CHAP. IX. DE LA MULTIPLIGAT
•urde de prétendre influer rar la popalation ptr da enoouragemens directs , par des lois anr let mariages , par des primes accordées aux nombieiises fr* milles , etc., etc. H se moqae avec rmaon , à oe sajet, des fameuses ordonnances d* Auguste y dt Louis XIY, et de tant d'antres législateurs trop vantés. Ce sont en effet de très-fausses mesures qui ne pouvaient augmenter en rien la population. Et il ajoute, très -justement à mon avis, qu'au oontraire le moindre des réglemens nuisibles à l'indostrie faits par ces mêmes princes pouvait et devait diminuer le nombre des bommes. Je pense absoliment de même.
M. Maltbus va beaucoup plus loin encore. Il est, au moins à ma connaissance , de tous les anteui qui ont écrit sur la population , celui qui a le plai approfondi le sujet , et qui en a le mieux dévelc^ toutes les conséquences. Son ouvrage, singulièrenicut remarquable , doit être regardé comme le dernier état de la science sur cet important objet ; et il n'y laisse presque rieu à désirer. M. Maltbus ne se borne point à prouver que , bien que la population s'arrête à différens degrés dans les différens pays , et suivant les différentes circonstances, elle est toujours , et partout , aussi grande qu'elle peut l'être , eu égard aux. moyens d'existence. U montre que toujours cbez les nations civilisées , elle est trop grande pour le boubeur des bommes, parce que riiouiuie, vi surtout le pauvre, qui fait partout le graud nombre , entraîné par ce besoin si impérieux de la roprudttcliou, multiplie toujours imprudem-
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•Boent et sans prévoyance, et se plonge lui-même dans nne misère inévitable , en multipliant les hommes qai demandent de roccupation , et à qui on lie peut en donner. Tout ce qu^il avance est appuyé, non pas seulement sur des raisonnemens eoDTaincans, mais sur des tables des morts, des nsissanoes , des mariages , de la durée moyenne de la vie , et de la population totale , recueillies dans différens pays et discutées avec soin.
J'ajoute ce dernier point {discutées avec soin) comme très-nécessaire. Gir il faut observer premièrement que toutes ces données , non-seulement sont souvent inexactes , mais que, même exactes , elles demandent à être examinées attentivement , et comparées les unes aux autres avec beaucoup de sagacité , avant d*en tirer des conséquences , sans quoi elles conduiraient à dé graves erreurs. Secondement, que, quelque imparfaits que soient ces documens 9 ils n'existent que dans peu de pays, et depuis peu de temps; en sorte qu'en économie politique comme en astronomie, on doit très-peu compter sur les observations anciennes ou -éloignées. Même eu France, les simples registres mortuaires ne méritent pTCflqne aucune ccmGance avant 1700; et aucune des autres circonstances importantes n'a été recueille. Aussi , dans les exemples de population que j'ai cités ci-dessus , je n'ai point fait mention de oe qu'on nous raconte de certaines contrées de l'Orient cl de quelques peuples anciens ou du moyen âge. Si la Chine , si l'Espagne du temps des Romains , sont ou ont été aussi peuplées qu'on nous le dit , il
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faut bien qu'il y ait des raisons locales de ce fail. Mais nous n'ayons aucun moyen de le connaître sof- * fisamment pour en bien Toîr les canses et oser tÊ tirer des ocmséqnences. H en est de même de tontei les parties de réconomie politique et domestîqM des anciens , fondée presque uniquement sur Tiisagi de resclayage et les profits ou les pertes de 1a guene, et très -peu sur le développement libre et paisible de TinJustrie. Cest tout-à-fait un antre ordre ds choses que nos sociétés modernes. Quant au prodigieux nombre d'hommes que quelques auteurs prétendent ayoir existé en France, par exemple sous Charles Y ou sous Charles IX , dans le quatorzièiDe et le seizième siècles, c'est-à-dire dans des tempi oà Pindustrie était aussi grossière et l'ordre socisl aussi mauvais que nous l'avons vu encore eaa. Pologne au dix-huitième siècle , je cnûs que la seule réponse à faire à ces assertions est celle que j'ai opposée à la merveilleuse union qui régnait, dit-on , à Sparte , c'est que cela n'est pas vrai , parce que cela est impossible.
Quoi qu'il en soit, tous ceux qui ont réfléchi sar ces matières conviennent que la population est toujours proportionnée aux moyens d^existence» M. Say en conclut avec raison qu'il est absurde de croire pouvoir augmenter la population autrement qu'yen augmentant ces moyens; et M. Malthus prouve de plus qu*il est barbare de chercher à augmenter cette population toujours trop grande, dont l'excès est la source de toutes les misères ; et que même , sous le rapport de la puissance , les chefs
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des natiaiis y perdent. Car puisqu'ils ne peuvent pas fidre vivre en même temps plus d'hommes qu'ils n'en peuvent substanter , en multipliant les naissances ils ne font que multiplier les morts prématurées , et augmenter la quantité des enfans en proportion de celle des adultes , ce qui produit une population plus faible à nombre égal. L'intérêt de* hommes , sous tous les rapports , est donc de dimi' nuer les effets de leur fécondité.
Je n'en dirai pas davantage sur ce sujet , qui n'est qoe trop clair par lui-même, et qui pourtant a donué liou à de si fausses opinions avant qu'il fût ap* profondi ! Laissons au temps à les détruire . . .
COHSiQDEIlCBS KT DEVELOPPEMEVS DES DEUX CHAPITRBS