IMPORTATIONS DU PORT DE PHILADELPHIE
Le total des importations du port de Philadelphie s’est élevé au chiffre de 268,079,260 fr., en diminution d’environ 38 millions de francs sur 1893 et de 6 1 millions sur 1892- Cette diminution de plus de 60 millions de francs d'impoitation en deux années n’a pas eu seulement pour cause la
crise qui a passé sur toute l’étendue du pays pendant cette période ; elle tient à d’autres causes, dont la plus importante est la concurrence de New-York qui, par ses lignes régulières et les facilités de son port, présente aux importateurs des avantages déplus en plus appréciés. La Chambre de commerce et le « Trades League » se sont émus de cet état de choses et ont pris des mesures pour y remédier. Le Gouvernement Fédéral a décidé d’agrandir le chenal du Delaware en supprimant toutes les îles et tous les bancs qui gênent la navigation entre Kaighns’ Point au sud et Fishers’Point au nord sur une distance d’environ six milles. Le chenal aura alors un minimum de 600 pieds de large et une profondeur de 32 pieds, suffisante pour admettre les plus grands navires quel que soit leur tirant d'eau; 700 pieds de nouveaux quais vont être créés.
Toutes les entreprises ayant en vue d’arrêter la décadence du commerce de ce port sont accueillies avec satisfaction par les autorités et par les différentes organisations commerciales et maritimes. Parmi ces entreprises se trouve l'établissement d’une ligne de navire directe entre Philadelphie et un port de France, qui est à l'étude.
Sur le total des importations, 33 0/0 seulement ont été soumis aux droits, le reste, 67 0/0, est entré en franchise, l’article le plus important de ce chef étant le sucre de canne au-dessous de 16® au polarimètre, qui, à lui seul, représente un chiffre de 118 millions de francs, soit plus de 44 0/0 du total, le seul article importé en franchise sous le tarif Wilson qui en approche le plus étant la laine, dont les trois classes et les déchets s’élèvent à environô millions de francs.
Avant d’examiner le détail des importations d’origine française, il est bon de donner la liste des douze principaux pavs importateurs directs à Philadelphie en 1894, avec les chiffres pour les deux années précédentes permettant d’éta-
PORT E)E PHILADELPHIE
blir des comparaisons ; les valeurs portées dans ce tableau sont données en milliers de francs :
Pays importateurs
Valeur eu milliers de francs
Cuba .
Grande-Bretagne.
Allemagne.
Indes hollandaises.
Antilles anglaises.
France.
Indes anglaises...
Philippines.
Belgique.
Hollande.
Turquie d’Asie...
Italie.
mme on le voit par
ce tableau.
, les importations des
divers pays d’Europe ont uniformément baissé à Philadelphie en 1894, sauf celles de la Hollande et de la Belgique qui, grâce aux facilités offertes par la «Red Star Line C° », ont un peu augmenté. Les importations de la Grande- Bretagne ont baissé de onze millions et demi de francs, celles de la France de plus de trois millions de francs et celles de l’Italie de deux millions et demi. La crise a donc atteint tous les pays, sauf les deux mentionnés plus haut et l’ile de Cuba, le sucre étant l’article principal importé de cette dernière.
Aux importations à Philadelphie de la France continentale, il convient de joindre 356.400 fr. importés des possessions françaises en Afrique, et qui comprennent exclusivement quatre articles, en tête desquels viennent les peaux de chèvres,] puis les fibres végétales, le coton — qualité spéciale — et enfin le chêne-liège. En 1893, ces importations s’étaient élevées à 671.000 fr. et comprenaient en plus
de l’huile d’olive et du minerai de fer, environ 17.000 t. Il y avait également une légère importation de la Guyane française, environ 500 tonnes de phosphate valant 21.000 fr. ; cette année, elle a disparu. Et, à côté d elle, on voit la Guyane anglaise importer dans le seul port de Philadelphie 50.000.000 delivres de sucre brut valant 1.600.000 doli.
Rien n’est plus frappant, dans cet ordre d’idées, que le commerce des bananes et des fruits tropicaux.
Il a été importé à Philadelphie, en 1894, pour4.716.ooo fr. de bananes et 35 3.9 1 7 de noix de coco se répartissant ainsi d’après les lieux de provenance, les chiffres pour 1893 étant donnés pour comparaison :
Bananes Noix de coco
Lieux de provenance Francs Francs Francs Francs
Cuba. 1.829.000 2.185.112 3G.816 191.147
La Jamaïque... 2.887.000 2.068.211 199*836 200.969
Porto-Rico. » » 61.49° 51.633
Colombie. » » 55. 77 5 166.457
Total... 4.716.000 4 . 253.323 353.917 600.209
On voit, par ce tableau, qu’un total moyen de 5 millions de francs de bananes et de cocos est importé dans le seul port de Philadelphie et annuellement des Antilles, et que pas un seul de ces fruits ne vient de nos colonies de la Martinique et de la Guadeloupe que la nature a disposées à souhait pour ces cultures, et où la crise sucrière est intense. L’ « Union coloniale » s’occupe de la question qui, si l’on considère les importations de New-York, de la Nouvelle-Orléans, de Boston et de Baltimore, a, pour ces intéressantes colonies, où le budget s’équilibre avec peine, une portée considérable.
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Parmi les articles importés à Philadelphie de l’étranger, nous nous occuperons spécialement de ceux importés de France. Nous les classeronsen mettant en regard les quantités totales importées en ce port, ne mentionnant pas ceux à l’importation desquels la France ne prend point part.
Articles importés
Laines, 3 classes.
Tissus coton.
Tissus soie..
Robes soie, en pièces.
Champagnes...
Vêtements de laine.
Dentelles soie et rubans ......
Œuvres d’art.
Graines..
Cuir brut.
Fils de lin, chanvre et jute....
Plumes et fleurs.
Prunes et pruneaux.
Amandes.
Fruits en conserve.
Gants de peau.
Verres manufacturés.
Légumes en conserve.
Tissus chanvre, lin et jute.
Vins en bouteilles.
Vins en fûts.
Draps jet lainages.
Papiers...
Jouets.
Peaux de chèvres.
Ciments.. .
Produits chimiques.
Cotonnades teintes.
Dentelles de coton.
Porcelaine décorée.
Livres.
Craie....
Fibres végétales.
Importation totale
Importation de France
Dollars
Dollars