‹ Étemens d'idéologie (volume 2)Chapitre 5 sur 99 · PREFACE. XII · texte numérisé non relu

PREFACE. XII

cdm qui avait été le moins étudie ayant hL Et oda encore devait être. L'homme , par sa natmre , tend toujours au résultat le plus prochain et le pins pressant. Il pense d'abord à ses besoins, en* suite à seê plaisirs. H s'occupe d'agricohmre y de médecine , de guerre , de politique-pratique , puis de poésie et d'arts, avant que de songer à la phikw^hie; et lorsqu'il Êiit un retour sur lui-même et qu'il commence à réfléchir , il prescrit des règles ïtoa jugement , c'est la Logique ; à ses discours , ^est la Grammaire ; à ses désirs, c'est ce qu'il appdle Morale. H se croit alors au sommet de la diéorie, et n'imagine pas même que l'on puisse aBer plus loin. Ce n'est que long-temps après qu'il s'avise de soupçonner que ces trois (opérations , juger, parler, et vouloir, ont une source commune; que , pour les bien diriger , il ne £aiut pas s'arrêter à leurs résultats , mais remonter k leur origine ; (pi'en examinant avec soin cette origine , il y trou- ?aa aussi les principes de l'éducation et de la législabon; et que ce centre unique de toutes les vérités est la connaissance de ses ùcultés intellectuelles.

Locke est , je crois , le premier des hommes

qui ait tenté d'observer et de décrire l'intelligence

humaine , ccmune l'on observe et l'on décrit une

propriété d'un minéral ou d'un végétal , ou une

xiv PREFACE.

circonstance remarquable de la yie d'un animal : aussi a-t-il £ût de cette ëtude une partie de la Physique. Ce n'est pas qu'avant lui on n'eut fait beaucoup d'hypothèses sur ce sujet y qu'on n'eftt même dogmatise ayec une grande hardiesse sur la nature de notre ame; mais c'était toujours en vue, non de découvrir la source de nos connaissances , leur certitude et leurs limites y mais de déterminer le principe et la fin de toutes choses , de deviner l'origine et la destination du monde. C'est là l'objet de la Métaphysique. Nous la rangerons au nombre des arts d'imagination destinés à nous satisfaire^ et non à nous instruire.

Quelques bons esprits ont suivi et continué Locke. Gondillac a plus qu'aucun autre accru le nombre de leurs observations, et il a réellement créé l'Idéologie. Mais , malgré l'excellence de sa méthode et la sûreté de son jugement, il ne parait pas avoir été exempt d'erreurs. C'est surtout dans cette science que l'on éprouve y ce que nous aurons Heu d'observer dans la suite , que nos perceptions purement intellectuelles sont bien fugitives y et que y moins l'objet de nos recherches nous ramène souvent au témoignage direct de nos sens, plus nous sommes sujets à nous méprendre et à nous égarer. D'ailleurs , les ouvrages théoriques

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de GondOIac ne sont presqae que des morceaux détachés , des monumens de ses recherches. Il s'est pressé d'appliquer ses découvertes aux arts de parler ^ de raisonner^ d'enseignei* ; mais il ne s'est point occupé de les réunir^ et ne nous a donné mille part un corps de doctrine complet qui puisse servir àd texte aux leçons d'un cours.

Je me suis proposé d'y suppléer. J'ai essayé de £iire une description exacte et circonstanciée de nos ÊKndfeés întellectudles , de leurs prindpaux phâiamènes ^ et de leurs circonstances les plus remarqoaMes , en un mot , de yéritables élémens d7déologie; et sans m'arréter aux difficulté de l'entreprise , je n'ai envisagé que son utib'té. Je n'ignore pas cependant ^e , même dans les sciences les plus avancées et les plus connues , les livres élémentaires sont de tous les plus difficiles k ùire. Daoïs un ouvrage de recherches , pourvu que l'on • dise des vérités , on a rempli son but. Dans des âémens , cela ne suffit pas. Il ÙluI encore disposer ces vérité dans un ordre convenable , n'oubHei* aucune de celles qui sont essentielles y écarter toutes celles qui sont surabondantes^ faire que toutes s'enchaînent et s'appuient réciproquement; enfin ^ les présenter assez clairement pour qu'elles soient entendues par les personnes les moins instruites ; a 2..

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