CHAPITRE IV
DC STLLOCISMX.
I* DcfiakiM da sjllogisaie.— 3* Dans le syllosinBC il ■';> qnc trois termes. — d* Le Majear, le Misear, et k ■M»j«« terme ; qa*ea-ce qw la proposàtioa m^cora et U minenre ? — 4* Daas tout syUogisraelc moyea terme i»k être détermina i anc seule et même chose dass les deez propositions. — 5« De deux propositions particulières II m s'ensaitrien. — 6* Le syllogisme eit la rénaion de detx proposHiOBS en une senle somme on résnitat. — 7* Fiptf* dn syllogisme. Ce qoe c'est. — 8* QncUe est Topération i» Fesprit qui répond an syllogisme. — 9* La première figif* indirecte , comment elle a lien. — lo» Ijêl seconde figvN indirecte , comment elle a lien. — 1 1» La troisième figart indirecte , comment elle a lien. — ia<> Il y a beancoop ^ modes diflTérens dans chaqne figure , mais la plupart inv tiles è la philosophie. — iS^ Le syllogisme hypoihéllq» est équivalent au catégorique.
10 Le discours qui consiste dans trois propositions^ de deux desquelles s'ensuit une troisième , s'appelle syllogisme» La proposition qui suit des autres s'appelle conclusion; et les autres se nomment prémU' ses. Par exemple , ce discours, tout homme est un animal, tout animal est 'un corps, donc tout homme est un corps , est un syllogisme , puisque la troisième proposition suit des précédentes , c'est-à-dire que si l'on accorde que celles-là sont vraies , il faut accorder que celle-ci est également vraie.
oo Aucune oonoluslon ne sort de deux proposims qui n*ont pas un terme oommuo ; et par ooutf^ lentelles ne forment pas unsyllogisme. Queoes deux omisses prises au hasard , V homme est un animal, irbre est une plante, soient vraies toutes deux , iisqu''on ne peut en inférer ni que plante soît le )iii de lltomme , ni qa^homme soit le nom do la ante, il ne s'ensuit pas qu'il soit vrai queV homme t une plante. Gnxillaire. Ainsi dans les prémU" ■t du sjrllogisme , il ne peut y, avoir que trois ter^ es.
£11 outre dans la conclusion il ne peut y avoir aula terme qui ne se trouve auparavant dans les pré^ ^sus. Soient deux prémisses quelcouqaes , Vhomme t an animal, Panimal est un corps, si dans la ooo* isioQ on met un autre terme quel qu'il soit, comme 04 celle-ci, Vhomme est un pïbède, quoiqu'elle t vraie , elle ne suit pas des prémisses ; puisque ce st pas d'elle qu'on peut inférer que le nom de hi^ de convient à Thomme. C'est pourquoi, je le ré- :e, dans un syllogisme il ne peut y avoir que trois :ine8.
)o De ces trois termes , on a coutume d'appeler mo- (T celui qui dans laocmclusionestlepi'édioat; nù^ ur, celui qui en est le sujet; et le troisième s'aple moyen. Dans ce syllogisme , un homme est un anal, un ammal est un corps, donc un homme un corps ; corps est le terme majeur, homme est terme mineur , et ammal le moyen. De même rmi les prémisses , celle daus laquelle se trouve le me majeur s'appelle la proposition majeure ; et
lOO BOBBES.
cdle oà ae trouve le ferme mineur est d( jmpotitian mineure.
4* Si le moyen terme n'est pas détermin(
qné à une seaie et même chose singulière
deux prémisses, la conclusion ne s'ensuir
il n'y aura pas de syllogisme. En efiPet , qui
mineur soit homnte , le moyen , animal^
jeur, iion; et qne les prémisses soient toi
est animal , certain animal est lion , il ne i
pas cependant qne tout homme ou certw
stni lion. D^où Ton Toit que dans tout syll
proposition qui a pour Sitjet le moyen te
êtreoa uniperseUe ou singulière, mais m.pt
ni tiui^/ime. Par exemple, ce syllogisme, to
est un aninutl, certain animal est un qu
donc certain homme est un quadrupède j
ment vicieux , parce que le moyen tcrr
dans la pfemière prémisse est appliqué
seul ; car elle dit seulement qu*animal <
de l'homme, an lieu que dans la seconde i
tendre et s'entend de certain animal
rhomme. Mais si cette seooude prémisse e
yerselle comme ici , tout homme est un w
animal est un corps / donc tout homi
corps, le syU(^sme eût été légitime; car
rait suivi que corps est le nom de tout an
conséquent celui de rhomme, o'est-à-dir
oonolasion tout homme est un corps eûl
Au contraire si le moyen terme est un noB
il y aura un syllogisme inutile à la vé
philosophie; mais enfin ce sera un vrai
/ où le moyen rst U foitt.
CALCUL OU LOOIQUE. lOI
1 que celui-oi, un certain /tomme est Socrafe, Soraie est philosophe , donc un certain homme est philosophe ; oar les prémisses accordées , on ne peut aier la conolosion.
5» Donc deux prémisses ne forment pas un sylloipbme, si dans toutes deux le moyen terme est jmwiicuUerj car soit que ce moyen terme particuUer soti dans toutes deux le sujet , ou dans toutes deux le prédicat, ou dans Tune le sujet , et dans Tautre le prédicat, il peut n'être pas appliqué à la même oliose. Soient ces deux prémisses ,
Un eertaia homme eU aveugU ,
Vu certain homme est savant ,
U nes'ensuiyra pas qii'ayeugle soit le nom de quelle sayant, ni savant le nom de quelque ayeugle ; puisque le nom savant ne contient pas le nom aveugle, ni celui-ci Pautro ; et par cousé(]uent il n'est pis nécessaire que ces deux noms soient ceux du mâme homme.
De même de ces prémisses ,
Toat homme est un anmal . \ , , .11
f dans leiquelies le moyen eit
Tom cheTal ei t un animal , ) '^^ prôHical.
on ne peut rien conclure ; car comme animal est indéfini dans toutes deux, et par conséquent équivaut à un nom particulier, et qu'il se peut que Iiomme soit un certain animal , et que cheval soit un certain autre animal , il ne s'ensuit pas nécessairement que homme soit le nom du cheval , ni que cheval soit le nom de l'homme.
autre, il'aulrechDK que l'Imminc.
S'il esl mauifcste, par les eiemples préoédmi, que le sjllogUme ae ooiuîsle qn'ft recueillir la sonunt ou le résultai dedeux propoeitiona joiolei ensemblt par UD tenue commun , qu'on appelle nwyenitt qu'ainsi le syllogisme esl Tadililion de tmia termei, comme la pivpoiiitïau est l'addition de deai.
^x Ou 3 cuiitumc de distinguer les syllogismes entre eux , par la difiërence de leurs ^^ure», c'est-àdire par la dill'frenle position du moyen terme; e( daiin \ai li;;uT«s ou dislin|;ue encore certains mcâtt, c'rsl-à-diru oerlaiues difl'érenocs dans la quimtili el la qualité dus propositious. La première figure ert oellu dans laquelle tes Irrmes sont arrangés suiTast l'étendue de leur signiticalion , de manière que 1( mineur vienue le premier, ensuite le niofen, paille HM/'Ti-enani'leque ri nous prenons pour mineur , hommt i pour moyen , animal ; et pour tnajeur , cor;» ; le s;lkigiime de Uprcmitre figure sera odui-ci. Un homme «et nu animal , un animal est un W\/» 'I daDsU^nvlUpiopnitîcai mineure est, un ft H B« paruullnii auGDM
ime est un animal j la proposition majeure est, animal est un corps; et la conclusioii ou le ré- AÏ recueilli sera , un iiomme est un corps. On elle cette figure directe , parce que les termes ob*
e sur cfUe Logique, parce que je me réservais d'expomes id^ de saite dans mon Ouvrage , et que je ne Tonlala
les présenter incidemment dans des observations di*la<iei , je ne puis m*empêcher de faire remarquer que cette mière figure du syllogisme , appelle avec raison figure 'ecte , est la base de toutes les autres ; qu'elle est un vériile^oWftfqni peut se prolonger indéfiniment; et que la (esse de sa conclusion ne vient point de ce que le prétendu me majeur renferme le moyen et le mineur» ou leur est (l;mals au contraire, de ce que le mineur, le premier /W renferme un premier attribut , celui-li un second, no lifième , ni^ quatrième si l*on vent ; et enfin celui delà eoniiion.
)e cette réflexion développée et bien entendue^ natlra la ovation totale de la science logique, et par suite Tanéanement complet de Tancien art logique, qui est absolument xet illusoire.
^en'ai pas besoin de réfuter ici expressément rexplication ! Uobbes donne dans le paragraphe suivant , de TopéraideTesprit quia lieu dans le syllogisme, ni celle qu*il lae, chap. 3,parag. 7, de la cause de la vérité d'une position, ni celle qu'il donne, cbap. 5, p'CBg' 9f des ses de sa fausseté. Je me borne à remarquer , comme je
fait déjA , qu'il y a plus de mérite i lui , i avoir essayé de dre raison de tout cela , qu'i nous d'y réussir , et que , Il le fait , il a très-bien vu qae les formes syllogistiques tout iMBOes è lien. La preuve en est la conclusion de ce ipNre :Vil n*a pas été bien loin, c'est la faute do temps où I vfca. Il est alté de voir combien il était difficile alors
Io4 MOBBES.
serrcnl entre eux Tordre direct : mais elle se partage cm quatre mddcSy soiTanlla quantité et la quidki de ces termes.
Quand tons les termes sont positifs et le moje» terme aniTersel ( tout homme est un animal , tout animal est un corps) , c'est le premier mode dans !•• quel toutes les propositions sont affirmatÎTes , vié- Tersi^cs.
Lorsque le terme majeur est un nom négatif, il que le mineur est uniTcrscl , c'est le second modl (tout h o mme est un animal , tout animal est non ar> bie) 9 dans lequd la proposition majeure et k oosdusion sont uniTerselles négatives.
On ajoute quelquefois à ces deux modier àewt autres modes qui en différait en ce que le terme aitncur est particulier.
Il peut se faire aussi que le terme majeur et k moyen soient des noms négatifs. Quand cela arrifOr il en nait un nouTcau mode dans lequel toutes lu propositions sont négatives , et néanmcûns le syllo* gîsme est hon. Supposons, par exemple, que b terme mmeur soit homme j que le moyen soit nos pierre, et le majeur non caiUou^ il en résultera cc s>UogismeHâ, Vhoautie n^esi pas pierre; tout ci qui n est pas pierre n^ est pas caillou; donc P homme n'est pas cailtou; lequel syllogisme est composé an trois propositions n^atires , mais nVn est pas momi reguuer. Mais , comme en philosophie il ne s'agit qo de trouver des règles universelles aux propriétés de choses 9 «t que la négative ne difi^ro^de Taflirmativ qu'en cc que dans cclk-ci on affirme dn anjci «
CJILCUL OU LOGIQUE. Io5
IMH pontif , et dos celle-là on mm néfitîf , il est îmtile de ooosidérer dans la fi^re directe «o mnin ■ide que edui dans Icqael toales lea p ropontioni mu nnirenelies et aflinnatiTes.
8* Yoieî nuintmant la pensée oa fopéfatioo de ^^rit qui répond an syllogisme direct. Premier»- , Seat, on oonçoît Fidée de la chose nommée avec \ Impression oa Faccident à can^e dnqael elle est ^■mée du nom qoi est le ntjêtàe la mineare. Enfile se présentée Fesprit Fidée de la même chose , <VieB Fimpressîan on Faccident qui fait qa^oo lui apflqoe le nom qui est le pré£cat de cette même mi- ^raie. Troisièmement , la pensée retient une seionde taàs à la chose nommée , avec Fimpression à %nse de laquelle cette chose est nommée du nom ^ est le prédicat de la majeure. Enfin , qnand Fespritse rappelle que ces impressions sont tontes laites ^ nne seule et même chose , il conclat que les Ms noms sont les noms de la même chose; o^estk-dire que la conclusion est yraie. Par exemple, puind on fait ce syllogisme , un homme est un am~ mal, un anhnal est un corps, donc un homme est m corps , l'esprit est frappé d^abord de Fimage d^nn MMnme parlant ou dissertant , et il se rappelle que c qui apparaît ainsi se nomme un homme. Ensuite e présente la même image de ce même homme , se douTant de lui-même; et Fon se rappelle que ee ni apparaît ainsi s'appelle 101 animal. Troisièmelent , la même image de cet homme revient comme tant dans un lieu quelocmqne, occupant un espace, t Fon se ressouvient que ce qui apparaît ainsi s'ap-
pelle UD corps. Enfin , lorsque se rappelle qui occupe un certain espace , change de I parle, est une seule et même chose , on ooncl ces trois noms , homme, animal, et corps j t noms de la même chose , et par conséquent qi proposition , un homme est un, corps, est ui position vraie. Ainsi , il est manifeste que le c ou la pensée qui existe dans l'esprit et répc syllogisme composé de propositions uniyer n'existe pas dans les animaux qui n'ont pas '. des noms , puisque , pour faire un syllogisme , penser non pas seulement à la chose , mais a nations des différens noms qui lui ont été de cause des différentes idées qu'elle a excitées, gp Les autres figures naissent de l'inflexion renversement de la figure première ou dire qui s'opère par le changement de la majeure la mineure , ou de toutes deux en une prop inverse qui leur est équivalente. Cest pourqu ces trois figures indirectes , deux s'appelleni ciliés , et la troisième s'appelle inverse.
La première de ces trois a lieu par le renver
I de la majeure , comme on va le voir. Dans la
' directe , les trois termes sont placés dans cet
mineur, moyen , majeur. Un homme est un a
I un animal n*est pas une pierre ; c'est là la
' directe.
I Renversez la majeure , et dites :
! Un homme est un animal,
\ Une pierre n'est pas un animal, et vous
I la seconde figure , ou la première des figure
lent la oonolnsion sera , un homme n'est pas rre,
fet , pouqu'il a été prouvé dans le diapitie it, artioliB 14 9 que les propositions niÛTermt les termes sont renversés et oontradioit équivalentes , les deux syllogismes doivent même oonolnsion ; car, si (à la manière des .) nous lisions la majeure en sens contraire, it, un animal n*est pas une pierre, et le ment serait absolument tel qu^il était dans directe.
éme voici un syllogisme direct: ttn homme 8 un arbre, tout ce qui n'est pas ttn arbre is un poirier,
vnez la majeure, et ohangez-la en une pror équivalente par la contradiction des termes, gisme restera le même , mais il deviendra jde cette manière :
9mme n^est pas un arbre, jirier est un arbre ,
Qclusion sera toujours , un homme n'est p€U 'jer,
tfois il fiiut , pour convertir la figure directe ^mière des figures indirectes, que le terme soit négatif dans la figure directe; car bien yliogisme direct , un homme est un animal, uU est un corps, devienne, par le renversei sa majeure , indirect de cette manière :
omme est un animal, ii n'est pas un corps n^est pas un animal:
, un homme est un corps. Cependant celte
Io8 BOBBES.
oonyeraioD pantt n obscure, qne le mode estentièrement inutile. On voit que, par le renyersementdt ^ la majeure, le moyen terme dans oette figure tA toujours la prédicat des deux prémisses.
io« ÏA seconde des figures indirectes a lieu, M contraire , par le renyersement de la mineare, es sorte que le moyen terme soit toujours le sujet des prémisses : mais alors la conclusion n'est jamais nmyerselle ; cVst pourquoi cette figure est de nul usage en philosophie. Donnons-en cependant un exemple. Soit ce syllogisme direct, tout homme est un animal, tout animal est un corps, renversant la mineure, il sera converti dans celui-ci :
Un certain animal est un homme ,
T'ont animal est un corps; donc
Un certain homme est un corps.
Car la mineure tout homme est un ammaJ, w peut pas (îtrc convertie dans cell&-oi , tout animal est un homme :qX ainsi, si vous rendez à ce syllogisme sn forme directe , la mineure deviendra, un certain homme est un animal, et par conséquent la concla- Ninn sera , un certain homme est un corps , puisque lu moyen terme homme , qui est le sujet de la oonoluaion, est devenu un nom particulier,
ii«* La figure inverse , ou la troisième des figures indirectes , résulte du renversement des deux prémÎMei. Par exemple , soit ce syllogisme direct ,
Tout homme est un animal,
Tout animal n'est pas une pierre; donc
7*oui homme n'est pas une pierre.
11 dcviont inverse de cette manière :
Sï
Toute pierre n'est pas un animal, tbut ce qui n'est pas un animal n'est pas un nme; donc
fbtf/tf pierre n'est pas un homme.
SL ooDcliuion est renversée et équiyaleûte à U Dluskm directe.
insiy œs figures ne sont cp'aa nombre de trou , x>ar les compter y-t)n ne considère que le changeât de situation du terme moyen. Car, dans la prere , le moyen terme est le second , dans la seconde it le troisième , et dans la troisième il est le prer. Mais si dans .Pénumération des figures 00 a rd à la situation de tous les termes , alors il y lura quatre \ car la première se partage en deux, directe et inverse ; d'où Ton voit clairement que disputes des logiciens sur une quatrième figure t plus illusoires que réelles ; car il est évident , • U chose même ^ que par la seule situation des ODes (sans parler de la quantité ni de la qualité . propositions, ce qui distingue les modes), il y a itre espèces de syllogismes ; et chacun peut , à sa onté, les appeler figures , ou leur donner tel autre n qu'il jugera à- propos.
a» Si , dans ces figures , nous voulons faire atten-^ ï à toutes les manières dont les pi*émisses peuvent ier par des difiérences de qualité ou de quantité , 1 naîtra un grand nombre de modes dans chaque re, savoir : six dans la figure directe , quatre dans remière des figures indirectes , quatorze dans la mde, dix-huit dans la troisième. Mais puisque , s U figure directe» nous avons rejeté comme su- 2 10..
IIO HOBBES.
perflus tous les modes autres que celui qui oonsiste dans deux propo8iti0iis aniyerselles , dont la mineure est affirmative , nous rejetons en même temps tous les modes des autres figures qui naissent du renversement des prémisses de la figure directe.
i3« Au reste, de même que nous avons montré précédemment que dans les propositions nécessaires, la catégorique et Phypothétique étaient équivalentes , de même il est évident que le syllogisme catégorique et Phypothétique sont aussi équivalens. En efiîet, un syllogisme catégorique , par exemple celui-ci,
Tout homme est un animal.
Tout animal est un corps ; donc
Tout homme est un corps; a la même force que le syllogisme hypothétique que voici :
Si un être est un homme , il est un animal ,
Si un être est un animal, il est un corps; donc
Si un être est un homme , il est un corps.
De même, dans la figure indirecte , voici un syllogisme catégorique :
jiucune pierre n'est un animal,
Tout homme est un animal; donc « Aucun homme h*est une pierre : on
Aucune pierre n'est un homme.
Il équivaut absolument à cet autre-ci, qui est hypothétique :
Si un être est un homme , il est un animal ,
Si un être est une pierre , il n'est pas un animal; donc
&' un être est une pierre , il n"! est pas un homme, ou
Si Mm être est un homme , il rî* est pas une pierre. Ce qui précède parait suffisant pour faire connattre la nature du syllo|^8me ; car tout oe qu'il y a d'utile dans œ que d'autres ont dit areo plus de dérebppementsur les modes et sur les figures, est olairement renfermé dans ce que nous venons de dire. Pour bien raisonner , on a moins besoin de préceptes que de pratique; et on apprend beaucoup plus yite Il Traie logique en s'occupant de démonstrations mathématiques , qu'en perdant son temps à lire les préceptes syllogistiques des logiciens , à peu près comme les petits enfeins apprennent à marcber en marchant beaucoup , et nou pas par des leçons expresses. En ToilÀ donc assez sur ce que doit être la marche philosophique; maintenant nous allons parler des difféimtes espèces de fautes dans lesquelles tombent ceux qui raisonnent sans précaution , et des causes de ces erreurs.
lO...
113 BOBBES.