DE L'ÉDITION DE
Je comptais ne Êiire paraître ces observations qu'après avoir publié des ëlémens de grammaire générale, à Tusage des écoles centrales. «Tauraid même désiré qu'auparavant il existât aussi un ouvrage élémentaire fait dans le même esprit , pour le cours de morale et législation^ et pour celui d'bistoire. Car si l'on ne peut bien se décider soimême sur la forme que l'on voudrait donner à une école publique , qu'après avoir déterminé dans sa pensée ce qui doit être enseigné dans cette école j de même l'on ne peut &ire adopter aux auti'es le parti que l'on a pris, et leur en bien faire sentii* les moti6^ qu'en leur présentant un peu en détail le plan de cet enseignement. Tout projet d'étabb'ssement d'instruction publique devrait donc être accompagné de la collection des ouvrages élémentaires destinés à servir de texte à chacun dé ces cours , ou au moins d'un programme circonstancié de ces difTérens cours.
323 avertissemeut.
Cette précaution serait surtout nécessaire poor les parties de r^^^eigoefaent ^, n'ayant pas ea lieu jusqu'à présent en France , ou du moins y ayant été infiniment plus négligées que dans les autres états de l'Europe, y sont nécessairement moins connues^ et dont la nécessité n'est pas ausâ généralement sentie. Tout ce qui est nouveau dans un pays^ et surtout dans le nôtre, quoique trèscommun ailleurs^ a besoin d'être extrêmemoit appuyé pour être approuvé.
Cependant, comme l'on s'occupe vivement de l'instruction publique , et que l'on est au moment de prendre un paiti sur la forme des maisons d'éda* cation, j'ai craint, en différant, que mes obserrations n'arrivassent qu'après la décision de la question, et qu'ainsi le peu d'utilité dont elles peuvent être ne fut totalement perdu. Je me suis donc déterminé à les publier, sans attendre les ouvrages qui auraient dû leur servir d'appui. Au reste, la seule chose que je demande à mes lecteui's, est de se bien persuader qu'on ne saurait faire un bon plan d'écoles j sans commencer par fcùre m bon plan (^études. C'est là, suivant moi, le principe fondamental sans lequel on ne marche qu'au hasard.
A l'égard du plan d'études que je propose, je ne
ferai que cette réflexion bien simple : Tout homme qui parle ^ a des idées d'Idéologie^ de Grammaire , de Logique et d'Éloquence. Tout homme qui agit , a ses principes de morale privée et de morale sociale. Tout être qui seulement végète^ a ses notions de physique et de calcul ; et par cela seul qu'il vit avec ses semblables , il a sa petite collection de hits historiques et sa manière d'en juger. Ainsi il ÙluX absolument former ses opinions sur tous ces points^ ou le livrer à l'effet in*ésistible du concours fortuit des circonstances qui produit tant d'esprits îanïx. et tant d'idées absurdes, par la grande part qu'ont à ses résultats la foule des ignorans et l'activité des trompeurs. Si l'on veut y penser un moment , je me persuade que l'on sentira que l'enseignement doit aller au-devant de tous ces genres d'erreurs, et par conséquent s'étendre à tous ces genres de connaissances. Car, comme dit Rousseau, si l'arbiîsseau que j'élève était au fond d'un désert, je pourrais le livrer à lui-même ; mais il est au mi~ lieu d'un chemin, il hut que je l'entoure d'une barrière, pour qu'il ne soit pas heurté par tous les passans.
Telles sont les considérations qui ont ûxé mon opinion. Quant à mes moti&, j'espère qu'ils ne paraîtront douteux à aucun de ceux qui me liront.
3a4 ATEATIfSBMEHT.
Je n'ai ai pas d'autre que le désir d'être utile et l'amour du bien.
On trouvera ici un e copie de la loi du 3 brumaire an 4 > parce qu'elle peut n'être pas présente à l'esprit de tous mes leâeurs, et que je m'y réfère continuellement