‹ Etede Sur La Dissymetrie MoleculaireChapitre 28 sur 50 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Le moment est venu de conclure et de résumer les principaux résultats de cette étude.

1° J'ai montré qu’en s'appuyant sur la notion de dissymétrie moléculaire établie par M. Pasteur, et sur le schéma tétraédrique proposé par M. Le Bel et M. Van Hoi, on pouvait évaluer la dissymétrie d’un atome de

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carbone par la considération tout à fait nouvelle du produit d’asymétrie.

2% J'ai supposé ensuite qu’on pouvait regarder l'activité optique comme une fonction simple du produit d’asymétrie, astreinte à s’annuler et à changer de signe en mème temps que ce produit.

3° J'ai déduit de là les deux premières lois du pouvoir rotatoire, permettant de prévoir la permanence ou le changement de signe de l’activité optique dans une série de dérivés actifs.

4° J'ai indiqué les règles par lesquelles on peut trouver aisément la position du centre de cravité de la molécule schématique relativement aux plans primitifs de symétrie, considérations nécessaires pour l'application des deux lois du pouvoir rotatoire.

5° J'ai montré ensuite que ces deux lois sont bien vérifiées dans tous les cas suivants, mème en admettant que les masses des quatre groupes liés au carbone sont concentrées aux sommets du tétraëdre schématique :

43 dérivés amyliques primaires, 3 dérivés amyliques secondaires, 26 tartrates métalliques, 5 dérivés tartriques organiques, 7 dérivés maliques, aspartiques et malates organiques, 3 dérivés leuciques, dérivés phénylemercapturiques,

sels lactiques et 2 sels glycériques,

ce qui représente un total de 105 dérivés actifs appartenant à 7 séries de corps actifs.

6” Au cours de cet examen, jai constaté qu’à part l’acide glutamique, de constitution douteuse, les seuls corps faisant exception aux deux lois du pouvoir rotatoire, — dans l'hypothèse des masses concentrées aux sommets, —

sont caractérisés par ce fait que deux au moins des masses

liées au carbone asymétrique sont égales ou presque égales. Il faut en conclure que cette hypothèse est trop simple et qu’il faudra tenir compte, dans ce cas, des distances relatives des groupes extrèmes.

7° J'ai, du reste, indiqué sommairement comment les réfractions atomiques peuvent servir à évaluer les distances relatives interatomiques moyennes. Je me réserve de revenir sur celte question lorsque j'aurai trouvé un plus grand nombre de corps auxquels l'hypothèse des masses concentrées aux sommets du tétraèdre ne soit pas applicable,

8° J'ai signalé en passant, à propos des dérivés tartriques, une relatüon entre l'inclinaison des facettes hémièdres et la position du centre de gravité de la molécule, relation que je me propose aussi de vérifier sur un plus grand nombre d'exemples.

9° J’ai examiné et revu les propriétés optiques de trentecinq dérivés amyliques, de quelques dérivés maliques ei tartriques, dérivés que j'ai pour la plupart préparés moimême.

10° J'ai montré enfin, par un exemple relatif au tartrate de pyridine, comment les lois du pouvoir rotatoire peuvent servir à interpréter certaines questions d’équilibres chimiques.

Tels sont, rapidement énumérés, les principaux résultats de cette étude, que je ne prétends nullement avoir traitée d’une facon complète. Bien que convenablement vérifiées dans une centaine de cas, les deux premières lois du pouvoir rotatoire demandent encore à être soumises au contrôle d’un plus grand nombre d’expériences, notamment pour décider si la masse et la distance des groupes représentent les seuls facteurs prépondérants qui déterminent le pouvoir rotatoire, ou si ces groupes exercent encore une action spécifique. Indépendamment des applications de ces deux lois, des recherches entièrement nouvelles doivent être entreprises pour les cas où le déplacement du centre

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de gravité se produit relativement à plusieurs plans de symétrie. L’étude des composés contenant plusieurs carbones asymétriques et des dérivés en chaîne fermée est également à faire. Je n'ai donc cherché, jusqu’à présent, qu’à étudier les cas les plus simples, à compléter cette étude en préparant un certain nombre de corps actifs appartenant à ces types simples, et à montrer que, dans ces conditions, les deux premieres lois du pouvoir rotatoire sont, en général, bien vérifiées par les faits. Ce ne sont évidemment là que les premières conséquences à déduire de la notion du produit d’asymétrie.

Les recherches que comporte ce travail ont été effectuées au Laboratoire de Chimie organique de la Sorbonne. Qu'il me soit permis d'exprimer ici à M. Friedel toute ma sincère reconnaissance pour l'accueil si hospitalier que j'ai trouvé dans son laboratoire et pour les précieux conseils qu’il a bien voulu me donner.

Vu et approuve :

Paris, le 20 mai 1891.

LE DoYEN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, G. DARBOUNX.

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Monsieur E. SARRAU,

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