‹ Étemens d'idéologieChapitre 14 sur 34 · CHAP. VIII. DE LA DISTEIB · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. DE LA DISTEIB

Si , pour bannir de la société œtta inégalité nat»relie, noua entrepreniona de mécoonattie la pnpriété naturelle et de noua of^poier à lea ooni^ quencea néceuairea , ce aérait en yain | ear rien et ce qui est dans la nature ne peut être détruit pu Fart. De pareilles conventions , ai elles étaient fnsablesy seraient un esclayage trop contre natan* par conséquent trop insupportable pour être dut* ble , et elles ne rempliraient pas leur but. Pendiat qu'elles subsisteraient , on verrait naître autant ée querelles pour avoir une part plua forte dans kl biens communs , ou une plus petite dana la peiat commune , qu'il peut en exister parmi noua pour li défense des propriétés particulières ; et le aeûl eSèt d'un tel ordre de choses serait d'établir l'égalité de misère et de dénuement , en éteignant l'activité de l'industrie personnelle. Je sais tout ce que Ton n^ conte de la communauté des biens des Spartiatsi. Mais je réponds hardiment que cela n'est pas vnd , parce que cela est impossible. Je crois bien qu'à Sparte les droits des individus étaient très-peu respectés par les lois , et totalement violés à l'égard des esclaves. Mais la preuve que cependant il y avait encore des propriétés , c^est qu'il y avait àea vds. O mes maîtres, que de choses contradictoires vous nous avez dites sans vous en apercevoir !

L'opposilion fréquente d'intérêts entre nous, et l'inégalité de moyens , sont donc les conditions de notre nature , comme la souffrance et la mort. Je ne conçois pas qu'il y ait des gens assez barbares pour dire que c'est un bien ^ mais je ne conçois paa non

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l^ufl qu'il j en ait d*a«8ez aveugles pour croire que « aoit un mal évitable. Je peuse que qe mal est nécessaire , et qu'il faut s'y soumettre. La conoluôon que j'en tirerais ( mais elle est encore prématurée } c'est que les lois devraient toujours tendre ^ protéger la faiblesse , tandis que trop souvent elles iodinent à favoriser la puissance. X^ raison en est Oioile à sentir.

D'après ces données, la société doit avoir pour bue la libre disposition des facultés de l'individu , et la garantie de tout ce qu'il peut acquérir par leur moyen. Alors chacun s'évertue : l'un s'empare d'oB champ en le travaillant , l'autre bâtit une maison , on troisième invente un procédé utile , un autre fiJiriqae , un autre transporte , tous font des échanges, les plus habiles gagnent, les plus économes «sussent. Une des conséquences des prc^riétés ii^ divîduellûs est f sinon que le possesseur en dispose à sa volonté après sa mort, c'est-à-dire dans un temps où il n'aura plus de volonté , du moins que la ki détermine d'une manière générale à qui elles doivent passer après lui ; et il est naturel que ce sott à aea proehes. Alors hériter devient un nouveau mojen d'acquérir , et qui plus est , ou plutôt qui pis est , un moyen d'acquérir sans travail. Cependant tant que la société n'a pas occupé tout l'espace dont elle peut disposer , tous prospèrent encore fiicilement. Car ceux qui n'ont que leurs bras et qui ne trouvent pas un emploi assez avantageux de leur travail peuvent aller s'emparer d'un de ces terrains qui n'ont point de maîtres , et en tirer un profit

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rapport de la propriété; car encore une fois le pai- Tre a autant d'hitérét à oonaerrer oeipi^il a qw Phomme le plus opulent.

Une distinction plus réelle , en égard à la diiEftrence des intérêts, serait entre les salariés dte part, et de l'autre ceux qui les emploient , soit eensommateurs , soit entrepreneurs. Genx-ci sons n rapport peuvent être regardés comme des consonmNtenn de travail. Cette classification aurait sans doole rinoonvénient de réunir des choses très-différentei, comme par exemple de ranger parmi les salariéi un ministre d'État avec un journalier , et de meltis parmi les consommateurs le moindre mattre onriiff comme Poisif le plus riche. Mais enfin il est oerCiÎB que tous les salariés ont intérêt d'être payés cherj et que tous ceux qui les emploient ont intérêt de les payer à bon marché. Il est vrai pourtant que l'entrepreneur qui a intérêt de peu payer les salariés, a lui-même, le moment d'après, Tintérêt d'être beaucoup payé par le consommateur définitif, et il est vrai surtout que nous sommes tous plus os moins consommateurs , car le plus pauvre journalier consomme des denrées qui ont été prodni* tes par d'autres salariés. Sur quoi je fais deux réflexions.

Premièrement , l'intérêt des salariés étant celui du très-grand nombre , et l'intérêt des consommateurs étant celui de tous , il est assez singulier que les gouvememens modernes soient toujours prêts à sacrifier d'abord les salariés aux entrepreneun en gênant ceux-là par des maîtrises , des jurandes et

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^'autres réglemens , et ensuite à sacrifier les consomsnateors à ces mêmes eiitrepi*eneurs en accordant à ceux-ci des privilèges et quelquefois même des monopoles.

Secondement , je remarque que , bien que chacun de nous ait des intérêts particuliers, nous chaUfgeons si fréquemment de rôles dans la société ,. que toayent nous avons sous un aspect un intérêt contraire à celui que nous ayons sous un autre , de manière que nous nous trouvons liés avec ceux à qui nms étions opposés le moment d'auparavant y ce qui fiât heureusement que nous ne pouvons pas former des groupes constamment ennemis ; mais surtout j'observe qu'au milieu de tous ces conflits momentanés , nous sommes tous et toujours réunis par les intérêts coolmuns et immuables de propriétaires et de consommateurs, c'est-à-dire que nous avons tous et toujours intérêt, i» que la propriété soit respectée, a^que l'industrie se perfectionne, ou, en d'autres termes , que la fabrication et le transport se fissent, le mieux possible. Ces vérités sont utiles pour bien comprendre le jeu de la société et pour en bien sentir tousies avantages. C'est le désir de les mettre en évidence qui m'a fait entrer dans ces détails. Revenons à l'histoire de la distribution des richesses , dont ils nous ont écartés , quoiqu'ils n'y soient pas étrangers.

J'ai un peu hâté ci-dessus le moment oùladétreàse oommence à se faire sentir au sein des sociétés nouvelles , en le fixant à l'instant où tout terrain a un maître , et où on né peut plus s'en procurer sans

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Taobeter ou le loutr. CerUînement à oettc époqne «n grand moyen d'aÎMnc* ert épnîfé ; le tnvnlpeid nne ocoadon de l'employer d'une numière e&trâaement avantageuse , et la masse des snbsîstanoetoMi de s'accroître anssi raj[Àdement , parce qu'il ne peot plus être question d'établir des onltores Bonreilef , mais seukment de perfectionner les ancienit, chose toujours plus difficile et moins f mctneais qu'on ne le veut croire communément. Gependmt il reste encore d'immenses reesourœs. Tous les «rti en offrent à Penyi , surtout si la race d'hommes qv ferme la nouvelle société sort d'une nation indastriense et éclairée, et si elle a d<a relations aieo d'autres pays dvilisés ; car alors il ne s'agit pas é^ venter et de découvrir , ce qui est toujours tiès4aHt» nuis de profiter de ce que l'on connaît , et de art* tre en pratique ce que l'on sait , ce qui est fort aisé.

En effet , tant qne Pagriculture a offert de à grands avantages , tous les hommes inoccupés , on pas assex fructueusement occupés à leur gré , se saut portés de ce côté. Il n'a été question que d'extraire les productions de la terre et de les exporter. Obsv^ vez que sans la facilité de l'exportation , les progrèi de la culture eussent été beaucoup moins rapides. Mais avec cette circonstance elle a enlevé tous les bras. A peine des salaires excessivement forts ont-ils pu déterminer un nombre suffisant d'individus à rester attachés à la profession des autres arts les plus nécessaires. Mais pour toutes les choses qu'il n'est pas indispensable de fabriquer dans le pays même où

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OD les ccmaomme , il a été plvi économîqae de les tirer même de très-loin , et ou n*y a pas manqué. Aossi le commerce de ces nations naissantes consiste d'abord uniquement à exporter des produits bruts y et à importer des objets manufacturés.

Or , qu'arrive-t-il à Pépoque dont nous parlons , quand tout le territoire est occupé ? L'agriculture n'offrant plus un moyen de fortune rapide , les hommes qui s'y seraient liyrés se répandent dans les antres professions ; ils offrent leur travail ; ils se Boisent les uns aux autres. Les salaires baissent f'k la yéiité $ mais bien avant qu'ils soient devenus aussi £dbles que dans les pays anciennement civilisés d'où l'on tire les objets manufiicturés , il commence à y iTOÎr du bénéfice à fabriquer dans le pays même la plupart de ces objets. Car c'est un grand avantage pour un manufacturier d'être à portée des consommateurs , et de n'avoir à redouter pour ae8 marchandises ni les frais, ni les dangers d'an long voyage , ni les inconvéuiens qui résultent de la lenteur ou de la difficulté des communications ; et cet avantage est plus que suffisant pour compenser un degré de cherté dans la main-d'œuvre. Il s'établit donc des fidiriques de tous genres. Plusieurs d'entre elles , à l'aide de quelques circonstances favorables , après avoir fourni à la consommation intérieure, s'ouvrent même des débouchés au dehors , et donnent naissance à de nouvelles branches de commerce. Tout cela occupe une nombreuse population qui vit des produits du sol , que l'on n'exporte plus alors en aussi grande quantité , parce qu'ils n'ont pas

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augmenté dans la même proportion. Cette nouydle industrie est long-temps croissante comme l'a Mé rindustrle agricole, qui s'est déreloppée la pnnûère ; et tant qu'elle crott , elle entretient sinoai 11 richesse , du moins l'aisance dans les dernières dnses du peuple (i). Ce n'est que quand elle deriflit stationnaire ou rétrograde que la misère commenc e , parce que , tous tes emplois lucratifs étant remplii sans possibilité d'en créer de nouveaux, il y a pii^ tout plus d'o£Pre du travail c[u'il n'y a de demande. £\on il est inévitable que les moifM habiles ou kf moins heureux d'entre les travailleurs ne trouvent point d'ouvrage , ou ne reçoivent qu'bn salaîre itsuffisant pour celui qu^ils font. Il faut nécessairement que beaucoup d'eux languissent et même périssent, et qu'il existe constamment un grand nombre dt misérables. Tel est le triste état des vieilles nationi. Nous pourrons voir bientôt par quelles causes elles y arrivent plus tôt qu'elles ne devraient, et par quds moyens on pourrait y remédier jusqu^à an certain point ; mais auparavant , quelques explications sont encore nécessaires.

(i) Combien il urait à désirer, en pareil cas, que la premièn classe de la société fût assex éclairée pour donner à la dernière des idées complètement saines de l'ordre social , pendant ce momeat heareox et nécessairement passager on elle est le pins antceptibls d'instraction ! Si les Etats-Unis de l'Amérique septentrionale n^ea profitent pas , leur tranquillité et même leur sûreté seront triteipoiées , qaand les obstacles et les incouTéniens intérieurs et ex* tériears Tiendront à se maltiplier. On appellera cela alors lear décadence et lear corruption. Ce sera l'effet tardif, mais nécef aaire , de leur impréroyance et de leur insouciance antérieures.

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En effet , j^ose croire que le tableau que je viens de tracer de la marche des sociétés depuis leur naissance est frappant de yérité. Il n'y a là ni système £dt à plaisir, ni théorie établie dWance; c'est le simple exposé des faits. Chacun peut regarder et TQÎr si ce n'est pas ainsi qu'ils se présentent à l'asil non prévenu. On peut même observer que j'ai peint une nation heureusement placée , jouissant de toutes sortes d'avantages et en usant bien ; et cependant nous arrivons à cette pénible conclusion , que son état de |deiK prospérité est nécessairement trmntotre. Pour se rendre raison d'un phénomène si affligeant , il n'est pas possible de s'en tenir à ces mots vagues de dégénération, de corruption, de vieillesse des nations (comme si un être abstrait pouvait être réellement vieux ou jeune comme ;in individu vivant) , toutes expressions métaphoriques dont on a étrangement abusé , dont on s'est souvent contenté fiiute de mieux, mais qui dans le vrai n'expliquent rien , et qui , si elles avaient un sens précis , exprimeraient plutôt des effets que des causes. Il faut donc pénétrer plus avant. Tout événement inévitable a sa cause dans la nature. La cause de celui-ci est la fécondité de l'espèce humaine. Ainsi il fiiut nous occuper de la population , et ensuite nous reprendrons l'examen de la distributioii de nos richesses.

l86 CUAP. IX. DE LA MULTIPLICAT.

DB LA ICULTIPLICATIOV DBS UmVUWB , OU DB U

POPCLATK».

L'ahoub est une passion qui troable si ment nos têtes , qu'il n'est pas étonnant que nous sojrons souvent mépris sur tous ses effets. 3V Tone que je ne partage pas plus le sèle des listes pour diminuer et gêner nos plaisirs , que 06lui des politiques pour ac<9t)itre notre fécondUé «t accélérer notre multiplication. Tout cela me panit également contraire à la raison. Quand il en len temps , je pourrai développer mes c^pinions sur 1* premier point ; dans ce moment il ne s'agit que da second. Commençons par établir les faits en portsal nos regards sur tout ce qui nous environne.

Sous ce rapport comme sous tous les autres , noos voyons la nature uniquement occupée des espèces , et nullement des individus. Sa fécondité est tells dans tous les genres , qui si la presque totalité del germes qu'elle produit n'avortait pas , et si la tràimajeure partie des êtres qui naissent ne périsssit pas presque tout de suite faute d'alimens , en trèspeu de temps une seule espèce de plantes snffinât pour couvrir toute la terre , et une seule espèce d'animaux pour la peupler tout entière. L'espèce

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