‹ Etats-Unis, Manitoba, et Nord-Ouest [microforme]Chapitre 18 sur 33 · RE · texte numérisé non relu

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De Toronto à Chicago

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| Toronto a fait beaucoup de progrès

depuis quelques années. Son commerce

s’est notablement étendu. Ses journaux | entre autres le ‘ Mail,” Je ‘ Globe,” le | “’Worià ” etle ‘“ Telegram ” ont pris une grande vogue et leur circulation est considérable. J'avais une demijournée à passer à Toronto, et j'ai | cunsacré ce temps-là à visiter les prin- | cipaux édifices publics et les princi- | pales rues. La ville est située sur un

terrain bas, au nord-ouest du lac | Ontario. L’impression qui m'est restée de la Capitale de la province-sœur, lui

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est assez favorable. Ses départements la p publics sont très bien tenus. On y voit K 5h surtout de remarquable le ministère de brit l'instruction publique où l’on a installé N des musées d'histoire naturelle, de pou peinture, de sculpture, de géographie, Æ ren etc. Cette grande exposition des chefs fair d'œuvres de l’art ancien et moderne en que

ce qui à trait à la peinture et la sculp-

rogrès \merce irnaux be,” le nt pris ilation demiet j'ai s prinprincisur fi lu lac restée ur, lui ments y voit ère de nstallé e,. de aphie, chefs ne en sculp-

ture, doit sa fondation à l’ho: orable M.

Crooks, ministre de l’instruc:ion publique.

Les hôtels de Toronto sont tenus sur un excellent pied. Citons par exemple le Queen's, le Rossin, le Walker, qui feraient bonne figure dans les grandes villes des Etats-Unis.

À midi, départ de Toron‘o par le Credit Valley.” La route est belle, et le train file avec une vitesse d’un mifle à la minute. Nous voyens passer tour à tour à nos regards avides de tout voir.

les endroits appelés : Parkdale, Lampton, Cooksville, Streetsville, Milton, Guelph,Galt, Ayr, Drumbo, Woodstock, Beachville, Ingersoll, Belmont et enfin la petite ville de St-Thomas. Mais il est 5 heures, et la nuit va bientôt assombrir le paysage.

Nous abandonnons le ‘‘ Credit Valley” pour le ‘ Great- Western,” qui doit nous rendre à Détroit durant la nuit. Que faire durant cette veillée, la première que nous passons au milieu de nos amis d'Ontario avec qui nous avions déjà fait

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connaissance ? Un concert est organisé :

Levasseur tient la baguette, et mettant à profit les notions de musique vocale apprises au collège, nous chantons la ‘ Marseillaise,” ‘‘ En roulant ma boule,” “ Derrière chez nous y-t-a un étang,” “ Vive la Canadienne, ” ‘ Un Canadien errant, ” ‘* Deux Gendarmes,” etc. On y met un tel entrain et nos gosiers sont tellement d'accord, que nos confrères d'Ontario et leurs dignes compagnes sont séduits par le charme, et nous applaudissent à outrance. Bien souvent il nous fallut recommencer la même chanson pour amuser la galerie, qui applaudit toujours.

La veillée se passe au milieu de ces plaisirs bien légitimes, et nous arrivons à Windsor sans avoir trop prouvé les ennuis de la route. Il passe minuit. Le convoi traverse la rivière Détroit sur un bateau passeur vis-à-vis la ville du même nom, et dont on n’aperçoit vaguement que les quais, grâce à la lumière des reverbères.

Il es grand temps d’aller se coucher ; il est une heure, ex il nous faut être debout à 7 heures le lendemain. La chaleur est intense ; pas ‘a plus légère brise. Mon co.pagnon de lit, M. Pelletier, se plaint en termes très énergiques de la température qui lui donne des transpirations de consomptif. Moimême un roseau à côté de mon ami, qui jouit d’une corpulence assez notable,, je me sens tellement affecté par cette chaleur suffoquante que je me précipite hors de ma couche, et mettant à la hâte les habits les plus indispensables, je me retire à l’arrière du char Pullman, afin de prendre le frais. [l est cinq heures ; le soleil est encore sous l'horizon, mais l’obscurité ne m'empêehe pas de prendre connaissance fe la nature du solet des beautés du nays que le ‘“ Michigan Central Railway ” traverse. Après avoir consulté mon ‘Time table”, je constate

que nous sommes rendus à la petite

ville de Michigan. Il ne nous reste plus que 58 milles à parcourir pour arriver.

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86 | à Chicago, la Reine de l'Ouest. Nous

träversons plusieurs autres villes, et à

8,00 précises le train entrait en gare de Chicago. | Chicago

Après une courte station à l'hôtel Palmer, que l’on dit être le plus considérable de l’univers entier, je me joins à MM. Pelletier, Lemay et Demers pour visiter les endroits les plus intéressants de cette superbe ville. Grâce à l'obligeance d’un de nos compatriotes, autrefois résidant à Québec, nous avons pu dans l’espace de dix heures avoir une excellente idée de Chicago, de ses parss, de ses édifices publics, de ses élévateurs, de ses canaux, de ses rues, de ses chars urbains, de ses magasins et hangars, de ses tunnels, de ses églises, etc.

Le parc Lincoln, le seul que nous ayons pu visiter, —il y en a neuf en toit, —est tout simplement une merveille. Il couvre une superficie d’au moins trois mille, et renferme des lacs et rivières artificielles, des jardins ;

ôn y voit presque tous les animaux de la création; des lions de mér, des tigres, des panthères, des ours, des loups, des serpents, des renards, des singes et des oiseaux en grand nombre.

Les renards ont leurs tanières, comme les oiseaux peuvent prendre leurs ébats dans d'immenses volières où ils font leurs nids. C'est une véritable merveille que cette exposition d’ani-

Maux, que l’on peut visiter gratuite-

ment à toute heure.

Les édifices publics sont d’une richesse de construction incroyable. Nous avons visité le bureau des postes auquel est uni le département des douanes, la Bourse, la cathédrale de Mgr Feehan, le collège St-Ignace, l'église des Jésuites, les tunnels sous la rivière Chicago, le bazar Lehman, les magasins de Marshall Field où il y a 2,200 commis, l'aqueduc qui peut fournir 360 millions de gallons d’eau dans 24 heures, la puissance motrice des chars urbains qui circulent dans ia rue State et qu'un fil

invisible met en mouvement, etc. Toutes ces choses sont réellement étonnantes.

1600 chars urbains font régulièrement tous les jours le service dans les rues de Chicago.

La ville de Chicago est située dans une plaine sur le bord du lac Michigan, dans l’état de l'Illinois. C'est l’état le plus florissant de l’Union américaine, et il va sans dire que Chicago bénéficie au plus haut degré des avantages géographiques et autres dont la nature l’a doté.

Chicago date de 1830 ; fut érigé comme ville en 1837 ; la population ne dépassait guère à cette époque 4,000 âmes. Au dernier recencement, la Reine de l’Ouest comptait une population de 003,304. Avant dix ans, elle sera de près d’un million ; car d'après ma manière de voir, c’est une ville destinée à prendre plus d'importance que New- York même. Le pays qui entoure la ville est excellent et le climat est délicieux, de sorte que les produits lui

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arrivent de tous les eôtés au moyen de quarante lignes de chemins de fer qui viennent de l’Iowa, du Minnesota, du Dakota, de l’Indiana, de Michigan, de Wisconsin etc.

L'église des Jésuites est très élégamment construite, et de vaste dimension.

Le collége St-Ignace est un bel édifice où l’on donne l'éducation à 12 jeunesse.

Vingt Pères Jésuites dirigent cette communauté puissante.

Le catholicisme est donc très florissant dans la capitale de l'Illinois. Les bons sont bons, les méchants sont méchants. A tort ou à raison on m'’assure que c’est la ville la plus pourrie des Etats-Unis. C’est peut-être exagéré ; mais aussi il peut y avoir un grand fonds de vérité dans ces dires.

L’Illinois et sept Etats dont les richesses agricoles et minérales sont extrèmes viennent alimenter le commerce de Chicago. Le commerce lui arrive aussi par les bateaux à vapeur qui font le service des villes situées sur les rives

‘des lacs Supérieur et Michigan, et qui lui apportent même les drurées d’Ontario, du St-Laurent, de l’Atlantiquelet du golfe du Mexique par les canaux.

Le catholicisme est la religion prédominante dans Chicago. IL y a toute ure population de Canadiens-français 25,000, d’Allemands et d’Irlandais dirigés par des prêtres séculiers et

réguliers sous l'autorité de l’Arche-,

vêque Feehan. Les Révérends Pères Jésuites ont leur église et leur collège, et la somme du bien qu'ils font est incalculable.

Il y a 36 églises catholiques dans Chicago ; le nombre actuel des catholiques est de près de trois cent mille.

Les exercices religieux sont suivis avec assiduité, et l’on m'a assuré que tous les dimanches il y en avait au moins 4,000 qui recevaient la sainte communion.

Trente associations religieuses ont.été fondées par les bons Pères Jésuites et elles sont tout à fait prospères, grâce à une aussi intelligente direction.

La cathédrale est très jolie : le maître

autel est en marbre blanc veiné de gris.

Elle fut bâtie en 1871.

Le commerce de Chicago est d’une prospérité dont il est impossible d’avoir une idée juste. C’est le plus grand centre d’affaires des Etats-Unis, après New-York. Il faut visiter la Bourse.

des banques, les magasins pour se rendre compte un peu du mouvement, du bruit, de l'excitation qui règnent dans Chicago du matin au soir. Pendant cet intervalle, chacun est à sa besogne ; à la Bourse les spéculateurs, aux comptoirs les banquiers et les négociants.

J’ai visité deux magasins de nouveautés. L'un, propriété de Marshall Field et Cie, est immense et en partie dirigé par un Canadien-français, M.

Girard, natif des environs de St-Hyacinthe, et qui demeure depuis 15 ans dans cette importänte maison. Il n’est âgé aujourd'hui que de 28 ans. Grâce à lui nous avons pu visiter l’établissement et consacrer à cette visite autant d'heures

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