‹ Étemens d'idéologieChapitre 13 sur 34 · DE NOS RICHESSES · texte numérisé non relu

DE NOS RICHESSES

moyens d'existence ; mais il n'en est pas de même des individus. Tous , en leur qualité d'êtres animés, sont condamnés à souffrir et à mourir. Tous , après ime courte période d'accroissement, si même ils la parcourent , et après quelques succès momentanés , s'ils les obtiennent , retombent et déclinent , et les plus fortunés d'entre eux ne peuvent guère que diminuer leurs souffrances et en éloigner le terme. Leur industrie ne saurait -aller plus loin. Il n'est pas inutile d'avoir présent à l'esprit ce tableau triste , mais vrai , de notre condition. Il nous apprend à ne pas vouloir l'impossible , et à ne pas prendre pour une suite de nos fautes ce qui est une conséquence nécessaire de notre nature. Il nous ramène du roman à l%istoire.

n y a plus : ces ressources , ces richesses si insuffisantes pour le bonheur, sont encore très-inégalement réparties entre nous , et cela est inévitable. Nous avons vu que la propriété est dans la nature , car il est impossible que chacun ne soit pas propriétaire de son individu et de ses facultés ; Viné^ gcdité n'y est pas moins , car il ne se peut pas que tous les individus se ressemblent et aient le même degré de force , d'intelligence et de bonheur. Cette inégalité naturelle s'étend et se manifeste à mesure que nos moyens se développent et se diversifient. Tant qu'ils ^nt très-bornés , elle est moins frappante , mais elle existe. C'est à tort que l'on n'a pas voalu la reconnaître parmi les peuples sauvages; chez eux même elle est très-funeste, car elle est ceUe de la force sans frein.

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