CHAPITRE IL
DBS MOTS.
'* fféeeisU^ (l«« BioBiimeiu «eniibles ou êtêmoUs poor aid«r
la mémoire, Dëfioition de la note, —s* NéceMHi dMml-
Bei pour exprimer le» concepts de I*etprit. — S* Les moms
ftoll'nn et l'autre.— 4* Définition dn non— 5* Les noms
lont les s ignés, non des choses, mais des pensées. — G* Qoel-
k% sont les choses qui ont des noms. — n* Noms posltils
H négatifs. — 8« Noms contradictoires. — 9^ Nom commna.
'^10* Noms de première et de seconde intention.— 1 1 • Nom
onirersel , paiticnlier, indiTîdael, indéfiai. •>- 1 »^ Nom ooi-
roque et équivoque. — i3' Nom absolu et relatif. -~
14* Nom simple et composé.— i5° Description duprédi*
rament. — 16^ ObserTstions sur les prédicamens.
lo Chàouv sait d^uae manière bien certaine, par propre expérience, combien les pensées des homïs sont passagères et faciles à s'évanouir , et oom* m leur retour est fortuit; car personne ne peut se uyenir des quantités sans des mesures sensibles et ésentes , ni des couleurs , sans des exemples sen- >le8 et présens, ni des nombres sans des noms de mbre disposés par ordre et récités de mémoire, est pourquoi , sans un tel secours , tout ce gu*un mme aurait recueilli dans son esprit en raisonnant , i échapperait aussitôt et ne pourrait être retrouvé l'en recommençant le même travail. D'où il suit le , pour le progrès de la Philosophie , des monu-
meos sensibles sont nécessaires pour rappeler les pensées passées , et enregistrer , pour ainsi dire, Aêt onntt à son rang. Les monamens de ce genre Mil oe ({ue nous appelons des jiotes , o'est-à-dire des ckO' set sensibles employées à volonté , pour rappeler dans V esprit par la sensation qu'elles produisent, des pensées semblables aux pensées auxquelles elles ont été attachées,
ao D^un autre côté , quand un homme même d^an excellent esprit , passerait tout son temps , partie à raisonner, partie à inventer et à apprendre par oœar des notes pour aider sa mémoire, qui ne TOtt pis qu*il profiterdt très-peu pour lui-même, et qu^il ne serait utile à rien pour les autres? Car , puisque ces monumens quMl inventerait pour lui-même, nelii seraient communs ayeo personne , sa science pémit ayec lui. Mais si ces monumens deviennent communs à un gi'and nombre d^bommes , cVst-à-dire , si les noies inventées par un seul sont communiquées aux autres , alors les sciences peuvent s'accroître pour r utilité de tout le genre humain. Ainsi, pour le progrès de la Philosophie , il est nécessaire qu'il y ait des signes qui manifestent et expliquent aux uns ce que les autres ont pensé. On a coutume d'appeler signes, les antécédensdesconséquens, ou lesconséquens des antécédens , toutes les fois qu'on a éproiwé qu^ils se précèdent et se suivent constam' ment. Par exemple , un nuage épais est le signe de la pluie qui va suivre, et la pluie est le signe d'un nuage qui l'a précédée , parce que nous avons l'expérience que rarement il y a des nuages épais sans qu'il
s'en «uiTC de la plaie , et qoe juuais il b^j ade plaie, mu qu'aupanTiat il j ail ea dei iiaafet. Pumi les ignet, il j caadenatarels, tcUqaeeeax qaeBOsa CBont de citerj et il j en a qui aonl arlittniicty eft-à-dîre choisis par notre Tolonté , tels, par caca le, que da lierre pour annoncer dn Tin à Tcndve , ne pierre poor annoncer la limite d*an olianip , ci s TOtz humaines arrangées d^one certaine manière, mr exprimer les pensées et les mouTcmens de l'ame. i différence de la note et du signe est donc , qoe me est instituée seulement pour notre usage, et intre pour celui des autres.
3* Les Toix humaines arrangées de manière qn'cHes ieit les signes des pensées , s'appdlent £seomn, les parties de ce discours s'appellent jicvns. Kous OBS dit que les notes et les signes sont nécessaires la Philosophie : les notes , pour que nous puissions «s rappeler nos pensées ; les signes , pour qoe nous lissions les exprimer. Les noms remplissent les nuL fimctioDs ; mais ils font Poifice de notes avant ! Êdre celui de signes. Car quand un homme seil seul au monde , ils lui serviraient encore à se Honvenir, quoiqu'ils ne lui servissent pas às'czimer, puisqu''il n'aurait personne à qui s'adresser. Q outre , chaque nom , par lui-même , est une note, I même tout seul, il rappelle une pensée; mais les khs ne sont des signes que quand ils f o r m e nt un «cours , et qu'ils en sont les parties. Par exemple, voix homme excite l'idée d'homme dans celui qui ïntend. Cependant, si l'on n'y ajoute pas est animal, i quelque chose d'équivalent , elle ne signifie pas
•*U y a en quelque idée dans respril de edû ifà h ..^ proDonce,oufHlaToaladireqiiclqBediaBeqBieo» ^ menoe par cette yoix homme , comme 8efait,fV ^ exemple , la Toix homogène. La nature dn nom coiiiate donc premièrement en ce qn^il est mie mk aidant la mémoire , et il arrire ensoite qn^ sot à signifier et à exprimer les ohoees qae nonsaTOBstei notre mémoire. Ainsi je définirai le nooi de ectte mauière.
4" Un nom ett une voix humaine employée fer lu volonié de l'homme de façon qu' elle eoii une noit qtêi puiae exciter dans son esprit une penséep^ reille à une pensée passée , et qui, placée dansU discours, et proférée devant d^ autres hommes, leur soit un signe que telle pensée Va précédée ou ne fa ;hi« précédée dans Vesprit de celui qui la profère* INmr abréger , j'ai supposé que Ton pouvait regarder (Huuiue indubitable que les noms avaient été fidts ptr Itts hommes absolument à volonté. En effet , quand on voit que de nouveaux noms sont créés tous les Jours I que d^aucieus disparaissent , que chaque nstitui ru a de dillérens pour la même chose , qi/il n'y a aucune ressemblance entre les mots et les choses, et qu'on ne peut établir aucuns rapports entre les unes et les autres , à qui pourrait-il venir dans l'esprit que la nature des choses ait fourni leurs noms? Dieu , il est vrai , nous a enseigné lui-même oertaiit noms d'animaux et d'autres choses , dont nos premiers pères se sont servis ; mais ces noms , il les a imposés suivant tfa volonté ; et depuis, soit à la tour de Babel, soit par le seul laps du temps, ils sont
xhés en désuétude et dans Toubli , et d'autres leur
succédé , inventés et reçus par la seule Tolooté
hommes.
'ar conséquent, quel que soit Pusage vulgaire
mots j les philosophes qui veulent transmettre r science à d'autres , ont toujours eu et auront joars le droit , quelquefois même Tobligation , aployer les noms qu'ils voudront pour signifier •8 pensées , pourvu qu'ils se fassent entendre ; oar, nd les mathématiciens ont appelé pcu-abole» , \efhole9 , ciêscides , quadratrices , etc. , des figupar eux inventées, ils n'ont eu à en demander la mission à personne qu'à eux-mêmes, o Puis donc que, suivant leur définition, les noms nant un discours sont les sign^ des pensées, il manifeste qu'ils ne sont pas les signes des choses s-mémes. Cardans quel sens peut-on comprendre s le son de cette voix Pierre est le signe d'une rre^ si ce n'est dans celui-ci , que l'homme qui end cette voix en infère que celui qui parles pensé ine pierre ? Ainsi donc toutes ces disputes si les ns représentent , signifient la matière , on la me , ou le composé j et d'autres de ce genre qui lagent les métaphysiciens , sont des discussions lommes qui errent dans le vide , qui ne comtnnent pas les mots sur lesquels pourtant ils distent
»o Par conséquent , il n''est pas nécessaire que tout m sdit le nom de quelque chose. Car , djs même que
v<HX homme, arbre, pierre, sont les noms des ises mêmes, de même les images d'homme, d'ar-
bre , de pierre , qui se présentent à bous en nage» ont aassi lears noms , quoiqu'elles ne soient pas da choses, mois seulement des appsrenoes de ehosesÉI des fantômes. En effet , il nous est dooné de nous i venir de ces images, et dès4ors il faut qa-elles i notées et représentées par des noms comme les dioiS mêmes. Cette voix le futur est an nom : mais laahan future est encore nulle, et nous ne savons pas si es qoe nous appelons^tf f ur existera jamais. Gependsflt , comme par la pensée nous sommes aecoutuméi à rattaolier les choses passées aux choses présaalH, nous représentons une liaison semblable par le mm d(a futur. Par la même raison ce qui n'est , ni n'a êlé, ni ne sera , ni ne peut être , aura pourtant un non, cela sera appelé ce qui rCett pas , ce qui n*a pag été, etc. , on ^us brièvement Vimposnble. Enfin cette voix rien est un nom , et cependant ne peut être k nom d^aocnne chose. Car si , par exemple, retnnf chant deux , et ensuite trois , de cinq , nous voyou quHl n*7 a aucun reste, et si nous voulons nous ressouvenir de cette soustraction, nous disons, U reste rien , et dans cette phrase le mot rien n'est pas inutile. De même on appellera avec raison moins que rien ce qui reste , quand on retranche une quantité ploi grande d^une quantité plus petite. Car l'esprit , pour s'instruire , imagine des restes de ce genre , et il désire les rappeler dans sa mémoire toutes les fois qu'il en a besoin. Puis donc que tout nom se rapporte à quelque chose qui est nommé, quoique cette chose nommée ne soit pas toujours un être existant dans la nature , il sera permis , pour enseigner, d'appeler
rv 1a chose nommée , comme l'il n'y aTtit pts de BTérenoe , aoît que cet être soit réellement euftant , ît qn^il floit imaginure.
7« La première distinotion à fidre entre les noms, ert que les uns sont positifs oa €iffirmaiijs, et les itres négatifs. On a oontame d'appeler oei derniers Wttiifs et infinis. "Les positifs sont ceux qui lenr at ÎAposés à cause de leur diversité , de leur difranoe , oa de leur inégalité. Howtme, philosophe. Ht des noms de la première espèce , car homme lamr qui l'on veut parmi beaucoup d'hommes , iiioêophe désigne qui l'on veut parmi beaucoup de dloeoplies , à cause de la similitude qu'ils ont entre X. Sùcrate est encore un nom positif , parce qu'il itigne un homme et toujours le même. Les noms ^gntifs sont ceux qui se font en ajoutant à un nom isitif la particule négative : comme seraient non- }mme , non^philosophe. Mais les positifs sont aulée«TS aux négatifs ; et s'ils n'étaient pas préeiîstans , nu-ci ne pourraient pas être employés. Car lors^ ne le bkmu de blanc a été donné à certaines choees , . qu'ensuite les noms de noir , de bleo , de diaphane , it été imposés à d'antres choses , les différence s qui datent entre chacune de ces choses qai sont en ombre infini , et le blanc , n'ont pu être exprimées ne pur un nom qai contint la négation du blanc , 1 que celui-ci non^blanc ,€m cet autre équivalent ms lequel le mot blanc se retrouve ( différent du lano ). Ainsi par les noms négatifs nous rappelons ms notre esprit et nous exprimons ce que nous avons pas pensé expressément.
7^2 aOBBES.
80 Maifl le nom positif et le nom négatif sont 000tradiotoires entre eux , en sorte qu'ils ne peuvent ptt .. être tous deux le nom de la même ehose. De plus ,de deux noms contradictoires , l'un des deux est tonjours le nom de quelque chose , car tout oe qui eiiili est homme ou non-homme , hlano ou non-blano , d ainsi du reste. Gela est trop clair pour qu^il soit nécessaire de le prouver ou de l'expliquer plus longvsment. Gir ceux qui pour énoncer cette idée diseit la même chose ne peut pat être et ne pas être, s'ei* priment obscurément, et ceux qui disent, toutes qm est, est ou n'est pas , se servent d'une loeatioi . absurde et ridicule. Toutefois la certitude de oet ^ axiome (que de deux noms contradictoires l'an ot toujours le nom d'une obose quelconque , et que Tantre ne Test pas ) , cette certitude , dis-je , est le piincipc et le fondement de tout raisonnement, c'est-àdire de toute philosophie ; o''est pourquoi j'ai d l'énoncer avec soin , aûn qu'elle parût claire et évidente par elle-même , comme elle l'est en effet pour tous les hommes , excepté pour ceux qui ayant la sur ce sujet les longues dissertations des métaphysiciens dans lesquelles ils croient qu^il n'y a rien de vulgaire, ignorent qu'ils comprennent ce qu'ils comprennent.
90 II y a encore parmi les noms , des noms communs à plusieurs choses, tels que homme , arbres; et d'autres qui sont propres à chaque chose , comme celui qui a écrit P Iliade , Homère, celui-ci, celuilà. Or, le nom communn^eai pas le nom de plusieurs choses prises collectivement et ensemble, mais celai de chacune de ces choses prises séparément. Ainsi
lomme n*esi pas le nom du genre humain , mais il est «lui de tout homme , tel que Pierre , Jean , et les aXrea considérés particulièrement : et c'est pour cela fptlenomcomnuinest nommé wûperseL Cet adjectif taàversel n'est donc pas la qualité d'une chose quel- «nque existante dans la nature , ni d'une idée , ni d'one image formée dans notre esprit , mais seule- Qmt celle d'un mot ou d'un nom ; ainsi lorsqu'on dit qu'animal, pierre, spectre, etc., est universel, il ne faut pas entendre qu'il y ait aucun homme , Uonne pierre , aucun être , qui ait été , soit, on puisse ^uniyersel : mais seulement que les mots animal , jkarre et les autres pareils , sont des noms uniTcrsels , c'est-A-dire communs à plusieurs choses ; et les pensées qui répondent dans l'esprit à ces noms communs sont les images et les représentations particulières de dueune de oe& choses. Cest pourquoi , pour comprendre la yaleur d'un nom universel, nous n'avons pas besoin d'une autre faculté que de l'imagination par laquelle nous nous rappelons que les mots de ce genre ont excité dans notre esprit tantôt l'idée d'ane chose, tantôt celle d'une autre. Parmi les noms communs les uns le sont plus , les autres moins. Celui qui est plus commun renferme un plus grand nombre de choses ; celui qui l'est moins en renferme un plus petit nombre. Ainsi animal est plus commun que homme, cheval, ou lion , parce qu'il renferme tontes ces choses. Le nom le plus commun est appelé ^enr^ ou général, par rapport à celui qui l'est racnns et qui 7 est compris , et celuiH3i relativement à lui est nommé espèce ou spéciale.
^4 UOBBES.
loo 0e là natt une troisîème distineticn entre les nomfl* Les uns sont appelés de piremiire, et les autres de seconde intention. Les noms de première îbtention font oenx des choses elles-mêmes, eonimt homme , pierre; oe«x de seocode intention sont les noms des mots oa de» discours , comme unipend, particulier, genre, espèce, syllogisme et aotrw semblables. 11 est difficile de dire poar^oi les ans sont appelés de première, et les antres de seconds intention , à moins que ce ne soit peat4tre parce qu'on s'est occupé de nommer d'abord les obosas^ ont trait aux besoins de la vie , et que ce n'est qv^eiisuite et postérieurement qu'on a songé à donner écf noms aux choses qui ne regardent que la sdeneei c'est-à-dire aux noms eux-mêmes. Quoi qu'il en scit, il est manifeste que genre, espèce , définition, M sont que des noms de mots , et que par oonséqmcat les métaphysiciens ont eu tort de prendre le genre et Vespèce pour des choses , et la définition pour la Vàtura de la chose , puisque ce ne sont là que des ex* pressions de nos pensées sur la nature des choses.
I lo Quatrièmement , les noms ont une signifioa tion certaine et déterminée , ou indéterminée et indé finie.
Les noms qui ont une signification certaine et M terminée sont premièrement les noms propres à un seule chose , et que l'on appelle individuels, coma Homère, cet arbre, cet animal. Secondement , ceu auxquels sont joints les adjectifs tout, quelconque, • autres équiyalens. On les appelle universels, pan qu'ils sont le nom de chacune des choses auxquell<
sont oommuns. Cet termes ont une rignifioation aine, parce que œlai qui les entend conçoit né- ;airement l'idée de la oliose dont celui qui parle liait roocoper.
iCS noms qui ont une signification indéfimie sont mièrement «eux auxquels on joint ces mots, 'Iques, certaine, ou d^autres semblables : on les elle noms particulier». Secondement , les noms imuns «mployës sans aucun signe d'universalité de particularité, comme homme j pierre : on les «lie indéfinis. Or , les noms particuiiers et indé- '4 n'ont , les uns et les autres , qu'une signification irtaine , parce que celui qui les entend ne sait pas gisement à quelle chose celui qui parle yeut qu'il applique. Cest pourquoi, dans le discours, ils rent être regardés comme équiyalens.
leamots qui marquent F universalité et la partiouté, tels que tout , quelque, certains^ etc., ne t pas des noms , mais des parties de noms. Car t homme signifie l'homme que celui qui écoute idra se représenter f et certain homme veut dire Hnme auquel pense celui qui parle. D'où l'on t que les signes de cette espèce ne servent pas à >mme pour lui-même , c'est-à-dire pour acquérir connaissances par sa propre méditation ( car cha- I a sa pensée bien déterminée sans leur secours ) : is ils lui servent pour les autres, c'est-à-dire pour eigner et communiquer ses idées, kinsi ils n'ont pas été imaginés pour aider la méire , mais pour faciliter la conversation.
v* On a coutume de distinguer encore les noms
^6 BOBBES.
en univoques et équivoques , en aorte cpe Toa ap- tjc pelle unipoques oenz qui signifient tonjoun la méoM ii!i ehose dans la même suite du raisonnement, et éqth '\m vaques oeux qui dcnvent s'entendre tantôt dans va ^ta •ens , tantôt dans un autre. Par exemple, le nom de j; triangle est univoque, parce qu'il a toujours le méiM ib sens , et celui de paraMe est équivoque, parée qirïi % exprime quelquefois une allégorie, une allusioD, et -^ quelquefois une certaine figure de géométrie. Twti i= métaphore est une équivoque &ite exprès ; mais ocD^ >= là vient mmns des, noms que de ceux qnis*ellie^ '^ vent, les uns employant les mots avec soin et jai- *' tesse pour faire jaillir la vérité , et les autres en abusant pour plaire ou pour tromper.
i3o Cinquièmement. Les noms sont absolus on f«latifs. Les relatifs sont ceux qu'on impose aux cboses, en conséquence de ce qu'on les compare à d'autres, oommt père , fils , cause, effet, semblable, 'i^ semblable , égal, inégal, maitre , serviteur, etc. On appelle absolus ceux qui n'expriment aucune oomparaison. De même que uous avons dit de l'universalité , qu'il fallait l'attribuer aux mots et non pas aux choses , de même il en faut dire autant des antres distinctions des noms. Car il n'y a point d'être qui soit uuivoque ou équivoque , ni relatif ou absolu.
On distingue encore les noms en abstraits ou concrets. Mais comme les noms abstraits sont nés de la proposition , et n'ont pu être faits qu'en vertu d'une affirmation supposée, nous en parlerons quand il en sera temps. ( Chap. 3 , art. 4* )
i4° Sixièmement. Il y a des noms simples et des
oms ccimpo9i9 oa oonjotiits : mais kwwoX d'expliquer e que o'^est , il fiint arertir qae oe ii*est paa en phil»oj^iie comme en grammaire : un nom mt eonnste 1B8 djuu un aenl mot, mais dana Unia les mois qui , 'éonis , forment le nom d'une seule ohose. Ainsi xirpë animé tentant, yoilà pour les grammairiens trois noms ; mais pour les j^ilosoj^es oe n'est qu'un, puisque o'est celui d'une seule chose, d'un seul ani» mal quelconque. En philosoj^e le nom simple n'est doue pas distingué du composé par la préposition , comme en grammaire. J'appelle dono ici nom Hm" pie, celui qui est complètement commun ou univer- •el dans son genre; et le composé est celui qui devient moins universel par l'adjonction à d'autres noms , et qui exprime qu'il a excité dans l'esprit plusieurs idées en yertu desquelles ces noms subséquens ont été ajoutés au premier. Par exemple ( comme nous l'ayons dit au chapitre précédent ) , dans l'idée d'homme , la première idée est qu'il est une chose étendue; et pour représenter cette idée on loi a donné le nom de corps. Ainsi corps est un nom simple imposé eu yertu d'une première et unique pensée. Ensuite quand je vois que cette chose étendue est mue d'une certaine manière , il me yient une autre pensée qui fait que j'appelle cette chose corps animé. Cest lÀ un nom que j'appelle composé, ainsi que celui d'animal j qui lui est équivalent. Par la même raison^ corps animé raisonnable ou homme , qui dit la même chose, est un nom encore composé. Ainsi nous yoyons que la composition des noms répond à la composition des pensées. Cas de même que dans
^8 BOBBES. I
r«8prit, à une idée ou à une yue il yienl s^en joindre une autre, et à oelle-là encore une autre, de ^ même à un nom on en ajoute un second , et un troi- •ième , et de tons il se forme un seul nom oomposé. ^ Cependant il faut bien se garder de croire qa^cn ) réalité les corps se composent ainsi, et que dans la p' nature il y ait un corps ou un être quelconque possi- '^ ble , qui d'abord n'ait absolument aucune grandeur, et qui ensuite en y ajoutant la grandeur deyieDoe grand ou petit, en y ajoutant peu ou beaucoup de 1 solidité devieune dense ou rare , en y ajoutant la figure deyienne figuré , et qui enfin , en y joignant la lumière et la couleur , devienne éclatant et coloré. U n'y a que trop de personnes qui ont raisonné ainsi.
i5o Les logiciens se sont efibroés de ranger-les '■ êtres de tous les genres , suivant certaines gradatioos i ou échelons , en subordonnant les moins communs aux plus communs. Par exemple, dans le, genre des corps , ils ont placé au premier rang et en haut de l'échelle le nom de corps j et sous celui-là , les noms moins communs par lesquels il est limité et déterminé, comme animé et inanimé , et ainsi de suite, jusqu'aux noms iiuiiVi*diie/«. De même, dans le genre des quantités , ils mettent d'abord quantité , et ensuite ligne , superficie , solide, et autres noms moins étendus. Ces ordres ou échelles de noms , ils les appellent prédicamens^ et catégories, et ils arrangent ainsi, non-seulement les noms positifs , mais encore les négatifs. Voici quelques exemples ou formules de ces prédicamens.
CALCUL OU LOGIQUE. 7g
Formmledm prédleament des quantités.
oon eoBiioiie, comoM les nombrei.
I i natare < surface,
comme 'lolide.
cootiDue^ f à canse de le ligne t
comme le temps.
k cause de la ligne et da par I temps, aceideirt 1 comme le monvement.
i cause dn «onvement et de
la solidité, comme la force.
>te du traducteur. Je supprime ici comme inii- Uê autres exemples de prédicamens , et queU obserpoiions auxquelles ils donnent lieu ; et je ^onde sur la réflexion suivante, par laquelle bes termine ce chapitre, et à laquelle je me d'aniver.
ifin j^ayoue que je n'ai pas vu jusqu'à présent 068 prédicamens fussent d'un grand usage en itophie. Je crois qu'Aristote , voyant qu'il ne poupas arranger les êtres suivant sa volonté, a été itné par un désir désordonné de faire , du moins fantaisie , un classement des mots. Pai fait la le chose ici , afin seulement de montrer en qaoi oonsiste , mais sans prétendre que l'on regarde irrangemens comme le véritable ordre des mots, lins qu'on ne les trouve fondés en raisons.
8o HOBBES.
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