VIII. — ACIDE GLUTAMIQUE
Sa formule de constitution n’est pas encore bien établie. Dans le cas où il serait bien constaté que l’acide oxyglutarique, dérivé de l'acide glutamique, possède réellement la formule CO?H.CH?.CH°.CH(0H).CO?H, l'acide glutamique serait
CO?2H.CH2.CH?.CH(AzH?).CO?H.
Si telle était sa formule, le pouvoir rotatoire du chlorhydrate devrait être de signe contraire de celui de l’acide. Or, d’après M. Scheibler (?), l’acide est dextrogyre en solution aqueuse et en solution chlorhydrique. Sans discuter autrement cette exception, je me borne, en outre, à faire remarquer que les déterminations de M. Scheibler concernent des dissolutions très étendues (4 pour 100) et que, de son propre aveu, elles sont très fortement influencées par la concentration des liquides. Si la formule de l'acide glutamique était différente, par exemple
CO?2H.CH?.CH(AzH?).CH?.CO?H,
(*) FRANKLAND et FREW, Journ. Chem. Soc., t. LIX, p. 96; 1891. (*) ScnelBLER, Chem. Ber., &. XNII, p. 1728.
le pouvoir rotatoire du chlorhydrate devrait être de même signe que celui de lacide.
A l'exception de l'acide glatamique, l'hypothèse d’après laquelle on suppose toutes les masses concentrées aux quatre sommets du tétraèdre régulier ne s’est montrée insuffisante que lorsque deux de ces masses sont égales ou à peu près égales : alcool amylique, amylamine, aldéhyde valérique, diacétyle tartrate d’éthyle, amidosuccinamide, bromophénylecystéine et phénylecystéine.
Il ÿ a tout lieu de supposer que ces exceptions ne sont qu’apparentes, qu’ellesdoiventdisparaître lorsqu'on tiendra compte de la longueur des bras de levier sur lesquels les masses agissent. Le diacétyletartrate d’éthyle fournit un exemple très net, sur lequel on voit clairement qu’il doit en être ainsi.
Par la considération des distances interatomiques, dont il a été fait mention dans la première Partie de ce travail, plusieurs de ces exceptions disparaissent aussi : l’aldéhyde valérique, la phénylecystéine et son dérivé bromés rentrent alors dans la règle générale.
Enfin l’alcool amylique et l’amylamine semblent indiquer la possibilité de déformations latérales du tétraèdre schématique.
Je n’insisterai pas sur ces considérations. Je me borne à les esquisser pour prendre date, ne désirant les développer que lorsque j'aurai trouvé un plus grand nombre de cas
analogues.