‹ Étemens d'idéologie (volume 3)Chapitre 47 sur 72 · MOI · texte numérisé non relu

MOI

Pae cela seul que houe tentons « mons aoBUiei ai* Eoréfl de notre ezûtenoe , de l'eustenoe de notre fltfi •entant; et poiaque cette eziatenoe oonaîate imiipMment à sentir, celle des êtres antres qae nous, s% existent , ne peut consister pour nous qu^à être stitii, ou, comme on dit ordinairement , que dans les ia* pressions qu'ils nous causent. Cela est oooitsDL Mais celte seconde existence est-elle réelle on iUasoire. Cest là le point qu'il s'agit maintenant dMclaircir. Piûit à Dieu que Descartes ae fiût avisé éi cette recherche , au lieu d'imaginer tout de snik des essences et des substances, et de déterminer hardiment la nature intime de ce qu^ii n'avait pM assez observé.

Si notre sensibilité n'avait pas d'autre propriété que celle de produire des perceptions , des sentimens , nous ne conualtrious que ces perceptions ; et certainement nous ne saurious , nous ne soupçon^ "nerîons même jamais d'où elles nous viennent, ni qu'est-ce qui les cause. Nous pourrions les sentir et nous en ressouvenir, les juger et vouloir en conséquence les élaborer et en faiie mille combinaisons; mais nous ne saurious les rapportcu' à rien qui nous

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dit étranger, ni niiéme en avoir Pidée. Nous connafi*ions notre existence telle que noas yenona de la présenter, et rien autre. Nous ferions tons ce que tous ayons expliqué dans les chapitres précédens , et ien de plus. Il faut donc que nous trouyions dans lolre sensibilité une propriété que nous n?y ayons «s encore remarquée, et qui nous sorte, pour ainsi lire , de nous-mêmes , et nous mette en relation ayeo e reste de la nature : c^est ce que nous allons voir.

Je me suppose un être purement sensitif , une impie monade sentante, sans forme, sans figure , ans relation , en un mot un être tel que nous ne NOUYons guère en conceyoir, qui n'aurait absoluaent aucune autre propriété que celle de sentir et de ambiner aea perceptions. U est évident qu'alors je onnaitrais mes perceptions, et par elles mon exisenoe; mais que je ne pourrais pas même imaginer qu'elles me viennent d'ailleurs , et qu'elles ne naisent pas en moi spontanément et sans cause externe, rayant aucune action sur ilucun être , je ne pourrais, ne douter qu'il y a des êtres qui agissent sur moi et ;ui agissent les uns. sur les autres. Je n'aurais que idée de passion et non celle d'action , celle de sentir t non pas celle d'agir. Dans cet état, si ma volontést suivie de succès , je ne puis savoir pourquoi ; si lie n'est pas accomplie, je ne puis en deviner la ause.

Mais nous ne sommes pas cela. Quel que soit le irincipe de notre sensibilité ^ , elle est intimement

s Encore une fois , je ne m* occupe pas fie le tl^lerminer : elte recherche n'apparlieut pas à cette science-ci.

212 PRIirClPES

noie à un ensenible de parties, à an corps , à des organet. Elle s'exerce prineipalement par notre 8j«- ■ |» tème nerrenx, et anrtoat par le centre cérébral ,qoi est éminemment l'organe séorétear de la pensée.

Tant qa^elle n'agit et ne réagit qae dans ce système nerreux, nous sentons, nous percevons, et Toilà tout. Mail elle a une antre propriété ; elle rétgH auaai sur notre système musculaire. Notre Toknté eût oontraoternoB muscles et monyoîr nos membres, et nous en sommes avertis pdr un sentiment qod- Qonqne. Nous ne savons pas, sans doute, d'abofd cpw o^est du mouvement qui s'opère et que nous sentons; mais enfin nous savons que souvent non éprouvons oe sentiment quand nous le touIoos, et que quelquefois nous ne l'éprouvons pas quoique nous le souhaitions.

Bientôt de nombreuses expériences nous appmnent qne l'existence de ce sentiment est dA à laiésistance de ce que l'on appelle la matière , qui cède à notre volonté , et que sa privation vient de cette même résistance quand elle est invincible; et nous reconnaissons certainement que ce qui résiste à notre volonté est autre chose que notre vertu sentante qui veut , et que par conséquent il existe autre chose qae cette vertu sentante qui constitue notre moi. Cest là évidemment la base de Pexistence pour nous , de tout oe que nous appelons les corps, et la première voie par laquelle nous la découvrons.

Quand ce phénomène ne serait accompagné d'aucun autre , quand les corps ne nous manifesteraient pas d'autre propriété que celle-là de résister à notre

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éduite «n acte , leur existence n'en serait s aussi certaine et aussi réelle reUtiyement [ue la nôtre même; car pour nous,eiistmr ir des perceptions ; et exister relatiTement à st nous causer des perceptions ; et nous ne jamais rien connaître que par aea rapports s et notre sensibiliié. Mais nous découvrons ans les corps beaucoup d'autres propriétés , e celles d^étre mobiles , étendus , figurés , onores , colorés, etc., et dans quelques-uns, re animés , sentans et Toulans comme nous, jnons toutes ces propriétés à la première , re résistans} et de leur ensemble nous for* ! idées que nous avons de ces êtres; car e d^un être n*est jamais que la réuniofi des ns qu^il nous cause , des qualités que nous lissons.

Ltrerai point dans les détails de la manière s acquérons successivement la connaissance i ces propriétés des corps, et dont nous ap- I distinguer celui ^ui obéit immédiatement olonté , et par lequel s'exerce notre sensibtteux qui lui sont étrangers. Gela est inutile que je me propose. Il n'importait au sujet ûte que de déterminer le sens du mot exiê" ; prouver que celle des êtres ^i nous enviest très-réelle, et de montrer en quoi elle

parce que Tobscnrité répandue sur oes ) en a jeté beaucoup sur Phistoire des pro-

notre espril. Par la même raison , je dois acore quelques éolaircissemeos sur la forma-

3i4 PBiscires

lîaa^ draxoa traûidéet (pu lien d qoi, pw eim it tfà^l, tmt toujoi

CHIPITKE VI

jiMiti doali de rnifIcBM de* t qa'cUe tal rédoile en icle , elle ta UmIM TiBDflJe, Unl&t înTiDcible, ÛB*. Ceqwi lui riniteeil antre ebi qn rfiUteert bm jbsi^I. Ccrréiû lûtuil , s'est jbe , n'est cusler. En [datM ces ètnd i^iûluu, août leeo eipëne>«3 , ptsmaran d'âne m

U pnpiiété TuBdau

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Aud h)B|b4mip« urne ce pb^no a a pu été Hduil à cet élal de linpl qw»-Bnc3 de an id^ doal U • i ™' l» gêiiJralMii et b TT«ie nleui idm leups, laoaTenienl, Ael^a

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ous y arrêter un moment , parce qu'elles sont si ^érales , qu'elles embrouillent toutes les branches s nos connaissances , tant qu'elles restent dans le ague.

Un être sentant. qui ne connaîtrait que sa propre ûstenoe sans^ aucuns moyens pour conuaitre des res autres que lui, pourrait avoir l'idée de durée; suffirait pour cela qu'il fut doué de mémoire, qu'il t un saupenir, et qu'il le reconnût pour un sonnir. Il jugerait qu'il a duré depuis la première fois .'il a eu cette perception , et que l'impression de tte perception a duré en lui; mais cet être n'aurait s l'idée de temps , qui est celle d'une durée mesus y ou du moins il ne saurait avoir l'idée nette d'un aps déterminé avec exactitude ; car nos perceptions nt fugitives et transitoires , leur succession dans tre esprit ne fournit aucun moyen de partager leur rée et la nôtre en portions distinctes, séparées me manière fixe et précise. Aussi voyons-nous que us mesurons toujours la durée parle mouvement. 1 temps est toujours manifesté par un mouvement §ré. Un jour, un^n,lesoDt par les deux mouvemens la terre , et leurs sous-divisions par ceux de nos rloges. Mais l'être dont nous parlons ne peut avoir lée de èiouvement ; il faut des organes pour l'acérir ainsi que celle de Fétendue. • Même munis d'organes sur lesquels agit immédianent notre volonté , nous ne savons pas ce que ist que le mouvement dès l'instant que nous en sons, r^ous éprouvons un sentiment quand nos smbres se meuvent; mais nous n'apprenons que 2 19.

2l6 PKIHCIPES

leur nwTwa c a i caniiilt à pMWr d*aB poôit ^ FopMe à on ««tre, àpmooîr vm^fottàtm^lkmr àwùj qti'cB ff TO D i i at qve la pw y i é lé des ëm ifpelée étendue , eonsisteà œ qaHls p ea^c a t èbtfi^ ocmras par k ■KwwMnt, 4 «e qull fkwX UnH moaTaneat pour alkr dL'uM de l«un pntÎBi à «m aatre. Quoid j« p««e ma bob tmt la «KpfltlkiBflB

de moi bna et de la rémlaBoe deee «orpf, ]e4^ eoBTie en Bieiiie lenipe et ^ve ee eoipe ert Mt' da , et que mon aMMotTeuent oaiaiate à le puMiV{ ect de«x idées mit cMontieUeBeat «ft abedeMiit oorrélatiTet , et te peuTcnt fcbsiater Vmmib am 1^. tre. n fuit de là devK olioMt : PuM , q«e mas ftÔMM ect deuL idéee en ontee taspes l^«tra| qaiM moQTeBieBt opéré ert tonfouRi esaoleniettt tepféiHil par la qvantité d'étendae pa imwmi ; oar ^tftL ^ Biéiae fiiitoonàdéré de deuL manierai dMU lo«Hfi parooaruit et dana le oorpe parcouru , daaa Vtftâ et dans le patient ■ , *.

> Ceit poarceUqMl'oa p««i dîrcqac la vM«,Uafcil est ^endo. Le Meal a'est rlea , omu lai corps pcwrtetM mooToir qaaod rien ac les ea eaipécke • M ainsi, ib paraaaNAl de rêteadae , qai o*existe qae par rapport è euxtCTest Mttl ëleodue absirailede tout être, osais daas laquelle aa élrepcit tracer des 6§iires par ses moaTeaMos , dont sToccnpe la fée* métrie pure. Aussi » n'est-elle arrêtée dans aok tpëcalaôias par aiicnne considération propre à aaetwétre partfcaller*

* Pour nn être sentant qni n'aurait pas la Acnltd dTaxéea* trr des OMOTeniens , il n*y ancait pas d'étondno t car il n'ae parcoarrait jamais ; et pour un être sans étoadun, il n'j a|Bi

hf retendue des corps, seule entre toutes leurs priétés , a un ayantage inappréciable , o^est d^étre 'émement dÎTisitile et inyariable. Nous pouvons istribuer en parties distinctes par des diTisions cises et petinanentes , qui se représentent à nos s toujours claires et toujours les mêmes ; c^est là ]ui la rend éminemment mesurable ; car ou peut jours la comparer à une de ses parties prises pour té y et c'est là ce que l'on appelle mesurer. Or, (t œ que nous ne pouyons pas faire de la couleur, la chaleur y de la dureté, etc., non plus que de la •ée.

Cependant si nous représentous la durée écoulée un mouyement opéré, puisque le mouyement tré est nécessairement représenté par l'élendue oourne , yoilà que tous deux pai'ticipent aux exlentes divisions de l'élendue. Mais il manque en- « une condition pour que l'une et l'autre soient ictemeut mesurées ; car l'étendue parcourue étant jours la même, la quantité de mouvement peut e plus grande et celle de durée pi us petite , ou ré- •roquement. Pour remédier à cet inoonyéuient , iuffît de rapporter toute durée à un mouyement iforme et constant, qui soit toujours le même, et prendre pour unité de durée une de ses périodes , le que le jour. C'est ce que nous disons. Alors ite durée est mesurable , par la même raison tout myement est mesurable aussi ; car quand nous ma l'étendue qu'il a parcourue et la durée qu'il a

tstUlUé d'exécuter des mooTemeni , car il faut occuper Bfptca poar pouvoir en cheoger.

3l8 FRIHCIFES

ooosoRUBée, noas stdos n proportioD ayeo le moa- Temcnt diame. Cot ainsi q[ae la durée ^ le mofOrftmaki font mesnrésaTae la dernière préoision , gnoe à réCcndae , et q«e le aont plus oa moiiia bien tostei les aatres propiiëléfl des étresy à proportion ^3 nont est pins oa moins possible de ramener leon effets à des mesnres de retendue.

Cette dernière eonsidératîon nons montre la oivk des diffèrens degrés de certitude des diyerses «Âenees , on dn moins des différons degrés de facilâéde lenr oertitude ; car la oertitnde pent tovgoors ifoir lien ; mais pins la préoiskA des mesures est difficile et fagiti?e, plus il est aisé de se tromper sur les nlenrs et les nuances des perceptions qu'il s^agit d'apprécier. La manière dont nons cosmaissons Péteiidas nous montre aussi que nous ne sentons pas iomédiatement les formes et les figures des oorps qui sont des modifications de leur étendue, ni leurs distances et leurs positions , qui en sont des ciroonstanoes, comme nons sentons leur couleur, leur saveur oa leur odeur; mais que nous les découvrons par des expériences successives , ou que nous en jugeons par des analogies ; au reste , ce n'est pas ici le m(»iient d'entrer dans les détails. Je prétends donner actuellement les principes de la Logique , et non pas encore ceux de toutes les autres sciences. Il suffit donc d'avoir posé des bases. Peut-être trouvera-t-on que celles-ci débrouillent déjà bien des idées qui ont fort embarrassé les physiciens, géomètres et métaphysiciens qui n'étaient pas idéologistes.

Après avoir rendu compte de notre existence in-

ime , des diflTérens modes de notre sensibilité , de la «■éoératioa des perceptions qu'elle nous donne, de sa «lation avec l'existence des autres êtres , et des prinnpalefl oonséquenoes df cette relation, en un mot de a Boante gânérale de notre esprit , il semble qu'il le noua reite plus qu'à en tirer des conclusions pour !a direction de notre intelligence. Cependant , il jr a aïoore un préliminaire nécessaire , dont nous devons loua occuper auparavant ; il faut parler des signes iensiblet de nos idées ; car ce n'est qu'au mojren de )«• aignafl que nous élaborons nos idées premières ; tana eux , la plupart de celles que uous avons ou ne ieraient jamais formées , ou seraient aussitôt éva- (looies ; et ce n'est jamais que revêtues de signes qu'elles nous apparaissent , et que nous en formons de nouvelles combinaisons . Ainsi pour bien rendre raiaon de ces combinaisons , il faut avoir expliqué l'origine, la nature et les effets de ces signes. La néoesaité de cet examen sera mieux sentie quand il sera exécuté. C'est ce qui fait qi)e nous devons nous y livrer actuellement.

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