‹ Étemens d'idéologieChapitre 17 sur 34 · PRECEDE VS · texte numérisé non relu

PRECEDE VS

Revevoits toujours au point de départ. L'être anîmé, et spécialement rhom me, est doué de sensibilité et d'activité (i), de passion et d'action , c'està-dire de besoins et de moyens. Tant que nous nous sommes occupés de la manière dont se forment nos richesses , nous avons pu être charmés de notre puissance, de l'étendue de nos moyens. En effet,

(i) On pourrait dire «apararant , de nerfi et de moiclet , car ««la rcmoBle jasqae>là.

I9B CmAPIT&£ X.

Tflfpèee etlti ibn et àpeÎM

d Bidwtnaue. Gettbicii

MHS fl VBÊÛÊfB WÊKÊt 08 COQMV

qmaad , de rczaBcn de la tnwitinn de nos riehcs- Ms y iMNU panas à edû de Icvr dûtribatiiNi eatie lef dÎTen indiTidiu. LàwHM ictravroat peifoot b gf éf Mi l it é des betoii «p lo Moy—s , Ufidkic«e de l'indirida H acs nalIraMte névitBbki. Mib oc scoood a^ect du mtee objet ne doit ni nots rétoltcr ni nons décourager. Nons KNnmes ainn frits. Telle est notre nature. Il fiint nous y aoamettre, et en tirer le meillea/ parti possible en nsant halûlementde tons nos moyens , et en entant les fiiates qui aggraveraient nos maux*

Les deux chapitres que nous venons de lire, quoique très-courts, renferment des faits important; et joints aux explications antérieures, ils nons donnent des notions assez sûres sur nos vrais tatéréts. n ne s'agit que d'en profiter.

Nous avons vu qu'il fallait nous résoudre à laisser subsister entre nous opposition d'intérêts et inégalité de moyens , et que tout ce que nous pouvions faire de mieux était de laisser à chacun le plus libre emploi de ses facultés, et d'en favoriser le plus entier développement.

Nons avons vu de plus que cet emploi et ce développement de facultés , quoique profitant inégalement aux divers individus , réussissait à les ame^

COIfSEQUEHGBS ET DEVELOPPEM. 197

ler tous au plus grand bîen-étre possible , tant que 'espace , la plus grande de toutes les ressources , le leur manquait pas ; et que quand tout Tespace !tt occupé, d'autres ressources, subsidiaires suffi- ■ient pour entretenir long-lemps encore un grand îtat de prospérité ' générale.

Nous avons yu aussi qu'une fois arrivés au monent de rencombrement et de la gène , il était inéritable que ceux qui avaient le moins de moyens ne pussent se procurer , par l'emploi de ces moyens , {ne la satisfaction stricte des besoins les plus ur- ^ens.

Nous avons vu enfin que , la multiplication des bommes continuant dans toutes les classes de la soâété, le superflu des premières était successivenent rejeté dans les classes inférieures , et que celai de la dernière n'ayant plus où se reporter, Hait nécessairement détruit par la misère. Cest là » qui cause l'état stationnaire ou même rétrograde le la population , partout où on l'observe tel , mal- ^ la grande fécondité de l'espèce.

Ce dernier fait , la population à peu près stationuôre cbez tontes les nations arrivées à un certain legré de développement, a été long - temps sans Itre presque remarqué , parce que ce n'est que très- 'éoemment que l'on s'occupe avec quelque snc- »ès de l'économie sociale ; il a même été voilé par es commotions politiques qui y ont produit des lertnrbations , et déguisé par les monumens infidèles m insuffisans de l'histoire qui ont autorisé à le mé^ xmnaltre; enfin quand il a été soifisamment observé

igB CHAPITAE X.

•t oouUtép €11 A ea dt U peîae à l'attrilMMr à m TérilableMiiMy ptree que IV» m^vwwSà pat «atyée ■iMft nette dt U Bum^ dt la «MÎété tl dek oMMiR dont M finnBtnt tes rîohMMi et ee pwwMnft A»> jourd^hni il me semble ^pie aou p i W Ton e millii tout cela hors de doute*

Bappelons-noos que la société est partagés m deux grandes classes : celle des hommes qui, smi Totr aucune avance, tiuTaillent moyennant un «• laire, et celle des hommes qui les emplosent Cdb posé, il est manifeste que les premiers, pris «a masse, ne vivent journellement et annnellemeat qai sur ce que la totalité des seconds a à leur dîibihuer chaque Jour et chaque année. Or, csus-si •ont de deux espèces. Les uns virent de leur levenu sans travail : ce sont les préteurs d'argeat, les loueurs de fonds , de terres et de maisons, en un mot les rentiers de toutes sortes. Ces homoiei- U , il est bien clair qu'à la longue ils ne penveit donner pendant une année , à tous les gens qu^ emploient, que le montant de leurs retenus, siM quoi ils entameraient leurs fonds. H y en a toajours un certain nombre qui en usent ainsi et qui se ruinent. Leur consommation diminue ce cesse ( mail elle est ren^dacée par celle de œax qui s'enrichissent, et le total est le même. Ce n*est là qu'un changement de main, dont mène la quantité ordinaire peut s'évaluer à peu près dans les différons pays. Ces hommes pris en masse ne fimt point de proût. Ainsi la somme totale de leurs revenus , que ae partagent lee salariés, est

CONSEQUENCES ET DBYELOPPElf. igg

am quantité oonstante. Si elle (ait quelques progrèi * laenaibles , ce ne peut être que par PamélioratifMii nte de Tagriculture , qui , faÎMut rendre aux terres n peu plus de production , meta même d^angmen- •r na peu leurs baux. Gir pour la rente de leur rgent prêté , elle ne varie point. Si même elle aug- Mntait par la hausse de l'intérêt, ce serait un lalheur qui , nuisant à beaucoup d'entreprises, diûnnerait bien davantage les facultés de.la seconde ispèoe de personnes qui alimentent les salariés.

Cette seconde espèce de personnes se compose de eux qui joignent au produit de leurs capitaux ceui de leur activité personnelle , c'est-è-dire des enrepreneurs d'une industrie quelconque. On dira [ue ceux-là font des profits et augmentent annuelement leurs moyens. Mais premièrement cela n'est laa vrai de tous. Beaucoup an contraire font mal enrs affaires et diminuent au lieu de croître. Seondement, ceux qui prospèrent cessent de travailer au bout d'un certain temps , et vont remplir les ides qu'opèrent journellement, dans la classe de enx qui vivent sans rien faire , la chute des prodi- ;ues qui en sortent pour avoir mal ménagé leur forune. Troisièmement enfin , et ceci est décisif, cette liasse des entrepreneurs d'industrie a des limites léoessaires qu'elle ne peut franchir. Pour former me entreprise quelconque , il ne suffit pas d'en iVQÎr l'envie et les moyens : il faut trouver à placer tes produits d'une manière avantageuse qui dëdomnage et au-delà des frais qu'ils coûtent. Une fois [ue tous les emplois profitables sont remplis, on

200 CHAPITBE X.

n'en peut plus oréer de noaTeaax mu que d^antni ne w détmifent, à moîiu qu^ ne s^oaTrantqiielqMi noayeaux débonchéi. Ce second fonds de PentralMi des salariés est donc aussi, dans nos anoienass noiétés, une quantité à peu près constante ooonwk premier.

Les choses étant ainsi, on Toît olaîrement poi^ quoi le nombre des salariés n'augmente plus qoiiA le fonds qui peut pourvoir à leur entretien esiN de croître. Cest que tout ce qui natt au-ddà di nombre sniEsant atteint faute de moyens d'enitence. Cela est très-aisé à concevoir. On oomproiâ même qu'il est impossible qu^il en soit autreàicaL Car chacun sait que ai quatre personnes ont à ptf^ tagcr journellement un pain à peine suffisant potr deux, les plus faibles périront, et les plus fiortsM subsisteront que parce que bientôt ils hériteront è» la part des autres.

Si ensuite Pou songe que quand les hommes qn vivent uniquement de leurs revenus se multiplient assez pour que ce revenu ne leur suffise plus, ili rentrent dans la classe de ceux qui joignent leir travail au produit de leurs fouds, c'est-à-dire de ceux que nous avons appelés entrepreneurs d^indastiie , et que quand ceux-ci à leur tour devienneut trop nombreux, beaucoup se ruinent et retombent dans la classe des salariés ; on verra que cette der^ nière olasse reçoit pour ainsi dire le trop plein de toutes les autres , et que par conséqueut les limites quVIle lie peut franchir sont celles de la population totale.

CONSEQUENCES ET DEVELOPPEM. 301

Ce seul point bien éolairci nom donne Texplieede tons les phénomènes relatif à la popolation. 1 aons montre pourquoi elle est rétrograde dans «a peyt 9 stationnaire dans un autre , tandis qu^elle m impidement progressiye dans un troisième ; pour- |iioi elle s'arrête tantôt plus tôt , tantôt pins tard , HÛTant le degré d'intelligence et d'activité des dif* ISiens peuples, et la nature de leurs gouyememens } ^onrqaoi elle se rétablit promptement après de gmades calamités passagères, quand les wattyma» d'eiistenoe ne sont pas détruits $ pourquoi , au con* Inirey sans secousses violentes, elle languit quelqmibîs et dépérit graduellement par des. causes diffiôles à apercevoir, par le seul changement d'une ciroonslsinoe peu remarquable. En un mot , il nous 4MUPie la solution de toutes les questions de ce geim, «t déplus il nous fournit les moyens d'en lînr une infinité de conséquences importantes. Je neanis embarrassé que de leur nombre , et du choix de celles auxquelles je dois m'arréter.

Je commencerai par remarquer avec satisfaction qw l'humanité, la justice et la politique veulent également que, de tous les intérêts , celui du pauvre soit toujours le plus consulté et le plus constamment respecté; et par les pauvres j'entends les simples sa* laiiés , et surtout ceux dont le travail est le moins payé.

D'abord l'humanité; car il faut bien prendre garde que quand il s'agit du pauvre , le mot intérêt a un tout autre degré d'énergie que quand on parle dos hommes dont les besmns sont mmns urgens et

20a CHAPITRE X.

quelquefois même tout îmaginairei. Toiu les jouis noos disons que les intérêts d'un minîstn tout coih tndres à oeux d'un antre ; que td covpi a des îÉt^ rets opposés ^à oenx de tel autre ooips: qn^îl eit et rintérét de oertains entrepreneurs que les matièroi premières se yendent cher, et de l'intérêt deqadr ques autres de les acheter à bon marché; et soufttt nous nous passionnons pour ces motifii oonmie sHb en yalaient la peine. Cependant cela veut dire seulement que quelques hommes crœent, et sonyent à tort , ayoir un peu plus on un peu monM de jouissances dans certaines circonstances que dam d^autres. Le pauyre, dans sa petite sphère , a aQiii assurément des intérêts de ce genre ; mais ils disparaissent deyant de plus grands. On ne les aperçoit seulement pas. Et quand on s^occupe de lni,ii s'agit presque toujours de la possibilité de son ezittence ou de la nécessité de sa destruction , c'est^dire de sa yie ou de sa mort. L^humanité ne permet pas de mettre de pareils intérêts en balance ayeo de simples conyenances.

La justice s^y oppose également, et de plus elle nous oblige à prendre en considération le nombre des intéressés. Or , comme la dernière classe de la société est partout la plus nombreuse de beaucoup, il s^ensuit que toutes les fois qu^elle se trouye en opposition avec les autres , c^est toujours ce qui lui est utile qui doit être préféré.

La politique nous amène au même résultat; car il est bien conyenu qu'il est utile à une nation d'être nombreuse ef puissante. Or , il yient d'être

CONSÉQUENCES ET DEVELOPPEM. 2o3

prouvé que l'extension que peut prendre la dernière classe de la société est oe qui détermine la limite de la population totale ; et il ne Test pas moins par Texpérienoe de tous les temps et de tons les pays , que partout où cette dernière classe est trop malheureuse , il n'y a ni activité , ni industrie , ni lumières , ni véritable force- nationale ; on peut même dire ni tranquillité intérieure bien assurée.

Cela posé, examinons quels sont les véritables intérêts du pauvre , et nous trouverons qu'effectivement ils sont toujours conformes à la raison et à IHntérét général. Si on les avait toujours étudiés dans cet esprit, on se serait fait des idées plus saines de Tordre social , et on n'aurait pas éternisé la guerre tantôt sourde , tantôt déclarée , qui a toujours existé entre les pauvres et les riches. Les préjugés font naître ces difficultés , la raison seule les dénoue.

Nous avons déjà vu que le pauvre est aussi intéressé au maintien du droit de propriété que le citoyen le plus opulent , car le peu qu'il possède est tout pour lui , et par conséquent infiniment pré^ oieujL à ses yeux; et il n'est sûr de rien qu'autant qne la prc^riété est respectée. Il a même encore une autre raison de le désirer; c'est que le fonds •ur lequel il vit , la somma des capitaux de ceux 4{ni l'emploient, est considérablement diminuée quand les propriétés ne sont pas assurées. Ainsi il a un intérêt direct non-seulement à la conservation de ce qu'il possède , mais eilcore à k conserva-^

ao4 CHAPITBE X.

tioB de oe que poMèdent les aatm. Avan, mlgié que parles funestes effets de la wsAreydelaawa- Taîse édacatkn, da manque de délicatesse et ds ressentiment de l'injostiee, il soit penl-éfare tnâ de dire qne e'est dans la dernière olasat qn*fl se commet le plus de délits (i) , il est pourtant fni aussi qne c'est dans celle-là qne Ton a la pins kaste idée do droit de propriété , et qne le nom de toIsv est le pins odieux. Mais quand yons parlez de pn>priété, comprenez sous oe nom, comme lepaanC) la propriété personnelle aussi bien qne la propriété mdsilière et immobilière. La première est même eaeorc plus sacrée , puisqu'elle est la sonne des astres, Hespectez-la en lui , comme Tons yonlez qm^ respecte en tous celles qui en défirent. Laissei4ai la libre disposition de ses facultés et de lenr emploi y comme yous yonlez qu'il tous laisse edis de Tos biens-fonds et de yos capitaux. Cette règle sit aussi politique que juste et que mal observée.

Après la libre disposition de son travail , le plus grand intérêt du pauvre est que ce travail soit ohèremeut payé. Ici j'entends de violentes réclainttions. Toutes les classes supérieures de la société i et sous ce rapport j'y comprends jusqu'au moindre chef d'atelier, désirent que les prix des salsires soient plus bas , afin de pouvoir se procurer plus de travail pour une même somme d'argent; et elles le désirent avec une telle fureur, que lorsqu'elles le peuvent et qne les lois le leur permettent , elles eiD-

<i) Bneore cela ett-il très-dooteux, ti Ton a ëgaid à la ûiÊim» au BoiBl>re âm indWIdu.

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knent même la yioleuoe pour atteindre ce but; et iUes préfèrent le travail des esclaves ou des serfs , laroe qu^il est encore à meilleur marolié. Ces homles ne manquent pas de dire et de persuader que ce u'ils croient leur intérêt est Tintérét général, et que e bas prix des salaires est absolument nécessaire au éveloppement de IHudustrie, à Textension de la ibrication et du commerce , en un mot à la prosérité de PÉtat. Voyons ce quUl y a de vrai dans es assertions.

Je sais qu^il serait fâcheux que la main-d^œuvre &t assez chère pour qu'il devint économique de irer du dehors toutes les choses transportables , car lors ceux qui les fabriqueut souffriraient et s'éteinraient , et ce serait une population étrangère que BS consommateurs soudoieraient et entretiendraient, n lieu d'uoe population nationale. Mais d'abord ce egré de cherté ne serait plus dans les intérêts du anvre , puisque au lieu d'être bien payé , il manuerait d'ouvrage ; et de plus il est impossible, ou u moins il ne saurait durer , parce que d'une part » salariés baisseraient leurs prétentions dès qu'ils s verraient inoccupés ; et que de l'autre , si les prix es journées restaient encore assez élevés pour leur onner une grande aisance , ils multiplieraient bien ite assez pour être obligés de venir s'offrir au raais. J'ajoute que si néanmoins la main-d'œuvre deleurait trop chère , ce ne serait plus à la rareté des uvriers qu'il faudrait s'en prendre , mais à la mala- Iresse et à la malfaçon ; et alors ce serait la maladresse , l'ignorance et la paresse des hommes qu'il

fiiadnit oombattre. Ce loat effeotiTement làlesnaiai cautes de la langnear de Tindiutrie, pertottloà «Ik fe fiât remaniiier.

Mais où les rencontre-t-on , ma oanaea f u ne rt at? N'eat-oe pai tpajoun et oonatammeiit là oà la à»nière olaaie du peuple est le plna miaérable ? Geoi me fournit de nouvellea armes contre ceux qa> croient si utile que le travail soit si nud payé. Je soutiens que leur ayidité les aTeogle. Youlei-TIMU vous en assurer? Comparez les deux ezlrénMti Saint-Domingue et les États-Unis de PAmérîqae septentrionale ; ou plutôt , si vous voulea que Is objets soient plus rapprochés , dans les États-Uni . comparez ceux du nord à ceux du sud. Les finmiers ne fi>umissent que des denrées très-comaïanés , la main-d^œnyre y est à un prix que Ton peat dire excessif; pourtant ils sont pleins de vigueur et de prospérité , tandis que les autres restent dans la langueur et la stagnation , malgré qu'ils soient propres aux productions les plus précieuses , etqnHls emploient l'espèce de travailleurs la plus mal payée, les esclaves.

Ce que nous montre cet exemple particulier , nous le voyons dans tous les temps et dans tous les lieux. Partout oà la dernière classe de la société est tn^ malheureuse , son extrême misère et son abjection , qui en est la suite , est la mort de Tindustrie et le principe de maux infinis , même pour ses oppresseurs. L'existence de l'esclavage chez les peuples anciens doit être regardée comme la source de leurs principales erreurs en économie , en morale et en

CONSEQUENCES ET DéVELOPPEM. 20*]

politique, et l« oaase première pour laquelle ■ ils a'ont iamais pu que flotter entre une anarchie turbulente et souvent féroce , ou une tyrannie atroce. L'esclavage des noirs ou des indigènes dans nos ooloiiies y qui avaient tant de moyens de prospérité, «et également la cause de leur langueur, de leur faililesse, et des vices grossiers de leurs babitans. LVsclaTage des serfs de glèbe , partout où il a existé , a également empêché le développement de toute indostrie , de toute sociabilité , de toute force politique ; et de nos jours encore il a réduit la Pologne à. um tel état de faiblesse , qu^une nation immense n'a existé long-temps que par la jalousie de ses voisins , et a fini par voir son territoire partagé aussi facilement que le patrimoine d'un particulier, dès que les prétendans ont été d'accord entre eux. Si de ces oas extrêmes , sans nous arrêter aux fureurs des Cabooliieiis en France , aux excès de Jean de Leyde et de ses paysans en Allemagne, nous arrivons aux malheurs causés par la populace de Hollande , excitée par la maison d'Orange ; aux inquiétudes que donnent tous les jours les Lazzaronis de Naples et les Transteverins de Rome ; et enfin aux embarras que cause même aujourd'hui en Angleterre l'énormité de la taxe des pauvres , et l'immensité de cette population misérable que rien ne peut retenir que les supplices ; je crois que tout le monde conviendra que quand une portion considérable de la société est trop souffrante , et par suite trop abrutie , il n'y a m repos , ni sûreté , ni liberté possibles, même pour les puissans et les riches , et qu'au contraire ces pre-

miers oitoyena d'an État sont bien plot Téfitalilement grands et heureux quand ils sont à la tête d'un peuple qui jouit d'une honnête aisanoe, laquelle développe en lui toutes les fiionltés moralei et intellectuelles.

Au reste, je ne prétends pas oonolnre de là que h pau?re doive fixer violemment le prix qu'il peit exiger de son travail : nous avons vu que son pre* mier intérêt est le respect de la propriété. Hais je r^te que le riche ne doit pas non plus fixer se prix d'autorité , qu'il doit lui laiuer la plus libre et la plus entière disposition de ses faibles moysm; et ici la justice prononce encore en sa faveur. Et j'ajoute que Ton doit se réjouir si l'emploi de set moyens lui procure une hoi^éte aisance, car lapa* litique prouve que c'est le bien général.

Observons encore que s'il est juste et utile de laisser tout homme disposer de son travail , il l'est également et par les mêmes, raisons , de lui laisser choisir son séjour. L'un est une cooséquence êe l'autre. Je ne connais rien de plus odieux que d'eiB* pêcher de sortir de son pays un homme qui y est assez mal pour désirer de le quitter malgré tous lef sentimens de la nature et toutes les forces de l'habitude qui l'y retiennent. De plus , cela est absurde. Car puisqu'il est bien prouvé qu'il y a toujours dans un pays autant d'Iiommes qu'il peut y en exister dans les circonstances données, celui qui s'en va ne fait autre chose que laisser sa place à. un autre qui se serait éteint s'il fut demeuré. Vouloir qu'il reste , c'est comme si deux liommcs étant enfermés dans

COlfSÉQUENGSS ET Dl^VELOPPEM. 209

lan Ifotte ou il n^j àamit assez d^air que pour un , Q yoalait qu'an des deax ou même tous deux y touffasseut, plutôt que de laisser sortir l'un ou 'autre. Loin que l'émigration soit un mal, ellen^est imais un secours suffisant. On a toujours trop de mae à s'j déterminer. Pour qu'elle devienne un wu considérable , il faut que les vexations soient iffrojables , et même alors le yide qu'elle opère est lientôt rempli comme celui qui résulte des grandes ipîdémies. Dans ces cas malheureux ce sont les MNiffranoes des hommes dont il faut s'affliger , et ion pas la diminution de leur nombre.

Qfumt à l'immigration , je n'en parie pas. Elle est xmfeurs inutile et même nuisible , à moins qu'elle le soit celle de quelques hommes qui apportent des uouères nouvelles. Mais alors ce sont leurs connaislaaoes et non pas leurs personnes qui sont préoieu- «ty et ces hommes-là ne sont jamais bien nombreux. 3b peut sans injustice défendre l'immigration , et l'est préoisémeut à quoi les gouvememens n'ont ii«iq«ie jamais pensé. Il est vrai qu'ils se sont enwre plus raremAit avisés de donner beaucoup de ■otils pour la désirer.

Après des salaires suffisans , ce qui importe le plus m pauvre , c'est que ces salaires soient constans. En effet , ce n'est pas une augmentation momentanée Ml mat exagération accidentelle de ses profits qui peut améliorer son sort. L'imprévoyance est un de les maux , et peut être le plus grand. Toujours une Boofooiaiation désordonnée anéuitit bientôt cet excédant extraordinaire de ressources , ou une multipli-

oaticm indiscrète le partage entre trop de tètes. Quand donc cet excédant yient à ceater , il &nt que oeu qai en yiy aient s'éteignent, ou qne ceux qui a jouissaient se restreignent ; et dans oe dender ois se ne sont jamais les oonsonunati<His les moins utiki qui cessent les premières , parce qu'elles scmt lesplu séduisantes. Alors la misère recommence dans toate son horreur ayec un plus grand degré d'intensité. Ainsi on peut dire en thèse générale , que rien ds ce qui est passager n'est réellement utile au panne. En cela encore il a les mêmes intérêts que le corps social.

Cette yérité exclut hien des fEiusses oombinaisoiii politiques , surtout si on la joint à cette autre maxime tout aussi yraie, que rien de ce qui est forcé n'est durable ; elle nous apprend aussi qu'il est essentkl au bonheur de la masse d'une nation que le prix des denrées de première nécessité yarie le moins possible , car ce n^est pas le prix du salaire en Iniméme qui est important , d'est son prix comparé à celui des choses dont on a besoin pour yiyre. Si ayec deux sous de paye j'ai du pain suffisamment pour ma journée , je suis mieux nourri que si je receyais dix sous et qu^il m'en fallût douze pour que ma ration fût complète. Or, nous l'ayons fait Yoîr cidessus chapitre IV et ailleurs , à la longue le prix des salaires les plus faibles se règle et ne peut pal manquer de se régler sur le prix des choses nécessaires à l'existence. Si le prix de ces choses nécessaires yient à diminuer subitement , les salariés profitent sans doute momentanément, mais sans utilité

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durable pour eux, comme nous yenons de le dire. Ainsi cela n'est pas désirable. Si , au contraire , ce prix augmente , c'est bien pis , et les manx qui en résnltent s'aggrayent Pun l'autre. D'abord qui n'a que le nécessaire n'a rien à perdre; ainsi tous les pauyres sont dans la détresse; mais de plus, en yertu de cette détresse , ils font des efforts extraordinaires ; ils demandent plus à être employés , ou , en d'autres termes, ils offrent plus de trayail. D'autres personnes qui yiyaient sans trayail ont besoin de cette ressource. On n'en a pas dayantage à leur donner. Us se nuisent les uns aux autres par la concurrence. On en prend occasion de les moins payer quand ils auraient besoin de l'être dayantage. Aussi c'est une expérience constante , que , dans les temps de disette , les salaires baissent parce que l'on a plus d'oilyriers que l'on n'en peut employer, et cela dure jusqu'à ce que l'abondance renaisse <m que les boinmes se soient éteints.

U sera^ donc à désirer que le prix des denrées, et surtout celui des plus importantes , pût être inyariable. Quand nous .en serons à parler de la législation , nous yerrons que le moyen que ce prix yarie le moins possible est de laisser la liberté la plas entière au commerce , parce que l'actiyité des spéculateurs et leur concurrence font qu'ils s'empressent de profiter de la moindre baisse pour acheter et de la moindre hausse pour reyendre, et que par là ils empêchent l'une et l'autre de durer et de deyenir excessiyes. Ce moyen est aussi le plus con* forme et le seul conforme au respect dû à la pro-

. M ûàruMtk mnîv^^ il &■( K^ nwnunK. A ia vikilé^ il j CB a ki« «r n» qur 4itt» wlai fane clwrté, fn UL Hftahmir muvcssel. Les tm^ij e is la ooc Mp éi vanm ailirjirii ^ mus Irt koMmci M itai- 4iT» «himute et ÎBflflBsSiles ; cet dé* imc jÊ» m» aoufonoet, nasdéxon^vrà» hahitadet ùopérieuei; iivnsiat X «K Honatf «a» jnvpK àréUi qaHi YCit ^ a ntt:si çfi'ii «A iatoè de quitter; ci ]iar«« X j <« jiK|«cJbi, ù j pradnit caforgemeat} wuir. ^Hàsar im sa^êirt oràÎBaîre : aîmi loat fùiL CciC jà et çnaà malknur det aida «oauMrDt, el ruoGaréaieat d« dmi9fff«wBt cu«âê de rindutiîe , dévekppiBiial qai, par cela seal qa^^U est exagéré» ttt aaiet à dat TÎc&aiitadei. Cert là du motus ce qni peo«¥<r qa*il est trQB-îaapmdcBt à on

CONSÉQUEHCE8 BT DJBVELOPPEM. 3l3

politique de chercher à se procurer une proepérité laotioe par def moyens foro^ Elle ne peut être que fragile; on en jouit sans honheur, et on ne la perd jamais sans des maux extrêmes.

On a remarqué que les nations essentiellement agricoles sont moins sujettes que les autres à eouf- Irir de ces réyolntions subites de Tindustrie et du eommeroe : en conséquence on a beaucoup yanté la stabilité de leur prospérité, et on a eu raison jusqu'à un certain point; mais on n'a pas asseï pris garde, oe me semble , qu'elles sont plus exposées que les nations commerçantes à la plus cruelle de tontes les yariations , celle du prix des grains. Cela panH ne deyoir pas être, et pourtant cela est; il est même facile d'en trouyer la raison. Lef peuples bornés à l'agriculture sont répandus sur un yaste territoire ; ce territoire ou est totalement méditerrané, ou, s'il confine à la mer de quelques o6tés, il a nécessairement beaucoup de ses parties fort enfbnoées dans les terres. Quand les récoltes yiennent à y manquer , on ne peut y porter des secours que par terre ou en remontant des riyières, genre de nayigation toujours fort dispendieux et souyent impossible. Or, comme les grains et les autres matières alimentaires sont des marchandises d'un grand encombrement , il arriye que , par l'effet des frais de transport, quand elles sont rendues à l'endroit où l'on en a besoin , elles reyiennent à un prix si éleyé , que presque personne n'y peut atteindre. Aussi estil d'expérience que toutes les importations de ce genre , faites dans des temps de calamités , n'ont

3l4 CIAPITME

janiAis ferri qu'à coanlcr et à ralfr i^imagi i tiai, maïs n'ont jamais été ds véôlaUeB ramNuves. D fiiut donc ûmAmmeat qae k pavfn irahrrigae a oomonuDatka jajqaTaii point de «wSnr bcanooif, et que les pins donnés menicnL H n'j a pas d^nbv moyen pour que tons ne périssent pas quand h fr sette est très-grande. Cest ainsi qne dans ans iSk assiégée on fait sortir , si on le peut, toutes Issbeaohes inutiles : c'est le même oaleuL OnpralongHaft enoore la défense si Ton osait se dé£ûre de tous ki défenseurs qui ne sont pas indispensables. Maif b consommation de la guerre en opère la destruotîoai et c'est peut-être œtte cruelle , mais sage eomlùiîion , qui détermine les sorties inutiles d'aiUemsqat font certains gouverneurs vers la fin d'un siégs, •orties bien différentes de celles qu'on fidt au ccsnmencemeat par pure jactance.

Les hommes augmenteraient beaucoup la sûreté de leur existence et leur possibilité d'occuper certains pays , s'ils pouyaient rendre les matières alimentaires d'un petit yolume et par conséquent &cilemcDt transportables. A la vérité ils abuseraient tout de suite de cette possibilité pour se noire, comme les peuples pasteurs se serrent de la &cilité des transports qae produit la célérité de leurs Utes de somme , pour devenir brigands ; car rien n'est à dangereux qu^un homme trausportable. Il n'y a qu^i voir l'énorme avantage que la sobriété donne aux armées pour les invasions. C'est là la puissance de l'espèce mal employée, mais enfin c'est sa puissance, et c'est cette puissance qui , dans les cas de disette,

GOnSEQUENGES ET DEVELOPPEM. ai5

manque aux nations agricoles et paisibles répandues sur un yaste territoire.

Les nations commerçantes» au contraire , sont ou insulaires ou répandues le long des côtes de la mer. Accessibles partout , elles peuyent recevoir des seoours de tous les pays. Pour que la cherté devint exoesaye chez elles, il faudrait que les récoltes eussent manqué dans toute la terre habitable; encore n'atteindrait-elle que le taux moyen de la cbertë générale , et jamais le taux extrême de la cherté locale des pays méditerraués les plus mal traités. Ces nations sont donc à Pabri du plus grand des désastres; et quant aux malheurs, moins généraux, résultans des révolutions qui surviennent dans quelques branches d^iudustrie ou de commerce, fdcwerve qu'elles y sont très-rarement exposées si elles ont laissé à cette industrie et à ce commerce «m cours naturel , et si elles n'ont pas employé des moyens yiolens pour lui donner son extension exa« {[érée. J'en conclus non-seulement que leur condition est meilleure , mais encore que leurs malheurs Tiennent de leurs fautes , tandis que ceux des autres viennent de leur position , et qu'ainsi elles ont plus de moyens d'éviter ces malheurs. Nous devions être conduits à ce résultat, et nous aurions dû le prévoir d'avance ; car puisque la société , qui n'est, qu'un commerce continuel , est la cause de notre puissance et de nos ressources , il serait contradiotmre que là où ce commerce est le plus perfectionné et le plus actif, nous fussions plus accessibles au malheur.

3l6 CBAPITME X.

i a étÊàk coBfllat qve b praspérité des m-

•oliiie ctnMios dwi- Ut (Ul ^p» je ■« crab fM vni » fttt Boios dm les Bodcffas) (■), fl &«dnH d bUag oei d'abord entre boikear et puauwe, et iCBuqver q[iie, dans Ici m^u^n9*m dflëit Bwu TCBouB dc puleT, Ic bonheoT des indiridas , ehex les mfinaf agricoles , est eztrêmemcnl eompfoous. Mais la puissaBce snlisûte, parée qae la perte des hommes qui snocombent par la disette est biêiitAt réparée par de nmTelles mmsanees quand elle cesse, les mojcas babitnds d'ezûtence B^ajaot pas été détruits; au lien que , dans vue nation commerçante , qoand une branebe d*îiidnstrîe s^néantit, eUe s'anéantit qnelqnefins stufl retour et sans ponroir être remplacée par vne antre, en sorte qne la partie de la population dont elle entraîne la ruine ne peut plus renaître; mais, comme nous TaTons dit, ce dernier cas est rare quand il n*est pas provoqué pas des fautes. Si, indépendamment de cela, il était constaté que h prospérité des nations commerçantes fût fragile à raison des TÎoes intérieurs auxquels elles seraient sujettes , il ne faudrait pas s^en prendre au commerce en lui-même , mais à des causes accidentelles, et principalement à la manière dont les richesses s^inlrodnisent souvent dans ces États , laquelle fiTO*

(0 I«es exemple» des aiioleii» ne pronrent rien , parce que letr éooaomia politique était tonte fondée tor la force. Lw peapl** méditerranéa étaient briganda , lea penplea maritlmea étaicai piratea, tons Tonlaient être conqoénna. Alors c'est le hasard qui faille destin.

COnSEQUENGES ET DEVELOPPEM. II7

rbe extrêmement leur très-inégale répartition, qai est le plus grand de tons les maux et le plus gêné* ralement répandu. Examen fait, on trouverait là, comme toujours , le genre humain heureux du développement et de Paccrtûssement de ses moyens, mais tout prêt à en devenir malheureux par le mauvais usage qu'il en fait. La discussion de cette question dans toute son étendue trouvera sa place ailleurs.

Q«oi qu'il en soit , il est donc certain que le pauvre est propriétaire comme le riche ; qu'en sa qualité de prc^riétaire de son individu , de ses facultés et de leur produit , il a intérêt qu'on lui laisse la libre disposition de sa personne et de son travail ; que oe travail lui procure des salaires suffisans , et (pie ces salaires varient le moins possible; c'est-Adire qu'il a intérêt que son capital soit respecté , que ee capital lui produise le revenu nécessaire à son existenoe , et que ce revenu soit , s'il se peut , toujours le même ; et , dans tous ces points , son intérêt est conforme à l'intérêt géuéral.

liais le pauvre n'est pas seulement propriétaire , il est encore consommateur , car tous les hommes sont l'on et l'autre. £n cette dernière qualité, il a le même intérêt que tous les consommateurs , celui d'être approvisionné le mieux et le moins chère» ment possible. 11 faut donc pour lui que la fabrication soit très -habile, les communications faciles et les relations multipliées ; car nul n'a plus besoin d'être servi à bon marché que celui qui a peu de moyens.

csA?:TmE X.

4|iifr B pVQSpénté des nsolide et moins ànntm waam» dies les :* • 3 frvdnit d irtiag iigr d^abord cntie et fCBu^vcr çQOy dms mi de porier , le bonheor ks Bfttioas açricoles , est extr^ Mjôs la pnissuice sulisiste, ksKBietqiii snocooibent psr « ^wg l ^e rgp a it c pur de noaTelIes nli- «C jc cesse, les sdtcsis balnlneb d*eiif- IvBCY b^itxk: pu êc? détruis : an lien que , dsB ^tsie Sikû:a «oaacrçsBte • qauid une brancbe d*iB- ^&^W $\Ki»tît, <lk s'anèontît qnelqueCois uBt Ttte«tT << sass pDarvoù- tee remplacée par me i*trv . es ffir'.c- qve la partie de la popalalioQ doflt «Ci' r£:ri:s? là rviae ne peat plus renatlre; maiSt v'\*e::s:e ex;i> Pa^vAs dît , ce dernier eas est nri c^usi il &*»S pu proroqné pos des fiiates. Si y Â* cffVBJaament de eda , il était ooostaté qas k j«vtfpènt^ d<« natMms commerçantes At fiagOs i nîjKxi dr» TÎccs înléricvn ensiqnels dla sanW sajettcie , i* ne bndnil pas s^ psendra an eolioeff>c^ <« lui-même, mais à dm oeoseï et principalement à la manièiT dont Im s mtrodoisent sontcnl dans o« Élali ,

SEQUENCES ET DEVELOPPEM. 217

Smemeiit leur très-inégale répartition, qoi s grand de tous les maux et le plus générépandu. Examen fait, on troayerait là , mjours, le genre humain heureux du déent et de Paccroissement de ses moyens, t prêt à en devenir malheureux par le usage qu'il en fait. La discussion de cette dans toute son étendue trouvera sa place

u'il en soit , il est doue certain que le pauropriétaire comme le riche ; qu'en M quaopriétaire de son individu , de ses facultés ir produit , il a intérêt qu'on lui laisse la position de sa personne et de son travail ; ravail lui procure des salaires suffiaans , el ialaires varient le moins possilUe} o'est-àa intérêt que son capital soit respecté , que l lui produise le revenu néoeMftire à son , et que ce revenu smt, s'il »e petit, Umléme 5 et , dans tous ces poînli , mnk inlérél me à l'intérêt général.

I pauvre n'est pas sealcDoni piopritlMM^ are consommateur, oar tous Um Immmm^s et l'autre. En cette derniAra qjÊMéf 'é 9 intéffêt que tooe lee ooiMOiaBUteilfi , «4^^ provisiaiiné le mieux et !• flMtel ^étm^ tdono pour itti ifm I#l4<f^i,^ les o*>— nuniiwiiiMlii

3l8 CHAPITRE X.

Que iaut-il dono penser de ceux qui aoatienAent que ramélioration des méthodes et rinventioii des machines qui simpUiient et abrègent les proeédéi des arts sont on malheur pour le paavre ? Ma r^ ponse est qu'ib n^ont aucune idée de ses yéritahkf intérêts ni de cens, de la société; car il faut être aveugle pour ne pas voir que , quand ane chose qû exigeait quatre journées de trayail, peut être fiûte en une journée, chacun peut , pour la même somnS) s*en procurer quatre fois dayantage, on, eas^ea consommant que la même quantité , ayoir les tniis quarts de son argent de. reste pour l'employer à k procurer d'autres jouissances, et certes cet ayantsge est encore plus précieux au pauyre qu'au riche. Mais, dit-on, le pauyre gagnait ces quatre joarnéei de travail , et il n'en gagnera plus qu'une. Mail, dirais-je à mon tour, vous ouhliezdono que le fends sur lequel yit la totalité des salariés est la somme des moyens de ceux qui les eir ploient; que cette somme est une quantité à peu près constante; qu'elle est toujours employée annuellement ; que si un objet particulier en absorbe une moindre partie , le surplus, qui est économisé, se reporte yers d'autres destinations; qu'ainsi, tunt qu'elle ne diminue pas, elle solde un nombre égal de travailleurs, et que de plus , s'il y a un moyen de faire qu'elle augmente , o''est de rendre la fabrication plus économiqni?, parce que c'est le moyen d'ouvrir de nouveaux d^ boucha et de rendre possibles de nouvelles entreprises industrielles , qui sont , comme nous l'aroBS vu , les seules sources de l'accroissement de nos ri-

CONSEQUEUCES et DjÊvELOPPEM. 3IQ

obestet. Ces nûona me paraÎMent démnwea. Si ks nàaoBB contraires étaient yalables, il faudrait en ooiiclare qv^il n'y a rien de plus heureux que de fidre du trayail inutile, parce que ce sont toujours autant de personnes occupées , et qu^il n'en teste pas moins à exécuter la même quantité de trayail nécessaire. Paccorde ce second point. Mais première^ ment ce travail inutile sera payé avec des fonds qui auraient payé du travail utile et qui ne le paieront paÉ^^jrinsi il n'y a rien de gagné de ce côté. Secondement, de ce travail infructueux il n'en reste rien, et, s^il avait été fructueux, il en serait resté des okoses utiles , propres à procurer des jouissances , ou capables , étant exportées , d^augmenter la masse des richesses acquises. Il me semble qu'il n'y a rifn à répondre à cela, une fois que l'on a vu nettement tnr quel fonds vivent les salariés. Cette série de oombinaisons se retrouvera lorsque nous parlerom de l'emploi de nos richesses : c'est pour cela que je l'ai développée; car il semble qu'il ne faut pas tant de raisonnemens pour prouver que du travail reconnu inutile est inutile, et qu'il est plus utile de faire du travail utile. Or, c'est à cette vérité niaise que se réduit l'apologie des machines et des autres améliorations.

On a fait, contre la construction des chemins et des canaux , et généralement contre la facilité des communications et la multiplicité des relations commerciales, les mêmes objections que je viens de réfuter. J'y fais les mêmes réponses. On a prétendu de plus que tout cela nuisait d'une autre manière

aa pauvre , en faisant monter le prix, des denréei. Le rrai est que cela fait monter leur prix dans Ici temps. où elles sont trop bon marché, par la difficulté de les exporter; mais cela les fait baisser qaind elles sont trop chères, par la diiEcolté d^en importer. Ainsi cela rend les prix plus constamment égaux i et j^en conclus, en yertu des principes que noas avons établis , que c'est un grand bien pour le pauvre et pour la société eu général.

Je conviens cependant que toutes ces innoval|pDf i avantageuses en elles-mêmes , peuvent quelqucfaîs produire d*abord une gène momentanée et partielle : c'est le propre de tous les changemens subits. Mais comme l'utilité de ceux-ci est générale et durable, cette considération ne doit point en éloigner. U &at seulement que la société vienne au seoours de ceux qui souffrent passagèrement, et cela lui est bieu aisé quand en masse elle prospère.

Il est donc vrai que, malgré Toppositiou uécei»saire de nos intérêts particuliers, nous sommes tous réunis par les intérêts communs de propriétaires «t de consommateurs , et que par conséquent on a tort de regarder les pauvres et les riches, ou les salariés et ceux qui les emploient, comme deux classes esseutiellement ennemies. Il est vrai surtout que lei véritables intérêts du pauvre sont toujours les mêmes que ceux de la société prise en masse. Je ne prétends pas dire que le pauvre connaisse toujours sti véritables intérêts. Qui est-ce qui a toujours dts idées justes sur ces matières , même parmi les geiu éclaii-és ? Mais enûn c^est beaucoup que les choses

CONSEQUENGESET DévELOPPEM. 931

Mnent telles y et o'est une bonne choee à savoir. La plus grande difficulté pour le persuader , est peutêtre de pouvoir en bien dire les causes : il me semble que e^st ce que nous venons de faire. Tout en arrivant à ce résultat , nous avons examiné , chemin faisant, plusieurs questions qui, sans nous détourner de notre route , ont ralenti notre marche. Cependant je n'ai pas cru devoir passer à côté sans m'y arrêter, parce que, dans ce genre, tous les objets sofl|Mlement liés les uns aux autres , qu'il n'en est atlSK qui , étant bien éclairé, ne jette un grand jour sur tous les autres.

Mais nous ne sommes pas seulement opposés d'intérêts, nous sommes encore inégaux en moyens. Cette seconde condition de notre nature mérite aussi d'être étudiée dans ses conséquences, sans quoi nous ne oonnattrions pas complètement les effets de la distribution de nos richesses entre les divers individus , et nous ne saurions qu'imparfaitement oe que ncrns devons penser des avantages et des inoonvéniens de l'accroissement de ces mêmes richesses par Feffet de la société. Établissons d'abord quelques vérités générales.

Des déolamateurs ont soutenu que VinégaUté en général est utile , et que c'est un bienfait dont nons devons remercier la Providence. Je n'ai qu'un mot à leur répandre. Entre des êttes sensibles fréquemment opposés d'intérêts, la justice est le plus grand des biens, car elle seule peut les concilier sans qu'anonn ait à se plaindre. Donc l'inégalité est nn mal , non pas qu'elle soit une injustice en, elle-

même , mais parce qu'elle est un puissant appui pour rinjustioe, toutes les fois que la jostioe eit pour le faible.

Toute inégalité de moyens et de fitoultés est aa fond une inégalité de pouvoir. Cependant, quand on yeut entrer dans quelques détails , on peut et on doit distinguer l'inégalité de pouvoir prqpremMt dite et Tinégalité de richesses.

La première est la plus fôoheuse : elle soumet la personne elle-même. Elle existe dans toute ^tfk*^ reur entre les hommes bruts et sauvages , ell^^tt le plus faible à la merci du plus fi>rt. Cest elle qui est cause qu'il n'y a entre eux que le moins de relations qu'ils peuvent, car elle deviendrait iiuopportable. Si on ne l'y a pas toujours remarqua» c'est qu'elle n'y est guère accompagnée de l*iii^ galité de richesses , qui est celle qui nous frappe le plus , parce que nous l'avons toujours soos les [ yeux.

L'organisation sociale a pour objet de combattre l'inégalité de pouvoir , et le plus souvent elle la &it cesser ou du moins elle la diminue. Des hommes » révoltés des abus dont la société fourmille enoore , ont prétendu qu'au contraire elle augmentait cette inégalité, et il faut avouer que , quand elle perd totalement de vue sa destination , elle justifie les reproches de ses amers détracteurs. Par exemple» partout où elle conserve l'esclavage proprement dit, il est certain que l'indépendance sauvage avec toos ses dangers lui est encore préférable; mais il £10^ convenir pourtant que le but de la société n'est pas

COllsÉQUElfGES ET DEVELOPPEM. 2^3

oda, et qu'elle tend , le plus souvent avec succès , à diminuer Pinégalité de pouvoir.

£d diminuant Tînégalité de pouvoir , et par là établissant la sûreté , la société produit le développement de toutes nos &oultés et aocroit nos richesses , oVst-à-dire nos moyens d'existence et de jouissances. Mais plus nos facultés se développent, plus leur inégalité parait et augmente , et elle ^ientôt rinégalité de richesses , qui entraine istruotion , de capacité et d'influence. Voilà , oe ES» semble , en deux mots , les avantages et les inoooyéniens de la société. Cette vue nous montre se que l'on a droit d'en attendre et ce que l'on doit Bûre pour la perfectionner.

Puisque le but de la société est de diminuer l^inégalité de pouvoir , elle doit viser à le remplir , st puisque son inconvénient est de favoriser l'inégalité de richesses , elle doit toujours s'occuper de la diminuer, toutefois par des moyens doux et iamais yiolens ; car il faut toujours se souvenir que la base fondamentale de la société est le respect de la propriété et sa garantie contre toute violence.

Mais , dira-t-on , quand l'inégalité est réduite à n'être que l'inégalité de richesses , est-elle donc encore un si grand mal ? Je réponds hardiment que oui. Car d'abord, entraînant avec elle l'inégalité d'instruction, de capacité et d'influence, elle tend à ramener l'inégalité de pouvoir , et par conséquent à renverser la société* Ensuite, en ne la considérant que sous le rapport économique , nous avons vu que le fonds sur lequel vivent les salariés

6it la rerena de tous oenz <{ai ovifc des oapiUai; ^ que parmi oeax-oi il n'y a qoe les catNpriWsw dHndastrie qui augmentent ûnn ridiesses» et pi cçnséqnent les richesses de la aatiflii. Or, wiob précisément les possesseurs de grandes Ibrtniss q[^ sont oisifs, et qui ne soldent du traYail que pos leur plaisir. Ainsi plus il existe de grandes loi tunes, plus la richesse nationale tend à i^Mn et la population à diminuer. L'exemple de tqip k temps et de tous les pays Tient à Tappui tÊÊ/l^ théorie; car partout où vous voyez des fipifiii exagérées (i) , oVst là que vous Yoyev la pis grande misère et la plus grande stagnation dis l'industrie.

La perfection de U société serait dono d'aocnttr beaucoup nos richesses en éyitant leur extrén inégalité. Mais cela est beaucoup plus difficile dao certains temps et dans certaines positions que dao d'autres. Un peuple méditerrané, agricole, syii peu de relations , yiyant sur un sol peu fertile ne pouvant augmenter ses moyens de jouisnSfl que par les progrès lents de sa culture , et les pR grès plus lents encore de ses manufactures , éviter facilement et long-temps qu'il s^établisse une grand inégalité entre ses concitoyens. Si le sol e«t plu

(i) Poar jager d« reugératioa de eeruines fbrtaaa* , U» eompu dM proportions; car il peat y «Toir do riche* âm^ auMÎ riohei et plot riches qae le* pla* grand* seigneurs roiseso polonais ; mais ils sont au milieu d'un peuple dont l'aisanM 9 ntfrale est bien plus grande. Par conséquent la diepropoiti*" quoique rtelle, est bien moin» forte.

GORSÉQUENGE'S ET DEVSLOPPEM. 2^5

iohe, et surtout s'il produit dans quelques enbtnts des denrées très-reoherohées , il se fera plus lisément de grandes fortunes. S'il renferme des miles de métaux précieux, beaucoup de particuliers sertainement se ruineront à les exploiter , mais lœlques-uns y acquerront des richesses immenses ; >a si le gouyernement se réserve ce pro6t , il sera iîenfôt en état de procurer à ses créatures une npnlfface exagérée, et il est bien yraisemblable qu'il il*]||piaiiquera pas. Trop de causes concourent à produire cet effet. Enfin , si vous supposez que ce premier peuple encore pauvre devienne conquérant , s'empare d'un pays riche et s'y établisse eu vainqueur, voilà tout d'un coup la plus grande inégalité introduite d^abord entre la nation victoneose et la nation subjuguée , et ensuite parmi les vainqueurs eux-mêmes. Car là où la force décide , il est bien difficile que les partages soient équitables. Les lots des divers individus sont aussi différens que leurs degrés d'autorité dans Tannée ou de fiivenr auprès du chef. Encore sont-ils exposés à de fréquentes usurpations.

La fortune des nations maritimes est en général plus rapide ; cependant on y remarque les mêmes variétés. Des navigateurs peuvent être réduits à dés bénéfices médiocres , au cabotage , à la pêche , au commerce avec des nations avec lesquelles il n'y ait pas de grands gains à faire. Alors il leur est aisé de rester long-temps à peu près égaux entre eux. Us peuvent au contraire pénétrer dans des régions inconnues, avoir à profusion les denrées les plus

rares y établir des reladoua aTeo des peuples iv lesquels on puisse ftire des profits immensoi, ^attribuer de grands monopoles , fonder de ri^ colonies sur lesquelles ils oonserrent un emfîft i| tyrannîque , ou mâme devenir oooquérans , et ii^ftf- l ter dans leur patrie les produits de pays très-étOMlBi soumis par leurs armes, comme les Anglais dav rinde, et les Espagnols dans PAmérique méiiàwÊÊ' le.^Dans ohaoun de œs cas , il y a |dus ou moins de chances , mais dans tous il y en a beaucoup pof||||W, ces énormes richesses se^diâtribuentlrès-inégalooMiL Beaucoup d'autres circonstances sans doute i> joignent à celles-là et en modifient les effets. Ltf différens caractères des peuples, la nature de leoK gouyememens, le plus ou moins d'étendue delean lumières, et surtout de leur connaissance de Fart social , dans les momens qui décident de leur sort, font que des événemens semblables ont des oooi^ quenoes très-différentes. Si Yasco di Gama et ses contemporains ayaient eu les mêmes yues et ki mêmes mœurs que Gwk. ou La Peyrouse , nos rehtions a\'ec les Indes seraient tout autres qu'elles œ sont. Il est surtout remarquable combien l'époque à laquelle un corps politique commence à se fi)^ mer influe sur toute la durée de son euslenoe. Certainement des empires fondés par Gloyis ou par Cortex, ou des sociétés rcceyant leurs premières lois de Locke ou de Franklin , doiyent prendre des directions très-difl'érentes, et Ton s'en aperçoit bien dans toutes les périodes de leur histoire (i)>

(U OU Ml M frappant , qu'il n'y a pcnonar, \t pente, qni ■*

COlfSEQUENGES ET DEVELOPPEM. 33^

Ce sont ces causes si dhrerses, et surtout la ■rnîère, qui produisent Pinfinie rariété que Ton marque dans lesdeslinées des nations; mais enfin fend est partout le même. La société , procurant okaoun la sûreté de sa personne et de ses pro> iétés , cause le déyeloppement de nos facultés ; ce hrdoppement produit Faocroîssement de nos rilesses; leur accroissement amène plus ou moins le leur très-inégale répartition; et cette inégale pgllftîott , ramenant Pinégalité de pouvoir , que la eiélé arait commencé par contenir et était destinée détruire , produit son affaiblissement et queltdRûs sa dissolution totale.

CTest sans doute ce cercle yicieux que les hisloeus ont yottlu nous représenter par les mots de ftnetse et de yieillesse des nations , et par ce a'ils aippellent leur vertu première, leur pureté imitive; puis leur dégéuération , leur corrup- 311 y leur amollissement. Mais ces expressions vales , contre lesquelles j^ai déjà réclamé peignent Itn mal les faits, et égarent souvent ceux même ii les emploient. On nous parle toujours de la srtn des nations pauvres. Certainement là o& égalité rend Tinjustioe et l'oppression plus diffilies et pins rares , on est plus vertueux par le fait, oûqa*il y a moins de fautes commises ; mais c*est

■pane qn« l'on ait découTert rAmériqne trois cents «n« trop M, «t qai ne dpate même s'il serait temps encore de la déeoarix. Il est frai que ces éTënemens-là même , bien que dëplora- Im, ont serrl à nos progris altërieurs. Mais c'est les acheter bien der. Il parait que telle est notre destinée.

238 CHIPITEE X.

régalilé et non la pauvreté qui en présenre. Dt restai les passions sont les mémaa qa-aillenn. Pourquoi nous représenter incessamment les nations commerçantes comme avides, ai les peuplm agricoles comme des modèles de modération? Psrtout les hommes tiennent à leurs intérêts et ca sont occupés. Les Carthaginois n'étaient pas ploi avides que les Romains ; et les Romains , dans o« que Ton appelle leurs beaux temps , qui étsienk chez eux les usuriers les plus cruels , et an dslNTi les spoliateurs les plus insatiables, étaient toat aussi avides que sous les empereurs. L'état de li société seul était différent. Il en est de même dm mot dégénération. Certainement quand une partit des hommes s'est accoutumée à se réaignàr à Poppression, et Tautre à abuser de son pouvoir, on peut bien dire qu^ils sont dégénérés. Mais à la manière dont on emploie souvent celte expression, on croirait qu'ils ne naissent plas les mêmes, que leur nature est changée, que leur race est altérée, qu'ils n*ont plus ni force ni courage ; tout cela est très-faux. CHi a encore plus abasé des mots mollesse et amollissement. Montesquieu lui-même vous dit gravement que la fertilité de la terre amollit les hommes (i). Elle les nourrit, et voilà tout. A entendre certains auteurs, on dirait qu'il arrive un jour où tous les individus d'une nation vivent dans les délices comme ces fabuleux Sibarites dont on nous a tant parlé. Cela serait fort heureux,

(i) Il ea dit bi«B d'autre*. Vojes son Lirre i8 dM LoU, dans I« rapport qa'ellM ont areo la natiut da terrain.

CONSEQUENCES ET DEVELOPPEM. 2^9

uais cela est impossible. Quand on vous dit qu^une lation est énervée par la mollesse , comprenez qu'il ^ en a un centième tout au plus de gâté parl'habiude du pouyoir et la facilité des jouissances, et {ue tout le reste est abattu par Toppression et décoré par la misère (i). On ne se trompe pas moins iurlesens de ces en^resêiona j les nations paupres , î'est là où le peuple est à son aise ; et les nations 'icàeê, c'est là où il est ordinairement pauvre. V€aià pourquoi le» unes sont fortes et les autres Kiol souvent faibles. On pourrait multiplier ces •éRmàamH à Tiniini. Mais tout se réduit à cette renié , qui n'a pas toujours été assez ^ntie : la nultiplioation de nos moyens de jouissance est une rèt-bonne chose ; leur trop inégale répartition en ïst une très-mauvaise, et la source de tous nos naux. Sur ce point encore , l'intérêt du pauvre ist le même que celui de la société. Je crois en ivoir assea dit sur la distribution de nos richesses; 1 est temps de parler de l'usage que nous en faiions.

M Bl «M fameoM» déliées de Capeae ! et toutes ces ararfes loudUee toat-à^^oup poiu s'être troarées dans raboadtnoe! Démailles à tons les généraux si leurs soldats en raient moins après iroir ea largement de quoi Tirre pendant quelque temps, à moins lulle ne les aient laissés derenir pillards et indisciplinés, en leur endoaamS r«wiaple, ou que les chefs, ajaat fait fortune, n'ateat plus d'ambitionrSi c'est là ce qui est arrifé aux Carthaginois oti^ t d'antres, c'est là ce qu'il fallait nous dire, et non pas de Tai»ti pbiases de rhéteur.

'X'ào CHAPITRE XI.

Dl L^EMPLOI DR MOS RICHB88BS , OU DM LA GOUOIH'

MATIOV.

Anàs a? oir yu comment se forment nos rioheiia et comment elles se distribuent, noos Toîoi arrirés an moment d'eiaminer comment nous noas en sor- TonSiCt quelles sont les oonséquenoes des diffiSnai usages que^flious en faisons. Cest là oe qui doit aoberer de nous dévoiler toute la marche de la s»* ciété, et de nous montrer quelles sont les ohoM réellement utiles on nuisibles, tant au public qn*aui particuliers. Si dans les deux premières parties nous avons bien connu et exposé la vérité, celle-<}i m débrouillera d'elle-même , et tout y sera clair et incontestable. Si au contraire nous avons mal vu les premiers faits , si nous ne sommes pas remontés josqu^aux premières causes , si nos recherches ont été superlioiclles ou égarées par Tesprit de système, nous allons rencontrer diflicultés sur difficultés, et il restera dans tout ce que nous dirons beaucoup de obo* êes obscures et douteuses, comme il est arrivé à beaucoup d^autres , et même des plus capables et des flnssavans. Cest ce dont le lecteur jugera.

Ifous ne créons rien , nous n^anéantissons rien ; mais nous opérons des changemens productifs oo destructifs d* utilité. I^ïous ne nous procurosis des

DE l'emploi DE NOS RICHESSES. l3 1

moyens de jouissanoe que poar pouryoûr à nos besoins , et nous ne pouvons les employer à la satisfiiotion de ces besoins qu'en les diminuant , ou même en les détruisant. Nous ne faisons des étoffes , et ayec oes étoffes des babits , que pour nous yétir , et en les portant nous les usons. Ayec des graines , de Tair , de la terre , de Teau et des fumiers , nous produisons des matières alimentaires pour nous nourrir , et en nous en nourrissant nous les oonyertissons en gaz et en fumiers qui en produiront .d'autres. C'est là ce que nous appelons consommer. La oons<miidiàtian est le but de la production ; mais elle en est le contraire. Ainsi toute production augmente notre ricbesse , et toute consommation la diminue. Telle est la loi générale.

Cependant il y a des consommatioiis de bien des genres. U y en a qui ne sont qu'apparentes ; il y en a qui sont très-réelles et même très-destructives; il y en a qui sont fructueuses. Elles varient suivant l'Mpèoe de consommateurs et suivant la nature des cboses consommées. Ce sont toutes ces différences qu'il faut démêler et distinguer, pour bien voiries effets de la consommation générale sur la masse totale des ricbesses. Commençons par discuter les consommateurs : je hasarde cette expression , parce qu'elle exprime foH bien le but que je me propose»

n est convenu que nous sommes tous consommi*' teurs , car nous avons tous des besoins auxquels noi^K ne pouvons pourvoir que par une consommatifli quelconque ; et que de même nous sommes tous propriétaires , car nous possédons tous quelques moyens

d9 pourvoir à nos besoins ^ ne ful-oe q«e nos foroa et notre capacité individuellea. Blaia noua avons n aussi que par la manière inégale dont les riohetttf se distribuent à mesure qu^dles a^aeonmnlnt , beaucoup d'entre nous n'ont auoone part à oes !>• ohesses accumulées , et ne possèdent ai effet qm leurs forces individuelles. Ceux-là n'ont d*aulretiisor que leur travail de tous les jours. Ce travail leir procure des salaires : c'est pourquoi noua les avoM appelés spécialement salariés ; et c'est avec oeasdaires qu^ils font face à leur consommation.

Mais sur quoi sont pris ces salaires ? Il est éf îd«t que c'est sur les propriétés de ceux à qui les salarib vendent leur travail , c'est-à-dire sur des finids qii sont d'avance en leur possession , et qui ne soUtaitre chose que les produits accumulés de travaux antérieurement exécutés. Il suit de là que la consott* mation que paient, ces richesses est bien la cousommatiou des salariés, en ce sens que ce sont eux qu'elle substante ; mais qu'au fond ce ne sont pas eux qui la paient , ou du moius quUIs ne la paieat qu'avec les fonds existans d'avance entre les mains de ceux qui les emploient. Ils ne font que recevoir d'une main et rendre de l'autre. Leur consommatioB doit donc être regardée comme faite par ceux qui les soudoient. Si même ils ne dépensent pas tout ce qu'ils reçoivent , ces épargnes , les élevant an rang de capitalistes , les mettent à même de faire ensuite des dépenses sur leurs prc^res fonds; mais oonune elles leur viennent des mêmes mains, elles doivent être regardées d'abord comme des dépenses des mê-

DE l'emploi de 908 richesses. aï3

mes personnes. Ainsi, sons peine de faire àeê doubles emplois dans les oalcnls éoodbmi^es , il faut Dompter absolument pour rien toute la consommatien immMiate déi salariés , en tant que salariés, et considérer non-seulement tout oe qu'ils dépensent , «nais même la totalité de ce qu'ils reçoivent, comme la dépense réelle et la consommation propre de ceux ^ui adiëtent leur travail. Gela est si yrai , que, pour 'Voir si cette consommation est plus ou moins destmctiye de la richesse acquise , ou même si elle tend é l'augmenter , comme cela arrive souvent , tout dépend de savoir quel usage font les capitalistes du travail qu'ils achètent. Ceci nous amène à examiner la oonsommation de ces capitalistes.

Nous avons dit qu'ils sont de deux espèces : les uns oisifs, les antres actifs. Les premiers ont un re- YtgkVL Une indépendamment de toute action de leur part , puisqu'ils sont supposés obifs. Ce revenu ood" siste dans le loyer de leurs capitaux , soit meubles , soit argent, soit biens-fonds, qu'ils louent à ceux qui les font valoir par l'effet de leur industrie. Ce revena n'est donc qu'un prélèvement qui se fait sur les produits de l'activité des citoyens industrieux ; mais ce n'est pas là ce qui nous occupe actuellement. Ce que nous voulons voir , c'est qu^ est l'emploi de oe revenu. Puisque les hommes à qui il appartient sont oisifs , il est manifeste qu'ils ne dirigent aucun travail productif. Tous les travailleurr qu'ils soldent sont uniquement destinés à leur pnH curer des jouissances. Sans doute ces jouissances sont de différons genres. Pour les moins riches dles se

234 GHAPITIE XI.

bornent à la talUfaotiim dat besoÎDS U» plot ur§m\ pour les autres eUes s^étendant par dagréa | amitâ ïeura goûts et leurs moyens, jnsqafavL rsokerekM du laze le plus nffiné et le plos affréné. Mus edb les dépenses de toute cette elasaa dlMittmaf se iwsemblent toutes , en oe point qu'eUas n^ont ponr tkjet que leur satisfÎMïtiaD personnelle , al quPellet alimentent une nombreuse population qn*elies fiât subsister , mais dont le trayail est eomplàtamenlsiérile. U est yrai eependant que , parmi ces dépeiri» il peut s'en trouyer qaelques-unat qui soient plis ou moins fructueuses , comme , par ezample, h constructiou d'une maison au l'anélioration d*si fonds de terre ; mais oe sont des cas partîcnlîsrt^ font que les consommateurs de ce ganra rMiWt momentanément dans la classe de eaux qui dîrigtfk des entreprises utiles et soudoient du traTailpndaetif. A ces légères exceptions-là près , tonte la coa* sommation de cette espèce de capitalistes est sImolument en pure perte sous le rapport de la rej^* duotion , et autant de diminué sur les ricbeciM acquises. Aussi faut-il remarquer qua ces bommetlà ne peuTcnt dépenser que leur rcTenu. S'ils entsment leurs fonds , rien ne les remplace , et leur consommation momentanément exagérée cesse pour toujours.

La seconde classe de capitalistes qui emploie et soudoie les salariés se compose de ceux que nets ayons nommés actifs. Elle comprend tous les entrepreneurs d'une industrie quelconque , c'est-à-dire tous les hommes qui , ayant des capitaux plus oo

DE l'emploi de nos RICHESSES. aI5

moms £ort8 , empUneiit leur talent et lear tniTail à les £ure TakÂr ettz-mémeiaa lien de les louer à d'antvis», et qui par oQuséqiwnt ne yiyent ni de salaires ni de revenus, mais de profits. Ces hommes-là nonaeolemeat font valoir leurs propres capitaux , mais encore oe sont eux qui font valoir tous ceux, des capitalistes oisifs. Us leur prennent à rente leurs terres , leurs maisons et leur argent , et ils s'en servent de manière à en tirer des profits supérieurs à cette rente (i). Us ont donc entre les mains presque tontes les richesses de la société. IJ est de plus à remarquer que ce n'est pas seulement la vente de ces richesses qu'ils dépensent annuellement , mais hien le foiids lui-même, et quelquefois plusieurs fois dans l'aimée, quand la marche du commerce est assez rapide pour que cela se puisse. Car comme en leur qnalité d'hommes industrieux ils ne font aucune dépense que pour qu^elle leur rentre avec profit , plus ils en peuvent faire qui remplisse cette condiûoÊi.f plus leurs bénéfices sont grands. On v<Ht donc que leor consommation est immense, et que le nomhre des salariés qu'elle alimente est vraiment prodigieux.

Maintenant il faut distinguer deux parties dans cette énorme consommation. Toute celle que ces

(i) Bm capitalistes oisifs loa«nt bien quelqaefois des malsons tt^ rargBDt à d'aatres oisifs. Mais ces oisifs ne lear en paieayila rente que sur leurs rerenus; et poor troarer la formation de ces. rcTenns, il faut tonioars remonter jasqa'à des capitalistes indus-, triei^. Pour le* terres, on les loue presque toujours à des entre- ((eBeni» de caltiare ; car qu'est^^e qu'en^-feMMnt des oisifsl

o^ett (Mlle qui détruit !• plttt de trttafl défis le méni tempe , ou une égale quantité de trayail en ttoÎB de temps j en eompanôscn de œlle-lè, celle qui a plus lente est «ne espèce de thésaurisation, pnk qu'elle laisse à des temps à Tenir le jonissasee d'il partie des sacrifiées aetuels» Gel» est si clair, qa cela n'a pas besoin d'être prouvé | oar ohacmi sn qu'il est plus économique d'avoir pour le méa prix on halnt qui dure trois ans , que d'en stoî un pareil qui ne dure que trois aaaîs. Aussi oeU vérité est-elle avouée de tout le monde. Ce qnll a de singulier , c'est qu'elle le soit mémo par ose qui regardent le luxe comme une eause de rîcheM car si détruire est uue si bonne ohose , il seoU qu'on ne saurait trop détruire, et que l'on devis être de l'avis de cet homme qui cassait tons • meubles pour encourager l'industrie.

Au point où nous Voici arrivés , je ne asis ph comment aborder cette prétendue grande queslM du luxe , tant et si soutent débattue par des phiii sophes célèbres et des politiques renommés { < plutôt je ne sais comment établir qu'il y ait le m tière à un doute , ni comment faire paraître t« soit peu plausibles les raisons de ceux , to ès no s breux pourtant , qui soutiennent que le luxe s utile. Car quand les idées antérieures sont lâi éol^roies , une question est résolue aussitôt qi posée , et c'est ici le cas.

£ji effet , qui dit luxe dit consommation soper flue et même exagérée; consommation , c'est est traction d'utilité ; or , comment concevoir que é#

DE l'emploi de IfOS BIGHE85ES. 24^

truotîoii exagérée soit oavse de richesse , soit pro- ^aoHon ? Cela répugne aa bon sens.

On nous dit grat^menf que le laie appantril nu petit État et en enricliit nn grand. Mais que peoi ftire retendue à pareille cbose? et comment comprendre qlie ce qui mine cent hommes , les eurfehisé» s'ils sont au nombre de denx cents?

On dit encore que le luxe fait Tivre une noni'

brense population. Safts doute. Non-seulement le

luxe des riches , mais encore la simple consomttilt*

tkn de tons les oisifs qui vivent de leurs rerettiM,

eitretîenl un grand nombre de salariés. MaÎA que

derkat le travail de ces salariés ? Ceux qui les etri-

(knent c» consomment le résultat, ef il n'eu reste

rieti. Et aveo quoi paient-ils ce travail ? Avec leilM

rÉvenus, c'est-à-dire avec des richesses déjà ttt*

(prises dont bientôt il ne reste plus rien. Il j a doiitf

là destruction de richesses et non pas accroissement.

Mais allons plus loin. D'oà viennent à ces hommes

oîflifii leurs revenus ? N'est-ce pas de la rente que

leut paient sur leurs profits ceux qui font travailler

leurs capitaux, c'est-à-dire ceux qui avec leurs

^Ws salarient du travail qui produit plus qu'il M

***^, en un mot les hommes industrieux? Ce»!

^<*o toujours jusqu'à ceux-là qu'il faut remonter

P*** trouver la source de toute richesse. Ce sont

••^tt-H qui nourrissent réellement même les salariés

9**«*plmenl les autres»

^ diUm , le luxe anime la circulation. Ces

IfùlÈt point de seus. On oublie donc ce que

1 «hviilatiaB. Rappelons-le. Avec le temps ,

a44 GBAPITaS XL

des rioliesses se sont aocamulées en plus grande quantité, parce que le résultat df antérieurs n'a pas été entièrement oonsom tôt que produit. Des possesseurs de oes les uns se contentent d^en tirer une rent manger. Ce sont ceux que nous avons app Les autres plus actifs font travailler leu fonds et ceux qu'ils louent. Us les emploie du travail qui les reproduit aveo profit profit ils paient leur propre oonsommati< fraient celle des autres. Par oes oonsom même , leurs fonds leur reviennent un p et ils recommencent. YoLlà ce qui oonstitu lation. On voit qu'elle n'a pas d^autres ceux des citoyens industrieux. Elle ne monter qu'autant qu'ils augmentent, ni a ce qui est encore augmenter , qu'autant rentrées se rapprocheraient. Car si leurs revenaient au bout de six mens , au lii revenir au bout d'un an , ils les emploier fois dans l'année au lieu d'une , et ce sei s'ils en employaient le double; mais les i sifs ne peuvent rien à cela; ils ne pe manger leur rente d'une manière ou d^ S'ils mangent plus une année , il faut q gent nuûns.uue autre. SHls fout autremie tameut leurs fonds. Us sont obligés de 1 mais on ne peut les leur acheter qu'ave< taux appartenans aux hommes industrie ces sur eux , et qui payaient là du trava paieront plus , et du travail plus utile

D.B l'emploi de nos RICHESSES. ^45

^M cldf|4ojé les prodignes. Ainsi ce n'est pat une augmentation dans la masse totale de la débae, oe nVst qu^undéplaeement, nn changement ^«Iqae»-nne8 de aea parties , et nn changement MiTantageat. Ainsi , même en se rainant , les umes ne TÎTant que de revenus ne pentent aceret-

la masse de« salaires et de la oiroiilation. Ils ne le ■rmieiit qve par nne conddite font opposée , en eonsommant pas toute leur rente , et en en Aeê" ant une partie à des dépenses fruotaeasetf. Mais n Ils seraient hien loin de s'abandonner à la oonmtmtioii exagérée et snrperflne appelée luxe. Ils Mrrendent au contraire à des spéenlations utiles, ae Mngeraient dans la classe industrieuse.

Hontasquieu , qui au reste entendait très -mal MDomie politique (i), croit les profusions des hes trèa-utiles, « parce que, dit-il, livre Vil, ehapître FV, si les riches ne dépensent pas beau- Mmp, les pauTfes mourront de hua, » On s'aper- )C à cefpau de mots et à beaucoup d'autres , qu'il

MTait ni d'où viennent les revenus de ce qu'il pille les riches , ni ce qu'ils deviennent. Encore le fois , les retenus des riches oisifs ne sont que i renies prélevées sur l'industrie; c'est Tindus- • aetile qui les fait naître. Leurs possesseurs ne VLfetd rien IWire pour les augmenter ; ils ne font e l«s répandre , et ils ne peuvent pas ne pas les. ^iiidhre. Car s'ils ne les dépensent pas tottt entiers ■rleura jouissances , à moins qu'ils ne jettent le

i) MoatMqoien était an trèt^and homme; maii la tcienc» lait pta faite de ton temps ; elle est tonte noarelle.

sorplas dans la rivière , ou qu'ils ne Penfonissent, oe qni est une folie rare, ils le replaoent , o'estpèdire qu'ils en forment pour l'industrie de noumu fonds qu'elle emploie. Ainsi , même en éoanoansant, ils ont soldé la même quantité de travaiL Toute la di£férenoe , c'est qu'ils ont soldé du tranîl utile au lieu de travail inu^e , et que sur les profits qu'il procure ils se sont orée une nonvdle rente qui augmentera la possibilité de leur ooosommatkft à Tavenir.

Le luxe , la oonsommation exagérée et superflu» n'est donc jamais bon à rien , économiquement p0* lant. 11 ne pourrait avoir qu'one utilité indiraolai Ce serait, en ruinant les riobes , de faire sortir du mains des bommes oisifs, des fonds qui, en se r^ pendant parmi ceux qui travaillent, peuvent Isir donner lieu de faire des économies, et former aian des capitaux dans la classe industrieuse. Mais pe* mièremcnt cela irait directement contre l'intentioa de Montesquieu, qui croit le luxe avantageux, sirtout dans une monarcbie , et qui en même tempi pense que la conservation des mêmes familles et la perpétuité de leur splendeur est essentiellement nécessaire à ce genre de gouvernement. De plus il hui bien observer avec M. Say , que le goût des dépenses superflues a pour principe la vanité; qu'il ne peut exister dans la classe supérieure , sans se répandre de procbe en procbe dans toutes les autiei; qu'il y est encore plus funeste , parce que leon moyens sont moindres , et parce qu'il y absorbe dei fonds dont elles faisaient un meilleur usage, et

DE l'emploi de nos RICHESSES. 14?

'ainsi il ne fait partout que substituer des déises inutiles à des dépenses utiles , et par là tarir source des richesses. Je crois tout cela incontesile.

Inssi nos politiques ne se contentent plus de dire ruement que le luxe fait la prospérité de l'État, 'il anime la circulation , qu'il fait yivre le pauvre. se scmt fait une théorie. Us posent en principe téral , que la consommation est la cause de la prootion y qu'elle en est la mesure , qu'ainsi il est bon elle soit très -forte. Us affirment que c'est là ce . met une grande différence entre l'économie puîné et l'économie privée. Ils n'osent pas toujours B positivement que plus une nation dépense , plus i s'enrichit. Mais ils se persuadent et ils soutienit qu'il ne faut pas raisonner , quand il est ques- 1 de la fortune publique , comme s'il s'agissait de le d'un particulier; et ils regardent comme des este très-étroits ceux qui croient tout simplement que 18 tous les genres et dans tous les cas, la bonne éco' nie est toujours d'être économe, c'est-à-dire de P9 an emploi utile de ses moyens (i). Il y a danis

i} y<^ea M. Gemuin^vamier , dan» ton Abrégé ëlëmenUin PHaeipM de l'Economie politique. A Paria , ches Agaaae ,

lè» U page xi) de aon Afertiaaemeiit , il dit formellement :

M prineipee qui peuvent aerrir de guidée pour radminialra-

lon d'une fortune privée , et ceux sur leaquelt doit ae diriger

I Inrtane publique, non-aeulement diffèrent entre eux, mais

a trouvent DinacraMaiiT coiiTiuuas. »

Lt pagie xii} : a La fortune d'an individu ae grosait. par l'épar-

Ojjld CBAPITAE XI.

tiNit €eU «a ranfenement A^idéM qaHi est bon è

ftin diiparaltre, et U darté nmttnu

CertMimmcnt la oonsonutioneit Ucaitw dek produotian , en ce sens que nous ne prodoîioni q«i pour Moeommer , et que si noos n'ttvîons «acui besoin à sstis&ira , nous ne nons donnerions pss b peine de rien prodnirej il n'j eorait même pw nous rien d'utile ni rien de nuisible. Elle en esteir oore le oanse , en ce sens qoe les gens indaskrisu ne produisent que paroe qu'ils trouvent des cooio» nuteurs de leurs produotiens : c'est ce qoi ftit die sYeo raison que la yraie manièie d'enooarager l^indnr trie est d'aocrattre retendue du marché, etd'fugmm ter par là la possibilité du débit. Sons ce rapport, il est Trai encore de dire que la consommation ealii mesure de la production; car oè. le débit oesss, b production s'arrête. C'est ce qui nous a lait diR aussi qu'on ne pouvait pas multiplier les établisMmens d'industrie au-delà d'un certain terme, et qœ

n gne ; U foKtane pobliqae , ao costsaub , reçoit son aeoroûK- D ment de rangnenution des contomiiution». »

An chapitre de la Cirealation, p. i3o, il dit enoore : « La pnn daction annuelle doit natarellement chercher à te régler aiirU n comommation annuelle, n

Aoati , an chapitre dee detSee pohliquee , pag. a4o , il ajevia : o L'amendement et rextenaûm de la culture, et par •aite In pM* » grès de l'industrie et du commerce, n*ont pas d'Aurma cAVm ^ » razIeBaioa dee besoins artiioiels. n It il en conclut que 1* «Unes publiques sont une bonne chose, en co qu'elles augmentes* cos besoins.

La m4me doctrine, jointe à lidée que U oultuio seule est ff dnctiTC, règne dans tout eoa onmgo, et so retioufo dans sse new sur Smith.

EMPLOI ]>E NOS RIGUESSES. 2^Q

celui où i\$ oMsent de donner dct proa^ors il est manifeste que cf qn^ils pro- But plu« oe qu'ils consominent. Mais de ne suit pas, pas plus pour une natîoa individu , que dépenser soit s'enrichir, isse augmenter sa dépense à yoloaté , i le luxe Taugmente , car il ne £ût qna 1 faut toujours en revenir à la prodncpoint de départ. Pour jouir il fiuit proie premier pas. On ne produit qu'en ae richesses déjà acquises; plus on en a, moyens de produire. On les consomme iroduclion; elles renaissent avec profit, lépenser annuellement que ce profit an- Q en emploie en choses inutiles, mqius >ur le>s choses utiles. Si on le dépasse, ntamé ; la reproduction , et par suite la n à venir, seront diminuées, filles ;menter, au contraire, si on fait des I forment de uou veaux capitaux. Donc, bis, consommation n'est pas richeUK»

itjile , sous le rapport économifin^ > <l«f eproduit avec profit.

3un sophisme ne pourra éhranler.des iStantes. Si ou les a méconnues , o'est Tefiet pour la cause , et qui plus est , iux pour une cause hienfaisante. On a ad une nation devient riche, il s'étade inégalité entre les fortunes , et que 'S des grandes fortunes se livrent à un le. On a cru que c'était c^a qui fai-

:i5o CHAPITRE XI.

sait prospérer un pays , et on s'est hâlé de oondoK

que rinégalîté et le luxe étaient deox très-boniMi

choses. On aurait dû Toir , au oontraire , que oc «rt

deux inoouvéniens attachés à la prospérité (i); q«

les richesses qui les causent sont moquises aYOt

qu'ils existent , et que si elles continuent encoce à

s'accroître, c'est malgi*é Texistenoe de ces inoonT*-

niens , et par l'effet des bonnes habitudes d'actifilé

et d'économie qu'ils n'ont pu détruire totaleuMBt.

Mais les intérêts personnels les plus forts oontn-

bnent à accréditer l'erreur. Les hommes puismH

n'ont garde de convenir que leur existence soit «n

mal , et que leur dépense soit aussi inutile que Un

personne. Us tâchent au contraire d'en imposer fir

le faste , et il ne tient pas à eux qu'on ne croie qœ

c'est rendre un grand service à l'État , que d'es-

gloutir beaucoup de moyens d'existence, et qu'il y

a beaucoup de mérite à savoir dissiper de grandes

richesses (a). D'un autre côté, ceux qui tiennent à

(i) Noat aroDi déjà ru , dans le cbapitn précédent , eoaa»* l'inégalité des fortunes t'établit ou plut6t «'accroît dans la soeiM. Quand nous traiterons de la l^slction, nous ferons roir de plu que Texcès de l'inégalité et du luxe est encore plu VtSél in mauraises lois que du cours naturel des choses.

(a)r II est incroyable à quel point l'amour-propre peut faire il* lusion et porter à s'exagérer à soi-même son importance penoe* nelU, J'ai tu des hommes, obligés par les troubles i quitter leus châteaux, croire de bonne fol que tout le rillage allait manqaet d'ouTrage, sans s'aperccToir que c'était leurs fermiers, et non pa> eux qui donnaient la plus grand? partie des salaires, et se persas* der sincèrement que quand mëoe leurs paysans se parlageraieat leurs biens ou les aohcteraieni à vU prix , ils n'en seraient qw plus misérables

Je ne prétends pas dire q:ie ce fût bien fait ni de les chasser.

DE l'emploi de nos RICHESSES. sSl

eux , à. qui ils en imposent , et qui font des profits à leurs dépens, ne s'embarrassent guère si l'argent qn^ en tirent serait mieux, employé ailleurs, et si étant mieux employé il ferait rivre un plus grand nomblre d'hommes ; ils désirent que oette dépense dont iU yiyent soit très-forte , et ils croient fermement que si elle diminuait ils seraient sans ressources , car ils ne voient pas oe qui la remplacerait. -Cest ainsi que l'opinion générale s'égare, et que ocfax même qui eu souffrent ne connaissent pas la oanse de leurs maux. Cependant il est certain que la oonsommation vicieuse appelée luxe , et en gênéni toute la oonsommation des capitalistes oisifs, bien loin d'être utile , détruit la plus grande partie des moyens de prospérité d'une nation ; et cela est si vrai , que dès qu'un pays où il y a de l'industrie et des lumières est délivré de ce fléau par une raison ou par une autre , on y voit tout de suite un aooroîssement de richesses et de forces vraiment prodiigienx.

Ce que la raison nous démontre , Thistoire nous le prouve par les faits. Quand la Hollande a-t-elle été capable d'efforts vraiment incroyables? Cest

ni de 1m ipolier , ni même qae de tels moyens paissent jamais être la came d*ane prospérité durable. J*ai fait ma profession de foi iox la nécessité da respect pour la propriété et pour la instice ea général} mais il n'en est pas moins vrai que l'absence d*aa tofluae inatile ne change rien au cours des choses, ou toat aa plue chuige de liea une partie de sa petite dépense personnelle, et que la seule sappression de quelques droits féodaux produit plus de bien dans une campagne que tous les bienfaits de celui qtti lee peteerait.

l5l . CHAPITRE XI.

qoand «es amiravx TÎviîeiit oomne ma matelote*, qaand tous les bras de aes citoyena étaittnt «inplaià à enrichir l*ÉUt oa à le défendre, et arnoon à fiât oroftre des talipei et à payer des taUcanz. Tous la érënemeDS polidqnes et commeroiawB anbiéq— se sont réanis pour la fiiire déchoir. Elle a eenssffé l'esprit d^éoonomie; elle a encore des richesses coisidérables dans nn pays oà tout autre peuple riTisil à peine. Faites d'Amsterdam la résidence d'une coar galante et magnifique , dungez tes raisseaux en &§> bits brodés et aeë magasins en saUes de bals , et ^Mi verrez si dans très-peu d'années il lui restera sstlt' ment de quoi se défendre centre les irrnptiCbs éi la mer.

Quand T Angleterre , malgré ses malheurs et su fautes , a-t-elle pris un dé? eloppement prodigieax? E8t*oe sôus Cromwel ou sous Charles II ? Je sais ^ les causes morales ont bien plus de puissance qac les calculs économiques ; mais je dis que ces eaam morales n'augmentent si prodigieusement toutes kl lessonrces, que parce qu'elles dirigent tous let efforts yers des objets solides, ce qui lait que lei moyens ne manquent ni à l'État ni aux partionlien pour les grandes choses , parce qu'ils ne les ont pas employés en futilités.

Pourquoi les citoyens des États-Unis de PAmérique septentrionale voient-ils doubler , tous lei yingt-cinq ans, leur culture, leur industrie^ leor commerce , leur richesse et leur population? Cest parce qu'il n'y a presque pas un oisif parmi eux • et que les riches font très-peu de dépenses super-

DE L'zMPLai DE nos BIGHES.SE8. ^53

es. Us sont dans une position' très-fiiTorable, jVn lyiens ; Ja terre ne manque point à leur dérelop^ sent; elle s^offre d'elle-même à leurs travaux les récompense; mais enfin slls traTaillaient peu dépensaient beaucoup , cette terre resterait inte ; ils s'appauvriraient , languiraient et seraient lérables , comme les Espagnols le sont malgré s leurs ayautages.

Sofin , prenons un dernier exemple bien plus frapit encore. La France, sous son ancien gouverne- Qt , n'était certainement pas aussi misérable que Français eux-mêmes se sont plu à le dire ; mais r n'était pas florissante. Sa population (i) et son ionltnre n'étaient pas rétrogrades; mais elles lent stationnaires , ou si elles faisaient quelques lies progrès , ils étaient moindres que ceux de sieurs nations voisines , et par conséquent peu portionnés aux progrès des lumières du, siècle. 9 était obérée ; elle n'avait aucun crédit ; elle nquait toujours de fonds pour les dépenses uti- ; elle se sentait incapable de supporter les fj^s inaires de son gouvernement , et encore plus de e aucuns grands efforts à Tex teneur. En un mot, Igré l'esprit, le nombre et Paotivité de ses babis, la ricbesse et l'étendue de son sol , et lesbien-

Je demande qae Ton se ressourienne que je ne regarde paa pooenUtion de population comme an bien ;. elle n'eat qde trop BDt la maltiplicatiou des misërablet. Je préféreiaie beanconp pnentation de bien-être. Je ne cite ici raccroiaaement da bre des hommea qœ comme an symptôme, et non coaune un leor. L'abus de l'aisanoe en pronfe L'exiatenoe.

264 CHAPIïaE XI.

faits d*an« très-kttgue ptis très-pea lro«bkée | «Ue tenait areo peine aoo raag parnâ aee lifAifta » et éuit peu oonaiéérée et nuUement recLontée Mi^dehora.

Sa réTolvtioii est venue. Elle a aMifForl tena les ttaux imagiiMililes ; elle a été déoinrée pAr âee gMrret atrooes , oiTiles et étrangères; plni&enrt 4m ses prof inoet ont été dévastées et leurs villes rédstttf en cendres; toutes ont été pillées par les brigands et par les fournisseurs des troupes j son eommerea ateneur a été anéanti; »e» flottes mt été totalewnt détrutles , quoique souvent leilottvelées } ses eofenies f qu'on orojait si néeessaires à sa prospérité , eut été abîmées, et, qui pis est , elle a perdu tous Its bommes et tous les trésors qu^elle A prodigués poar les «ul^uguer ; son numéraire a été preique touteiporté , tant par Pefifet de Téesigratien que par oeïùidn papier-monnaie; elle a entretenu quatorae armées dans un temps de famine , et au milieu de tout oek, il est notoire qae.sa population et son agrioultore ont augmenté considérablement en très-peu d^sn* nées ; et , à Tépoque de la création de l'emj^re , sans que rien fût encore amélioré pour elle du o6té de la mer et du commerce étranger , auquel on attache communément une si grande importance , sass qu^elle eût eu un seul instant de pai& pour se reposer , elle supportait des taxes énormes ; elle faisait des dépenses immenses en travaux publics; ellesafflsait à tout sans emprunt, et elle avait une puissance colossale à laquelle rien ne pouvait résister sur le continent de TEurope , et qui aurait subjugué tout l'univers sans la marine anglaise. Qu'est-il

DE l'emploi de vos BIGHE88K8. ^55

àottt aiTÎTé dans et pays q«i ait pu produire oea inocAcarablef ciFeto? Une eeule cireonstanoe ckangée a 8»ffi«

Dani l'anden ordlre de ohoaesy la plva grande partie dea tniTatts ntilefl dés habitana de la Franoe ilait empfagrée dnc^ne année A prodaire les riclMeacs qui formaient lee immenses reyenits de la eovr tt de tente la elasse riehe de la société , et ees rrronos étaient presque mtièrement oonsommés en dépensée de Inze^ o'est-à>^Ure à solder «ne nNuse énoiinff de population dont tout le tra?ail ne prodni- MÎt abeolunicnt rien qnc les Jonissanoes de quelques honanes* En un moment la presque totalité de oce revunne a passé partie dans les mains dU nourean p>uyernementy partie dans celles de la classe laborîense $ elle a alimenté de même tons ceux qui en lifuient leur subsistance ; mais leur trafail a été ap* plîqué à des olioses néocssaires ou utiles , et il a suffi pour détodre PÉtat au-dehors et accroître ses proioetions au-dedans ( i )• •

Doit-on en être surpris quand on songe qu*il y a tu un temps assez long où , par Teffet même de la KNBmotîon et de la détresse générales , il y arait à i^sue en France un seul oitoyen oisif ou occupé de niTuuu inutiles* Ceux qui faisaient des carrosses ml fiât des affûts de canons ; ceux qui faisaient des

(i) La Mole mxppttuion det droita frâdaiu et dc« dlnM, ptrrtt ■ profit dM eiUtÎTateaTt, partie à celai de l'État, a laill aax un» Nmr accroître beaucoup leur industrie, à l'autre pour asseoir une asMe énonae dMmpits noareaux ; et ce n*tftait tk qtx'nnt ftibl» wfftios en TCtenae de U eUne oonsommattiee mm «liliM.

broderies et dei dentelles ont fiût de gros draps etdr grosses toiles ; oeii'x qui ornaient les boudoirs ont bàd des granges et défriobé des terres , et même oeax qui jouissaient en paix de toutes œs inutilités ont été foroés , pour subsister , de rendra des aerfiosi dont on avait besoin. Un bomme qui entretenait qotrante domestiques inutiles a laissé solder ees boan mes-là par la classe industrieuse ou par l'État, tt est devenu lui-même commis de bureau. Cest là le seoret des prodigieuses ressources que se trouTe toajonrs un corps de nation dans ces grandes crises. Os met à profit alors tout ce qu'on laissait perdre de forées , sans s'en aperoeroir , dans les temps cidH naires ,et l'on est effrayé de voir oombioi cela élsil considérable.

Cest là le fonds de tout ce ^11 y a de Traidsis les déclamations de collège sur la frugalité, la bobriété , Phorreur du ftiste , et toutes ces yertuf àèmocratiques des nations pauvres et agrestes , qœ l'on nous vante» si ridiculement sans en comprendre ni la cause ni l'eiSet. Ce n^est pas parce qu'dlss sont pauvres et ignorantes que ces nations sont fortes , c'est parce que rien n'est perdu du peu de forces qu'elles ont , et qu'un homme qui a cent franes et qui les emploie bien a plus de moyens qu'on homme qui en a mille et qui les perd au jeu. Hais faites qu'il en soit de même chez une nation ridie et éclairée , et vous verrez le même développement de forces que vous avez vu dans la nation française, lequel a produit des effets bien supérieurs à toot ce qu'a jamais exécuté la république romaine , car

DE l'emploi de nos RICHESSES. ^S']

t renretsë des obstacles bien plus puissans. Que IlelBftgBe , par eiemple , laisse senlemeiil peadanf Biques années dans les mains de la elasse labouse les retenus qrd sertent an faste de tontes ses îtes oonra et de ses riobes abbayes , et voas Tcr-

si elle sera mie nation forte et redoutable. Au tndre ^ supposet que Ton rétablisse entièfeinent FVânoe Panoien oonrs des cboses ; qn^one grande ise de biens rentre dans les mains des bomtnes Fs; que le gouTernement oontinne à enHohir des MIS et à faire de grandes dépenses en choses inu- I y TOUS y verrez incessamment renaître , malgré rwftd aeoroissement de son territoire , la langueur nilien des ressources , la misère an milieu des «Mes , la fidbiesse an milieu de tous les moyens orœ.

in me répétera que j'attribue à la seule dîstrion des richesses et à PeMploi du travail qn'dles eut le résultat d^une foule de causes niorales de lus grande énergie. Encore une fàiê , Je ne nie l'existence de ces eanses, je la reconnais comme

le monde j mais de plus j'explique leur etfet. lOnriens que l'enthousiasme de la liberté infé^ re et de Pindépendanoe extérieure , et Pindîtoi contre une oppression injuste et une agre9<*

plus injuste encore , ont pu seules opérer en ikee tes grands renversemens} mais je soutiens

ees rentersemens n'ont fourni à ces passions

de moyens de succès, malgré les erreurs et les «nrs auxquelles leur violence les a entraînées ,

parée qu'ils ont produit un meilleur tm^pki de

26o CHAPITRE XI.

elle en est la tupprcMioa (x). X^es branches d^iadostiie qqi peuTent produire rapidement des riobetê9M immenses portent donc a?eo elles on incoQTénMit qni oontre^Mlsnoe fortement leurs avantages. Ce ■> sont pas oeUes-là que Ton doit désirer de se Toir développer les premiàres dans une nation nsînmtei De œ genre est le oommeroe extérieur très-étcndi. L'agriculture , au contraire , est bien préférable; m» produits sont lents et bornés. L'industrie pro;»mcnt dite , celle des fabriques , est encore sans éaager et très-utile. Ses profits ne spnt pas exoeuifii êct succès sont difficiles à obtenir et à fierpétuer ; ik exigent beaucoup de connaissimces et des qualité* eitimables , et ils ont des conséquences tsès-heurenict pour le bien-être des consommateurs. La bonne &brioation des objets de première nécessité est snrtoot désirable. Ce n^est pas que les manu&otures d^cfajets de luxe ne puissent aussi cire très-avantagenseï à un pays; msis c'est quand leurs produits MOt comme la religion de la cour de Rome, dont oo dit

<i) Les MaU oirift q«e Ton denrait voit uns improbalÎMi iMt eeax qui m lifrent à Télade, et eartout à rétqde de llioam, «t ce eont Ie« uals qu'on penëcoie. Il 7 a raison pour cela. Us foat Toir combien les autres sont inutiles, et ils ne sont pas les pla> forts *.

* A parler sérieusement , les hommes studieux sont loin à'éM des oisifs. Ce sont des producteurs d'atilitë , et de la plus gra>4* des utilités, la Tërité. La note est une plaisanterie, et Ton roit qu'elle a été faite dans un temps on on affectait de jeter as* grande défarenr, et même, s'il était possible, un grand ridieoU sur ceux qui s'occupaient de l'élude de nos facultés intellcctnel- Ics. C'est pour cela que je la laisse subsister.

DE l'emploi de nos BIGBE5SES. 261

iVUe est poar elle une marchandise d'exportation non pas de consommation ; et il est toujours à aindre de s'enivrer de la liqueur qu'on prépare lur les autres. Toutes ces observations , et beaucoup 'antres , devraient être développées dans l'ouvrage mt il s'agit , et seraient superflues ici ; elles renent , à beaucoup d'égards , dans les réflexions que li faites ci-dessus ( ohap. X ) , à propos de la maière dont les richesses se distribuent dans un pays mesure qu'elles s'y accumulent. D'ailleurs mon >jet n'est point de faire l'histoire du luxe; je ne mlais que montrer aea effets sur la consommation bérale et sur la circulation.

Je me bornerai à ajouter que si le luxe est un ■and mal sous le rapport économique , il en est un ien plus grand encore sous le rapport moral , qui it toujours le plus important de beaucoup , quand s'agit des intérêts des hommes. Le goût des dépen- » superflues, dont la principale source est la vaîté , la nourrit et l'exaspère ; il rend l'esprit frivole nuit à sa justesse ; il produit le dérèglement dans conduite, qui engendre beaucoup de vices, de bordres, de troubles dans les familles; il conduit sèment les femmes à la dépravation , les hommes l'avidité , les unes et les autres au manque de déoatesse et de probité , et à l'oubli de tous les senmens généreux et tendres ; en un mot , il énerve s âmes en rapetissant les esprits , et il produit ces isles effets non-seulement sur ceux qui en jouissnt, mais encore sur tous ceux qui y servent , ou ni Pudmirent , ou qui Timitent , ou qui l'envient.^-

262 GH. XI. DE l'eMPL. DE ITOS RIGHE8S.

Toat cela se Terra mieux quand .nous parlerans de nos întéréts moraux : je ne pouTais que IHndiqaer ioi. ne faut point confondre les matières , quelque intimement liées qu'elles soient.

Par la même raison, Ton ne s'attend pas sans doute que je diseute actuellement si, le luxe êtast reoonnu nuisible , on doit le eomliattre par les lois oa par les mœurs , ni que j'examine par quels mojens Ton peut fiiTOriser la productiDn et donner une dij«etion utile à la consommation. Ce seiaît empiéter sur le domaine de la législation , doiat peut-être je m'oconperai quelque jour; mais dans tonte oette partie-ci de mon ouvrage^ je dois me borner à ooBi> tater les bits.

Je crois avoir solidement établi qne pnieqne Fon ne peut jamais dépenser que ce que l'oii a, la piudae* tion est le seul fonds de la consommation; que,pir conséquent , on ne peut jamais augmenter la consommation et la circulation qu'en augmentant la production , et qu'enfin détruire n'est pas produire et dépenser n'est pas s'enrichir. Ce petit nombre de vérités bien simples va nous fiiire voir très-dairement les effets des revenus et des dépenses desgoavernemens sur la prospérité des nations.

CH. XIL DES DEPENSES DU GOUVERN. a63

(8 KBYBVra BT DEfl DipSlTSIS DU OOVTBRVBMBVT , BT DE

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