The Regina Leader, Regina, N. U
La cathédrale de St-Boniface n’est pas très vaste, mais elle suffit encore aux besoins des fidèles. Les exercices religieux sy font avec toute la solennité possible. L'orgue est magnifique ; c’est notre ami Levasseur qui l’a touché à la messe que nous y avons entendue ; il a su en tirer des sons tellement mélodieux que M. DeCazes, un de nos compagnons de route a été émerveillé. Il a même félicité l'honorable M. LaRivière
du fait que les autorités s'étaient assuré :
les services d’un organiste aussi habile.
Le palais archiépiscopal est très joliment bâti ; il est à deux étages, et l’avenue qui y conduit offre un coup d'œil tout à fait agréable. L'église catholique de Ste-Marie à Winnipeg, est sous la direction des RR. PP. Oblats ; là comme ailleurs, les RR. PP. font preuve de plus pur dévouement, et rendent des services signalés.
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Portage la Prairie |
A 60 milles environ à l’ouest de Winuipeg est située la petite ville de Portage la Prairie. On s'y rend en bateau, en diligence ou en chemin de fer. C’est un centre important, et le plus considérable de la partie ouest de Manitoba. Bien des gens croient que Portage la Prairie deviendra une grande ville. La population est d'environ 3,000
âmes. Il y-.a trois églises protestantes,
plusieurs hôtels de première classe, des magasins et des moulins. C’est là que siège la cour du comté de Marquette- Ouest ; il y aussi le bureau d’enregistrement.
Les environs de la ville sont consacrés à la culture du blé. C’est là que nous avons vu un champ de froment de 400 acres ; il appartient à un M. James, qui est en train deréaliser une fortune. Cette ferme immense (640 acres)lui a coûté $30,000. L'année dernière elle lui a rapporté 30,000 boisseaux de blé qu’il a
s’est une ville, et dans dix ans ce sera
vendu 95 cents le boisseau. Cette année il a mis 400 acres en blé, et le reste en racines et céréales. Le prix artuel du blé est de 85 cents, nous a-t-on dit : en supposant qu'il ne serait que de 75 cents,les profits seront encore beaux. La main d'œuvre coûte peu ; il suffit d’avoir un homme avec une moissonneuse, et la récolte est bientôt faite. L'automne en fait les labours et la semence du blé, et on récolte en août. On bat le blé sur
champ au moyen de machines,“et on
le vend sans délai. |
En somme, le Portage la Prairie avec les avantages naturels de ses environs est destiné à faire une ville importante.
Cette contrée sera bientôt sillonnée de voies ferrées. Il y a déjà une voie ferrée qui se relie au Pacifique, appelée le ‘ Portage, Westbourne et North Wes-
tern. ” Brandon
La première maison fut construite à Brandon en juin 1881. Aujourd’hui
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une grande ville. Sa position avantageuse, sur les bords de l’Assiniboine, l'énergie de ses habitants, et le go ahead qui les distingue en feront une ville de premier ordré. On ne parle ici que de spéculations et d’affaires, entre deux verres de lager beer. Le bois n'y manque pas, de même que la pierre ; on s’en
sert pour la construction des maisons.
Ville d'avenir.
Regina
Ville encore à l’état d'embryon : capitale de la Province. Qu’Appelle, située dans un endroit appelé autrefois Pilar of bones ou Tas d'os. Et pourtant les os y sont aussi rares que les roches et l’eau.
À deux milles du site choisi, il y a une petite rivière, destinée à abreuver les futurs citoyens de la future ville. Il y avait là au ler septembre une vingtaine de tentes seulement. Aujourd’hui il y a plusieurs maisons en bois et des rues y
sont tracées. Sa population actuelle est de 1,500 âmes.
Pense
A 16 milles plus loin que Regina, est située la ville de Pense, ainsi appelée du nom du Président de la presse canadienne, M. Pense, rédacteur du Whig, de Kingston. La ville ne renferme ni maisons ni tentes, ni hôtels, ni manufactures. Qui sait si dans dix ans Pense ne sera pas une ville opulente ? Aujourd’hui il n’y a que le nom qui existe.
Selkirk
Petite ville située à 24 milles au nord de Winnipeg, surla rivière Rouge.
Il y a deux lignes de bateaux qui font le service entre Winnipeg et les ports intermédiaires et Selkirk. C'est à ce dernier endroit que passe la ligne principale du chemin du Pacifique, qui envoie un embranchement jusqu’à Winnipeg. Il y a de jolis édifices, des hôtels bien tenus et une population florissante. Les citoyens du lieu font tous leurs efforts pour rendre leur ville prospère, et il est possible qu'ils réussissent avant longtemps.
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Emerson
Très belle ville située sur la rive occidentale de la rivière Rouge, sur la frontière. Termious de l’embranchementde Selkirk à Winnipeg, et-de cette dernière ville à Emerson, où commence la voie ferrée de ‘‘ St Paul,Minnéapolis et Manitoba.” C'est la porte par où l’on entre au Manitoba, la ‘ Gateway of Manitoba,” comme disent les Anglais.
La ville ne date que de 1874, et fut incorporée comme ville en 1880. Les
. deux premiers citoyens qui s’y sont fixés
sont MM. W. N. Fairbanks, de la Nouvelle Ecosse et M. Thomas Carney, de la Pennsylvanie. M. Fairbanks est aujour d’hui possesseur d’une grande fortune,
et sa résidence privée est un véritable.
palais.
La population d'Emerson est de 3,000 âmes. Il y a dans la ville 650 magasins et résidences privées, six hôtels, six églises. On y remarqueplusieurs scieries et moulins à farine, deux briqueteries.
En somme a petite ville offre un coup
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nord d'Emerson, sur ia riv ère Rouge,
d'œil admirable, et les habitants m'ont paru très à l'aise. Il y a plusieurs Canadiens-français établis ici depuis plusieurs années, et qui sont contents
de leur sort. | Le commerce est en général très florissant.
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Cette ville est si: À 4 milles au
et sa fondation ne date que de 1879. Il s’y fait un commerce de grains des plus considérables. C’est là que les Métis, les Mennonites apportent les produits
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de leurs fermes, dont la culture dépasse a :
15,000 acres en étendue. Elle renferme âtne un élévateur pour les grains qui peut l’est contenir 30,000 boisseaux. ]
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Jolie ville, située sur la rive occiden- sieur
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moindre que cette dernière ville. On y voit cependant de jolies constructions et le commerce est florissant. La Compa-
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gnie de la baie d'Hudson y tient des comptoirs dignes de mention.
Portage du Rat
Petite ville située à 150 milles à l’est de Winnipeg, sur le bord du lac des Bois. Il y a un hôtel magnifique, le Rideout, un journal et des magasins. On croit généralement que cet endroit est destiné à s’agrandir d’une manière notable, à cause-de ses immenses pouvoirs d’eau et parce que le blé du Nord-Ouest y sera transporté plus tard pour être converti en frrine. La culture du blé et des céréales, m’a-t-on dit, est possible dans cette région surtout en gagnant l’est, près du lac à la Pluie. Il y a dans le voisinage du Portage Qu Rat de magnifiques scieries, qui emploient un grand nombre de personnes, dont plusieurs sont d'extraction Canadienne française. Les Indiens Chippewas sont nombreux dans cette localité.
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Paroisses françaises
Les plus marquantes sont Notre- Dame de Lorette, Ste-Anne des Chênes, St-Albert, Saint-Charles, Saint-François-
Xavier, St-Norbert, St-Vital, Baie St- res Paul et St-Jean-Baptiste. än
ND. de Lorette est située sur la pa Seine, entre St-Boniface et Ste-Anne des 18 Chênes, et fut colonisée pour la pre- "R
mière fois en 1860.
Ste-Anne des Chênes fut fondée en 1862 par le R. P. Lefloch, O. M. L. aujourd'hui à l’église de St-Sauveur, Québec.
St-Albert est une paroisse assez considérable, située dans l'extrême ouest à 890 milles de Winnipeg, et à neuf milles à l’ouest d'Edmonton. Sa population de 1000 âmes n’est compssée à peu
| près que de Métis et de Canadiens fran-
| çais. C’est la résidence de Sa Grandeur || © Mgr Grandin. Il y a un couvent dirigé
| par les Sœurs de la Charité. Le sol est extrêmement fertile dans cet endroit.
St-Charles, sur l’Assiniboine, à neuf milles de Winnipeg fut fondé en 1854
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se en 1jour- 1ébec.
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par Mgr Laflèche, évêque des Trois Rivières.
St-François-Xavier, à 25 milles à l’ouest de Winnipeg, sur l’Assiniboine, renferme une population de plus de 2,000 âmes. C’est une des plus anciennes paroisses de l'endroit, car elle date de 1824. Il y a un couvent, une très jolie église catholique ; c’est là que siège la cour du comté de Marquette-Est.
St-Norbert établi en 1856 par le R, P.
Lestang, O. M. L, est aujourd’hui dirigé par M. l'abbé Riichot, qui a joué grand et beau rôle lors des difficultés survenues entre le gouvernement fédéral et les Métis.
St-Vital, au sud de St-Boniface, fut
fondé en 1860, et n’a pas une grande
\importance.
Baie St-Paul, située sur l’Assiniboine,
à\ 30 milles de Winnipeg, est une oi florissante, et renferme une
po ulation de 1,500 âmes. Elle fut fondée
en A832par M. l'abbé G. A. Belcourt.
C'es l'endroit où se tient le bureau
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d’enrégistrement pour le comté de Marquette-Est.
Paroisses anglaises
| Elles n'offrent rien de bien remar- 20 1 quable. Sur les rives de la rivière pa] 112 Rouge il y a Kildonan, la plus ancienne To: à de toutes, et fut colonisée par lord Jou Selkirk en 1814 ; St-André, à 16 milles sag au nord de Winnipeg ; St-Clément, à22 MR ‘°01 milles, et St-Paul, où il y a beaucoup | $12 M ver dép 10 ur les bords de l’Assiniboine, les KA DO | endroits les plus considérables sont qua PUR Headingly, High Bluff et Poplar Point. vie! À XIII du Après avoir donné ces courtes et im- ver
parfaites notions sur les pays de l'Ouest
hi: que j'ai eu le plaisir et l'avantage d’étu-
| dier un peu, je ne croirais pas avoir rendu complète justice aux organisæteurs de l’excursion,comme aux citoyems des lieux où l’on a fait des réceptigns aux membres de l'Association dé Ja presse, si je ne passais en revue les/faits les plus saillants du voyage.
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De Québec à Toronto
Nous partons de Québec dimanche, 20 août, à 4 heures p. m. munis de nos papiers, c’est-à-dire de billets pour Toronto, où nous devons rencontrer les journalistes d'Ontario, et prendre passage dans les chars-Pullman qui nous sont destinés, moyennant la somme de 812,00, aller et retour. Le mounent d’un départ pour une contrée aussi éloignée ne manque pas de solennité, surtout quand plusieurs de vos amis et parents viennent vous serrer la main et vous souhaiter un voyage heureux.
Nous ne partons donc pas sans éprouver quelque émotion. Et bientôt les conversations commencèrent à s’échauffer ; mon ami Pelletier nous raconta quelques unes de ces bonnes histoires dont il possède un si vaste répertoire.
Bref, le trajet sur le chemin de fer entre Québec à Montréal ne fut marqué par aucunincident bien refnarquable. A 10 heures le train entrait en gare à Hochelaga, et un quart d'heure après
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nous serrions [a main du brave propriétaire de l’hôtel Richelieu. I’hôtel était rempli de voyageurs; force nous fut d’a:cepter l’un des salons de l’hôtel où l'on installa des lits pour la nuit. Imaginezvous huit écoliers qui se trouvent ainsi réunis sans surveillance, dans un dortoir commun ! Levasseur et Demers se croyant encore au collège, à l’abri de l'œil du maître, font un vacarme épouvantable,et nous empêchent de dormir.
Départ de Montréal le matin du 21, par un temps magnifique. Pas un journaliste de la grande métropole commerciale ne nous accompagne. A la Minerve, on nous ditque M. Joseph Tassé M. P.
rejoindra notre groupe à Brockville.
En effet quelques heures plus tard nous avions le plaisir de serrer la main à notre ami, qui n’a pas peu contribué par la position importante qu’il occupe dans la politique et la presse, à rendre notre voyage agréable. C'est un compagnon Charmant, ainsi du reste que tous ceux de Québec ; je n’ai de plaintes à porter
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#1 que contre ceux-là qui nous ont fait passer des nuits blanches; ils ne connaissaient pas encore l'importance du sommeil, surtout au moment d’entreprendre un voyage long et pénible, mais ils l'ont bien comprise plus tard.
Quel voyage assommant que celui de Montréal à Toronto ! A part la vue d’une campagne qui m'a paru fertile, on ne voit sur tout le parcours que de villes assez peu importantes, telles que Prescott, Brockville, Cornwall. La ville de Kingstor. est la seule qui offre quelque intérêt pour le touriste. Son pénitencier, son canal-Rideau, et sa position géographique lui donnent la supériorité sur toutes les autres villes de la province d'Ontario, Toronto toutefois excepté.
À 1.20, nous sommes installés dans le Queen’s Hotel à Toronto, bien décidés à prendre un sommeil réparateur. Nous n'avions pas encore pris de repos depuis notre départ de Québec.
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