles de l’humanité, fut adopté, en 1721, par Francis Nicolson, gouverneur de la Caroline : il corvint avec les Chérokees et avec les Creeks, de la ligne de démarcation qui devait les séparer des colonies anglaises.
Sans borner de la même manière le territoire de la Louisiane, le gouverneur de cette colonie parvint à entretenir de paisibles relations avec les Indiens, et les mésintelligences qui survinrent, en 1722, entre les Français et les Natchez furent promptement conciliées. Le rétablissement de la bonne harmonie permettait de faire
7° Livraison (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. ) 7
présents qu’il destinait à tous les chefs 1 Ten a il revint au mnt e l’Arkansas s une absence heureuse
e ment employés
explorer avec plus de sécurité l'intérieur de la Louisiane : Le PPT
caines, voisines de l’Arkansas et du Missouri, Bienville, qui était slors À 94 verneur de la Louisiane, résolut de se porter médiateur entre les belligérants, et de rapprocher, par un arrangement qui serait conclu sous la protection de la France, les tribus indiennes situées à l'occident du Mississipi. Le gouverneur du Canada avait donné, en 1701, ce salutaire exemple, en ge cifiant toutes les contrées voisines des grands lacs; et Bienviile, imitant cette ne pr conduite, fit partir du fort e l’Arkansas une députation qui se rendit, au mois de juillet 1724, dans la tribu des Kansez, près de la rivière qui porte leur nom. Il y vint différents chefs des Missouris, des Osages, des Ottoways, des Panis, des Padoucas; leurs intérêts, leurs griefs furent discutés dans plusieurs assemblées; l’euvoyé re s en devint l’arbitre; il régla leurs différends, et les Padoucas, anciens ennemis des Kansez, dérent leur haine. « Depuis long- « temps, dit leur chef, le soleil est « rouge où couvert de nuages, les eaux « sont troubles et sanglantes, la terre « est dévastée, et les champs qui nous « séparent sont hérissés d’épines. En- « fin le jour devient plus brillant, l’eau .« plus claire et plus pure, la terre re- « prend ses fleurs, et la paix aplanit « Les chemins. Suivons la volonté de « notre père, et que le tomahac, jeté « dans le fleuve, roule avec ses eaux « jusqu’à la grande rivière qui doit l’en- « sevelir sans retour. »
Lorsqu’on eut pris ces résolutions solennelles, l'envoyé français se rendit chez les Padoucas avec les députés indiens : il y reçut de la nation entière les mêmes assurances de rwaix: les
quatre mois à cette pacification.
Durant plusieurs années aucun événement ne troubla la tranquillité de la Louisiane. Cependant il y avait moins à ge sur les dispositions des tribus placées entre le cours du Mississipi et les Apalaches : un commun sentiment d'inquiétude et de défiance les animoit contre les Européens qui les environnaient de toutes parts, et qui ne pouvaient s’agrandir sans leur nuire. Les Indiens voisins de la Caroline y commettaient de fréquentes violations de territoire, et la Floride était exposée aux incursions des Choctaws; tandis que les Creeks, mieux convaincus des avantages de la paix, cherchaient à rester neutres au milieu des guerres qui éclataient autour d'eux.
La nation des Chikasaws était la plus nombreuse de celles qui touchaient la Louisiane; elle était aussi la plus inquiète et la plus hostile; constamment occupée à susciter des ennemis à la colonie française, elle réussit enfin à inspirer aux Natchez ses préventions et sa haine; et ceux-ci commencèrent à voir avec ombrage l'établissement du fort Rosalie, érigé sur leur territoire.
Lorsque Périer remplaça Bienville dans le gouvernement de la Louisiane, il reconnut bientôt la nécessité d'y entretenir un plus grand nombre de troupes, et il en fit inutilement la demande à la compagnie d'Occident.
Les périls augmentèrent, et en 1729 une grande injustice, commise envers les Natchez par le commandant du fort Rosalie, faillit entraîner la destruction de la colonie entière.
Les Natchez étaient plus polieés e les peuplades voisines, au milieu esquelles ils étaient transplantés depuis plus de deux siècles. La tradition, nie nommaient l’ancienne parole, eur apprenait que leurs ancêtres , établis vers le coucher du soleil, s’étaient alliés aux hommes blancs, aux guerriers du feu, quand ceux-ci vinrent sur leurs villuges flottants envahir les
adition, parole, es, étas'étaient x guervinrent abir les
NES d'Anahuac. La tradition L 2 tait que le vieil empire, que l'héritage des Caciques fut alors subjugué, que les Natchez furent attaqués à leur tour, et qu'ils ne purent sauver leur indépendance qu’en s’expatriant et en se retirant loin des vainqueurs : ils gagnèrent ainsi de proche en proche les contrées qu’arrose le Mississipi; ils voulurent même prendre ce fleuve pour barrière, et ils s'établirent enfin sur la rive orientale. Entourés de nations plns sauvages dans le lieu de leur retraite, ils eurent bientôt dégénéré de leurs premières institutions, et ils contractèrent, au milieu de leurs
guerres avec les autres Indiens, les .
mêmes habitudes de férocité envers leurs ennemis et leurs prisonniers.
Néanmoins on retrouvait encore dans ré Se de leurs usages domestiques, de leurs principes religieux et des procédés de leur industrie, plusieurs traces d’une civilisation qui fut autrefois plus avancée. Ils avaient une langue particulière; ils croyaient au grand esprit, et à des esprits intérieurs, chargés d'accomplir ses ordres et d’être les ministres de sa colère ou de ses bienfaits : ils commençaient leur année vers l’équinoxe du printemps, donnaient aux mois les noms des animaux ou des plantes utiles à leur subsistance, avaient des villages mieux bâtis, des champs mieux cultivés, des Pa de société civile moins imparfaites que celles des autres Indiens.
Le temps avait réduit leur nombre
mais ils avaient gardé cette fierté e
cet esprit d'indépendance qui s’irrite contre la force et qu’on ne peut blesser impunément.
2 commandant du fort Rosalie, après avoir cherché dans les campagnes voisines le lieu où il pourrait former un grand établissement agricole, avait jeté les yeux sur le village de la Pomme occupé par une tribu de Natchez : i en fit venir le chef, lui déclara que ce village devait étre évacué par les habitants, et qu’il l’avait choisi joue y fixer lui-même sa résidence. Le chef indien chercha vainement à le toucher, en lui rappelant l'accueil que les
Natchez avaient fait à nation.
« Quand vous êtes venus nous deman- « der de la terre, nous vous en avons « accordé : nous en avions assez pour « vous et nous. Le même soleil « nous éclairait; la même terre pou- « vait nous nourrir, recevoir nos tom- « beaux et passer à nos enfants. Pour- « quoi nous ravir les forêts, les « prairies que nous geons avec « vous, les cabanes où nous vous avons « reçus, la natte où nous fumämes « ensemble le calumet de paix ? »
Mais le chef indien ne put fléchir cet insensé, et il obtint, pour toute grace, que le départ des habitants du village serait différé jusqu’après la moisson ; il fallut même ach par un tribut en grains le délai qui leur était accordé. Alors le chef médite une sanglante vengeance : les anciens sont rassemblés; la des Frane est résolue dans leur conseil.
ais ce n’est point assez de détruire les habitants du fort Rosalie, c’est la ruine de la colonie entière qu’il faut obtenir : une attaque partielle n’attirerait 1 de funestes représailles. Suffirait-elle d’ailleurs au ressentiment des Indiens? Leurs oppresseurs ne sont-ils pas partout les mémes, et v'ont-ils pas conspiré la destruction de toutes leurs tribus ? | Ce gris d’un seul homme devient bieutôt celui de tous les autres. Le grand chef ou grand suleil des Natchez epson cette conjuration; tous les chefs particuliers y prennent part; les autres nations voisines sont invitées à s’y joindre; le jour de la destruction est fixé, et ce complot est encore en:
veloppé d’un profond m . Mais la mére du grand chef des N étant parvenue à le découvrir, ne put soutenir l’idée d’un si barbare attentat. File airaait la nation proscrite, elle avait eu d’intines liaisons avec un Français ; et cette femme, retenue par de contraires affections, n'osa pas divulguer complétement le fatal secret; mais clle en dit assez à quel jeunes Indiennes qui aimaient les Français, pour que ceux-ci fussent prévenus qu’il se tramait contre eux une conju-
ration. Ils en avertirent le commandant du fort; et tel était l’aveuglement de cet officier qu’il les traita de lâches, les fit arrêter et méprisa ‘curs avis.
Enfin le jour de l'exécution était arrivé. Les Indiens vinrent de toutes parts, le 28 novembre 1729, dans la résidence du commandant, sous prétexte de lui remettre leur redevance en grains; et, tandis qu'ils affluaient dans la forteresseavec leurs nombreuses charges, d’autres se répandaient, sous divers prétextes, dans les habitations isolées qui avaient été élevées aux environs sous la protection du chef-lieu de la colonie. Le signal fut donné aux conjurés par “quelques coups de fusil.
tirés dans le fort. Aussitôt le commandant est égorgé ; lessoldatssontassaillis avant d’avoir pu se réunir : des assassins, apostés auprès des victimes qui leur sont désignées, les frappent à la fois. Le même massacre s’accomplit dans les campagnes, et toutes les habitations sont baignées de sang. La colonie française des Natchez se composait de sept cents personnes, il en périt le plus grand nombre : on n’épargna que les noirs attachés aux plantions, cent cinquante enfants et quatre-vingts jeunes femmes qui furent réservés comme esclaves. Ceux des blancs qui s’échappèrent ne durent leur salut qu’à l'obscurité des asiles où ils se réfugièrent, ou aux sentiments de pitié de quelques Indiens dont ils avaient été les bienfaiteurs, et dont le cœur s’attendrit au moment du crime. Après le massacre on pilla les habitations; le fort fut détruit, et les armes et les provisions de guerre en furent transportées dans un autre emplacement, que les Natchez environnèrent de plusieurs enceintes de fortes palissades. Tous les établissements dispersés dans le voisinage furent également dévastés. Les Français avaient élevé un fort dans la contrée des Yasous, ils y furent égorgés : ils eurent le même sort aux environs ; et les meurtres se seraient étendus plus au loin, si quelques incidents n’avaient fait rap rocher le moment de l’exécution. Plusieurs alliés des Natchez se
voyant devancés crurent avoir été trahis, et n’espérant plus surprendre sans défense les Français établis au milieu d’eux, ils n’attentèrent pas à leurs jours. Une conspiration formée pr quelques noirs fut en même temps
écouverte à la Nouvelle-Orléans ; les auteurs en furent arrêtés, et l’on ne douta pas que leur plan ne füt lié au complot qu’avaient si cruellement exécuté les Natchez.
A la nouvelle d’un si tragique. événement, la Louisiane se couvrit de deuil. Périer, qui en était gouverneur, résolut de venger tant de sang répandu; mais ses forces étaient insuffisantes :
il eut recours à l’alliance des Choctaws, il l’obtint; et tandis que leurs pe marchaient vers le territoire
es Natchez, un corps de deux cents Français, commandés par le major de Loubois, prit la même direction.
Il fallait d’abord sauver les femmes-et les enfants que les Indiens retenaient en esclavage, et tel était le premier but de l'expédition. Les Choctaws, qui arrivèrent, le 27 février 1730, au pied de la forteresse où s'étaient retranchés les Natchez, y restèrent longtemps dans l’inaction; et quand les troupes françaises arrivèrent, elles investirent et assiégèrent le fort, qui se défendit jusqu’au 25 mars. Enfin l’ennemi demanda à capituler, et il offrit de rendre tous ses esclaves; mais il menaçait de les brûler si les assié- Épas ne se retiraient pas vers le bord
u fleuve : Loubois, pour leur sauver la vie, consentit à cette condition, et les femmes, les enfants et les noirs lui furent remis. Il voulait ensuite renouveler l'attaque de la place, mais pendant la nuit tous les Natchez l’évacuèrent, et Loubois n’y trouva que des habitations désertes. Il détruisit les retranchements indiens, fit relever dans le voisinage le fort Rosalie où il laissa une garnison, et ramena à la Nouvelle-Orléans, pour glorieux tro-
hée de son expédition, le cortége déivré par ses soins, les femmes qn avaient échappé au massacre de leurs époux, et ces faibles enfants que leur âge avait fait épargner.
investi étaient
été trarendre blis A | pas
trié e temps ans ; les l'on ne t lié au ent exé-
ue. évéivrit de erneur, épandu; isantes :
s Chocue leurs erritoire ux cents e major irection.
mines-et etenaient premier aws, qui
, au pred
; retranent longuand les
| elles int, qui se nfin l’ent il offrit ; mais il les assiérs le bord ur sauver dition , et les noirs nsuite reace, mais htchez. l’éouva que détruisit fit relever salie où il ena à la rieux troortége démmes qui e de leurs s que leur
Mais la guerre était encore engagée avec les Natchez : ils avaient fui, en restant animés du même esprit de haine ; c’étaient des ennemis irréconciliables, et leurs barbares hostilités mirent entre eux et la colonie une barrière insurmontable. Ils surprirent et massacrèrent dans les forêts une partie des soldats et des ouvriers qui allaient y chercher des matériaux pour la construction du nouveau fort ; ils attaquèrent des voyageurs, ils pillèrent des habitations isolées; et n’espérant plus se maintenir sur leur territoire, lorsqu'ils eurent appris que l'on faisait contre eux de nouveaux préparatifs, ils abandonnèrent la contrée qu'ils occupaient près du fort Rosalie, et se retirèrent sur la rive occidentale du Mississipi, vers les hauteurs qui séparent les bassins de la Rivière-Rouge et de l’Arkansss.
Les désastres que la fureur des Natchez avait fait sai à la Louisiane augmentèrent les pertes de la compagnie d'Occident. Il devenait plus difficile de les réparer : les illusions, les espérances qui avaient séduit les premiers colons s’étaient évanouies ; le prestige ne pouvait plus renaître; et pour remettre en valeur cette possession, ilfallait lutter contre de nombreux obstacles. La compagnie n'étant plus en état de les surmonter, abandonna au roi en 1730 toutes les concessions u’elle avait obtenues, et lui fit laremise
e la colonie. Périer en conserva le gouvernement. Il projetait une nouvelle expédition contre ies Natchez.
On lui envoya de France un léger renfort de troupes, et ses préparatifs ayant été terminés au milieu de l’hiver, il remonta le Mississipi, la Rivière- Rouge, la Rivière-Noire, le Bajoucd'Argent, pour aller à la recherche de l'ennemi, dont il était encore séparé par de vastes forêts. Un jeune Indien que les Français surprirent à la pêche leur indiqua, en voulant leur échapper le sentier qui conduisait au rincipal établissement des Natchez, et le nouveau poste qu’ils avaient fortifié fut investi le 20 janvier 1731. Les Indiens étaient résolus à se défendre, its firent
avec audace plusieurs sorties pour arréter les progrès de la tranchée; mais l'explosion d'une bombe qui tomba an milieu du fort, dans le quartier occupé par les femmes et les enfants, fit tout à coup éclater des cris lamentables ; et les Natchez, n’espérant plus pouvoir se défendre, firent des signaux pour obtenir une suspension d'armes et une capitulation. Ils espéraient prolonger la négociation jusqu’à la nuit, afin de s'évader au milieu des ténèbres ; mais on surveillait les approches de la place, et la plupart de ceux qui en sortaient y furent rejetés.
Un petit nombre s’enfuit, les autres se rendirent à discrétion, et ils furent emmenés comme esclaves à la Nouvelle-Orléans ; les femmes furent disersées dans les habitations de la coonie, et l’on transféra les hommes à Saint-Domingue. Ainsi vint à s’éteindre une nation ennemie qu’une première offense avait révoltée : l’'imprudent orgueil d’un homme avait amené cette longue série de crimes et de calamités. Déplorable exemple de l’abus du pouvoir et de Paveugle irritation de tout un peuple qui, en conjurant la perte de ses ennemis, prépare sa propre ruine!
Le grand chef des Natchez était au nombre des prisonniers qu’on avait faits, et les Indiens qui avaient pu s'échapper de la place étaient trop faibles pour chercher à se réunir sous un nouveau chef; ils se réfugièrent chez les Chikasaws et leur demandèrent de les adopter. Ce droit d’asile était connu dans toutes les contrées sauvages de l’Amérique. Lorsqu'une netion, ravagée par la guerre ou par d’autres fléaux, était près de s’anéantir, ses débris pouvaient être recueillis.
par un nouveau peuple : elle lui en-.
voyait les orateurs chargés de lui peindre ses désastres et de lui adresser ses supplications. « La terre de « nos pères est envahie; l'incendie a « dévoré nos forêts, nos habitations, « nos récoltes ; il ne nous reste que « des armes. Accordez-nous de vivre « avec vous, de partager vos fatigues, « de combattre vos ennemis, »
Cette hospitalité, que l’on refusait rarement au malheur et à la prière, prescrivait de mutuels devoirs. et ver des familles fugitives avaient
adoptées par une nation, elles partageaient toutes ses destinées; elles étaient placées sous sa protection immédiate; leurs anciens ennemis ne pouvaient les poursuivre sans entrer en guerre avec le peuple qui les avait reçues.