‹ Étemens d'idéologie (volume 3)Chapitre 28 sur 72 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

i)B l'bmhur ( erratio ) ^ db ul faussetb ( fabUat )« BT DB8 ffoFBunixfl ( captwnes ).

i« En quoi diflêreotrerreoretlafauMeUi rnaMMiFfrit petit trrer indépendamment da FosagedM mots. — s* Sta* Incohérent de sept manières , qui tontes rendent li pnf^ sition ranue. — 9^ Exemple de la première , ^* d^h» eonde , 5" de la troiiième , O» de la quatrième , ^ dt b eln^ième » 8» de ta sixième , 9* de la leptième. — 10^ (^ Ton découvre la fausseté des propositions par la réaoMii des termes, au moyen de définitions continnelloi» Nf^^ ce qu*on arrive aux noms les ploi simplet , c*est-è-éin aux genres tes plut étendus. — ii« Vice du sjUoginMt prof enan) de la complicalion des termes avec la copnle.— I a" Vice du syllogisme, provenant des dénominations étfA' voques. — 13^ Que les artifices sophistiques pèchent pin* souvent dans la matière que dans la forme du syllogisme.

10 Lb8 hommes peuvent errer non-seulement dans li'urs aflîrmatious et leurs dénégations, mais même dans leurs scutimens intimes et dans leur pensée nou onoore exprimée. £n aflirmant et en niant ils se trom- |>ent , quand ils attribuent à une chose un nom qai n^ost |>as le nom de cette chose, comme nous ferions ai, voyant Pimage du soleil tantôt directement dans le ciel , tantôt par réflexion dans une rivière , et attribuant à toutes deux le nom du soleil , nous disions qu^il y a deux, soleils. Ccst une faute dans laquelle

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urnes teals peuvent tomber , poiaque les aalimaïUL n*OQt pu Tusage det noms ; et e*est le snre d'erreur qui mérite le nom de faoescté, qu'elle ne Tient pu de la sensatioii ni des ohois-mémes , maia de notre témérité à prooooeer ;ement. Car lea noms ne dépendent pea de k

même deacfaoaef , maîadelayolontédef boni»

ie qui ùâi que celui qui s'éoarte dea appella- MmTenuea , n'est déçu ni par aa aenaation ni chose elle-inéme , puisque cette chose qu'il 1 ne yoit paa qu'elle a'appelle le aoleil , maia il u>lle s'appelle ainai; c'eat donc aa propre né» ye qui lui fait dire une propoaition lauaae. An ire , noua sommea déçus par notre aenaation on tre penaée, quand , en conséquence d'une im* m actuelle , nous imaginons antre chose, ou

nous nous représentons comme certainement s ou futures des choses qui ne l'ont pas préoéi qui ne la suivront pas. Cest ce qui nous arrive

, ayant vu dans une rivière l'image du soleil , maginons que là est la chose dont le simnlf cre tpparait , ou quand , ayant vu quelque part •ées j nous imaginons qu'il y a eu ou qu'il y à un combat , parce que c'est ce qui a lieu le ou vent ; ou quand , en conséquence de quelnnomesses , nous nous figurons l'état de l'esprit ui qui a promis ; ou enfin quand , d'aprèa un quelconque , nous nous faisons une fausse idée ohose représentée. Les erreurs de ce genre sont unes à tous les êtres doués de sensibilité : cent, oe n'est pi par nos sens ni par les choses

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que nous sentons » que nous sommes ainsi trompés, mais par nous-mêmes , qui inuiginons les obosesteiles qu^elles ne sont pas , ou qui présumons que celles qui ne sont que des images sont plus que des images. Cependant , ni ces choses ni ces imaginatious ne peuvent être ê.'p^léea fausses , puisqu'elles sont réellement ce qu'elles sont , et qu'elles ne nous promettent pas , en qualité de signes , ce qu'elles ne nous montrent pas : car ces ehoses et ces imaginations ne nous promettent rien, c'est nous qui WMU promettons à leur occasion. Les nuages ne nous pomettent pas de la pluie, mais nous nous en promettons quand nous avons vu des nuages. On prévient les erreurs qui tiennent aux signes naturels , d'abord i et avant tout raisonnement , en ne se portant ani conjectures de ce genre qu'ayeo le sentiment de son ignorance, et ensuite par le moyen du raisonnement Car elles ne naissent que de manque de raisonnement. Mais celles qui consistent dans des affirnutions et des dénagations ( ce qui constitue la fausseté des propositions ) , elles proviennent d'un mauvais raisonnement. C'est de celles-là dont nous devons parler , car ce sont les plus contraires à la philosophie.

V* Les erreurs qui tiennent au raisonnement, c'està-dire au syllogisme , consistent dans la fausseté de l'une des prémisses ou dans la déduction. Dans le premier cas, on dit que le syllogisme pèche par U matière, et dans le second , par la forme. Nous examinerons d'ahord la matière, ou de quelle maniàre une proposition peut être fausse ; ensuite U fonne, oo

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iut il anÎTe qae les prémisses étant yraiesy la aence ne Test pas.

s sTons TU, ohapitre 3 , article 7 , «jn'nne piod est toujours Traie quand les deux noms eon- Booi oenx d'une même chose ; et toojonrt quand ces deux noms sont ceux de deux diorérentes. Par oonsé({uent , autant il 7 aara de es pour que ces deux noms ne soient pas ceux nérne obose, autant il 7 en aura pour que k .tîoD, sott Ciusse.

à quatre genres de olioses nonunées , saToir : ts. Us aeddens, Uê apparences, et Us noms fmss. Cest pourquoi dans toute prapoôtion il faut que les noms assemblés soient deux U corps, deux noms d'acckUnt , deux noms rence , ou deux noms de noms. Tons les noms lés autrement sont inoohérens et constitaent ipQsition fausse. Il peut même anÎTer que le 'une chose soit assemblé ayec le nom d'un ■s. U 7 a donc sept manières pour que les noms lés scnent incohérens*

om d'an corps \ f\» nom d*«a Mcidcal.

Ofli cl*iui corps I I le 00» d*«Be «ppareBCC

om d'oD corps f est 1 le mmb d*aa ■•««

Dm d*nn accident / assembUc le aoai d*«Be apperesce .

»« d*vn accident I «vee I le noai d*aa noa.

MB d'^ne apparence 1 f le aaai d'aa at»*

ont d*BBe cbo se / \ le nom d'aa discoars.

I allons donner des exemples de toutes ces

« propositioas sont fausses de la première UM» quand on joint des noms abstraits à des noms

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oonorets, oomme dans ces phrases , Vétre ett m p être, l'essence est un être ( to ti en einai ) o^est4- b dire , la quiddUi est un être, et beanoonp d'aaira \ de ce genre qu'on trouve dans la métaj&ysique d^A- '^ ristote. Il en est de même de celle-ci : finteWgnee -t comprend, la vue voit, le corps est grandeur, le 'i corps est quantité , le corps est étendue, Phumamti v. est homme , la blancheur est blanche. Car c'est j: oomme si Ton disait, le coureur est course, oa P0^ #1071 de marcher marche. Ajoutez-y enoore les ni- f Yênies^P essence est séparée, la substance est ehh i traite, et d'antres semblables à celles-là ou dériva d'elles ( dont la philosophie commune est remplis)* Car , puisque aucun sujet d'accident y o'est4^dii» aucun corps, n'est accident, aucun nom d'aooîdeit ne doit être attribué au corps , ni aucun nom as corps à l'accident.

4<* Les propositions qui suivent pèohent de la seooude manière ; le spectre est un corps ou est un etprit; c'est-à-dire un corps très-ténu... • Les espècet sensibles voltigent dans l'air, sont mues çà etlà, ce qui est le propre des corps. L'ombre se meut, c'est-à-dire est un corps. La lumière se meut, ou. est un corps. La couleur est Pobjet de la vision. Le son est V objet de l'audition, V espace ou le lieu estune chose étendue; et d'autres de ce genre , qui sont innombrables. Car , puisque les spectres , les espèces wibles,. les. sons , l'ombre , la lumière, la couleur, l'espace , etc. ,.ne nous sont pas moins présentes pendant le sommeil que pendant la veille, ce ne sont pas des choses extérieures à nous, mai^ des appa*

^enccS) des fantômes de notre imagination. Leurs loins ne peuvent donc pas être réunis avec les noms les corps dans une proposition vraie.

5^ Lies propositions fiiusses de la troisième maniées sont oell«s-oi : h genre est un être, V universel si un être, l'être se'dii de Vétre , peut être attri" *ué d tétre; car le genre, l'universel, le dire ou 'attribution (predicare ) sont des noms de noms , et Km pas des noms de olioses. De même cette proposiion, le nombre est ir^nî, est fausse , car aucun lombre nVst sans bornes; il n'y a dUilimité que ce not nombre , quand l'esprit ne lui applique aucun lombre déterminé. On peut donc dire que ce mot ist indéfini , mais non pas qu'aucun nombre réel soit infini.

fio Voici des propositions fausses delà quatrième tnanière : la grandeur ou la figure de V objet appaytissent au spectateur telles qu'elles sont; la cou^ ^•eur, la lumière , le son, sont dans l'objet^ étantes semblables : car le même objet apparaît tantôt plus grand, tantôt plus petit , tantôt carré , tantôt tmd , suivans les difi*érences des distances et des niiieux; et cependant la véritable grandeur et la véitable figure de la chose qui est vue, sont unes et oujonrs les mêmes. Les grandeurs et les figures aplarentes ne- peuvent donc pas être les grandeurs et es figures des objets eux-mêmes : ce sont des appaences , des fantômes ; ainsi on joint , dans les propoitions de ce genre , des noms d'accidens avec des loms d'apparences.

70 Un cinquième genre de propositions fausses ,

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c'est quand on dit que la définition eêtl'essenc i la chose , que la blancheur ou tout autre acà

I est un genre ou un universel: oar la définitioo

point ressence même d'une ohose, mais un dÎK qui représente les idées que nous avons snr Vm de cette chose ; et ce n'est point la blancheur même , mais le mot blancheur, qui est genre ef versel.

80 Le sixième genre de propositions fieiusses , quand on dit que Vidée d^une àhose queiconqu universelle : comme si nous avions dans Tespri certaine image de l'homme , qui ne fut celle d's homme, mais simplement de l'homme en gén cela est impossible; oar toute idée est unique, ridée d* une seule chose. Ceux qui s'expriment se trompent , en ce qu'ils prennent le nom de la pour l'idée de la chose.

90 La septième manière de se tromper , o établissant des distinctions entre les êtres, d< que tel être est un être par lui -même , et tel lin être par accident. Ainsi , parce que Socra un homme , est une proposition nécessaire , i Socrate est musicien , est une proposition cont te , ils établissent qu'il y a des êtres nécessai cxistans par eux , et d'autres contiugeDs ou ei par accident. Ikjais puisque ces mots, néces contingente par soi-même, par accident , se noms de pn^tositious , et non pas des noi choses , ceux qui dûment qu'un être est un et soi-même , assemblent le nom d'une propi avec le nom d'une chose. Ceux-ci tombent

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<iaiis une erreur da m^e genre, qui supposent ^e Boas aTons de la même chose une idée dans notre intelligenoe , et une antre dans notre imagination; comme si, <{nand nous concevons et diaona que Phemme est un aninud , Pidée de Phomme que naos ooneev o ns , et qui est dans notre inteUigenœ , n'était pas la même que Pidée ou Ifmage de lliomme, qui , née de nos sens , est oonserrée dans notre mémmre. Ce qui les a induits en erreur, c'est qu'ils ont pensé que l'une de ces idées de la chose lépondait au nom , et l'autre à la proposition, Mtis eda est fiiux ; car la proposition exprime seulement l'ofdre des choses qui, dans une même idée de l'homme, sont obserrées l'une après l'autre ; de sorte que , pour fermer ce discours , l'homme est un itnimtd , nous n'ayons qu'une idée unique, quoique dans eette idée nous considérions d'abord ce qui lait qu'elle est appelée Vhomme , et ensuite ce qui fait qaVUe est appelée animal. Tous ces genres de faussetés doivent être démasqués par le moyen des définitions des noms assemblés.

100 A la vérité , lors même que les noms des corps sont assemblés ou réunis avec les noms des corps , les noms des accidens avec ceux des accidens , les noms des noms avec ceux des noms , et les noms des images avec ceux des images , nous ne connaissons par tout de suite pour cela si les propositions sont vraies ; mais il faut auparavant que nous connaissions la définition des deux noms, et les définitions dta noms employés dans ces deux définitions , jusqu'à ce que par des résolutions successives nous soyons 2 !!•

•Il

BOBBES.

unifés an nom le plus simple , c'est-à-dire mier et le plus miiYenel dans chaque genre ses* Si alors la rérité oa la fausseté ne se m pas encore , c'est l'affaire de la philosophie de Ter , et on dmt la chercher par le raisMinen commençaDt par les définitions. Car toute pro uniTersellement Traie est ou une définition partie de définition, ou doit être dénumtrée définitions.

I lo Les Tices des syllogismes qui peuTent chés dans leur forme , se déoouTrent toujo dans la confusion de la copule aTco un des ou dans quelque équiToque de mots : car de c manières , il arrÎTe toujours qu'il y a quatn au lieu de tnns , ce que nous aTons prouTé Toir pas être dans un syllogisme légitime. Li sion de la copule aTeo l'un des deux termes nifeste tout de suite par la réduction des prop à leur pure et simple expression. Par exei quelqu'un argumente ainsi :

La main touche la plume , La plume touche le papier ; donc La main touche le papier.

La réduotûm rend tout de suite l'ineptie é% car si l'on s'énonce ainsi :

La main, est touchant la plume, La plume est touchant le papier ; donc La main est touchaiit le papier ; il est clair qu'il y a quatre termes , la main , It la plume , la plume, et touchant le papier»

Ce genre de sophisme n'e:>t pas assez da:

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il sottnéoetsaira d« s'en occuper davantage, fs éqnifoqaet peuvent plus aisément induire r , non pM oepcndant celles que l'on déooude fuite, ni les métaphores , car le mot tnd' lit lui-même le transport d^un nom de chose tre. Mais il y a des équivoques qui trompent QÎSySans même être très-obscures; comme argnment : // appartient à la philosophie ^examiner Us principes ^ mais le premier fS principes est que la même chose ne peut \éme temps être et ne pas être. Donc i7 opà la philosophie ^examiner ù la même U en même temps être et ne pas être : c'est {uivoque sur le mot principe qui induit à «r quand Aristote dit , au commencement jiphysique, que Texamcn des principes api la science première , il entend par prin-' causes des choses , certains êtres qu'il apoaiers ; mais quand il dit que cette première m est un principe , il enteuà par principe de la connaissance , o'est-4-dire Pintellii mots , sans laquelle en effet personne ne I apprendre , quoi que ce soit.

H reste , les argumeos captieux au moyen les sophistes et les sceptiques avaient antreume de se jouer de la vérité ou de rattachaient ordinairement , non dans la forme , is la matière du syllogisme ; et ils étaient les plus souvent trompés que trompeurs, iple, le célèbre argument de Zenon, contre ;ment , portait sur cette prc^osition , tout

C0 qui peut être diuiêé enpartieê ù^nieê en nombre est infini ; il la regardait oomme d'une Térité inoontettable , et pourtant elle est firaate : car pooToir être dirisé eo parties infinies , n'est antre chose qve poiiyoir étredirisé enantant départies que qnelqa'oo le yeat. Or , qnoîqoe je paisse diviser et subdirûer nne ligne enantant de parties que je le venx, il se itit pas de là nécessairement que cette lign« ait des pl^ ties infinies en nombre , on soit infinie j car qvelqne multipliées que soient les fractions que j'en ftnit leur nombre sera toujours fini. Biais qui dit partie simplement sans ajouter combien , ne fixe pM 1* nombre , et laisse à Tauditenr à le détermim»'. Ccst pourquoi on dit ordinairement que la ligne pentltie divisée à l'infini , ce qui est vrai , et ne peut 1'^ que dans oe sens. En voilà assez sur le syllogûtnCf qui est comme la marche de la philosophie ; car et que nous en avons dit, suffit pour connaître d'oà toute argumentation légitime tire sa force ; et il s^ mit aussi superflu d'aocumuler tout ce qu'on en peat dire , que si , comme je l'ai déjà dit , on voulait donner à un enfant des préceptes pour marcher. L'art de raisonner s'acquiert , non par la théorie , mais par l'usage et par la lecture des livres dans lesquels tont est soumis à de sévères démonstrations. Je vais donc m'oocuper de la route que suit la philosophie, c'està-dire de la méthode à suivre en philosophant.

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