PIECES RELATIVES
proavé que quelques- uns donnaient à leurs oonn une direction fausse ou une étendue dénie8aiée,dn moins a-t-on trouvé toujours en eux du xèle,da dévouement, et des intentions louables. £tMlenrs, doit-il paraître très-surprenant que des fiofesseurs chargés d'enseigner des sciences d'une dé* nomination nouvelle dans les écoles françaises (tdles que la grammaire générale, la morale et la l^iiU« tion) , doit-il paraître étonnant , disojds-nous , qneoei professeurs se soient quelquefois trompés sur la manière de ooDoevoir et d'ordonner leurs oours^latsqu'auoune règle établie , aucune instruction pràtlable , aucun exemple ne leur en indiquait l'objet, k marche ou l'éleodue.
Ce fut ce motif qui détermina le oonseilàéonre par l'intermédiaire et l'organe du ministre aux professeurs de langues anciennes , de gprammaire géaérale, d'histoire et de législation , des instraolioDS circulaires où , sans trop leur tracer une route dont ils ne pussent pas s^ écarter, il leur exposait ses idées sur la partie dUnstruotion dont chacun d'eux est chargé , et sur la manière dont il pensait qu'elle dût être traitée, en essayant d'établir quelque eDcfaainemcnt d'un cours à un autre. Par la cori*e8poudance ultérieure, il a eu lieu de s'applaudir du bon effet qu'ont produit ces instructions sur ceux à qui il les avait jugées nécessaires. Enfin , l'examen des cahiers amenait encore un résultat plus utile ; il devait néces* sairement, parmi ces professeurs, dont la plupart sont des hommes de mérite , faire connaître quel était celui de tous dont le plan , la méthode et la
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forme d'enseignement étaient préférables , et dont , par cette raison , les cahiers pouvaient être communiqués aux antres professeurs , sinon comme moâèlep t au moins comme exemples utiles à consulter. Celte ressource s'appliquait singulièrement aux €oar8 d'institution nouvelle, tels que ceux de grammaire générale et de législation. Aussi, dans ces deux branches de l'instruction , le G)useil a-t-il remarqué plusieurs ouvrages dignes d'une considération particulière , et , autant qu'il lui a été possible, en égard aux circonstances , il en a transmis le plan et les idées aux autres professeurs chargés de ces deux cours.
Ainsi donc , cet examen de cahiers, contre lequel plusieurs personnes ont paru d'abord s'élever, avait pour but , non d'entraver les leçons des professeurs > par une surveillance et une censure rigoureuses , mais de faire partager à l'universalité des écoles le bienfait de la première méthode , plus simple et plus facile qui eût été découverte, bienfait qui, sans ce moyen , fût resté long- temps concentré dans l'étendue d'un seul département.
Malgré tous ces efforts pour régulariser et simplifier l'instruction , on s'apercevait encore des disparates frappantes qui existaient entre l'ordre des cours fixé dans un département et l'ordre des cours fixé dans un autre, entre la durée du cercle des études dans telle école centrale et la même durée dans telle autre école ; et l'on voyait que , pour consacrer ces disparates , chaque école centrale s'autorisait du vœu de la loi du 3 brumaire. Le Conseil pensa, ci-
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toyen ministre, qa^îl n'y avait qu'une seule bonne manière, qu'on seul ordre naturel dans lecjiel on p&kparoo«irir ayec fruit le oerde des études, et qn^me mesure générale devait aussi en fixer la durée d'oie manière uniforme. Mais , avant de proposer eette mesure, il orut devoir consulter les professenn^ les administrations des écoles centrales, et lear demander des renseignemens très-précis sur l'ordre et la distribution des cours, la darée des études, k temps et la forme des examens , Pépoque des ncanoes , etc. Il demandait des renseignemens gâoéraux aux administrations, et des renseigneiMM partioaliers aux professeurs.
Les huit dixièmes des écoles de départemens «al satisfait à cette demande; on a fait le dépouilleaseat de ces pièces , et c'est de ce travail que nous alloM avoir l'honneur de voua entretenir.
Il se divise en deux parties : les réponses oolkotives et les réponses particnlières des professenn. Comme la première partie est la plus importante et qu'elle renferme les motifs du peu de succès qu'ont en jusqu'ici les écoles centrales , le conseil se réserve de vous en parler à la fin pour que le tableau du mal se trouve plus rapproché des moyens par lesquels il vous proposera d'y remédier.
En passant en revue les renseignemens fournis par les professeurs , il a suivi l'ordre des cours établi par la loi du 3 brumaire.
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Coure de Dessin.
Jje ooon de dessin se trouve le premier : il est le Iplns fréquenté de tous. Un grand nombre d'école» «omptent 100 , 200 et même 3oo élèyes : le professeur de oelle de THérault en a 348 ; la durée de ce cours est et doit être indéfinie : il est séparé de la chaîne des études. La plupart des élèves qui le suivent sont des fils d'artisans qui commencent ainsi leur état d'orfèvre, d'architecte ou de menuisier, quelques-uns de peintre , et qui n'ont l'intention de fiiire aucune autre espèce d'études dans les écoles centrales. Cependant pour que les élèves des autres cours puissent suivre celui-ci , on a assez généralement pris la précaution de l'ouvrir dans un moment de la journée où aucun autre professeur n'enseigne.
Du reste , le Conseil n'a pas pu juger du mérite des professeurs par leur correspondance, et cette partie d'ailleurs semble sortir un peu de ses attributions.
Cours de Langues anciennes.
Cest à ce cours , qui est le second dans l'ordre fixé par la loi du 3 brumaire , que les professeurs commencent à s'apercevoir de la nécessité et malheureusement de la privation des écoles primaires. Il est des élèves qui y arrivent sans savrâr souvent écrire ni lire, et le professeur qui, d'après la \ci du 3 brumaire , |ne peut exiger d'autres conditions
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que celle de Page, les reçoit si cette oonditioo est remplie.
Quelques professeurs ne font durer ce ooars qu'une année , d'autres le prolongent jusqu'à tiou .et quatre ; la durée commune est de deux ans. Flnsieurs donnent jusqu'à seize leçons par déetdcs; d'autres n'en donnent que cinq ; la plupart en donnent huit, selon que ce cours dure deux, trois oa quatre ans ; il se partage en deux , trois ou qoatn classes d'élèyes que le professeur instruit à des beares différentes , et l'on sent combien ces seotûns, multipliées ainsi jusqu'à quatre , doivent on &tigaer le professeur ou rendre ses instructions courtes et superficielles ; aussi se réunissent-ils tous ponr demander une seconde chaire pour les langues aneisBnes , demande qui fixera sans doute l'attentioo dv ministre.
En général ces professeurs ont paru moins instruits que ceux des autres cours. Il en est à peine un tiers qui puisse enseigner le grec , et il enestplBsieurs qui n'écrivent point l'ortographe. Cest un nul qu'on ne peut réparer que par de meilleurs choix- Cependant la circulaire adressée à ces professeurs i déjà produit d'heureux effets : elle leura donné Viàèe de faire commencer ce cours par quelques notioDS succinctes de grammaire générale et d'idéologie, notions qui sont indispensables pour que les élè?es puissent se livrer avec fruit à l'étude des langues: oette mesure a produit un double avantage : celai d'établir une liaison entre ce cours et celui de grammaire générale, puis ensuite de faire parvenir aux
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»eurs ohargétf de oe dernier cours , des élèves lu fait de oe qu'ils yont apprendre et capables •rofiter* On n^est pas long-temps às'aperoevoir n'existe aoenne liaison dans cette distribution les* Après les langues anciennes yient lliis- BaturellOf
Coure d^ Histoire naturelle,
cours occupe assez généralement les élèves int deux ans à huit leçons par décades. Il n'est I très -petit nombre de professeurs qui Tétenà trois ou qui le restreignent à un an. Son objet id assez communément des localités , et peutl'esi-ce point un mal. Cest ainsi que dans les
d'écoles de médecine (à Strasbourg , à Monter, par exemple ) , la botanique en fait la partie ipalc) que dans les pays des mines c'est la ralogie, et que presque partout on applique le de l'histoire naturelle au commerce et aux |ae favorise le pays. Ce cours ne laisse pas que B suivi* %-
Cours de Mathématiques.
38t, après le cours de dessin , celui qui offre Ssultats les plus satisfidsans. On s'y ressent y les départemens les plus élrâgnés , de l'influence oole polytechnique établie à Paris : et cet exemeut faire juger du bon effet que produiraient ^mblables établissemens pour les sciences mo-
SgB PIBCB8 MELATITK8
nlef et pour lei lettrai* L'enseigneoieiit àa théniâtîqîiies dure preeipie pertout dcax ans, leçooe per décède. Pendent cet eepeoe de peroonrt reritliinétiqQe, le géométrie, PalfèlRCt •on epplîœtian à le géométrie : <m b*j eert doyriBrenoe dei oinrnigef de Beiont. Ce oonn, aÎM ipB tooe oeax qui durent deux ene y ee pertege «èîa oleseef.
Coure de Phydque et Chimie,
Ce ooure eet p ree q o e eutent euivi que edeîài inethémetiquet, et, comme celui èHoàamnwâar relie, il e'epplique eaees neturelleoMot à ^^ricilture, eux menu&otnret, eux ertf ou eux pieéii. tione du peyi : il dure presque perloutdenx aM-li début d^inetrumene de phyeique a Ibreé pleoMM profeneure à lerenfionner dene Fe^eoe d'une anfe Toui ceux qui ee trourent dene ee oee desMuM au ministre qu'il leur en soit fourni.
La physique et la obimie se prêtent des seooeit mutuels , ils font presque tous marcher de fient eei 'deux sciences et les emploient , l'une par ses e^ riences , l'autre par s/ta analyses , à déydopper I0 théories nouyelles et à les apj^Uquer aux phénoaaènes de la nature.
liCs professeurs paraissent connaître les ouTn^es des meilleurs chimistes et physiciens et en fiii« usage.
Cours de Grammaire générale.
Le cours de grammaire générale est un de ceux où
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le Conseil a remarqué parmi les professeurs le plus d'hommes distingués par leurs lumières et leur zèle; il réunit même dans quelques départemens assez d'auditeurs : le professeur de l'Hérault en compte deux cents, et celui de la C6te-d^0r, cent trentetrois ; mais cet exemple est loin d'être commun. Il est même quelques écoles où ce cours a été impraticable par le défaut d'études préparatoires des élèves ; Qdotif qui se réunit à beaucoup d'autres pour faire lésirer un enohainement et une marche progressive lans les cours.
plusieurs professeurs s'étaient bornés d'abord à Renseignement de la grammaire française. La circulaire qu'ils ont reçue le leur a présenté l'objet de oe cours dans toutes ses divisions. Ils y ont vu qu'il devait comprendre l'idéologie , la grammaire générale, la grammaire française et même la logique , et qu'après avoir introduit les élèves par le cours de langue ancienne à celui de grammaire générale , on devait faire servir ce dernier d'introduction aux cours de législation et d'histoire : car sans la logique , c'està-dire sans l'art de raisonner avec justesse , commeuf apprécier dans ces deux cours les hommes et les choses , les faits et les institutions.
La moitié des professeurs consacre deux ans au cours de grammaire générale; l'autre moitié seulement un an : un seul y emploie cinq mois. Ce cours précède celui de belles-lettres , lequel est presque nul et compte très-peu d'élèves.
3oO PIÈGES RELATIVES
Cours de Belles-Lettres.
On ne lui donne dans Tordre des études auonn rapport avec celui des langues anciennes. En général on s'y borne à donner des préceptes et des exemples sur réloquence et la poésie , ce qui établit une divisioD en deux parties et presque partout en deux années. Tel professeur suit le Batteux , tel autre MarmonUl ou Blair : il en est un infiniment petit nombre qui aient cru devoir y rappeler les auteurs grecs et Utiiu> Ce cours , ainsi placé j ne se lie ni au cours de grammaire générale qui précède , ni au cours d'bistoiie qui suit. LWdre où il est disposé le prive d'one grande partie de son utilité; aussi est-ce celui de tons qui a le moins d'auditeurs. Les élèves qui parcoarent , dans cet ordre , le cercle des études , ont eu le temps d'oublier ce qu'ils ont appris dans la classe des langues anciennes lorsqu'ils arrivent à celle de belles* lettres , où l'on pourrait leur faire puiser des modèles d'éloquence et de goût dans les bons auteurs greos <^ latins. C'est une réILexion fort juste et qui est faite par un des professeurs.
Le conseil aurait déjà fait pour ce cours ce qn'H a fait pour ceux de grammaire générale , de législation et d'histoire : il aurait proposé au ministre de l'intérieur d'en déterminer la nature et l'étendue, s'il n'avait pas été indispensable de statuer auparavant sur celui de langues anciennes , qui en est Fintroduotion nécessaire et qui évidemment ne peut être fait d'une manière utile par un seul professeur.
A l'iustructioic publique. 3oi
Cours d'Histoire»
Le ooara dliistoire est an de oenx qui ont le plas embarrassé les professeurs lorsquHl s'est agi d'en déterminer Pétendne etlepIan.Quelques-uns le considéraient comme un cours de géographie historique , d'autres comme un simple cours de chronologie. La circulaire que le conseil a fait parvenir à ces professeurs a dû fixer toutes leurs incertitudes ; elle leur a tracé d'une manière précise la direction de ce cours et a ôté tout prétexte aux aberrations , en le débarrassant de plusieurs accessoires qui ponyaient trouver niieux leur place ailleurs. Enfin elle leur a montré le but philosofphique qu'il devait atteindre. Presque partout depuis ils ont partagé ce cours en trois divisions, histoire ancienne, histoire moderne, histoire de France : ces trois parties les occupent , quelquesuns pendant trois ans , la plus grande partie pendant deux seulement. Condillac et Millot sont les guides de tous ceux qui ne suivent pas une marche à eux. Ce cours attire peu d'élèves , et ceux qu'il attire soat presque toujours d'un certain âge.
Cours de Législation,
Celui-ci laissait encore plus de latitude que le précédent à l'arbitraire des professeurs ; dès l'établissement des écoles centrales , on lui donna le nom de cours de morale et de législation , mais peu de pro* fesseurs réunissent ces deux objets. Ceux qui n'ont 2 26..
3oa PIEGES BELATIVES
poiut enToyé de cahiers se contentent pour la phptrt d^annonoer qu^ils puisent leurs matériaux dans Montesquieu et d'autres publioistes connus, mais ils abdiquent point le cadre dans lequel ils resserrenl oes matériaux , ni la manière dont ils les lient entre eu. Il en est plusieurs qui ne font qu'un cours de joiisprudenoe française, d'autres se bornent à un oooimcntaire de la constitution. Ces espèces de oous durent uu , deux ^ trais et même quelquefois qnalic ans.
Mais tous ces inconTéniens ont dû cesser do moment que ces professeurs ont reçu la oirculaîre qû les concerne. Ils auront appris que œ cours n'était point institué pour former de profonds jarisconnltes , des hommes consommés dans réoonomie politique ou la diplomatie , mais pour former comme shiin 4e morale des hommes vertueux » comme chaire èe législation des citoyens éclairés sur leurs intérêts et sur ceux de leur patrie, et ils y auront tcouyé quelques données pour parvenir à ce double but. Quoi qu^il en soit, ce cours a attiré peu d'élèves.
Tel est, citoyen ministre, le résumé très-npide des renseigncmens que vous avez reçus des différeos professeurs; vous y verrez, sans doute, que le plus grand vice des éodes centrales est dans le défaut de liaison et de rapport entre les différentes études; c'est ainsi que chaque cours, s'isolantde celui qui le précède ou qui le suit, semble être une école spéciale où l'on pourrait arriver de prime abord , et sans avoir passé par aucune étud«^ préparatoire. Cest ainsi que l'étude des langues anciennes, qu'on commence
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ne des premières, ne doit plus laisser qu'une trace lien légère dans Pesprit des jeunes gens lorsqu'ils rrivent au cours de belles-lettres et surtout lorsn'ils sortent des écoles ; et que cette étude, à laquelle n «nmsacrait dans les anciens collèges les six années Le la jeunesse où la mémoire retient le plus facilenent et de la manière la plus durable , n'exige plus maintenant qu'une année ou deux dont encore une partie peut être consacrée à d'autres études.
A ces motifs qui sont opposés au succès des écoles centrales , la correspondance collectiye des professeurs en ajoute de nouveaux.
Une des observations sur lesquelles ils appuient le plus , porte sur les conditions fixées par la loi du 3 brumaire, pour être admis aux écoles centrales : Det âge est de douze ans. Ainsi cette condition éloigne les études les enfans de dix et de onze ans, et les livre à des maîtres particuliers qui , pour conserver long-temps le soin de leur éducation , sont intéressés i décrier les écoles centrales. Plusieurs professeurs n'ont pas cru devoir s'astreindre à cette condition ftxée pour l'âge, et le bien qui en est résulté n'a ^lère pu être approuvé que tacitement puisqu'il est l'effet de la violation d'une loi. On sait au reste que dans l'ancien régime on n^attendait point si tard pour envoyer dans les collèges les enfans même ayant des dispositions ordinaires ; et il est constant qu'il existe dans la génération actuelle une précocité d'esprit et de raisonnement qui doit autoriser à ouvrir à la jeutiesse, avant l'âge de' douze ans, les cours des écoles centrales.