CHAPITRE U. a
qui s'éteudeot à rinfioi , ils se répandeut dans toutes les parties de uotre oorps , où ils yout porter la vie et le mouvement.
^bos reoevous par les extrémités de ces nerfs , qui se terminent à la surface de notre oorps , des impressions de diE(érens genres , suivant lea dififéreua wgaues auxquels ils aboutissent.
Ceux qui tapissent les membranes de rœil sont susceptibles de certains ébranlemens qui nous donnent les sensations de la clarté et de Tobsourité , et de leurs différens degrés ; celles des couleurs et de toates leurs nuances : ce qui constitue le sens de U Tue.
Ceux qui garnissent Fintérieur de la bouche, la langue , le palais ^ éprouvent aussi certains mouyemens particuliers qui nous occasionnent les sensations des saveurs : ce qui constitue le sens da goût.
U en est de même de ceux des oreilles, qui nous font sentir les sons, et de ceux du nez, qui font sentir les odeurs : ce qui compose le sens de rouie et de Podorat.
Remarquez que ce n''est pas sans raisoB que je dis que ces quatre genres de nerfs éprouvent des mouvemens quelconques qui leur sont propres ^ car, de quelque manière que vous excitiez ceux de Poreille , ils ne vous donneront jamais les sensations de la vue ; ni ceux de Fœil , celles du goût ^ et ainsi de suite.
n n'en est pas de même du cinquième sens, que nous appelons le tact. U parait être général a 5.
et oommuii aux nerfs de toutes les parties de li surface de notre corps ; du moins il nVn est aucune qui , dans Foccasion , ne nous donne plus ou moini les sensations de piqûre, de brûlure, de chaud, de froid , celles qu'excite Papproche d'un corps raboteux, ou poli, ou gluant, ou mouillé, etc. Les organes mêmes par lesquels nous receyons des sensations particulières, telles que les goûts, les sons, les saveurs et les couleurs, sont encore capables de nous donner ces sensations plus générales , qu'on peut appeler tactiles. Il est vrai que ces sensations générales Varient non-seulement d'intensité, mais même de nature, dans les différentes parties de notre corps. La même blessure ne nous fait pu partout le même genre de douleur; un léger frottement ne nous donne pas partout la sensation du frissonnement ou du chatouillement ; un léger tiraillement, placé ailleurs que dans le nez, ne nous procurerait pas ce léger spasme qui précède et excite l'étemuement. On pourrait donc , si on les observait avec soin , établir des distinctions entre les sensations tactiles des diverses parties du corps , les localiser jusqu'à un certain point , et partager le sens du tact en plusieurs sens différens; mais cela serait peu utile, et d'une exécution assez difficile, parce que ces nuances ne sont pas très-tranchées , et pas exaotement les mêmes dans les divers individus. Cependant cela était bon à observer pour vous faire remarquer, ce dont vous verrez de fréquentes preuves dans toutes vos études , que toutes ces classiâoations que font les hommes pour mettre de l'ordre dans leoit
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idées, sont très-imparfaitès , et qù^il faut s'en seryir put» qu'elles sont commodes , mais ne jamais oublier que toujours elles confondent des ohoses trèsdistinotes , ou en séparent qui sont très-analogues entre elles.
I Quoi qu'il en soit, yoilà le tableau assex complet de oellesi de nos sensations qu'on peut appeler externes, parce que nous les reoerons des extrémités de nos neHs , qui sont à la surface de notre corps. Vous remarquerez que je n'y ai point compris les perceptions de grandeur , de distance , de figure , de forme, de résistance, de dureté, de mollesse, parce qae ce ne sont pas des sensations simples, de purs effets de notre sensibilité ; ce sont des idées composées dans lesquelles il entre des jugemens; c'est ce que je yous ferai reconnaître quand je tous expliquerai la génération de nos idées composées. Gnti- Dacns.
Assez ordinairement, quand on rend compte des effets de la sensibilité , on se borne aux sensations externes que nous venons d'examiner ; souvent même on leur donne exclusivement le nom de sensation. Cependant la colique, la nausée , la faim, la soif, le mal d'estomac, le mal de tête, les étourdissemens , les plaisirs que causent toutes les sécrétions naturelles, les douleurs que produisent leurs dérangemens ou leur suppression sont bien aussi des sensations , quoiqu'elles nous viennent de l'intérieur de notre corps; et, par cette raison ,on peut les appeler des sensations internes. Mais à quel sens les npportenxis-nous ? Osera- 1 -on bien dire qu'un
a6 IDEOLOGIE.
éblonimement appartient an sens de la yne , le mal de cœur au sens da go&t , ou le mal de reins au seiis an toucher ? non , sans doute. Nous en parlerons doiio sans les rapporter à aucun sens , et il n'y aura pas gi'and mal. Que cela vous prouve seulement Pinsuffiaanoe de nos classifications. Toutefois , vous yojez q[ue tout ébranlement d'un de nos nerfs, soit quMl soit l'effet du mouvement vital, soit qu'il soit prodnit par une caus« étrangère , est l'occasion d'une sensation , et met enjeu notre sensibilité.
Cest pour cela que toutes les fois que nous faisons un mouvement quelconque d'un de nos membres , nous en sommes avertis, nous le sentons. Cest bien là encore une sensation. Elle n'a point de nom, mais elle était bien essentielle à remarquer. Nous l'appellerons la sensation de mouvement.
Enfin , il y a encore d'autres effets de la sensibilité, auxquels on donne communément plutôt le nom de sentiment que celui de sensation, et qui pourtant sont bien des résultats de l'état de nos nerfs , fort analogues à tous ceux dont nous venons de faire mention ; telles sont les impressions que nous éprouvons quand nous nous sentons fatigués ou dispos, engourdis ou agités , tristes ou gais. Je sais que l'on sera surpris de me voir ranger de pareils états de l'homme parmi les sensations simples , surtout les trois dernières , que l'on sera tenté de regarder plu> tôt comme des effets très-compliqués des différentes idées qui nous occupent, et par conséquent comme des pensées, des sentimens très-composés. Cepen- , dant , de même que souvent l'on se sent dans un étif