‹ Étemens d'idéologie (volume 2)Chapitre 27 sur 99 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

»pdle Jacques* Il est clair que ce nom propre l'expression de Tidée complète de cet individu , st-à-dire de toutes les idées qui la composent ; je éanis avec un certain nombre d'autres individus , iîkens de lui à beaucoup d'égardt« , mais qui ont si beaucoup de choses communes ; j'en forme e classe d'individus, que je désigne par le nom Patiêiens; je joins ces individus à d'autres qui moins de points de ressemblance , j'en forme une code classe plus étendue , que je désigne pai; le t de Français : je forme ainsi successivement les ts et les idées dH Européen, dî! homme, à^animal, mBsk d*étre , qui est le terme le plus général dont puisse s'aviser , puisqu'il s'étend à tout ce qui ite. n est clair que ces idées très-composées vont jours renfermant un plus grand nombre d'indi- VL8y ce qui constitue leur extension, mais un îndre nombre de circonstances de chacun d'eux , pii constitue leur compréhension; car quand je de Jacques qu'il est un être , je n'en dis qu'une le chose, c'est qu'il est capable de m'afiecter, B désigner du tout comment ; je dis qu'il existe , ien de plus ; quand je dis qu'il est un animal , lis de plus que je lui connais vie et mouvement, il se nourrit^ qu'il se reproduit, en un mot, il existe de toutes les manières qui caractérisent animal; quand je dis qu'il est homme , je dis de s que je sais qu'il est fait de telle ou telle mare, qu'il a telle qualité qui m'a frappé; quand je qu'il est Européen, Français, Parisien, j'ajoute Jours quelque chose à l'idée; et enfin quand je

dis qu'il est Jacques Je dis implieitement tout c je sais de lai , et même tout ce qui lui apparl quand même je ne le connaîtrais pas encore; < puis fort bien ignorer qaHl est fort , qu'il o mablcy qu'il est malade : mais quand je le si ce sera seulement de nouyelles idées que je i, ajouter aux nombreuses idées qui composent mot celle de Jacques. Cela rentre dans ce qi dit plus baui, qu'un nom signifie toujours pi moins de choses pour ccujl qui le prononce proportion qu'ils connaissent plus ou moins le dont il s'agit ; mais cela ne change rien à la que j'ai établie , que l'idée particulière d'un in^ renferme toutes les idées qui lui appartienne que l'idée d'un nom de classe ne renfermi celles qui sont communes à tous les individus classe , et par conséquent un nombre d'idées d'^ moindre , que les individus sont plus nombn la classe plus étendue.

Cest ainsi que des idées de cerise, de i d'abricot , etc. , on fait Tidée de fruit , qui n ferme plus les idées particulières à chacun < êtres, mais seulement la propriété qui lei commune, d'être produits d'une certaine m par des végétaux ; et si je généralise encore ] mot fruit, comme on fait dans le sens métapbo en disant , par exemple , que la science est 1 du travail , que les découvertes sont le frui réflexion , ce mot fruit ne renferme plus que d'être produit par un être quelconque , sans a désignation de cause ni de manière.

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De même , des idées de yerd , de jaune , de rouge , es fiûsanl «bstraclioii de leurs différences , je fais ridée de oouleur .qui n'exprime plus que la qualité, oooimmM à oes kmsatioiis, d'être ^foties par Tœil eonme ks sotis par Poreille. Des idées de couleur et de SQO j« fais l'idée plus générale de sensation, qui n'est que celle d'être sentie , n'importe par quelle foie.

De même encore, en rerenant aux adjectifs cités ei-dcaBas, ce mot rouge, qui n'exprimait d'abdrd ^e la manière d'être rouge de la fraise , ensuite fies fraisée en général , puis des fraises et des cerises , derient petit à petit l'expression de ce que tous les corps rouges ont de commun entr'eux; la même ohase arrire au mot bon. A chaque degré de généralisatkm il j a des différences négligées ; le mot change réellement de signification. Cela est si yrai, qu'il est manifeste que la bonté d'un homme , la bonté d'anfruity la bonté d'un cheval , la bonté en général ae sont pas la même chose. Dans ces quatre cas , les mots bon et bonté sont appliqués à trois idées individuelles différentes, et à une idée générale. Les idées changeant, en rigueur les mots devraient oliaBger aussi , comme les mots verd, jaune, rouge et couleur ; mais aucune langue n'est assez riche pour cela , parce que les inconvéniens d'une telle «bondanoe surpasseraient ses avantages. Cependant oda était bon à remarquer, pour que vous ne aojtT, fas dupes des mots, et qu'ils ne vous masquent pas la génération des idées , lorsqu'ils ne la peignent pas fidèlement.

^8 IDEOLOGIE.

Qaoi quHl en , soit , Toâlà que tous comiaisseï oomment se forment toutes odles de nos idées qve noos exprimons par des sobstantifii et des adjectifi. Je pourrais tous expliquer de même la formation ^ de celles qui sont représentées par les autres âémens du discours , tels que les yerbes , les prépositions , etc. ; mais ces détails seront mieux pUoés quand nous étudierons la grammaire, c'est-À-diie la science de Pexpression de nos idées. Qu^il tous suffise pour le moment de savoir qu'elles dérivent toutes de celles que nous ayons examinées, et qu'elles se forment par les mêmes moyens. Yoos YOyez donc qu'il ne s'agit jamais que de reoeyoir des impressions, d'obseryer des rapports, de les ajouter, de les retrancher, de les réunir, de les diviser, et d'en former de nouveaux groupes; et vous ne devez plus être embarrassés de comprendre comment tant de combinaisons si différentes sont le produit du petit nombre de facultés que nous avons distinguées dans notre faculté de penser. C'était le seul but que je me proposais dans ce chapitre : nous pouvons actuellement passer à un autre objet.

Observons seulement, en finissant, que la marche que nous venons de tracer à Tesprit humain dans la formation de nos idées composées , est celle que suivrait nécessairement un homme isolé et sans secours, qui formerait ces idées et leurs signes pour son usage à lui tout seul. Elle est méthodique , mais elle est pénible et lente j aussi, certainement cet homme ne composerait guère d'idées , et son dictionnaire serait fort court. Toute langue un peu riche

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être le résultat que des efforts de beaaooap les et de bien des générations suooessiTes.

n^est pas par oe chemin que tant d'idées sont dans nos têtes, à noas, jetés dès notre enla milieu d'hommes parlant une langue oimée. Noos n'avons pas créé ces idées, s avons reçues; leurs signes ont d'abord notre oreille pélennéle et au hasard, suivant eeasîon s'en est présentée; nous n'avons eu i démâer les significations , et à les classer , iluit bien ou mal d'expériences multipliées ; nr les mots et d'après les mots , que nous ippiis les idées. Cette opération est souvent inoomplète; de là bien des erreurs, bien des Uiisons , une grande ignorance de l'enchatt de certains résultats. On n'en sera pas , si Ton songe que dans un petit nombre es de notre première enfance , nous mettons os têtes la plus grande partie des idées qui h oréées depuis l'origine du genre humain.

l on fût des provisions si précipitées, il est t de les bien connaître et de les bien ranger. n voilà assez sur ce chapitre : relisez-le quel- I pour vous familiariser avec ces combinaiet cependant occupons-nous de chercher com- Dous apprenons que les sensations, qui nous ait sont causées par un objet quelconque.

IDEOLOGIE.

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