‹ États-Unis d'AmériqueChapitre 9 sur 29 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

DÉBARQUEMENT DES ANGLAIS A LONG-Is-

LAND. Bataille de Brookltn. Fermeté DU CONGRÈS. Accroissement et ob«ga-

NISATION DES troupes DE TERRE. AR"?

mements maritimes. Envoi d'une mission EN FRANCE. DISPOSITIONS QU'eI.LK Y TROUVE ENVERS LES AMÉRICAINS. SuiTE DES OPÉRATIONS DE LA GUERRE SUR LES DEUX RIVES DE l'HuDSON , VERS LE LAC ChAMPLAIN ET SUR LES BORDS DE LA

Delaware. Combats de Trenton et de Princeton. Fin de la campagne d^ns LE New-Jersey.

Quoique l'indépendance américaine eût été, dès l'origine du congrès, le but auquel tendaient la plupart de ses membres , cependant cette grande mesure avait été longtemps préparée avant d'être mise à exécution. Deux années d'épreuve avaient mûri le projet qu'on avait conçu : en suspendant "la décision on l'avait fait désirer plus vivement; et lorsqu'elle fut enfin adoptée par le congrès, elle sembla lui être dictée par l'opinion publique.

La gravité des périls dont les États- Unis étaient alors menacés exigeait de leur part une nouvelle énergie : la Grande-Bretagne avait assemblé ses forces pour les soumettre ; elle allait fondre sur un pays oiî elle pouvait être

ET A TS - U ^ 1 s TfA M É R I OU E.

secondée par de nombreux partisans, et, en opposant des troupes aguerries à des corps de milices et de volontaires levés à la hâte, elle espérait de faciles avantages. L'évacuation de Boston par les troupes britanniques ne les avait pas affaiblies, elle n'avait fait que déplacer le théâtre de la guerre. Ces troupes, longtemps sur la défensive, avaient à venger une récente disgrâce : elles allaient attaquer à leur tour, et les puissants renforts qu'elles avaient reçus , les escadres mises à leur disposition, leur permettaient de se montrer partout avec la supériorité des armes, de la discipline et du nombre.

Une attaque vers le centre des colonies anglaises fut regardée comme le moyen le plus propre à désunir les forces des Américains, à rallier autour de soi les amis de la cause royale, qu'on pouvait y attirer de différents points , et à mettre l'armée en communication, soit avec les troupes du Canada, soit avec les nations indiennes, dont on se promettait la coopération. Ce fut vers l'État de New- Vork que l'expédition des Anglais fut dirigée (voy. j^l. 52).

La ville de New-York est située à l'extrémité méridionale d'une île de ce nom , qui se prolonge du nord au sud, entre l'Hudson et la rivière de l'Est.

On pénètre par les eaux de l'Hudson , dans les parties septentrionales de la colonie. L'embouchure de la rivière de l'Est sépare ]New-York du bourg de Brooklyn , et comme elle est assez étroite pour que l'artillerie puisse battre en brèche d'une rive à l'autre , l'occupation deceposteavancédevientutile à la défense de la place. Washington fit passer à Brooklyn un corps de douze mille hommes, commandé par le général Putnam ; et cette position fut couverte par une ligne de retranchements, qui s'étendaient depuis la baie de Wallabond jusqu'à de profonds marais voisins de l'anse de Gowan.

L'île du Gouverneur, située au midi de New-York, dont elle couvre les approches, était occupée par un corps de deux mille hommes, et un autre détachement fut placé sur la rive occi-

dentale de l'Hudson , à Powles Hook , qui domine l'entrée de ce fleuve.

Il n'était pas alors au pouvoir des Américains de fortifier des positions plus avancées vers la mer. Une escadre anglaise , mouillée dans la baie , était maîtresse des Narrows, ou du détroit qui eu forme l'entrée : elle pouvait, sur l'une et l'autre rive de ce passage, entretenir de libres communications, d'un côté avec Staten-Island , de l'autre avec Long-Island; et d'autres flottes amenaient sur le même point différents corps d'armée, qui s'élevèrent enfin jusqu'à vingt-cinq mille hommes; les troupes de Hesse et de Brunswick en formaient la moitié.

Il y eut, le 28 juin 1776, un premier débarquement à Sandy-Hook , pointe de terre avancée qui appartient au New-Jersey , et que l'on reconnaît en approchant de la baie de New-York .

Le 2 juillet, les troupes descendirent à Stàten-Island; la Hotte était commandée par l'amiral Howe, l'armée l'était par le général son frère, et les opérations de terre et de mer se combinaient avec un parfait accord. Les Anglais trouvèrent dans les lieux où ils descendirent un grand nombre de secours en vivres et en approvisionnements : les habitants leur paraissaient animés des dispositions les plus favorables, et le général Howe se persuada que cette opinion était générale, que l'imposant appareil de ses forces intimiderait les insurgés , que si ou leur faisait espérer de rentrer en grâce, ils pourraient encore être disposés à la soumission. Le gouvernement britannique l'avait autorisé à offrir des amnisties, et à promettre la paix du roi aux provinces et aux villes qui abandonneraient la cause des rebelles.

Cette promesse fut publiée partout, et l'on exagérait en même temps les forces qu'allait déployer l'Angleterre.

Les esprits timides étaient ébranlés :

ils craignaient d'aggraver par la guerre les malheurs de leur patrie; et le générai Howe, voyant cette opinion s'étendre, désira correspondre avec Washington lui-même sur les moyens d'amener un rapprochement entre les

14' Livraison. (Etats-Unis D'AjiÉr.roT'E.

L'UNIVKRS.

deux pays. Mais en lui écrivant il évitait de faire mention de son caractère public, et la lettre n'était adressée qu'à M. George Washington.

Le général américain refusa de la recevoir : il n'avait à suivre, comme particulier , aucune correspondance avec le chef de l'armée ennemie; et dans ses relations officielles, il avait à réclamer le titre que le congrès des États-Unis lui avait conféré. Sa mission ne pouvait être équivoque, et il ne voulait point qu'on parut méconnaître l'autorité de qui émanaient ses pouvoirs : ce n'était pas s'attacher par susceptibilité à une pointillerie d'étiquette, c'était soutenir par sentiment de devoir et de convenance une question de droit et de dignité. Un aide de camp du général anglais fut alors envoyé à Washington , pour lui offrir quelques explications insuffisantes, et pour lui exprimer le désir de conclure un arrangement: mais cette entrevue n'eut aucun résultat. Washington fit entendre qu'il n'était pas autorisé à négocier. Il s'étonnait d'ailleurs qu'on voulût traiter en coupables les Américains, en leur offrant une amnistie, qui ne convenait point à des hommes irréprochables et dévoués à la défense de leur patrie. Ces premières démarches du général Howe ayant échoué, il ne resta plus qu'à décider, les armes à la main, cette grande querelle, et à recourir à la dernière raison des nations et des rois.

L'intention du général Howe était de commencer dans Long-Island ses opérations militaires. Cette île lui offrait toutes les ressources nécessaires pour la subsistance de son armée : elle le mettait à portée du Connecticut, de New-York et du New-Jersey, et lui donnait la facilité de choisir tous ses points d'agression. Le 22 août 1776, l'armée britannique débarqua sur la rive occidentale de Long-Isbnd, entre les bourgs de Gravesend et d'Utrecht, et prolongea sa marche sur le versant méridional des hauteurs de Guant, qui la séparaient de l'armée américaine.

Les principaux passages de cette cliaîne étaient gardés au centre par le général

Sullivan, à droite par les généraux | Parsons et Stirling, et à gauclie par le i colonel Miles. |

Les Anglais ayant résolu d'attaquer ' ces trois points, afin de se porter en- ] suite sur le camp retranché que le général Putnam occupait à Brooklyn, partagèrent également leur armée en trois divisions : celle du centre était sous les ordres du général Heister; celle de gauche était commandée par le général Grant, et l'aile droite, qui était la plus nombreuse, se composait de trois corps, conduits par Clinton, Percy et Cornwallis. La principale attaque lui était réservée; le générai Howe qui la dirigeait eut soin de masquer ses mouvements, et tandis que Heister, à la tête des Hessois , et Grant , à la tête d'un corps britannique, engageaient l'action contre les troupes qui leur étaient opposées, l'aile droite, formée en colonne, poursuivait sa marche le long des hauteurs, pour se porter plus au loin vers les passages les moins difficiles et les plus faiblement gardés. Elle parvint, en éprouvant très-peu de résistance, sur le revers septentrional de la chaîne élevée qu'elle avait franchie, et, après avoir tourne l'aile gauche américaine , qui futpromptement dispersée, elle vint attaquer en flanc les troupes du centre, commandées par Sullivan, et déjà vivement pressées par le général Heister. Les Américains, accablés par le nombre, voulurent se replier vers le camp de Brooklyn; mais la retraite leur était coupée par d'autres troupes anglaises que Clinton avait fait rapidement porter dans l'intervalle : ils se trouvèrent enveloppés de toutes parts , et en cherchant à s'ouvrir un passage ils éprouvèrent une perte considérable. L'aile droite des Américains gardait encore avec vaillance ses positions contre le général Grant; mais elle fut ensuite investie par les troupes britanniques qui avaient tourné le centre : elle était aussi battue en flanc par l'artillerie de quelques vaisseaux anglais , stationnés près du littoral ; et ne pouvant plus se défendre, elle perdit un grand nombre d'hommes , soit par le feu de l'ennemi ,

soit en traversant les marais qui la séparaient du camp.

Le général Howe dut sa victoire à l'habiieté de ses manœuvres : il ne perdit que quatre cents hommes dans ce combat, qui en coûta plus de trois mille aux Américains. Toutes les mesures que Sullivan avait prises pour disputer le passage des hauteurs n'avaient pas été observées, et l'inexécution d'une partie de ses ordres avait nui à l'ensemble de sa défense. Les deux ailes n'entretinrent pas de communications avec le corps principal, et les Américains s'étant réduits à combattre isolément sur différents points, sans connaître les véritables périls les uns des autres , se privèrent des moyens de s'entre-secourir. Aussitôt que leur droite eut été forcée, l'ennemi put attaquer avec ses forces réunies chacun des deux autres corps. Sullivan, qui s'était défendu avec courage, ne put pas trouver la mort : il fut au nombre des prisonniers.

Après un avantage si décisif, le général Howe se porta rapidement vers le camp retranché de Brooklyn ; mais il trouva cette position gardée par d'autres troupes américaines qui n'avaient eu à prendre aucune part à l'action.Washington venait d'y arriver luimême, et si la défaite eilt été moins complète, il aurait essayé de rétablir le combat; mais les progrès de l'ennemi étaient déjà si rapides qu'on ne pouvait plus espérer de changer le sort de la journée. Le général américain ne voulut pas exposer à une ruine inévitable les corps qui pouvaient un jour l'aider à réparer ses pertes : il reconnut même qu'après cette défaite la position de Brooklyn ne pouvait plus être gardée: un conseil de guerre, dont il voulut prendre l'avis, partagea cette opinion, et deux jours après le combat la retraite fut effectuée avec ordre, dans la nuit du 29 août. Washington fit transporter à New-York l'artillerie , les bagages , les munitions , les troupes , et après avoir veillé au salut de tous, il s'embarqua le dernier.

L'île du Gouverneur fut évacuée plusieurs jours après : il devenait inu-

tile de la garder, et ce poste militaire ne pouvait plus défendre les approches du port, depuis qu'on avait perdu ses positions sur le rivage de Lon.^-Island.

Le commandant des forces britanniques crut alors pouvoir renouveler avec plus de conûance la proposition d'un arrangement : il fit témoigner au congrès le désir d'avoir une entrevue avec quelques-uns de ses membres, et le message et la réponse furent portés par le général Sullivan : honorable mission d'un prisonnier de guerre, qui, momentanément affranchi sur sa parole, était assez estimé de ses amis et de ses ennemis pour devenir, dans une circonstance si grave, leur mutuel interprète. Trois députés du congrès furent envoyés au général Howe : c'étaient Franklin, John Adams et Rutledge.Leur conférence avec lui eut lieu le 11 septembre, sur la rive méridionale de Staten-Island; mais elle n'eut aucun succès. Les bases proposées de part et d'autre étaient trop différentes : le général anglais ne promettait la révocation des actes de son gouvernement que lorsque les colonies rentreraient dans la soumission; et les députés américains lui ayant déclaré que les États-Unis ne retourneraient plus sous la domination de l'Angleterre, les conférences furent rompues.

Le congrès approuva la conduite de ses envoyés.

Quel était le principe de sa confiance et de son énergie, et quelles étaient les ressources dont il pouvait disposer? Ces questions méritent sans doute d'être éclaircies : leur examen nous conduit à reconnaître cet esprit de vie et de force qui anima dès l'origine la confédération américaine , qui la soutint au milieu des crises les plus difficiles, et qui put enfin assurer son triomphe.

Il s-e rencontre , parmi les hommes constamment occupés du sort de leur pays, un petit nombre d'esprits supérieurs qui sont appelés à influer sur sa destinée : ils observent les mouvements progressifs de l'opinion cessent , quand il le faut , de suivre les routes battues et creusées pendant plu-

sieurs siècles , et regardent le perfectionnement des institutions humaines comme le plus digne sujet de leurs méditations. On vit briller dans le congrès des États-Unis quelques-uns de ces hommes remarquables : embrassant dans leur vaste intelligence les intérêts de tout un peuple , ils mesurèrent la portée de ses forces , voulurent l'affranchir de ses entraves , et appelèrent une nation à l'existence. Ces hommes devaient jouir de la faveur d'une assemblée qui se dévouait à la cause publique : on accueillit à l'unanimité les vues et les espérances que leur génie avait conçues ; on ne fut intimidé par aucune menace , ni arrêté par aucun obstacle ; et le congrès ayant juré l'indépendance resta constamment fidèle à sa promesse. Il avait tout à créer pour le soutien d'une si grande cause. Les milices coloniales ne suffisaient plus à la défense d'un pays attaqué par des troupes régulières et disciplinées: elles avaient souvent à se pourvoir ellesmêmes de leur équipement et de leurs armes ; les fusils étaient de différents calibres : un grand nombre d'hommes n'en avaient pas ; on manquait de munitions, d'uniformes , d'effets de campement ; l'artillerie était mal servie ; les convois , les administrations de subsistances n'étaient pas organisés , et leur service ne pouvait pas être suppléé par des entreprises particulières.

Aussi l'on était constamment exposé aux plus pénibles privations ; et lorsqu'une campagne était terminée , ces hommes aspiraient à reprendre les paisibles occupations de la vie privée :

ils regardaient leurs devoirs militaires comme accomplis.

Pour avoir des troupes habituellement disponibles , on leva des corps de volontaires qui s'engageaient pour un plus long temps ; on rendit leur armement plus régulier, et une solde fixe leur fut assurée; mais si les expéditions pour lesquelles ces hommes s'étaient enrôlés traînaient en longueur et devaient employer plusieurs campagnes , ils menaçaient d'abandonner leur service. On eut de nombreux exemples de ces retraites imprévues , peu- .

dant la longue durée du siège de Boston , et pendant la guerre d'invasion dirigée contre le Canada. Les généraux eurent souvent à craindre la dissolution de leurs armées, soit par l'effet de cette indiscipline, soit à. l'expiration légale des enrôlements.

De si difficiles épreuves , et des périls sans cesse renaissants firent enfin reconnaître qu'il ne suffisait pas d'engager des volontaires pour une seule expédition. Les hostilités n'étaient plus locales et temporaires; la guerre devenait générale et continue : il fallait pouvoir compter sur des hommes obligés de servir jusqu'au retour de la paix; mais l'époque en était trop indécise et trop éloignée pour que l'on fût disposé à l'attendre. L'esprit et l'intérêt de localité avaient d'ailleurs continué de nuire à la formation d'une armée nationale. Les habitants d'une province étaient prêts à la secourir si elle était directement menacée , mais ils n'étaient pas assez convaincus qu'ils devaient aux pays voisins un appui semblable , qu'ils n'étaient forts que par leur concours, et qu'en isolant leur défense ils mettaient en péril la confédération entière.

Le congrès résolut de remédier à de semblables causes de désorganisation et de faiblesse , en ordonnant la formation d'une armée de troupes de ligne , à laquelle chaque État fournirait son contingent, et qui serait composée de quatre-vingt-huit bataillons , et en décidant que les enrôlements seraient contractés jusqu'à fin la de la guerre. On assura des récompenses aux hommes qui auraient défendu leur pays , et chacun d'eux put s'attendre à recevoir, après la conclusion de la paix , une concession de terre proportionnée à son grade.

La situation de la marine avait aussi éveillé les sollicitudes du congrès, et dès le commencement des hostilités on avait encouragé les armements. La colonie du Massachusett s'en était occupée la première : les obstacles opposés par l'Angleterre à son commerce et à ses pêcheries avaient enlevé aux équipages des navires leurs premières

ÉTAÎS-UNIS D AMÉRIQUE.

ressources , et ils en cherchèrent de nouvelles en attaquant les navires anglais dans les parages de l'Acadie, de Terre-Neuve, des Antilles, et jusque dans les eaux de la Grande-Bretagne.

Les bénéfices de la course succédèrent ainsi à ceux du commerce : l'activité, l'audace des marins les disposaient à cette profession périlleuse; et si les uns étaient excités par l'attrait et les faveurs de la fortune, d'autres, plus vivement animés du désir deservir leur pays , s'attachaient à intercepter les convois d'armes et de munitions destinées à l'ennemi. Ils cherchèrent, pendant toute la durée du blocus de Boston, à isoler dans ce port la garnison anglaise , à s'emparer de tous les secours qu'elle pouvait recevoir par l'Océan, et à la réduire à la famine , tandis que les troupes de terre la privaient des ressources du continent, et poursuivaient contre elle les travaux du siège.

Ces armements en course se multiplièrent dans tous les ports, à mesure qu'on eut à souffrir de l'interruption du commerce. On y trouvait une occasion de se signaler : il s'y mêlait une noble émulation , un sentiment national et patriotique , et le désir de chercher la gloire en vengeant les injures de son pays. On vit souvent les corsaires américains attaquer des vaisseaux d'une force supérieure, et les enlever à l'abordage ; souvent stationnés en embuscade, et mis à couvert dans leurs aguets par quelques replis du littoral , ils s'élançaient à l'improviste et comme des oiseaux de proie sur l'ennemi qui passait à leur portée ; ils évitaient la rencontre de ses grandes escadres, mais ils surprenaient les vaisseaux de convoi , que les vents ou les courants avaient écartés; et lorsqu'ils avaient à fuir un engagement trop inégal , ils cherchaient l'abri des côtes, et trouvaient de faciles refuges, soit à travers les archipels qui bordent une partie du rivage , soit dans les anses et les criques qui n'avaient pas assez d'eau pour que les vaisseaux de guerre pussent les y poursuivre.

Aucune contrée maritime n'est plus

Page 1