‹ Étemens d'idéologie (volume 2)Chapitre 30 sur 99 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

sans doute me tromper fréquemment , d'abord ■r les.oircoiistaiioes adjacentes, et porter oe jugewutX sans beaucoup de discernement. Par exemple, nt ni mon corps , ni les corps étrangers , .configuration , n'ayant même aucune idée de jii d'étendue, je ne dois pas distinguer quand mouyement est arrêté uniquement par la limite la TcxteiisinD possible à mes muscles et par la dispoôlioB de mes articulations qui s'y refusent , ou quand fll'flstpar Topposition d'un corps tout-à-fait séparé dsmien. Mais dans les deux cas je porte un jugement ^fdement juste , en pensant , en sentant que la ceslitioo de ma sensation de mouyement est l'effet d'un èm différent de ma yolonté.

Ensuite , dans tous les cas où cet effet est produit , Mt par un corps absolument distinct du mien , soit (■run de mes membres qui s'oppose au mouyement ^ autre , je ne puis manquer à la longue de remar- ^tor que le sentiment de cette cessation de mouye- BM&t est toujours accompagné de diverses sensations tiflliles, ou yisuelles, ou auriculaires, et quelque- Ui olfactives, et de faire de ces sensations les proftiétés de l'être qui cause, malgré ma yolonté, la Miiation du sentiment de mouyement que je youdnis coDtinuer. Enfin, je ne puis manquer non plus ^ m'aperoevoir que celle cessation de mouvement i^W pas toujours absolue , qu'elle n'éprouve sou- Tttt que cette modification que , plus instruit , j'appdlerai.cbanger de direction , qu'il y a des limites ^la puissance de cet être qui s'oppose à ma sensation ^mouvement, que les confins de sa puissance sont a II.

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œ que nous noannons sa snrfoce^ que oe M qui oonstâtocnt ce que nons appelons isa Ibt que , ri je ne puis pat franchir ees eoùfiiis eA au travers de oe coi-ps , |e puis toartter àsM oiroonsorire , et par coaséqueut détenkiîtfÉ|i d'existence , ou \)e que nous appelais Vêmt cet être, qui , ou est tout-à-fait étranger à tf sentant et voulant ( œ sont les corps exténstt) quelquefois lui obéit ( c'est notre ^ropte t mais toujours en est distinct et agit sur lui il coup de manières.

Nous verrons dans la suite par xjuelles exp^ successives nous distinguons le eorps par nous sentons et qui obéit à notre volonté , < ceux qui nous sont entièrement étrangers ; «c nous démêlons les propriétés de celui-là et les autres $ dans quel ordre nous découvrons • priétés , et quelles relations elles ont entre elh pour le moment il nous suffît d'avoir bien f que la principale de ces propriétés, la premiè nue et avérée , est celle de s^opposm* à la co tion du sentiment que nous causent nos mont quoique nous voulions le prolonger. Celle-là c ment fondamentale; car elle nous assure, manière certaine, qu'il y a là un être qui n nous : et elle constitue l'existence réelle de i Cette existence devient pour nous une oonsl immédiate et nécessaire de notre sentiment * loir , et de la contrariété qu'il prouve , deui dont nous sommes bien assurés.

Il n'est pas du tout nécessaire , pour la f

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e^ n o l uai on , que noas puissions explîcpier, paît oe qœ o'est qa« oe sentiment de vouloir, \eai il se frit que nous en soyons capables } l'autre y pourquoi tous les êtres qui tombent praw. «eus sont doués plus ou moins du pouvoir I WMir au mouTement , et en quoi consiste cette u Ce sont deux faits incompréhensibles pour louty et dont les causes nous sont complètement flMGDnuea , mais deux faits bien constants ; et il ne Tctt pas moins quVlre voulant et être résUtant , oW être réellement , c'est être ; et que Tétre you- Imt , qnoiqu'ignorant encore qu'il y a du mouye* ment et des êtres, quand il éprouve que souvent il pwt à volonté se donner la sensation qui résulte du ■ouToment de se& membres , et que souvent il ne le pmtpas, quoiqu'il le veuille, doit, dans ce dernier CM , conolore qu^il y a des êtres résistans ; que cette Mnclunon doit le conduire à une connaissance plus détaillée de ces êtres, et que tout lui prouve postélisurement que cette première conclusion est légitime. 4

Gît effet de la réunion de notre faculté de vouloir avec oelle de nous mouvoir et de le sentir , étant une ibisreocmnu et avoué, on est tenté de croire d'abord que tontes les autres sensations de l'être doué de volonté, peuvent le conduire à la connaissance des ^tres qui causent ces sensations , tout comme celle de mouvement dont nous venons de parler. Cependant je ne le pense pas , parce qu'il y a là une différence essentielle ; sans doute je puis bien désirer de prolonger ou de renouveler une sensation visuelle, ou

tactile, oa aurioulaire, ou c^faotiTe , ioat oommèlT; sensation d'un monvement ; mais si je sus ignorer tout , et le mouvement , et les êtres , et même, je ne pais rien faire en oonséquenoe d«< désir ; car je ne puis pas le satisfaire imm^ Je ne saurais me donner directement la semMlt telle odeur , de telle couleur , de tel 'son , ou autre impression. Tout ce que je puis est de friren mouvement de ma main, de mes yeux, onde toot autre organe , pour me la procurer. Mais pour oeh il faut que je sache que ces raouvemens sont propres à produire cet effet. Or, qui me Papprendra d'ibord?

Au contraire , pour la sensation directe qui résulte en nous des mouvemens de nos membres, il n*y a pas lieu à ce ricochet. Toute douleur, toute souffrance, tout malaise seulement, fait naître en nous le désir , le besoin même de nous remuer, de nous agiter. Ce sentiment de mouvement est un soulagement , un vrai bien-être. Nous jouissons tant qu'il durej nous pouvons ordinairemeat le prolonger à volonté. Quand il est suspendu malgré nous , ce n'est pas par nous. C'est donc par quelque chose qui n'est pas nous , et qui tantôt agit sur nous , tantôt n'y agit pas ; bientôt le mouvement lui-même nous fait connaître ce quelque chose par une multitude d'expériences dont celle-ci est la base. Il n'y » là ni cascade ni embarras.

Les mouvemens vagues des enfans nouveau>nés, bien observés, nm paraissent une preuve que les choses se passent ainsi dans leurs têtes. On les voit

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Wttyent s'agiter aniqnenMnt poar le plainr de

Oest une satiiikotioB pour eux , et ils sont %è»-fiflhés quand on les en priye. On les yoit aussi l^^hghwr quand ils éprouycntde la douleur; et ils se llpHnit violemment si quelque chose les en empèse, bfin , on les voit s'agiter encore lorsqu'ils diibsBt quelque chose, parce que tout désir non satisfidl est aussi une soufiVanoe. Mais leurs monyemens iVnit pas d'ahord une direction plus déterminée dans >e dernier cas que dans les deux autres. Us ne oarnh- «leBeent à prendre une tendance marquée vers l'objet de leur désir , que quand ils ont appris à démêler et à distinguer les différens corps , à les reconnaître peur les causes des impressions qu'ils reçoivent , et 4 sentir que œ n'est pas vaguement telle impression qu'ils désirent éprouver, mais tel ohjet, cause de oette impression , qu'ils veulent posséder et dont iU veulent jouir. Or , je crois qu'ils n'arrivent à ce degré de oonnaissanoe que par la route que nous avons indiquée.

On pourrait dire , il est vrai , qu'indépendamment de la sensation interne que cause tout mouvement , ces mouvemens fortuits peuvent leur faire rencontrer par hasard une sensation externe qui leur plaise, uw sensation visuelle par exemple ; que ces mouvemens peuvent même se trouver dirigés de manière à prolonger cette sensation prête à échapper; à suivre , par exemple , une lumière qui passe devant leurs yeux ; et que cette expérience répétée peut les conduire à faire avec intention ces Mîmes mouvemens «xéontêe d'ahord au hasaid. On pourrait même le

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soutenir avec plus d'ayantage des sensations tactiles. Un enfant étend son bras uniquement pour Pétendre. n rencontre une chaleur douce qui lui fait plaisir; il retire ce bras et Tétend de nouveau , il retrouve cette même chaleur ; ou bien il le laisse étendu , et il ressent constamment cette sensation agréable".

De cet effet , répété plusieurs fois , il peut résulter , dira-t-on , qu'il apprenne à étendre 8oa bns dans l'intention dMprouyer cette sensation , ou à le laisser dans la position où il l'éprouve afin qu'elle continue. Je n'oserais pas affirmer qu'il soit absdament impossible que cela arrive ; mais je crois que c'est extrêmement difficile , parce que je ne vois pas quelle liaison cet enfant , ignorant tout , peut établir entre cette sensation qu'il éprouve et le mouvement de ses organes nécessaire pour se la procurer, à moins qu'il ne s'aperçoive du mouvement de ces ménoes organes ; et alors nous voilà revenus à la nécessité du mouvement senti. La sensation externe n'est pins que la cause ocoasionelle de l'action de sa volonté } la sensation interne du mouvement ett seule cause de la connaissance du moyen de se procurer celte autre sensation désirée.

D'ailleurs , je vois bien notre nouveau- né arrivé ^ désirer une sensation et à savoir , dans quelques ca5 9 se la procurer en commençant par s'en donner un^ autre qu'il a reconnu conduire à celle-là. Mais je n^ vois pas du tout comment il parviendrait à apprei»'^ dre que la sensation qui est son but, et que celle qi^ ' est son moyen , sont causées par des êtres distincte de son moi, et à découvrir qu'il y a des corps ^^

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