‹ Étemens d'idéologie (volume 3)Chapitre 48 sur 72 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

DBS sioaas db vos idées, langage naturel et né»

cessaire,

' Nous sommes faits de manière (et peut-élre en est> il de même des autres êtres sensibles) que quand nous

•YODS une idée si nous ne la reTéton^ pas promptement d'un signe sensible, elle nous éohappe bientôt, et nous ne pouvons ni nous la rappeler à yolonté , m la fixer dans notre pensée de ùçon à la développer, à la décomposer, à en faire le sujet d*nne réflenoa approfondie ; ainsi les signes sensibles dont nos idées sont toutes revêtues, nous sont très-néoessaires poor les élaborer, pour les combiner , pour en fonner difi'érens groupes qui sont autant d'idées nouvelles, et pour nous représenter œs idées nouvelles j ftt conséquent ils influent beaucoup sur les opératiois de notre intelligence. Cest ce motif qui nous oiUi^ à nous en'occuper ici, mais oe n'est point celai qû les a fiût imaginer.

Un être animé n'a pas plutôt découvert qu'il enste d'autres êtres sentans et voulans comme lui , qu'il sent le besoin de leur communiquer sea perceptioBi et aea affections , soit seulement pour le plaisir de sympathiser avec eux, soit pour déterminer leur volonté en sa faveur , on du moins pour empêcher qu'elle ne lui nuise.

Mais une idéen'e^t pas une chose qui puisse passer directement et immédiatement d'un être à un autre. Elle est en soi absolument interne et intransmissible. Il faut donc pour qu'un être sensible fasse part de son idée à un autre être sensible , qu'il fasse sur ses sens une impression qui représente cette idée. Cela se peut dès qu^ils sont convenus ensemble que telle impression est le signe de telle idée ; mais pour faire celle convention , il faut déjà s'entendre , c'està-dire s'être communiqué des idées. Ainsi une pa-

eille Convention «appose fait oe qui est à faire. Os e peut dono pas être là le oommeDoement du lanige ; et noa idées n'auraient jamais eu de signes conentionnels, si elles n'en avaient pas eu auparaant de nécessaires. Heureusement elles en ont de ils , et elles les doivent à la propriété qu'a notre olonté de réagir sur nos organes et de diriger nos louvemens.

Par cela seul que nos actions sont les effets de oe ai se passe dans notre pensée , elles en sont les aines. Quand un homme veut approcher ou éloigner e loi une chose quelconque , il étend les bras pour atteindre oa la repousser. Ainsi ces mouvemens rouyent que cet homme désire ou rejette la chose ers laqndLleils se dirigent. Quand ce même homme it affecté de joie , de douleur on de crainte, il jette es oris , et des cris différens dans ces trois occaons ; ces cris montrent donc de quel sentiment il it affecté. Par conséquent ces mouvemens et ces ris sont les signes nécessaires des senti mens qui les lusent ; et ils les manifestent inévitablement à homme qui les aperçoit , et qui éprouve que telles boses se passent en lui quand il ressent de pareilles ffections.

Ce n'est même que par ce moyen qu'un homme éoouyre qu'il existe d'autres êtres sentans et pensins oomme lui. C'est parce qu'il voit qu'ils font ss mêmes choses qu'il fait lui-même quand il a ertaines pensées et certaines affections , qu'il juge u'ils en ont de semblables. Ainsi dès qu'il connaît u'ils sont des êtres sentans , il a des élémens de

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oominviiioatîaii aYeo eux ; et sans ooDYentioii aacnne, il peot, quand il le Teut, refaire poar leur manifester oe qui se passe «n loi, les mêmes actions qu'il faisait pour exécuter ses yidontés ou pour obéir à ses affections.

Tout cela est Trai des autres animaux ôomme des hommes. Aussi tons ont un langage commun , plas ou moins développé à proportion qae leur organisation est plus ou moins piopre à manifester leurs sentimcns, plus ou moins circonstancié à mesure qst leur manière d'être est plus ou moins semlilabW. Tous s'entendent surtout stoc les individus de Itw e^èee ; mais tous en tendent jusqu'à un certain poiat ceux des autres espèces , et tons aussi finissent par ne pas reconnaître pour anim^ les êtres qui nVait pas de moyens de leur manifester quHls le sont, os dont la nature est trop étrangère àla leur. Cest encoM par leurs actions que tout c^ nous est prouvé.

Mais il parait que les animaux, même les mieux organisés, n'ajoutent presque aucune oonvention expresse à oe langage naturel et nécessaire : ils en usent, ils ne le perfectionnent pas. L^bomme, an contraire, en a fait la base de beaucoup de différens systèaass de signes si compliqués , si artificiels , si purement OGiiTetttionnels , qu'il n'est plus aisé de démêler leor <*ngine première et la gradation de leur généralîaB. C'est cependant à quoi il faut parvenir , si l'on v««» ^'ûoiiaitre les opérations successives de notre esprit, auxquelles ces systèmes de signes sont dos , et «la reeotion proportionnelle de ces signes sur oes mêmas «opérations.

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