‹ Étemens d'idéologieChapitre 15 sur 34 · DES INDIVIDUS · texte numérisé non relu

DES INDIVIDUS

imaine est soumise à la Irâ commune , qaoiqae ut-étre à un moindre degré que bien d'autres, iiomme est entraîné à la reproduction par le plus dent et le plus impérieux de ses penchans. Un mme et une femme arrivés à un âge fait , bien istitués , et environnés des moyens de pouryoir 3ndaniment à tous leurs besoins, peuvent proire et élever beaucoup plus d'enfans qu'il n'en it pour les remplacer sur la scène du monde ; et iear carrière n'est pas abrégée par quelque aociit imprévu , ils meurent entourés d'une nomniae famille qui va toujours croissant. Aussi la e humaine , quand les circonstances lui sont farâbles , se multiplie très-rajôdement. La preuve est les États-Unis de l'Amérique septentrionale , it la population totale double en vingt ans , et is quelques endroits en quinze et même en douze , m que l'immigration y soit presque pour rien , aanB que la fécondité des femmes y soit plus tnde qu'ailleurs. Encore faut- il remarquer au itraire que , quelle qu^en soit la raison , les longées sont rares dans ce pays ; ensorte que la durée lyenne de la vie y serait plus courte que dans la iB grande partie de l'Europe , sans la grande antité d'enfans que la misère fait périr en bas i dans cette Europe. Ymlà une donnée incontesile sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

S'il en est ainsi , pourquoi donc la population est- B statiimnaire et quelquefois rétrograde dans tant pays même très-sains, même très-fertiles ? Ici il Lt se rappeler la distinction que nous avons déjà

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établie au chapitre IV, entre nm mejens d'e tence et noa moyena de aahaiatanoe. GeuiL-ct i lea matiàrea alimentairea dont nova mma now aona ; ila aont la partie la plaa néœaaaîre da mojena d'exiatence, maii ila n'en aont qu'une tie. Il faut entendre par cea demiera toat ce contribue à noua défendre contre toua lea dai et toutea lea aouffranoea de tout genre : ainai ils aistent dans toutea lea reaaouroea quelconque! noua Ibumiasentnoi arta et nos acienoea , c'eat-è la maaae entière de nof connaissancea. Gettedia tûm bien comprise , noua pouvona établir en I générale y que la population €*t toujotat jmc tionnée aux moyen* d'existence g et ce prii unique va noua donner Texplication de toua 1m et de toutea leura circonstances.

Chez les peuples sauvages , la p(^ulatian seulement est stationnaire y mais elle est peui breuse, parce que leurs moyens d'existence très-faibles. Indépendamment de ce qu'ils manq fréquemment de subsistances , ils n'ont ni lea * modités suffisantes ni les altentiona néceasairea élever leurs enfans; aussi la plupart périaaeBl ne savent se défendre ni contre la rigueur dei sons , ni contre l'insalubrité du climat , ni 0( les épidémies qui souvent emportent les troîa q d'une peuplade. N'ayant aucune idée saine de '. social , les guerres sont continuelles et desl tives ; les vengeances sont atrocea; les femmes vieillards , sont souvent abandonnés. Ainsi c'e malheur et la soufifrance qui rendent inutile p

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eai la fécondité de Pespèce , et qui peut-être U di- ■inuent.

Les peuples civilisés ont tontes les ressources qui ■vaquent aux autres. Aussi leur population deyient ■ombreuse plus ou moins promptement. Mais on la Toit s^arréter partout , quand elle s^est accrue au laint que beaucoup d^hommes ne peuvent plus se |R>ciirer par leur travail des salaires suffisans pour Aever leurs enfans et se soigner eux- mêmes conve- ■aUement. Si en général elle est encore un peu progressive, quoique bien lentement, dans Pétat actuel de nos vieilles sociétés , c^est parce que les arts et les sciences, et notamment la science sociale, j étant constamment cultivés plus ou moins bien , leurs progrès ajoutent toujours de temps en temps quelques petites facilités aux moyens de vivre , et oavrent quelques nouveaux débouchés au commerce et à rindustrie. Il est si vrai que les choses se passent unai^que quand, par quelques causes naturelles ou politiques , de grandes sources de profits viennent à diminuer dans un pays , tout de suite la population devient rétrograde ; et au contraire , quand elle a été diminuée brusquement par de grandes épidémies on des guerres cruelles , sans que les connaissances lient souffert, elle reprend très- promptement son aiveaa , parce que, le travail étant plus demandé «t plus payé , le pauvre a plus de moyens de conserver aea enfans et de se conserver lui-même.

Si de ces observations générales nous passons à des faits particuliers , nous en trouverons la raison avec la même facilité. Prenons pour premier exem-

igO CHAP. IX. DE LA MULTIPLICAT.

pie la Russie. Je ne prétends faire ni Téloge niUnp tire de cette nation, que je ne connais pas. Mais OK peut bien assurer qu^elle n'est pas plus habile qM les autres nations européennes. Cependant il ilt prouyé que sa population cnAi plus rapidenoift que celles des autres États de l'Europe. Cest pam qu'elle a de grandes étendues de terrain, qui, n'ajatfl point encore de maîtres , offrent de grands woapÊâ ' d'existence à ceux qui s'y transplantent ou qu'on y transporte ; et si cet immense avantage n'j pndat pas une multiplication des hommes aussi rufide qu'aux États-Unis , c'est que son organisation aooîik et son industrie sont loin d'être aussi parfiutes. bei pays fertiles, toutes choses égales d'ailleurs, sost plus peuplés que les autres , et réparent farilcmfat leurs désastres, parce que la terre y fournit de graa^ moyens, c'est-à-dire que le travail qui s'apphqosà la terre y est très-fructueux. Aussi la Lombaidis et la Belgique , tant de fois ravagées , sont tot^joan florissantes. Cependant la Pologne , très-fertile ansn, est peu peuplée et stationnaire, parce que ses hiliitans , étant serfs et misérables , ont , au milieu de IV bondance , de très-faibles moyens d'existence. Mus supposez pour un moment le petit nombre d'hommtf à qui ces serfs appartiennent , et qui dévorent kor substance » chassés du pays , et la terre devenue h propriété de ceux qui la cultivent , vous les veriei promptement devenir industrieux et multiplier rapidement. Deux autres pays en général assez bons , le Westphalie et même la Suisse , malgré que celleci ait des lois plus sages, sont assez peu peuple'

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fraie d'industrie ; tandis qne Génère , Hambourg , toute la Hollande , le sont excessivement. Au contiaire , TEspagne , qui est une contrée délicieuse , a très-peu dliabitans relativement à son étendue. Cependant il a été constaté que pendant les quarante oa cinquante années qui ont précédé le commencelient de la malheureuse guerre actuelle , sa population faisait des progrès très-sensibles , parce qu'on était parvenu à débarrasser son industrie de quelques entraves , et à accroître un peu ses lumières. Il eit donc bien prouvé que la population est toujours pnportîonnée aux moyens d'existence.

Cette vérité a déjà été avouée par beaucoup d'é-

erivains politiques. Mais on voit dans leurs ouvrages

quHls n'en ont pas senti toute l'étendue. M. Say ,

que j'ai déjà cité , et que j'aurais pu citer bien des

hu , est , je crois , le premier qui ait dit nettement ,

dans son livre I^ , chap. XLYI , que rien ne peut

accfottre la population que ce qui favorise la

production y et que rien ne peut la diminuer , au

mafpw d'une manière permanente , que ce qui at'

toque les sources de la production ; et observez

que M. Say entend par production , production d^U"

tiUté* Cest même d'après lui que j'en ai donné

cette idée. Or , produire , dans ce sens , c'est bien

ajoater à nos moyens d'existence; car tout ce qui

ert utile pour nous est un moyen de pourvoir à nos

besoins ; et même rien ne mérite le nom â^ utile que

par cette raison. Ainsi le principe de M. Say est

exactement le même que celui que j'ai établi. Aussi

en tîre-t-il cette conclusion très-juste , qu'il est ab-

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