‹ Étemens d'idéologieChapitre 18 sur 34 · B8 DETTES · texte numérisé non relu

B8 DETTES

Gb sujet est enoore très-yaste , qumqu'il ne soit i*oiie partie de celui que nous venons de traiter. »anooup d'ëcriyains le partageraient en trois lies, quHls suMiyiseraient chacun en plusieurs lapîtres ; mais je préfère ne pas séparer ces matiè- I , afin de ne pas faire perdre de yue leur muelle dépendance; et je me sens le besoin de les oonlérer principalement dans leur ensemble, et sous un peot général et commun. Cela ne m'empêchera pas mtrer aussi dans les détails et de distinguer les cas rticnliers qui sont réellement différens , peut-être Ime avec plus d'exactitude qu'on ne l*a encore t.

Dans toute société , le gouyeroement est le plus md des consommateurs. Par cela seul il mérite . article à part dans l'histoire de la consomman , sans quoi elle serait incomplète. Mais aussi , r la même raison, on ne comprendrait jamais bien effets économiques du gouyernement , et ceux de I recettes et de ses dépenses , si auparavant on ne tait pas fait une idéc^ette et juste de la consomition générale , de sa base et de sa marche.

Les mêmes erreurs que nous venons de combattre

vont se reprodaire ici. Ceux qai pensent que les tnyaux de ragrioulture sont les seub prodnclifii , le manquent pas de dire qu'en définitif tous les impôts retombent sur les propriétaires des terres; que leur reyenu est la seule matière imposable; que Timpôt territorial est le seul juste et utile , et qu'il ne denait pas 7 en ayoir d'autre ; et ceux qui se persuadent que la consommation peut être une oaose directe de richesse soutiennent que les prélèyemens que le g(W' yemement fait sur la fortune des particuliers stimulent puissamment l'industrie ; que ses dépenses sont très-utiles , en augmentant la consommation et aoimant la circulation, et que tout oeU est très-layoïtble à la prospérité publique. Pour yoir nettement le yioe de ces sophismes , il faut toujours sniyre b même marche et commencer par bien établir les faits.

D'abord, il n'est pas douteux qu'un gouyeme-

ment quelconque ne soit très- nécessaire à toute société politique ; car il faut bien que ses membres soient jugés, administrés, protégés, défendus, garantis de toute yiolence : ce n'est que pour cela qu'ils se sont réunis en société. Il n'est pas douteux non plus qu'il ne faille que ce gouyemement ait des reyenus , puisqu'il a des dépenses à faire. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit ; il s'agit de sayoir qael eQet ces reyenus et ces dépenses produisent sur b richesse publique et la prospérité nationale.

Pour en juger , puisque le gouyemement est us grand consommateur, et le plus grand de tous, il faut, en cette qualité, l'examiner comme nous ayons

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examiné les autres oonsommateurs , oVsM-dire voir d'où lui Tiennent les fonds dont il dispose et quel usage il en fait.

Une première chose bien certaine, o''est qvud le gouvernement ne peut pas être rangé parmi les consommateurs de la classe industrieuse. La dépense qu'il fait ne se reproduit pas dans ses mains avec aooroissement de valeur. Il ne se soutient pas par les profits qu'il fait. J'en conclus déjà que sa consommation est bien réelle et définitive; qu'il ne reste rien du travail qu'il solde, et que les richesses qu^l emploie et qui étaient existantes sont consommées et détruites quand il s'en est servi. Reste à voir d'où elles lui viennent.

Puisque la personne morale appelée gouvernement ne vit pas de profits , elle vit de revenus. Ses revenus viennent de deux sources : il possède des biens-fonds et il lève des impôts.

Quant aux biens-fonds, il est absolument dans le même cas que les autres capitalistes que nous avons nommés oisifs. Il les afierme et en tire une rente , ou, si oe sont des bois , il en vend annuellement les coupes. Le soin que l'on prend des bois , et qui consiste principalement à les conserver , ne mérite pas le nom de travail industriel. I^e véritable travail qui les met en valeur est celui de les exploiter , de les débiter , de les transporter. S'ils appartenaient à celui qui les exploite , il en tirerait tout le profit. Le prix ^es ventes annuelles qu'on lui en fait doit être regardé comme une rente prélevée sur l'industrie de cet exploitateur , rente absolument semblable

à celle que Voa retire de It péohe d'ane riTÎère qw Tou aiTerme touA les ans à celoi qui a Findastne d'en extraire du poisson. Ainsi , les reytniu pvof*nans des biens-fonds appartenana au gonvenwment sont, comme ceux de tous les autres Incansnraux , créés par des hommes industrieux qui Ici exploitent , et prélevés sur iears profits.

Beaucoup de politiques n'approuyent pas que k gouvernement possède des biens-fooda. Il est Un vrai que , comme il est nécessairement un propriétaire peu soigneux , ses régisseurs ne peuvent gain manquer d*étre très-ohers et peu fidèles. Ainsi, il fait plus maladroitement ce qu'un antre propriétaire ferait mieux. Mais il est à remarquer que cette mslsdresse ne diminue point ou diminue trèt-pea It masse totale de la production de ces fonds ; car la quantité de la production des biens-fonds ne détend guère de ceux qui les régissent , mais presque uniquement de ceux qui les exploitent. Or rien n'emr pèche que ses terres ne scnent aussi bien cultifécs et ses bois exploités avec autant d'inteiligenœ qoe ceux des particuliers. Les défauts de sa régie se bornent donc à j employer un peu plus d'homoies qu^il ne faudrait , et à les payer uff peu trop clier* Or ce n^est pas là un bien grand inconvénient.

Je vois , au contraire , plusieurs avantages à ce que le gouvernement ait des possessions de ce genre. Premièrement , il est des espèces de productions qn^ lui seul peut conserver en grande quantité. Tels sont les bois de haute - futaie , dont il faut attendre le produit trop long-temps pour que le plus souvent 1^

ptrtioaliers ne préfèrent pas, à quantité égale et même moindre, des rentrées plus fréquentes. Secondement , il peut être bon que le gouyemement possède des terres cultivées ; il en sera à portée de ndenx connaître les ressources et les intérêts des diverses localités ; et s'il est sage et bienfaisant , il pourra même en profiter pour répandre des lumières utiles. Troisièmement, quand une grande masse des biens-fonds est dans les mains du gouyemement, il en reste mpins dans le commerce. Or, comme ce genre de possessions est toujours fort déliré , toutes choses égales d'ailleurs , moins il y en tara à yendre et plus ils se vendront cher, c'est-àdire que pour une somme de cent mille francs , l'ac- |ttérenr se contentera de trouver quatre ou même trois mille francs de revenu au lieu de cinq , et cela fera baisser le taux de l'intérêt de l'argent dans tous les autres placemens , ce qui est un grand bien. (Quatrièmement, et cette considération est la plus mportante de toutes , tout ce que le gouyemement ire annuellement de ces biens-fonds est un revenu pi'il n'enlève à personne ; il lui vient de son propre ûen , comme à tous les autre^propriétaires , et c'est intant de diminué sur ce qu'il est obligé de se procurer par des impôts. Enfin , dans un cas de nécessité , il peut , comme les particuliers , faire res* source en vendant de ses fonds , san^ avoir recours kQX emprunts , qui sont toujours un grand mal , ïomme nous le verrons bientôt.

Par toutes ces raisons , je crois très-heureux que e gouvernement soit un très* gros propriétaire , sur-

tout de bois et de groises fermes. Je n'y aurais qa^n regret , e'est que ceU empéoliât ces Mens de Umbcr d«DS les mains de la classe indnstriense. Hais dooi ayons ya , à propos de Tindastrie agricole , que , fu la nature des choses, les propriétés de ce genre se peuyent guère être possédées par ceux qui les esploitent, parce que cela leur enleremit trop et fonds. Or , je les aime mieux appartenans au goiyemement qu'à tout autre capitaliste yiyant den* yenus. •

Au reste, nos gouyememens modernes en gêné* rai possèdent peu de biens-fonds. Ce n'est pas qu^ n'aient presque tous déclaré leur domaine inaliéni' ble ; mais aussi ils l'ont presque tons Tendu oi donné en très -grande partie. Le yériCable lerew sur lequel ils comptent , ce sont les impôts. Cett donc celui-là dont il faut nous occuper.

Par le moyen des impôts, le gouyemement enlèye aux particuliers des richesses qui étaient à leor disposition , pour les dépenser lui-même : ainsi ce sont toujours des sacrifices qu^il leur impose.

Si ce sacrifice porte sur les hommes qui yirent de reyenus et qui les emploient tout entiers à leurs jouissances personnelles , il ne change rien à la mssse totale de la production , de la consommation et de la circulation générales. Toute la différence , c'est qu'une partie des salariés que ces hommes soldaient est soldée par le gouyemement ayec l'argent qu'il leur a enleyé. Cest le cas le pins fayorable.

Quand l'impôt porte sur les hommes industiîeax qui yiyent de profits , il peut ne faire que diminuer

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irs profits. Alors o^est la partie de ces profits que I hommes employaient à leurs jouissances perinelies qui est attaquée ; ce sont ces jouissances i sont diminuées , et IHmpôt n*a que les mêmes ets qu'il ayait dans le cas précédent; mais s'il ya squ'à annihiler les profits des hommes industrieux, même jusqu'à entamer les fonds de leur induse, alors o^est cette industrie elle-même qui est rangée ou détruite; et par conséquent la produc- »n et par suite la consommation générales en sont minuées. La soufiranoe est partout.

Enfin , lorsque l'impôt tombe sur les salariés , il t évident qu'ils commencent par soufirir. Si la rte reste tout entière sur eux, c'est une partie ! leur consommation qui est supprimée , et qui est mplacée par celle de ceux que le gouvernement le avec l'argent qu'il leur enlève. S'ils trouvent moyen de la faire retomber sur ceux qui les emoient, en haussant le prix de leurs salaires , alors faut savoir par qui ils sont employés ; et suivant l'iU le sont par des capitalistes oisifs ou par des pitalistes industrieux , cette perte a l'un des deux feis que nous venons de décrire en parlant des caitalistes.

Cette explication préliminaire paraîtra , je crois , contestable y après les éclaircissemens que nous 'ons donnés en parlant de la consommation. Mainnant la grande dilficulté est de découvrir sur qui mbe réellement la perte occasionée par l'impôt ; ir tous les impôts ne produisent pas les mêmes fets , et ils sont si multipliés , qu'il est impossible

2^0 GHAPITEI Xlh

à» kf inuimhiT ohtoim sépaiéaMat. Je poue qti lemievxctt de imger foui vae aiéBMi tioB to«f oens qvi iwt BÉMnlitilkinml de aaton.

Tous kf impôts imaginiiMei, et je erait qiA ont tom été tnuifhiéi , peurent m putager ai  eipèees prineîpalêf (i), saTotr : i* PimpM eerk rerena def terra, tel ^pie U taille iMle , ki ffliftièmes, U oontribation teoièce en Fnmoe etk Vmdiax en Angleterre; V eelni «ur les kjen èm maisons; 3« oelei sur les rentes dnes parrÉtals 4® oelni sur les personnes , oomme eapitation it laîUe persooneUe, oontribution somptoaiie et as* Hlière , droit de patentes , jurandes , maftn* ses, ete. i eto. ; 5« oelni sur les aetes ei?îk et iv oertaînes transactions sociales, oomme droits de timbre et d'enregistrement, de lods et rentes, de centième denier , d'amortissement et antres, aaxqneb il finut joindre l'impôt annuel qu'on Toudnit mettre sur les rentes constituées à un partioalisr par un autre; car on n'a d'autre moyen de ooonaltre ces placemens, on donations , ou transmissîooi) que les dépôts qui conseryent les actes qui les établissent ; 6» et enfin celui sur les nurcbandises , soit par monopole et vente exclusive ou même fiMroée, comme autrefois le sel et le tabao en Franoe, soit au moment de la première production , oomme kf droits sur les marais salans et sur les mines^ et ne* partie de ceux sur les yins en Franoe, et sur kf

(i) CiMt, ralTOBt nol, la aailletti* maniic* dt Im climf, pw M bieo irâive «mptt d« lemn «fiitt.

:S DEPENSES DU GOUVERNEM. 37I

S en Angleterre ^ soit au moment de la canon , soit dans le trajet depuis le premier pro-^ jusqu^au consommateur définitif, comme les tant intérieures qu^extérieures , les taxes outes , les canaux , les ports et aux portes s , etc. y etc.

n de ces impôts a une ou plusieurs manières lont propres , d^étre onéreux, emier coup d'œil, ou voit que Timpôt sur lu des terres a Pincouyénient d'être trèsï répartir avec justice, et d'annuler la Ta* toutes les terres dont la location ne surpasse xe , ou la surpasse de trop peu pour déter-

courir les risques inéyitahles et à faire les essaires pour mettre ces terres en état d'être s.

>ôt sur le revenu des maisons louées a le le diminuer le produit des spéculations de

et par là de dégoûter de bâtir pour louer 9 ; que chaque citoyen est obligé de se conl'habitations moins saines et moins oom* ]ue celles qu'il aurait eues pour le même

e fais pas Tsloir contre cet imp^t la prétention de qael- «mistas, que le retena des maison* ne doit pas étn m da moins ne doit l'être qa'à rftiaoB da produit ■•! eftit , par la ooltore, le terrain que ow maisons «eool le reste n'étant que Tintérét da capital employé à Mtir, livant eax, n*est point imposable.

»inion est une oonséquenee de eelle que le travail da la st le seul productif, et que le retenu des terres est le Mable, parce qu'il y a dans le produit de la terte nae ni est purement gratuite et entièrenent dm à la nature.

L'impôt sur les rentes dues p«r PÉtat est qk Tr|îe iMuqueroute si on Pétthlit sur des rentes d^ créées , puisque o*est une ' diminntioa de liatM promis pour un capital reçu ; et il est illusoire si fli le place sur des rentes au moment de leur créatioi : car il e&t été plas simple d'offrir un intérêt wam fort de toute la quotité de l'impôt , et oela smit revenu au même.

L'impôt sur les personnes donne lieu à des pffqnisitions très-désagréables pour panrenir à le graduer suiyant la fortune de chacun, et ne peut jimais reposer que sur des bases très-arbitniref it des connaissances très-imparfaites , tant krsqt'fli prétend l'asseoir sur des richesses aoquises, qv lorsqu'on veut le faire porter sur des moyens d'ci acquérir. Dans ce dernier cas , c'est-à-dire loctqa'fl est motivé par la supposition d'une industrie qadconqae , il décourage cette industrie et il oblige à la renchérir ou à l'abandonner.

L'impôt sur les actes , et en général sur les 'transactions sociales , gène la circulation des bientfonds et diminue lear valeur vénale en rendaat leur translation très-coûteuse, augmente les frais

laquelle portion, loÎTant cm aotean, «st le seal fonda lë^Uat cl raisonnable de rimp6t.

J*ai fait voir que tout cela est faox , ainai )e ne aaunia m*n prévaloir, ni contre rimp6t dont il s'agit, ni contre tons ee«K qw snivent , lesquels sont tous non<eeulement réprouvés dans ce qrt* lème, mais déclarés illusoires, comme n'étant et ne pouvant iasaii être que l'impôt sur le revenu des terres, déguisé et aurckaigt is frais et de pertes inutiles. Pareille théorie est ineouteaable, quanâ on sait ce que c'est que prodootioa.

de jostioe an point que le pauyre n'ose plus défisiH dre ses droits , £ût que toutes les affaires deviennent épineuses et]diificiles, oocasionne des recherches la* qnlsitoriales et des yexations de la part des ag«n« da ûâo , et oblige à faire dans les actes des rétioenoes oo même à y mettre des danses et des ëyaluatîoni illasDtres qui ouvrent la porte à beaucoup d'iniquités 9 et deviennent la source d'une foule d^ cou* testations et de malheurs.

A l'égard des impôts sur les marchandises , leurs inoonréniens sont encore plus nombreux et plus compliqués , et ue sont pas moins £àcheux ni motOf certains.

Le monopole, ou la vente faite exclusivement par l'État, est odieux, tyranoique, contraire au droit naturel qu'a chacun d'acheter et de vendre ooiame il lui plait , et nécessite une multitude de metnnes violentes. Cest encore bien pis quand cette vente est forcée , c'est-à-dire quand on oblige le particulier, comme cela est arrivé qnelr qnefois, à acheter ce dont il n'a pas besoin, sons le prétexte qu'il ne peut s'en passer , et que , s'il n'aobète pas, c'est qu'il s'est ai^nrovisionné en oon" trebande.

L'impôt prélevé au moment de la production néoessite évidemment, de la part du producteur, une avance de fonds qui , étant long-temps sans lui rentrer , diminue beaucoup aea moyens de produire^

U n'est pas moins clair que les impôts exigés, soit au moment de la consommation , soit pendant le transport depuis le producteur jusqu'au ccnsom'-

mmtear, gênent on détmiient loos cptalqne Imsdnù dHndnttrÎA «a de commerce , rendenl vine et odAteneei dee denréee néoesaeiree oa'utileey tniih blent tontes lee joulseuioeB , dénngmit le oonfi wh tnrel dee-ehoees, et établÎMent, entra les diffihcM beeoins et les moyens d^ ponrroir , des p io p o rt iii etdes ra|^M>rt8'qni-n*e3dsteraient pu suis ees pertarlMtions , ^i sent néœssaûement TariaUes » et qii rendent inœssamment préoeires les spécnlationi é les ressonroes des oitoyens.

Enfin , tons ees impôts sur les ninrabendises y qMli quHls soient, nécessitent une infinité de prtevtioei et de fimnalités gênantes; ils donnent lien à «m mnltitlide de difficultés ruineases i ib sont aéosssttrement très-sujets à l'ailiitraire ; ib obligent à ériger en orimes des actions indiflPérentes en ellea-méoMii et à sévir par des punitions souyent omelles. Leer perception est très-dispendieuse ^ et elle entrtine l'existence d'une armée d'employés et d^nne armée de fraudeurs, tons hommes perdus pour la Mh ciété , ^ui y entretiennent continuelloment uns Téritable guerre civile, avec toutes les fnneslef conséquences économiques et morales qui en résultent.

Quand on examine avec attention chacune de ces critiques des différens impôts, on reoonnatt qu'elles sont toutes fondées. Ainsi, après avoir fait voir que tout impôt est un sacrifice , nous nous trouvons avoir montré que chaque impôt a en outrs une manière qui lui est propre de nuire aux oontribnebles. Cest déjà beaucoup; mais oeU ne pcus

DES DEPEHSES DU GOUVERNEM* ^'jS

apprend pas encore sur qui tombe précisément la perte résultante de Pimpôt, et qui estrce qui la supporte réellement et définitivement. Cependant cette demière question est la plus importante , et alisolument nécessaire à résoudre pour pouroir jager des effets de Pimp^ sur la prospérité nationale. Examinons-la donc ayeo attention , sans adapter anoun système , et en nous tenant scrupuleusement à Fcbservation des faits, comme nous ayons fait jus* qu'ici.

Pour rimpôt sur le revenu des terres , il est évident que c'est celui qui possède la terre au moment où l'on établit la taxe , qui la paie réellement , sans pouvoir la rejeter sur personne $ car elle ne lui donne pas le moyen d'augmenter aea produits , puisqu'elle n'ajoute rien ni à la demande de la denrée ni à la fertilité de la terre , et qu'elle ne diminue en rien les frais de culture. Tout le monde convient de cette vérité ; mais ce que l'on n'a pas assez remarqué y c'est que ce* propriétaire doit être considéré moins comme étant privé d'une portion de son revenu annuel que comme ayant perdu la partie de sou capital qui produirait cette portion de revenu au taux courant de l'intérêt actuel. La preuve en est que , si une terre de cinq mille francs de revenu net^ vaut cent mille francs le lendemain du jour oà on l'aura chargée d'un impôt perpétuel du oinqodème, on n'en trouvera, toutes choses égales d'ailleurs , que quatre-vingt mille francs* si on la met en vente , et elle ne sera de même comptée qœ pour quatre-vingt mille francs dans l'actif d'une sue-

2^6 CHAPITmK XII.

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qool il affseto le ief«Mi dbnt a ^«t ca^iBé , r^fé-

ntioo ctt «Mumniiiée. IlaréeUemeBt toiMlié b«-

pital qn*il •*«•! approprié, «t HT* fluai§i tostl^n

«Ntpaa lian d'an dépanaer amuMDaaMBt le vaiwa.

Omt êmmm qvaad K. Pitt a*cst iOt lifvar InI

d*iiat ocwp par laa pnipriétairaa la Cipilal àêKÊKgHt

«miiorial dont âf étalant dutfgii. fla naaanlliai-

féi libéiéf , at Imy a mangé ton Iboda.

n aoit de là que quand toutes Ica terres ont dnagé de maina depuis rétablissement de Pimpôt, il n'sit plus réellement pajé par personne. Lea aoqu^rsan n'ayant aoquis que œ qui restait, Us n'ont risapvdu) les h^tiers n'ayant recueilli que eequ'ilscnt irouyé, le surplus est pour eux comme ai leur prédécesseur Pavait dépensé ou perdu , eomma efiècd- Tement il Pa perdu ; et dans les sucoessiona dâaif- Êén comme maUTaiaes , ce sont les créanoiers qui cnt perdu ce capital prélevé par PËtat sur le gafa de leurs créances.

n suit de là encore que quand l'État renonce à toat ou partie d'un impôt territorial anciennement établi à perpétnité, il &it purement et simplement présent aux propriétairea aotuela des teaiea, dn a^îtsl

DES DEPENSES DIT GOUVERIfEM. 2^^

Il revenu qu'il cesse de percevoir. C'est à leur égard a don absolument gratuit , auquel ils n'ont pas plus 31 droits que tout autre citoyen; car aucun d'eux ayait compté sur ce capital dans les transactions ir lesquelles il est devenu propriétaire.

Il n'en serait pas absolument de même si l'imp6t 'avait été établi originairement que pour un nomre d'années déterminé. Alors il n'y aurait eu réel- !ment d'enlevé au propriétaire que la portion du ipîtal correspondante à ce nombre à^ annuité s, Amaô, État n'aurait-il pu emprunter que cette valeur aux réteurs à qui il auicait donné l'impôt en paiement de iur capital et de leurs intérêts, et les terres n'audent été considérées dans les transactions que 3mme détériorées de celte quantité. Dans ce cas, uand l'impôt cesse, comme quand les coupons de emprunt qui y correspond sont épuisés , c'est de art et d'autre une dette qui s'éteint parce qu'elle st soldée. Du reste, le principe est le même que ans le cas de l'impôt et de la rente perpétuels.

Il est donc toujours vrai que quand on met un npôt sur le revenu des terres , on enlève à l'instant

ceux qui les possèdent actuellement une valeur gale au capital de cet impôt; et quand elles onttoii- 3S changé de mains depuis qu'il est établi , il n'est lus réellement payé par personne. Cette observation st, singulière et importante.

n en est absolument de même de l'impôt sur le evenu des maisons. Ceux qui les possèdent au moaent où on l'établit supportent la perte en entier ; ar ils n'ont aucun moyen de s'en dédommager. Mais

oeiix qui les achètent ensuite ne les paient qa^ei contéqnenoe des charges dcmt, elles sont greréei. Ceux qui en héritent ne les comptent de même qie pour la Talcur qui leur reste; et quant à oenx qui ci bâtissent postérieurement, ils font leurs caiouls dV près les choses telles qu'elles sont établies. S^il ae restait plus assez de marge pour que la spécnlatka f&t utile , ils ne la feraient pas jusqu'à œ que , pul'effet de la rareté , les loyers fussent augmentés ; comme , an contraire , si elle était encore tn^ aTtatageuse, il s'y jetterait bientôt assez de fonds pour que cet emploi ne fidt plus préfihrable à tout autre Concluons encore que le propriétaire sur qui tombe Pimpôt en perd en entier le capital , et que , quand tous sont morts ou expropriés, l'impôt n'est plof payé que par des gens qui n'ont plus à s'en plaindre. On en peut dire tout autant^e Timpôt qu'un goa« vemement se permet quelquefois de mettre sur les rentes qu'il doit pour des capitaux fournis antériearement. CSertainement le malheureux créancier à qoi on fait cette retenue en souffre tout le dommage , ne pouvant le rejeter sur personne; mais de plus il perd le capital de la retenue ordonnée. La preuve en est que , s'il vend sa rente , il en trouve d'autant mcnns qu'elle est plus grevée , si d'ailleurs le taux général de l'intérêt de l'argent n'a pas varié. D^où il suit que les possesseurs subséquens de cette même rente ne paient plus rien ', car ils l'ont reçue en cet état et pour la valeur qui lui reste, en vertu d'acquisitions faites librement ou .de successions acceptées volcmtairement.

DES DEPElfSES DU OOUVEBNEM. ^ng

L'efiet de l'impôt sur les personnes n'est d^jA plat même. Il faut distinguer entre celui qui est censé rter sur les richesses acquises et celui qui a pour »tif des moyens d'en acquérir, c'est-à-dire une instrie quelconque. Dans le premier cas, c'est bien tjouTS la personne imposée qui supporte la perte î en résulte ; car elle ne peut la rejeter sur aucune tre. Mais comme pour chacun la taxe o^sse ayeo rie , et que tout le monde y est soumis snccessinent à proportion de sa fort une .présumée, le preer imposé ne perd que les redeyances qu'il paie et 1 pas le capital, et ne libère pas ceux qui viennent rès lui. Ainsi , à quelque époque que l'in^pôt cesse , n'est pas un pur gain que f<mt ceux qui y sont imis; c'est une charge pesant réellement sur eux [ cesse de se prolonger.

I. l'égard de l'impôt personnel qui a pour motif e industrie quelconque , il est également vrai que ui qui le paie le premier n'en perd pas le capital ne libère pas ceux qui y sont soumis après lui ^ is il donne lieu à des considérations d'un autre tre. L'bomme qui exerce une industrie au moment elle yient à être grevée par un nouvel impôt perinel , tel que l'établissement ou l'accroissement I droits de patentes, de maîtrises, de jurandes, ou Tes semblables, cetbomme, dis-je, n'a que deux •tis à prendre, ou de renoncer à son état, on de fer ledit impôt et de supporter la perte qui en réie, si malgré cela il voit qu'il y ait encore des béîoes à faire dans sa profession. Dans le premier I il souflPre certainement, mais il ne paie pas l'im-

280 CHAPITRE XIL

p6t: ainsi je ne m'en ocoaperai pas ftotaeUeneit Dans le second, c'est lui assarément qui paienaposition, puisque n'augmentant la demande ni M diminuant les frais, elle ne lui donne aucun moyai immédiat d'accroître ses recettes ou d'atténuer m dépenses. Mais on ne met jamais tout d'un coup ai impôt assra lourd pour que tous l«s hommes d'à même état soient inéritablement obligés de le quitter ; car toutes les professions indostrielles étant aécessaires à la société, l'extinction totale d'une seak produirait un désordre général. Ainsi , lors de l'ébblissement d'un impôt de l'espèce de ceux dont non parlons , il n'y a que les hommes qui sont déjà asMS riches pour ne se plus soucier d'un bénéfioe qui at diminué , ou ceux qui exerçaient leur profession ai» assez peu de succès pour qu'il ne leur reste ploiie profit après l'impôt payé , qui renoncent à leur état Les autres le continuent , et ceux-là , comme nosi rayons dit , paient réellement Timpôt , au moins jiiqu'à ce que, débarrassés de la concurrence debcttcoup de leurs confrères, ils puissent se préyaloîrde cette circonstance pour se faire payer par les coasommateurs plus cher qu'ils ne le faisaient auptnyant.

Voilà pour ceux qui exerçaient la profession ta momeut de l'établissement de Timpôt. Quant à oenx qui l'embrassent après quUl est établi , le cas est différent. Ils trouyeut la loi faite. On peut dire quIU s'engagent à cette condition. L'impôt est pour eux ta nombre des frais qu'exige la profession , comme Tobligation de louer tel emplacement ou d'acheter tel

«tatîi. Us ne prennent cette profession que parce qn'îls oaloulent que , malgré ces frais , c^est encore le meil> leur emploi quMls puissent faire de la portion de oa- ]^laax et d'industrie qu^ils possèdent. Ainsi ils ayaneent bien l'impôt , mais il ne leur enlève réellement rien. Ceux à qui il fiiit un tort réel, ce sont les coatommateurs qui, sans cette charge , leur auraient fait, «yec moins de dépense , le sort dont ils se conteùtent , et qui était le meilleur qu'ils fussent à portée de se proonrer dans l'état actuel de la société. Il suit de là que si Ton ôte l'impôt , ces hommes font réellement un profit sur lequel ils n'ont pas compté, au moins jusqu'à ce que cet avantage leur amène de nouyeanx eononrrens. Ils se trouvent transportés gratuitement et Ibrtoitement dans une classe de la société plus fiiyorîsée de la fortune que celle oà ils étaient placés , tandis que, pour ceux qui étaient en exercice antérieurement àl'impôt, ce n'est qu'un retour à leur premier état. On voit que l'impôt personnel, basé sur l'industrie, a des effets bien divers ; mais son effet général est de diminuer les jouissances des consommateurs, puisque leurs fournisseurs ne leur donnent pas de marchandises pour la partie de leur argent qui passe an trésor public. Je ne puis entrer dans plus de détails; mais on ne saurait trop s'habituer à jugqr ces différeas ricochets de l'impôt et à les suivre par la pensée dans toutes leurs modifications. Passons à l'impôt sur les papiers, les actes, les registres et autres monumens des transactions sociales.

Celui-là exige encore une distinction. La portion de cet impôt qui tourne en accroissement de frais

de justice et qui en fait partie, eat certainaiMiiA payée par les plaideara for qm, lea jugemens toA tomber eea frais , et il est diflknle de dire à qiiUt . classe de la sooiété il est le )»liu nuisible. Gepeadiit il est aisé de yoîr qu^il grère partioalièreiiieiit k genre de propriétés qui est .le plus sujet à contcif tiom Or, oomme ce sont les biens-fonds , TéliUii' sèment d*an tel impôt diminue oertainement ktf valeur vénale : d*oà il suit que oenz. qui les oit achetés depuis que l'impôt existe en sont un pu dédomoiagés d^ayanoe par le moindre prix de Isv acquisition , et que ceux qui les possédaient «ifsrayant supportent la perte tout entière sHls flaîdent , et supportent même une perte sans plaider it sans payer Timpôt, puisque la yalenr de leur pspriété en est diminuée. Par conséquent si l^inpôt cesse y ce n'est que restitution pour ces derniers , et il y a une portion de gain gratuit pour les autres; car ils se trouyent dans une meilleure position que celle sur laquelle ils ayaient compté et d'après laquelle ils avaient fait leurs spéculations.

Tout cela est encore yrai , et est yrai sans restriction de la portion de l'impôt sur les transactions qui regardent les achats et les ventes, telles qae les lods et yeutes , centième denier , amortissement et autres. Cette portion de l'impôt est totalement payée par celui qui possède le bien au moment oà il est ainsi grevé. Car celui qui le lui achète postérieurement ne le lui achète qu'en conséquenoe, cl ainsi ne paie réellement rien. Tout ce que l'on peut dire , c'est que si cet impôt sur les actes de vente

DBS DEPENSES D V OOUVBBNEM. l83

i certains biens est accompagné d'autres imp^ r d'antres actes qni affectent d'autres genres de opriété, d'autres emplois de capitaux, il arriye te ees biens ne sont pas les seuls qui soient àMvréa y que par conséquent la proportion est oonrrée y du moins en partie , et qu'ainsi une portion I la perte est prévenue par celle des autres; car prix rénal de chaque espèce de revenu est relatif celui de toutes les autres. Ainsi , si toutes ces Ttes pouvaient se balancer exactement , la perte talc résultante de l'impôt serait exactement et trèsoportionnellement distribuée. Cest tout ce qu'on tut demander) car il faut bien qu'elle existe, puisle IHmpôt est toujours une somme de mojrens arralée aux gouvernés pour être mise à la disposition » gouvemans.

L'impôt sur les marchandises a encore des effets MB compliqués et plus variés. Pour les bien démér , rappelons-nous que toute marchandise , an toment oà elle est livrée à celui qui doit la con<immer , a un prix naturel et nécessaire. Ce prix est imposé de la valeur de tout ce qui a été nécessaire la subsistance de ceux qui ont fabriqué et voir iré cette marchandise pendant le temps qu'ils y it employé. Je dis que ce prix est naturel, parce t'il est fondé sur la nature des choses, indépenimment de toute convention ; et qu'il est néceslire , parce que si les gens qui font un travail qùelmque n'en retirent pas leur subsistance, ils s'éignent, ou se livrent à d'autres occupations, et ce avail n'est plus exécuté» Mais ce prix naturel et

a84 GHAPITHE XIL

néMWiin n'a praque n&aàe mnmvm tcno l«|rii Ttoi ott oo^ywitianiinl dalanuuraluadiati oM^ ain «Too 1a prix aoqaa ^tlfe ott fixée par Fdftft d'vw T«Btt libfe. C«r vm «boM pi«l «f«b «EU tièa-piadtpaiiiey oa , li «Ite a «âgé baMwowp Ai p«iiMi at de aoiii», alla peut «fdr M tnmvit <i ▼oUaparoalnqnila nat aa vanta : dana latdiB aaf y il pant la donaar à tiAi-tai aarahé a«M y M pardra } «aaia eUa pant an mena toiapa In 4ka • atUa qu'il na Tanilla a'aa défriie qna powr «■ M»» grand piix; at ai baauaiMip de gaaa In déniant, i an traavera aa prix et ftra nn gain daurnaa. An ti^ tnîiey il wà pant qa'nna ohoia ait aoAlénn vnéiv daa paînaa înfiniaf , qne nan aanlaniant alla ni W mit paf néotwaira» maîa mène qn^ ail na prenant de t'en défidre , et que poortant n'ait enyie de l'acheter : dans ca eaa , il awa aUi|é de'la donner preaqne pour rian , et il fera nna liée» grande perte. Le prix naturel est danc aoBipaeé êm saoriÛMs antérieure fidti par le vendeur ; et la pris eonyentÎQnnel est fixé par l'offre daa aehatenn. O aont deux ofaoaet en eot étrangèrea l'une à têiÊÊn» Saalement quand le prix conventionnal d'un Ua a nl est oonstamnent au-dessous de son prix natnrdi et néoessaire , on cesse de s'y livrer. Alora le résuHit de oe trayail devenant plus rare , on fiit plus et sacrifioes pour se le procurer , s'il est loigoun è^ siré; et ainsi , pour peu qu'il soit réalleaaeni udkt le prix conventionnel ou vénal remonte au nivMS du prix que la nature a attaohé à ea travail « at qn est néoessaire pour qu'il eontinue à dtia eiésuli

DES DEPESSES DU GOUVERItEM. 285

Oest de cette manière que se forment tous les prix dans l'état de société.

Il suit de là que oeux qui ne savent faire qu^on trayail dont le prix conventionnel est inférieur à la valear naturelle se détruisent ou se dispersent; q«e oeux qui exécutent un travail, ou en d^aulres termes 9 exercent une industrie quelconque , dont le prix conventionnel est strictement égal à sa valeur natnreUe , c^est-à-dire ceux dout les proBts balancent à peu près les besoins urgens, végètent et subsistent misérablement; et que ceux qui possèdent un talent dont le prix conventionnel est supérieur au nécessaire absolu Jouissent , prospèrent , et par suite multiplient ; car la fécondité de toute race vivante, même parmi les végétaux , est telle , quHl n'y a que le défaut d^alimens pour les germes éclos , qui arrête Paccroîssement du nombre des individus. C'est là la cause de l'état rétrograde , stationnaire , ou progressif de la population dans la race humaine. Les fléaux passagers, tels que les famines et les pestes y j font peu. Travail improductif ou productif à un degré insuffisant, voilà le poison qui infecte profondément les sources de la vie. Nous avons déjà fait à peu près toutes ces observations , soit dans le quatrième paragraphe de notre Introduction , en parlant de la nature de nos richesses , soit dans les chapitres où nous traitons des valeurs et de la population. Il était bon de les reproduire ici.

Maintenant il est aisé de voir que l'impôt sur les marohandises affecte très-diversement les prix, et à différentes limites, suivant la manière dont il est r 26.

286 CflAPITRE XII.

levé, et suivant la nature dei denrées sur le: il porte. Par exemple , dans le oas da monoi de la Tente exolusire faite par l*État , il < que l'impM'esl payé directement, immédîa et sans -ressources par les consommateurs , e la plus grandeextension dont il soit susceptib cette yente , fÙt-elle forcée, elle ne peut oef ni pour le prix , ni pour la quantité , dépa certain terme, qui est celui de la possibilil payer. Elle s^arréte alors qu^il serait inutile < ger , on qu'il en coûterait plus qu^elle ne ferait. C'est le point où était la gabelle en Fr ' c'est le maximum de l'exaction possible.

Si la Tente exdusiye n'est pas forcée , el suivant la nature de la marcbandise. S'il s'ag denrée qui ne soit pas nécessaire , à mesi le prix monte la consommation diminue ; n'y a qu'une certaine somme de moyens dai la société, qui soit destinée à procurer un genre de jouissance. Il peut même arrive élevant peu le prix , le profit diminue bei parce que beaucoup de gens renoncent toi à ce genre de consommation , ou même parr à le remplacer par un autre. Toutefois l'io toujours payé effectivement par ceux qui nent à consommer.

- Si , au contraire , la vente faite exclusi par l'État, mais de gré à gré, porte sur ui chandise de première nécessité , elle équivi Tente forcée. Car la consommation diminue mesure que le prix s'élère, o'est-à-dire qn'o

fire et qu'on meart; mais, comme enfin elle est nécessaire , elle s'élève toujours autant que le moyen de la payer , et elle est payée par ceux qui consomment.

Après ces moyens yiolens , si nous en ezaminoiis d'antres qui soient plus doux y nous leur trouverons des effets analogues, avec un moindre degré d'énergie. Le plus eiËoace de ceux-ci est l'impôt mis sur une marchandise au moment de la production; car aucune partie n'en échappe , pas même celle consommée par le producteur lui-même, ni celle qui pourrait s'avarier ou se perdre en magasin avant d'être employée. Tel est l'impôt sur le sel , levé dans le marais salant , celui sur le vin à l'instant de la récolte ou avant la première vcule, et\>elui sur la bière dans la brasserie. On peut encore ranger dans la même classe l'impôt sur le sucre ou le oaféy ou telles autres denrées, exigé au moment oà dles arrivent du pays qui les produit ; car ce n'est . que de ce moment qu'elles existent pour le pays qui ne peut pas les produire et qui doit les consommer.

Cet impôt levé au moment de la production , s'il

est établi sur une marchandise peu nécessaire , est kasal limité que le goût que l'on a pour elle. Aussi , quand on a voulu tirer grand parti du tabac , on s'est étudié à en donner le besoin au peuple. Cat si la Société est instituée pour satisfaire plus aisément les |>e8oins quç nous a donnés la nature, et auxquels tïous ne pouvons nous soustraire, il semble que la fiscalité soit destinée à nous créer des besoins arti-

28B CHAPITEE XII.

fioiels , poar nous en raftiter mie f^srtie et nous limi payer Taittre.'

LonMiae ee métnie impdt, aa inoiiieDt de k fiodoction, est établi sur une denrée pina néwiiaîiat il est aiiaeeptilile d'oneplos grande estenaioB; m* pendant, ai cette denrée ooûte iMeuecHtp de paiici et de fraia pour la prodaire , reztenaîoii de rfaapft e«t enoore arrêtée aaaea promptement « non ploa pr le manque de désir de se proonrer la denrée, nali par nmpoBaibilité de la payer ; oar il fant toajoM qu'il arrife aux producteurs une asses grande po^ tiott du prix pour qu'ils pldssent ne pas périr : afant il en reste moins pour TEtat.

Mais où lHmp6t déploie toute sa Ibroe , e'ert qaiai la denrée est bien nécessaire, et qa*rile ooAte hm peu, comme par exemple le sel. Là tout «stprolt pour le fisc ; aussi ses agent oni41s toujours éamé au sel une attention particulière. Les mines trii* riches font enoore le même effet juiqu'à un certiiB pcônt ; mais en général les gouyememèns s'en ioat attribué la propriété , ce qui épargne la peine d^ poser , et équivaut au procédé de la vente exdorilt* L'air et Peau, si on ayaitpu s'en rendre maître, tt' raient encore été l'objet de prélèyemens très-fbrtid très-fructaeux pour le fisc ; mais la nature les t trop disséminés. Je ne doute pas qu'en Arabie, dei traitans ne tirassent un grand parti de l'eau , et id » . que personne ne boirait sans leur permission. Qoaat à l'air , l'impôt sur les fenêtres fait à • oet égard tout ce qui est possible.

Le yîn n'est point ainsi un présent gratuit de la

nature. H coûte beanocmp de peines , de soins et de Tnis ; et malgré le besoin et le yif désir que Ton a le a^en procurer, on aurait peine à croire qu'il p&t supporter les énormes charges dont il est greyé aotuêlleoaent en France an moment de sa production , n l'on ne faisait pas attention qu^une partie de ce fardeau tombe directement sur la terre plantée en vignes, et opère seulement une grande diminution dans le prix du bail qu^on en donnerait. Par là y il a Feffet de Hmpôt foncier, qui est , comme nous Vayons tu, d'enlerer au propriétaire du sol une partie de son capital , sans influer sur le prix de la denrée , ni entamer les profits du producteur. Ainsi le capitaliste est appauvri, mais rien n^est dérangé dans récooomie de la société; et ce capitaliste est obligé dVn durer cette perte toutes les fois que sa terre lui rendrait encore moins en la changeant de culture.

Le blé pourrait être, comme le yin, Pobjet d'un impôt très-lourd leyé au moment de la production, indépendamment même de la dime qu'ils supportent Pnn et Tautre presque partout. Une partie de Pimpôt tomberait de même en diminution de la rente de la terre , sans toucher au salaire de la pit)dnction, et sans, par conséquent, accroître le prix de la denrée. Si en général on s^est abstenu de cet impôt, je suis persuadé que ce n'est pas par un respect superstitieux pour la nourriture principale du pauvre, laquelle on a chargée d'ailleurs de bien d'autres manièies qui en renchérissent le piix, mais parce que Pon a été arrêté par la difficulté de sur*

2^^ CBAFITKE XIL

xriVjeT Potiée de toatcs les gnagcs : dificnhéqm est A effet plas gnadc CBoore qpe cdle de pàié- Ifcr ilaBs timleiles eivtes.DK icrte 3 j a àailîtode coaplèle.

ObeerrooSy es fimnat cet aifielc , q«*m impAt ehuî Icré e« enotnt de la piodaelioft, wu une dcaiéed'anasa^iBdisprssdhleposr Unit le monde, éqaÎTast à vae Téritable capiUtioa ; mais de toutes les capiUtiaat, c'est la pl«s eradle fomr le paatie. Gsr ce soot ks pssTves ^i oooaomiseBt en pins grande quantité les denrées de pccmière néeenHé, parée que pour ens. elles ne sont snpp lé écs par riei, et dles fimt la presque totalité de leur dépeme, paroe qii^îls ne penTent go^re ponrrar qa*à lein besoins les plos pressans. Ainsi nne pareille sapilalion se titniTe i:épartie en proportion de la miière et non pas de la richesse, en raison directe da liesoin et ûnTerse des moyens. Diaprés cela , on peot apprécier les impôts de ce genre. Mais ils sont trèsprodactifs , car 6*est toajours le pauvre qui &it le grand nombre , et par ce grand nombre les grandes sommes ; ils aflTeotent peu ceux dont les cris peuvent se faire entendre , et cela détermine en leur faveur. On ne peut se dissimuler que ce sont les deux seules causes de la préférence qu'on lear donne.

A regard des impôts qu'on lève sur les différeates marchandises, soit au moment de la consommation , soit dans leurs différentes stations , comme sur les chemins , dans les marchés , dans les ports , aux portes des villes , dans les boutiques, etc. , etc.,

DES DEPENSES DU GOVYERIVEH. 2gi

leurs effets sont déjà indiqués par ceux que bcnu Tenons de voir résulter de la yente exolusÎTe , et de la taxe au moment de la production. Ceux-ci sont du même genre; seulement ils sont ordinairement moins généraux et moins absolus , parce qu^ils sont pins variés , et quHl est rare qnUls embrassent une aussi grande étendue de pays. En effet , la plupart de ces taxes sont des mesures locales. Un péage n'aflieole que les denrées qui passent sur le chemin ou le canal sur lequel il est établi. Les entrées des ▼illes n'influent directement que sur les consommations qui se font dans leur intérieur (je suppose que 1^ transit est exempt de droits ); Un impôt levé dans un marché ou dans une boutique n'atteint pas ce qui se Tend dans la campagne , ou dans les fleures extraordinaires. Ainsi , ils dérangent les prix et les industries plus irrégulièrement , mais toujours ils les dérangent dans les points où ils portent. Car dès qu'une marchandise est chargée, il faut toujours que le sort du producteur ou celui du consommateur soit détérioré.

Cest ici que se retrouvent , relatiTcment aux produits et aux effets de l'impôt, les conséquences des deux importantes conditions propres à toute marchandise : l'une d*étre de première nécessité , . ou seulement d'agrément et de luxe; l'autre, que son prix oonTentionnel et Ténal soit supérieur à son prix naturel et nécessaire , ou lui soit seulement égal; pour inférieur , nous saTons que cela n'est pas possible à la longue.

Si la marchandise imposée est de première né-

2Q2 CHAPITRE XIK

cessité, on ne peut s'en, passer , elle sera toujonn acheUe tant qu'on en aura le moyen ; et si son prix conventionnel n'est qu'égal à son pris naturel, k^ ) producteur ne peut rien céder. Ainsi, toute la perte tombera sur le consommateur. D'où Ton doit cobdure , si la yente et le produit de l'impôt dim^ nuent, que c'est le consommateur qui souffre et s'éteint.

n faut remarquer que dans nos yieilles société! , occupant un territoire circonscrit dès long-tempe, et ne pouyant conquérir que des terrains déjà cocapés , cVst le cas de toutes les marchandises de pre* mière nécessité. Car , par l'effet du long combat dei intérêts contraires du producteur et du oonsoniauteur, chacun est casé dans Tordre sooial suivant ses degré de capacité. Ceux qui ont quelque talent •^ sez désiré pour qu^ils puissent le faire payer «edelà du nécessaire se livrent à ces industries préférées ; il n'y a que ceux qui ne peuvent y réussir qui se vouent aux productions indispensables, parce qu'elles sont toujours demandées ; mais aussi eUtf ne sont payées qu^autant qu^il est strictement né- •cessaire , parce qu'il y a toujours des gens inférieurs à d^autres, qui n^ont autre chose à faire qu^à i^J adonner ; il faut même que cela soit ainsi. Car ces denrées de première nécessité, sont les besoins n^ gens de tous, et surtout des plus pauvres de toutes les autres classes qui les consomment sans les produire , étant occupés à d'autres productions. Ainsi ces pauvres ne peuvent subsister qu'à proportion que ces denrées sont faciles à se procurer. Donc

DES DÉPENSES DD GOVYEBIVEM. 1q3

plas une profession est indispensable , plus il est inévitable ^e ceux qui s'y adonnent, faate d^autre capacité , soient réduits au strict nécessaire. Le seul moyen direct d'améliorer le sort de ces nommes , les derniers en rang dans la société par leur défaut de talent, serait de leur persuader de moins multiplier, et de leur laisser toujours la liberté d'aller exercer leur faible talent ailleurs où il serait plus fructueux. Cest pour cela que l'expatriation doit toujours être permise. Il est encore quelques autres mesures politiques qui pourraient concourir indirectement à défendre l'extrême faiblesse contre l'extrême misère : nous en parlerons ailleurs. Au reste , ces hommes, que nous plaignons avec justice, souffrent encore moins quUls ne feraient dans l'état sau- Tage. La preuye en est qu'il végètent en plus grand nombre , car l'homme ne s'éteint que par l'excès de la souffrance.

Nous ayons déjà dit tout cela ailleurs , à mesure que l'occasion s'en est présentée. Mais il fallait bien le répéter ici à propos de l'impôt. Car l'histoire des rerenns et des dépenses du gouvernement est l'abrégé de l'histoire de la production et de la consommation de la société tout entière , puisque, sous ce rapport , le ^uvemement n'est autre chose qu'un très-grand rentier, à qui l'autorité tient lieu de capitaux. Sans trop forcer la similitude entre la circulation des richesses et celle du sang , on pourrait dire que la circulation opérée par le gouvernement dans la société ressemble tout-à-fait à la circulation pulmonaire dans l'individu : elle est extraite

de la masse totale, et reyients^y fimdre après s^ètrc exécutée séparément , mais d'une maître absolument semblable.

Si la marcbandise imposée n'est pas de première nécessité , et si pourtant son prix conrentionnel n'est qu'égal à son prix nécessaire , o^est une preuTe ifu le consommateur tient bien faibliement à cette jouV sance. Alors l'impôt survenant , le producteur n'a autre chose à faire qu'à renoncer à son industrie , et tâcher de trouver son salaire dans quelque aatie profession dans laquelle il ya accroître la misère par sa concurrence, et dans laquelle encore il a du désa* yantage, parce que ce n'était pas la sienne. Ainsi il s'éteint au moins en très-grande partie. Pour leoonsommateur , il ne perd rien qu'une jouissance à laquelle il était peu attaché , apparemment parce qu'il la remplace facilement par une autre qui donne liea à d'autres salaires. Mais le produit de l'impôt devient nul.

Si au contraire la marchandise peu nécessaire , qui y ient à être frappée par un impô^, a un prix coftyentionnel très-supérieur à son prix nécessaire, et c'est le cas de toutes les choses de luxe, il y a de la marge pour le fisc sans réduire personne prédsément à la misère. La même somme totale se dépense pour cette jouissance , à moins que le gpAt qui la fait rechercher ne diminue , et c^est le pto* ducteur quL est obligé de céder presque en entier ce que IHmpôt emporte de cette somme totale ; mais comme il gagnait plus que le nécessaire,, il n'est pu encore au-dessous. Cependant il y a à dire que eeb

DES DÉPENSES DU GOUVEBlfEH. HqS

Q^est yrai qu'en général : car dans ce métier sapposi^ généralement avantageux ,il y a des individus qui, &nte d'habileté ou de boiiheur, n'y trouvent qu'un nécessaire exigu; et ceux-là, l'impôt survenant, Hnt obligés de renoncer à leur état ,t}e qui est toujours une grande souffrance.

Cest ainsi que l'on peut se représenter avec assez de justesse les effets directs des divers impôts partie et locaux qu'on lève sur les marchandises, dnu leur trajet du producteur au consommateur. Hais outre ces effets directs , ces impôts en ont d'indirects étrangers aux premiers , ou qui s'y mêlent et les compliquent. Ainsi un impôt onéreux sur une denrée importante , levé à l'entrée d'une ville , d'une part diminue les loyers de ses maisons , en rendant son habitation moins désirable , et de l'autre liminue le loyer des terres qui produisent la denée imposée , en en rendant le débit moins considéable ou moins avantageux. Voilà donc des capitaistes msifs , quand même ils seraient absens et ne onsommeraient rien , atteints dans leurs capitaux omme par un impôt foncier, tandis qu'on ne croit meher que le consommateur ou le producteur. Gela st si vrai , que ces propriétaires , si on le leur proosait , feraient des sacrifices pour rembourser une artie des fonds de l'impôt, ou fournir directement ne partie de son produit annuel. Cela s^est vu mille

n y % plus : dans nos considérations économiques oas ne regardons souvent comme véritables conïmmateurs d'une denrée^ que ceux qui effective-

ag6 CHAPITRE XII.

ment U oonaounnail pour leur ntif&oCioa

Msk «olMtaiiit àù oette teirée, SoKwnl b {I^F^ deoeiaqniiÉ kjprociirtiit ne It noherohwlW oomaM matière prcnûère dCantj^ | iwi dweti MW»rt oomne mojin dane lenr iadaataqe. Alon VeAft d> IHmpôt qai Inppe eette deuée rqeillifc nr loelM Mi prodvolîape et toutes oee ipdnatriei. Ceit il qû errtre enilaiit eox dnWiee d*inw «tiUl^ tiAn flrfnénle. on. d'une néoeenté indienenaïUe. Elkl tet partie dei firaîa de tona lea pmdnoteiu* «Miè dei degréidiffirans.

Enfin il ftnt encore obienrer qoe Ue infAli Wi noua parlona ne obargent jamaia anlqiewwl W senle marfibandiae. On lea met en niéaw lenpi if. beaucoup d'eapèœa de denréea, c*eat«-à-dln«v beaucoup d'espèces de prodnotiona et deoonaoBna* tions. Sur chacune amyaut sa nature «As fiont qailqu'un des effets qne nous Tenons d'expliquer , es manière que tous ces diffèrens effets ae benrlaiti se balancent , et se résistent réciproquement* Car fai frais nouveaux dont est grerée une induatria M qu'on est moins prompt à s'y livrer de préGfireMsà une autre qui vient d'éprouver un tort du genre. Le fardeau qui pèse sur un genre de mation fait qu'on ne peut pas la faire eervir ê^ remplacement à celle à laquelle on voudrait renonoer. D'où il suit que s'il était possible de préroû assex complètement tous ats ricochets pour équflibrer par&itemeut tous les poids , en aorte qu'en kf plaçant tons à la fois, ils fissent partout une ptei-

DES DEPEIISESDV GOVyERNEM. H^

sÎBD ^alcy nulle propoitioii ne serait ohangfe par «Kl* II» ne feraient tons ensemble qmePeffet génëni ialMlrent à tout knp^ , saToir : que le prodac- ^mt ton msÀsm d^ar^ent pouf ton travail , et le oq»> IHiMMCeiir moins de jovîssanoes pour son argent* Qi doit regarder les impôts comme bons , quand à •I mal înéritable il ne se joint pas des maux partiovUcM qni soient trop ftohenz.

laaa suivrai pas jdns loin œt examen des différ ^mllmB esp è ces d^impèts. Je crois en avoir assex dit pour mettre à même de les juger, et surtout pour ^oatrer autant que oela est possible sur qui tootbe MleUMBt la perte quHls occasionnent.

Bb effet, Ton voit presaièrement que Timpôt sur Bi rentes dues par l'État , et celui sur le revenu des nree , iran-seulement sont payés annuellement par WX ïïOit qui ils tombent, sans qu'ils puisseut en iam rcjetet sur d'autres, mais que le capital même n. eet ptrdu par eus , en sorte qu'après eux , pereanae ne paie réellement rien ; secondement , qu'il » est de même de PimpÀt sur le loyer des mai- BB#,BBaia que de i^us il gène les spéculations de Atlsae et diminue les aisances des locataires ; trot-» îèflBement, que l'impôt personnel , ayant pour mo* if des ricbesses acquises , ne fait de même aucun urt qu'à ceux de qui on l'exige , mais qu'ils ne I bèwn t pas ceux qui le paieront après eux ; quarièifwient , que la perte résultante de l'impôt sur M inatrumens des transactions «ociales est bien $elIeaoent supportée par ceux à qui en le denkande baqna fois que l'ocossion de le payer se présente ,

!igB CHAPITBE ZIL

maif que ton e&itleiMeMiils anit à d*««tnt , endétMonsk k prix da pluienn cliiHiMtt gÉMOit plsrindàilriM^ mnq ii iè«W M iit , qa« IHoipôt pff^ y qnia pour nntif tUM indaflliM qvskoBqw, et toaf les impte wmt \m nurdMndiMf, giè ft d'abord mwl à qm «n la dwnaade-, nuu qa'en o«* | tre ilf déiaagCBt toua lei prix at tbatoa laa indaftriâ ; et qne par Teffet da oaa MOMhg a ax' iiM oahi ti » ila fiBiaaent par toanhar aartoqflaaoooaoiBaMmn» aaBt qu'on pnuae délerÉiiBer préaia^MOBt dtfi quHie praportioo» I

Jeatiaqna eeiTétttltBta8éparéa,diatâig«éf,ao- ' difléi y parattrant BMina aatiafciaaM qm*aiaa ékJÊtm bien tfaMhanta qn , traitaxt la adria dat mlMi daâ hoBiinai oomaBa «ne file da bonlea d*ifaft| i^ fil méfait qna , qnel que aoit edâ qni aoit tomU, il n'y a que le dernier qni aoit mia an jeo. Uni î*ai dA représenter les ehosea oommn je les fW, et ncm pas eomme on peot les Imaginer. Si IVitrfat 'l simplioité plait à Pesprit en le aoolageant , si aiAm c'est poar oela qu'il orée des alMtraotions , le b* esprit ne doit point oublier qne aette aimplieiléeitréme ne se tronye que là , et que même en méoinique, dès qu'il s'agit de oorps réda, il fiut sfoir égard à beaucoup de considérations qni n'ont pH lieu tant qu'on ne raisonne que sur dea lignes etda points mathématiques. Néuunoîns, pressé par b désir d'anÎTer à un principe positif « on me deairt' dera pent*-étre, comme on me l'a déjà demandé €i pareil cas, quelle est ma oonoludon, et qnd eit l'impôt que je prélfere. Ajrant expoaé laa fidts, je

DBS DléPElPSBS DU GOUVERHEM. 399

pourrais laisser le leeteor tirer les^ coosëquences ; mais je Tais dire mon opinioii , en la motivant , et toutefois en prévenant d'ayanoe qu^^lle ne sera jamais absolue, mais toujours relatire ; car un impôt n'est jamais bon quand il est exagéré , ni même quand il n'est pas en proportion ayec tous les antres.

D'abord je rappelle que la consommation des hommes industrieux , celle que j'ai appelée la con- «>mination produoti?e , étant la seule qui reproduise ee qu'elle détruit , et étant par là la seufe source des riobesses , c'est celle-là qu'on doit surtout tâcher de ne pas déranger.

Partant de cette vérité , l'impôt sur les rentes dues par l'Ëtat mé semblerait le meilleur de tous ; mais il n'est pas possible d'y songer , puisque nous iTons yu que c'est une vraie banqueroute. Ce n'est pas que je croie utile de ménager le crédit public. le pense , au contraire , qu'il est très-fôcbeux que le gouvernement ait du crédit et puisse emprunter ; l'en dirai les raisons quand nous parlerons de ses dettes. La considération morale seule me détermine invinciblement. La société tout entière n'étant foU' dée que sur des conventions , il n'est pas possible qu^il ne soit pas pernicieux de donner l'exemple de la vidbition de la foi jurée. Aucun calcul pécuniaire ne peat balancer un pareil inconvénient; les conséquences en sont immenses et funestes. La véritable manière de taxer les rentiers est de bien adminisurer. Gela fait qu'ils ne trouvent qu'un faible inté oét de leur argent.

300 CHAPITRE Xlfv

Àprèt oet impôt, ancpul ou ut peat pas pOMS, lea DMÎUeiinyJttiTiiiliiioît sont «eosqaihiiceMi» blentia plm, o'flft-èidira l'impôt nu la revewidM terras et celai sur le loyer dee meieensy anxqmiiioe peat joindra Timpôt personnel » ayant ponr eaoMi ki rioheaiesaoqiiiset. On vott que si je préAra FiapAt sur le rayena des terres, ce n'est pas par les mènci raisons que les anciens économistes. Cest an «ntraira parce que je regarde les pitipriétairas det«rai comme très-étrangers à la reprodootion. D'aillenit je considéra ces trois imputs-oi , qui portent prineîpilsment sur les riches, comme une compensation éa impôts sur les marchandises, qoi n<Vwifimir»iiinat grèvent principalement le pauyra. Je n'ai pu heHOi de dira qa'il ne fiaut pas que l'impôt fimoier sait td, qne heaueonp de terres soient négligées.

L'impôt sur les actes et les transactions soeialM, malgré ses inoonyéniens , me parait admissible an», poury u qu'il ne sût pas exagéré. S'étendant surbetooottp de choses , il porte sur beaucoup de points, ce qui est toujours un ayantage ; et il ne pèse pas immédiatement sur les premiers besoins dn pauyre, ce qui est encore un grand bien.

Quant aux impôts sur les marchandises , auaqedi il faut joindre l'impôt personnel, ayant ponr motif l'industrie présumée , je commence par rajeter absolument toute yente ezolusiye, et enoora plus tonti yente forcée, ainsi que toute disposition tendante à l^ner la liberté du travail et à blesser la propriété individuelle , c'est-à-dira l'entière disposition des facultés personnelles. Ces excès écartés , je ne vois

DES DÉPENSES DU GOUVERNEM. 3oi

rien «pn empêche d^aToirreeoars aux impôts ^ur les mardiandises. D'abord tous oeux sur les marchandises parement de luxe sont excellens , et n^ont que des ayautages sans inoonvéniens. Us diminuent les effets de l'excessive inégalité des fortunes, en rendant plus «ibères les jouissances extrêmement recherchées. Ce sont les seules lois somptuaires qu'on puisse ap* prouver. Mais ces impôts sont ceux contre lesquels se soulèyjBnt le plus tous les hommes puissans : d'ailleors ils sont toujours d'un très-faible produit , oar dans tous les genres c'est le grand nombre, qumque trop méprisé, qui fait la force. 11 faut donc eu reyeuir aux impôts sur les marchandises plus utiles , et inéme sur celles de première nécessité , car enfin il faut bien des revenus publics. Ceux-là , comme nous l'avons dit, pèsent principalement sur le pauyrej mais comme nous l'avons dit aussi, ils sont balancés par ceux qui portent uniquement sur les propriétaires de biens-fonds, et ils les justifient. D'ailleurs , placés aux portes des villes , ils contribuent à disséminer la population sur toute l'étendne du territoire; levés aux frontières, ils peuvent être utiles à quelques combinaisons diplomatiques , tant que la saine politique ne les dirigera pas entièrement. Je ne crois donc pas devoir blâmer ces impositions. Je me borne à recommander qu'elles ne soient jamais assex lourdes pour écraser un genre d'industrie , et qu'elles soient très- variées , afin qu'elles pèsent snr toutes. C'est les ménager toutes que de les charger de manière qu'elles soutiennent chacune leur part da fardeau commun; oar il ne faut pas oublier qa'il ne

3o2 CHAPITBE XII.

peut jamais élre question ioi que de laîre le moiui 4c j' mal poMiMe, et que quand cm a liien dIstriM le mal uéoesiaire, on a atteint le masSmum de la perfection du genre,

La cherté de la perception et la n4oeaât6 des penitiona sont encore deux maux «oceaaoiref de Fnp6t, auxquels les uns sont, il est yrai , plnssiqett qit les autres, mais sur lesquels je n'ai rien à dire, âot n'est queniPun ni l'autre ne sont portés à l'extfêflBe, quaud les impôts ne sont pas excessifs , et qu'ils ac sont pas appuyés de formes tyranniqoes.

les regarde que comme des eonsidérations daires.

Voilà ce que je pense sur les impôts. Mais veat4i une conclusion plus précise? la Totci : Les impôts ]m meilleurs , anijant moi, sont i^ les plos modéirén parce qu'ils obligent à moins de sacrifices, «t néett* sitent moins de violences $ a» les plus yanés, perv qu'ils se font équilibre les uns aux autres; 3o les plat anciens, parce qu'ils ont pénétré dans tous lespriit et que tout s'est arrangé en conséquence.

Encore une fois , je crains que l'on ne sait pas s*' tisiait de cette décbion. Elle n'est pas assea tnschanle pour être brillante. Mais à la modération piit (à laquelle on manque souvent par néceasité), clk est assez conforme à ce qui se fait partout ; et , si die était juste, comme je le crois, elle serait un nouTcl exemple d'un phénomène intellectuel fort ordinaire « mais qui n'a pas toujours été asses remarqué : o'sit que dans les matières un peu difficiles la pratique est provisoiremenl assez raisonnable long -temps

DES DÉPENSES DU GOUVERNEM. 3o3

dI qae la théorie le soit , et quand le sujet est réeleut approfondi, on reconnaît qae le bon sens pu- I y je dirais presque Tinstinot général, s^est moins rté du droit chemin que les premières spéoula- B scientifiques. La raison en est simple. Dans la tique» on est tout près des fidts ; ils se présentent ufl momens , ils vous guident , ils tous retiennent , rous ramènent continuellement à ce qui est ^ à érîté; au lieu que dans les combinaisons spécu- 7ea y qui consistent toutes en déductions , il suffît ne première supposition fausse, pour arriver trèsséquemment aux plus graves erreurs , sans que I TOUS en avertisse. Cest là ue qui motive Pattanaent aveugle que l'on a généralement pour tout [oi est en usage , et Pextréme méfiance qu^inspire te yérité neuve qui y est trop contraire. Cette disition est sans doute exagéi*ée, mais elle estfooen raisons. Quoi qu'il en 8(Mt, nous avons assez lé des revenus du gouvernement , occupons-nous ses dépenses.

i^ous aurons peu de choses à dire sur ce sujet. as avous vu que le gouvernement est dans tout rs un très-grand consommateur, et un consomteur du genre de ceux qui vivent de revenus et i de profits; qu^ c'est un très-grand lentier, à i l'aatorité tient lieu de capitaux. Par conséquent, t ce que nous avons dit de cette espèce de couamateurs lui est applicable. Sa dépense ne se reiduit pas dans w% mains avec accroissement de enr , comme celle des hommes industrieux. Sa sommation est réelle et définitive. Il ne reste rien

3o4 CHAPITRE XII.

da trATsil qu'il solde. Les richesses qnHl emploie, et qui étaient existantes avant de- passer dans ici mains, sont consommées et détruites qaand ili*ca est servi. En effet, en quoi consiste la très^majeut partie de sa dépense? A payer des soldats, des mût lots, des j âges, des administrateurs de tonte espèee, et à faire tons les frais qaVugent œs différens wryices. Tont cela est très-atile , sans doute, et mèw nécessaire en totalité, si Pon y apporte toute réoonomie désirable ; mais rien de tout oela n'est prodaetif. La dépense que le gouyememeut pourrait bût pour enrichir les favoris du pouvoir est tont aatf stérile, etn^a pasPexouse de la nécessité, ni toètt celle de Tutilité. Aussi est-elle encore plus désagr^ ble au public , qu'elle blesse au lien de le serrir. I en est tout autrement des fonds qui sont employéici travaux publics d'une utilité générale, tels que do ponts , des ports , des chemins , des canaux , des éti* blissemens et des mouumens utiles. Ces dépenses sont toujours vues de bon œil quand elles ne sontpu excessives. Elles contribuent eu effet très-pnissUD' inent à la prospérité publique. Cependant elles v peuvent pas être regardées comme directement pio* ductives dans les mains du gouvernement, paisqu'elles ne lui rentrent pas avec proGt, et qu'elles ne lui créent pas uu revenu qui repi-ésente l'intérêt des fonds qu'elles ont absorbés; on, si cela arriveras en doit conclure que des particuliers auraient pu faire les mêmes choses aux mêmes conditions , si on leur avait laissé la disposition des sommes qu'on leor a enlevées pour en faire cet usage, et il est mêim*

DES DÉPENBIS DU GOUVEailEM. 3o5

iblabie4ia'il9 Itf aoraieDt emplojéea avec plus d'inieUigaïae et d'éoonomie. Enfin , on peut dire Umtes les «iéine« choses de oe que le gouyememettt djfip— iiç «n divera encouFagemenfl pour les soiesoee et les artf.Ceseomines tout toujours assez petites, et lettr utilité est le jlus souvent très-contestable , oar H «si btea eùr qu'en général le plus puissant enoouraf^ment qn'on puisse donner à Tindustrie de tout genre est de la laisser agir et de ne s'en pas mêler. L'esprit humain irait bien yite , si seulement iln'étsit pas gêné, et il serait amené par la force des choses à faire toujours ce qu'il j a de plus essentiel dans (dMqne ooettrrenoe. Le porter artificiellement d'un oÀté plutôt que de l'autre, c'est ordinairement le £dre dévier plutôt que le conduira. Néanmoins ao* eoidons cnoora l'utilité constante de ce genre de d^ penses, peu considérables sous le rapportde l'argent; il n'en est pas moins yrai que , comme toutes les préeédentes, elles sont de vraies dépenses qui ne rentrent pas.

De tout cela je couclus que la totalité des dépenses publiques doit être rangée dans la classe des dépenses justement nommées stériles et immoductipes; et que, par conséquent, tout ce quVMjBle à l'État soit à titre d'impôt , soit même à titre oCmprunt, est un résultat de travaux productifs antérieurement fidis , qui doit être regardé comme entièrement oon- Bonmé et anéanti le jour où il entre dans le trésor national. Encore une fois , cela ne veut pas dire que ce sacrifice ne soit pas nécessaire et même indispennbie. Sans doute il faut que chaque oitoyen, sur

3o6 CHAPITRE XIL

le produit de fon tnyail actael, oa tor le^remi de ses oepiUax, qui «mt le prodnit d*ui tRful pku anoieii , prélè?e ce qui est néoeeniie à VtUL, oomme il faut qu'il entretienne sa maison psar y loger en sûreté. Mais il faut qu'il sache que ^eil un sacrifice qu^il lait ; que ce qu'il donne est iacessamment perdu pour la richesse publique eoaae pour la sienne propre ; qu'en un mot, c'est uned&> pense et non pas un placement. Enfin, il fiiut qee personne ne soit assex ayeuglé pour oroîre que eu frais quelconques sont une cause directe d'angine» tation de fortune , et que chacun sache hîsn qac, pour les sociétés politiques comme pour les sooiéléi conuneroiides , une régie dispendieiiae est rninsuc, et que la meilleure est la plus économique. Ai reste , c'est là une de ces yérités que le hon scw du peuple a aperçue long-temps ayant qu'elle fii claire pour les plus grands politiques.

Si de l'exsmen des dépenses ordinaires du got* vemementy nous passons à celui de ses dépemei extraordinaires , et des dettes qui en sont la suite, les mêmes principes vont nous guider. Cest encoi* là un suîet sur lequel le bon sens a de beaucoap deyancMp lumières des prétendus adeptes. Ltf gens simples savent de tout temps qu'on s'appsnTiil en mangeant plus que son revenu, et que, daai aucun cas , il n'est bon d^étre endetté; et des geas^ d'esprit croyaient et écrivaient encore, il n^y a pi* long-temps, que les emprunts du gouvememsut sont une cause de prospérité, et que la dette publique est une nouvelle richesse créée au sein de U

DES DEPENSES DU GOUVERIfEM. ^oj

Miiété. Cependant, puisque nous nous sommes con- BÎnous , 1° que les dépenses ordinaires du gouyerement n'ajoutent rien à la masse totale de la oirulation , et ne font qu'en changer le oours d'une lanière le plus souvent désavantageuse; a» qif elles ont d'une nature telle, qu'elles n'ajoutent rien non lus à la masse des richesses antérieurement pro- Laites , sur lesquelles elles sont prélevées , nous denms en conclure que les dépenses extraordinaires le oe même gouvernement étant de même nature |ae ses dépenses ordinaires, elles sont également incapables de produire ni l'un ni l'autre de ces bons effets. Quant à la ridicule idée qu'en créant des contrats de rente sur l'État on crée réellement une nouvelle valeur , elle ne mérite pas de réfutation sérieuse. Car si ceux qui reçoivent ces titres possèdent une certaine somme de plus, il est évident que l'Etat qui les donne a une pareille somme de moins V sans quoi il faudrait dire que toutes les fois que je souscris une .obligation de mille francs, j'augmente la masse totale des richesses de mille francs, ce qui est absurde. Ainsi il est bien certain que dans aucun cas, on ne peut jtffe^ouir de l'accroissement de la consommation^HT gouvernement , et de la grandeur des dépend publiques.

Mais enfin , quand ces dépenses sont très-considérables, doit-on se féliciter de pouvoir y faire face plutôt par des emprunts que par des impôts ? ou , en d'autres termes , est-il heureux pour les gouvernés que le gouvernement fasse usage de son crédit.

3o8 GRAPITBB XII^

om même qu'il ait dm erédît? C«l la domèR qoealioa qui me verta à tniler airant de flmr m diapiire. Je aaia qn'dle est rfalue pour lûn èm hommes d'État, et même |»out beauoonp #éefi* Taiitf «pécalatifs , qui peuMDt fememeiit qet b orWt pnldio fait la fbree et ht sArelé de FÉtat; qu'il est une grande cauae de proapérilé dans !■ tempe ordinaires, et la seule ressooreeeflieaoadmi les néeessitéa urgentes, et qu'ainsi e^est le Tni fi^ ladinm de la sooiété. Cependant, je eroîa atfoîr à bonnes raisons pour oombattre leur opin i mu Je u les tirsrai point des fnnestts effeta des emprunU sir l'orga ni sa ti on sociale; de Pénorme pouvoir qt'ik proeurent aux gonvemans , de la faoilité qu'ib Um donnent pour fiûre tout ee qu'ils veulent , peor à^ tirer tout à eux , pour enriobir leurs oréatures, fov 80 dispenser d'assembler et de oonsnlter ks d' toyens, ee qui opère rapidement le renvuiiSiBMt de toute oonstitatioo. Ces oboses-lè ne sont fM actaeilement de mon sujet. Je ne eonaidère en ot moment dans les emprunts qae leurs effets pa>^ ment économiques, et c'est uniquement sons •> point dj^ne que je yais discuter leurs aTantagsKt leurs uil^v^ims.

lia première chose que l'on dit en faveur dese» prunts , c'est que les fonds qu'on se procure par ci moyen ne sont arrachés vi<demment à personne, if croîs que c'est là se faire illusion. En effet , il M* bien vrai que quand le gouvernement emprunte B ne force personne à lui prêter; car il ne faut ptf Regarder les emprunts forcés comme des emproats,

DES DEPENSES DU GOUVEaSBH. SOQ

is comme des oontributions. Quand donc les prérs portent leur argent an trésor public, o^est liiinent et ^volontairement ; mais aussi Topération i€ pa3 finie là. Ces capitalistes ont prêté et non

donné, et ils entendent bien ne perdre ni oapini intérêts. Par conséquent ils forcent le gouyer^ nent à lever un jour on Fautre une somme égale elle qu'ils lui fournissent , et aux intérêts qu'ils

exigent. Ainsi, par leur obligeance, ils ne font B grever malgré eux , non-seulement les oitoj^ns oellement existans , mais encore les générations ares. Gela est si vrai, que l'espèce de soulagent qne leur service produit pour le moment préit n'a lieu que parce qu'il reporte une partie du deau sur les temps à venir.

Cette circonstance donne lieu , suivant moi , à une inde question que je suis étonné de n'avoir vue icntée nulle part. Un gouvernement quelconque , t monarchique, soit polyarohique , en un mot, I hommes existans , ont-ils le droit de grever lei des hommes qui n'existent pas encore, et de

obliger à payer un jour leurs dépenses actuelles?

n'est pas seulement ici le cas des testafl|Mboon- ! lesquels on dit avec raison , que nul l^HP^ ^'^ 9it à être obéi après sa mort ; car enfin larociété iy pour l'avantage général , ôte tant de différens aTOÎrs à chacun de ses membres , peut bien leur Boeder celui-là s^il lui est utile, et le leur garantir; les héritiers naturels des testateurs sont toujours

maîtres d'accepter ou de refuser leurs succesii5 , qui au fond ne leur appartiennent qu'en vertu

3lO CHAPITRE mu

detloîa ({ai les leur «djagenl , et ayec les qa'elles y mettent. Mais quand il s^agit publics y il en Ta tout aatreiKient«*17iMigé] reçoit peint d?une antre» oomme on h droit de vivre en société , et d'y yivre s qui lui plaisent. La première n'est point < dire à la seconde : Si vous Toolez me vetlà oomme il faut que yous existiez c vous arrangiez; car d'un tel droit il suiv loi une fois faite ne peut jamais être cha le pouvoir législatif actuel (quel qu'il so toujours censé l'organe de la ydonté g tnelle , ne peut ni obliger ni gêner le po latif futur, qui sera l'organe de la ydoii d'un temps à venir. C'est sur ce principe ' nable qu'il est reconnu en Angleterre q ment ne peut jamais voter des impôts c l'arrivée d'un autre, ou même jusqu'à velle session du même parlement. Je sais pliquer rigoureusement ce principe aux pays où il n'est pas admis , et où des enga térieurs ont été pris de bonne foi , ce sera à la foLpnblique ; et j'ai suffisamment m dcssu^Sja persuasion profonde qu'un i peut jamais être ni juste , ni utile ^ de absolument équivalens pour moi oomme vertu. Mais il n'en est pas moins vrai , p( à l'exemple de l'Angleterre , qu'il est cont et par conséquent absurde, qu'un parlée ne pouvoir voter des impôts que pour croie pouvoir voter un emprunt à rentes pe

DES DEPENSES DU GOVVERNEM. 3l I

OU à longs remboursemenf ; oar o'cst voter la aéoeaflfté d'imp(yt8 snfiisaiM pour payer ces rentes et oes rnnboarsemens , en déclarant qu'on n'a pas le droit dVn répondre. Je trouve bien plus sensé et plus ÏÊjàl le principe autrefois admis en Espagne, qne la engagemens d'un roi ne lient pas son successeur. Av moins ceux qui contractent avec lui savent le risque qu'ils courent , et n'ont point & se plaindre de oe qui leur arrive. Nous verrons bientôt que ce prinoipe, mis en pratique, est aussi bienfaisant qn^il est raisonnable.

Foar le moment , je me borne à soutenir que , pttiaqn'en définitive le capital et les intérêts d'un emprunt ne peuvent jamab être payés que par un illkpôt , les fonds que le gouvernement se proonre pair cette voie finissent toujours par être arrachés violemment aux individus , et qui pis est , à àeê indUitidus qui n'y sont point obligés , puisqu'ils ne s'y 0OBt point engagés ni par eux-mêmes ni par leurs représentans légitimes ou légaux. J'appelle légaux que la loi existante autorise , et dont les actes Lt Talables quand même cette loi ne serait pas juste. Le second avantage que l'on trouve aux emprunts , c'est que les sommes qu'ils foumiflsent no •ont point enlevées à la consommation productive, puisque ce ne sont pas des entrepreneurs d'industrw qui placent leurs fonds sur l'État, mais seulement des capitalistes oisift , vivant de leurs rere- BUS, qui se créent cette espèce de rente au lieu de s'en créer une autre. Je réponds que ce second avantage n'est pas moins illusoire que le premier. Car

3ia cHAPiTaE XII*

quoiqu'il foil Yni quo o«iul qui ptêUùX au pm- TCfiMiiMiit ne Miit psf en géntel ém bonuBei ^ ammient joint lear indocti» peraoandUe à Uut oepiUiiz; pour les fiire Taloir plne uHlenwt àtm des emplois prodaotifii , oependaat il arrife qa^J a beaneoap de oes préteurs que la &ctUté de m proeurer une eustenoe suffisante sans risqnesin fiitigucs a seule dégo&tés du tniTaîl et jetés dans F» siveté. D*ailienrs , même en admettant que toai fassent également demeurés oisils quand FÉht n'aurait point emprunté, il est œrtaîn que iPîls m lui avaient pas prêté leur argoat , ils ranraîent pilt^ aux iKHnmes industrieux. Dés lors oes.libmm> industrieux auraient eu plus de oapitaax à SêS» traTailler , et par l'effet de la oonourmioe des frfteurs, ils les auraient eus mojyennant un bboîi* dre intérêt : or ce sont là deux grands biens dont kf emprunts publics les privent. Enfin , on ne peit nier qu'à moins de faire bauqueronte , quand on t emprunté une somme il £iut finir par la rendit} et pour la rendre , il faut la lever sur les eîtojeai> Ainsi y Xàï ou tard elle affecte Tindustrie autant et ée la même. manière que si on Tavait exigée d*abofé. De plus'i jQl faut y ajouter tons les intérêts quel'ÉUt en a payés jusqu'au moment du remboursement; et il est aisé de voir qu'en peu d'années oes intérêts oat doublé le capital, et par conséquent doublé le mal* Mais aujourd'hui en Europe, oo est tellemeat habitué à l'existence d'une dette publique, qœ lorsqu'on a trouvé le moyen d'emprunter unesonuse à rentes perpétuelles et d'assurer le paiement dei

DES DEPENSES DV GOUVERIIEM. 3l3

intérêts , on s^imagine s'être libéré et ne plus rien ideroir ; et l'on ne yoit pas , on Ton ne veut pas tûir, qne œs intérêts absorbant une partie dtt reycnn public y qni déjà était insuffisant , puisqu'on a été obligé d'emprunter , ils sont cause que ce même retenu suiBt encore moins aux dépenses subséquent tes; que bientôt il faut emprunter encore pour faire ftœ à ce nouveau déficit, et se grever de nouveaux intérêts ; et qu'ainsi , en assez peu de temps , il se trouve qu'une porti<m considérable de toutes les riliesses annuellement produites est employée non pas au service de l'État , mais à entretenir une foule de rentiers inutiles : et pour comble de maux , quels flont ces rentiers ? des bommes non-seulement oisift toooune tous les rentiers , mais encore complètement isdifférens aux succès ou aux malheurs de la classe JBdustrieuse, à laquelle ils n'ont rien prêté ; n'ayant absolument d'autre intérêt que la permanence du gouTemement emprunteur , quel qu'il soit et quelque chose qu'il fasse; et en même temps n'ayant d'autre désir que de le voir dans l'embarras, afin qu'il soit obligé de les ménager et de les mieux payer ; par conséquent , ennemis nés des véritables intérêts de la société , ou au moins leur étant absolument étrangers. Je ne prétends pas dira que tous les rentiers de l'État soient de mauvais citoyens ; mais je dis que leur position est calculée pour las rendre tels. J'ajoute que les rentes viagères tendent de plus à rompre les liens 'de famille, et qtie la grande abondauce des effets publics ne peut manquer de produire une foule de joueurs effrénés. La

3l4 GUAPITRE X|I.

yérité de œ que j'aTance. le montre d'vne manièic hknodieiuecllneii fnnettedanetoiiteeleepniiâtf Tillee eane eomineroe , et e orloat dam tmites lei mpîtales oàoette daete d*lioinmeeeettrèsHMiiiilireaii et trte-pniitante , et a beanooai» des mogreni de friic préraloîr aee passioiie et de perfertir Vo^nion générale.

On a dono autant de tort de oraîre q[ae Ict e«prnnts da gonvemement ne eont pas nwirihUià l'indostrie nationale, que de se persoadec qie ki fonds qu'ils prodoisent ne sont enlerés Itaaoïmttdivida malgré lui. Au reste oe ne sont pas làlcs fé* ritables rusons qui font attaoher tant dlmportaaoi à la possibilité d'emprunter. Le grand sTuntage du emprunts, ans yeux de leurs partisans , est qa'Qi fimmissent en un moment des sommes én o ru si que l'on ne pourrait se procurer qu'ayec beauoiNf de lenteur par le moyen des impôts même les pin acoablaiis. Or , oe prétendu avantage , je nliéiitt pas à déclarer que je le regarde comme le plus gnsd de tous les maux. Ce n'est autre chose qu'un mojrcs de faire faire aux hommes des efforts excessifs qoi les épuisent, et tarissent en eux les sources delà TÎe. Montesquieu l'a bien senti. Après avoir peint trèiénergiquement l'état de détresse et d'anxiété auqiid l'exagération des dépenses publiques ayait rédoit déjà de son temps les peuples de l'Europe qui asraient dû être les plus florissans par leur industrie, il ajoute : « Et , ce qui prévient tous les remèdes t » venir, on ne compte plus sur les revenus, mais » on fait la guerre avec son capital. Il n^est pas

DES DEPENSES J>V GOUVERNEM. 3l5

« inoui (i) de voir des Etats hypothéquer leurs > fonds pendant la paix même , et employer , pour i se ruiner , des moyens qu'ils appellent extraordi- » naires , et qui le sont si fort , que le fils de famille » le plus dérangé les imagine à peine (a). »

On ne manquera pas de dire que c'est là ahuser de son crédit , et non pas s'en servir , et que l'abus qu'on peut en faire n'empêche pas qu'il ne soit bon d'en avoir. Je réponds d'abord que l'abus est inséparable de l'usage , et l'expérience le prouve. Il y a à peine deux cents ans que les progrès de la civilisation, de l'industrie, du commerce, ceux de l'ordre social , et peut-être aussi l'accroissement du numéraire , ont donné aux gouvememens la facilité de faire des emprunts ; et , dans ce court espace de temps , ces dangereux expédiens les ont tous conduits à des banqueroutes totales ou partielles , quelquefois répétées , ou à la ressource aussi honteuse et plus funeste du papier-monnaie, ou à rester accabla sous le poids d'un fardeau qui devient chaque jour plus insupportable.

liais je vais plus loin : je soutiens que le mal n'est pas dans l'abus, mais dans l'usage même des emprunts ; c'est-à-dire que l'abus et l'usage sont une seule et même chose , et que chaque fois qu'un gouvernement emprunte , il fait un pas vers sa ruine. La raison en est simple. Un emprunt peut être une bonne opération pour un homme industrieux dont la consommation se reproduit avec protit. Au moyen

(i) Il aurait dû dire : il est niqvtur.

(a) Esprit des Lois, Ut. i3, chap. 17.

3l6 CHAPITRE XIL

d« floionies qa^il a empruntées , il angoente mtte ooMommatMii produotive , et avoo «II» m» ptd&to. Maia «n goMyememeiit, qai est un «maoBBMtnir dn genre de ceux dont tes dépenses sontstérilciet destracti?es , ee qa'il emprunte il le mange , o^ autant de perdu \ jamais, et il reste grevé d*une ditte qui est autant de retranoké sur ses moyens à Tcnr. Gela ne peut être autrement. Dans plusieurs piyi on a oommenoé par être long-temps sans sentir ki mauvais effets de oes opérations , peree que ki progrès de Tindustiie et des arts étant très-gru^ à oette époque , ils se sont trouvés j^us rapides qw oeujL de la dette , et les moyens du gouyemeeiciit ne laissaient pas d^augmenteré Bien des gens mène en ont eonolu qu'une dette publique était ait source de prospérité , tandis que œla prouvait sealement que les particuliers faisaient plus de Imb que le gouveinemeut ne faisait de mal ; mais oe mal n'en était pas moins réel , et actuellement personne n'est tenté de le nier.

A oes raisons pressantes on répond par la lealc excuse qui reste quand on n'en a plus , la mécetnti» Mais j'insiste, et je prétends que dans le oas dont il s'agit , la nécessité même n'est point une ezcose ; car c'est, le remède lui-même qui orée l'obligatioB où l'on est d'y avoir recours. Je m'explique : quand une nation est une fois engagée dans une situation périlleuse , il n'est pas douteux qu'il y a nécessité pour elle de faire les plus grands efforts pour s'eo tirer. Mais un corps politique ne se trouve pas naturellement placé dans une telle position. Toujours

quelque cause antérieure Vy a jeté. Oui! a exceasivemeot mal mené ses affaires intérieures, et par là il a enoouragé quelques voisins inquiets à Tattaquer pour profiter de sa faiblesse ; ou , s^il a bien conduit ses prc^res affaires, il a cbercbé à s'en prévaloir pour se mêler mal à propos de celles des autres ; il a abusé de sa prospérité pour troubler celle d'au* tmi , pour faire de trop grandes entreprises , pour âever des prétentions exagérées, ou seulement pour prendre une attitude menaçante qui provoque des mesures hostiles et produit la haine. Ce sont lé en effet les fautes qui amènent ordinairement la aéeessilé de faire des efforts excessifs et d'avoir retours aux emprunts ; et s'il est vrai que c'est par la lalle confiance qu'a inspirée cette pernicieuse ressource qu'on a été entraîné dans ces fautes , on doit oouyenir que le crédit que l'on regarde comme un remède à ces maux en est la vraie cause. Or l'histoire nous apprend que c'est effectivement depuis que les gouvernemèns ont eu ce que l'on appelle du crédit, c'est-à-dire la possibilité d'employer en un instant les fonds de plusieurs années , qu'ils n'ont plus mis de bornes ni à leurs prodigalités , ni à leur ambition, ni à leurs projets, qu'ils ont augmenté leurs armées , qu'ils ont multiplié leurs iutrigues , et qu'ils ont adopté cette politique tracassière avec laquelle on ne peut ni éviter la guerre, ni jouir de la paix. Ce sont donc là les effets de ce crédit public que l'on regarde comme un si grand bien. Mais du moins est-il utile dans les dangers pressans? Non. Il n'y a de danger pressant pour une nation

3l8 CnAPITBE XII.

qae IHnyasion subite de «on tarritoôre. Duu ot ou extrême oe n'est pasPargent qui saave,€^ett k oobcoon des forces , c'est Im réimioo des ^roêoniés. Lh réquisitions donnent les cbosee , les lefteen mssR fournissent les hommes, les emprunts n'y serviraient de rien. Ce à quoi sert le ciMit , c'est à foor tenir des guerres lointaines , o'estrè-dire à les prolonger, encore il manque quand Mies deneBMit désastreuses , o^est^à-dire au moment du besoÎB. Alors on fait la paix. On l'aurait ^dte plus tftt à Von n'ayait pas eu de crédit , ouplut6l l'on n'eAt psi fait la guerre j et quand cette paix terdÎTe et tank est signée, on s'aperçoit que, de tontes les psrtsi que l'on a faites , la plus regrettable , après les knt* mes inutilement sacrifiés, est celle des somma qu^on aurait oonserrées si l'on n'avait pus en U. milheureuse facilité de les emprunter. Le yainqaetf lui-même n'est jamais dédommagé par ses suooès des sacrifices qu*ils lui ont coûtés et des dettes dost il reste grevé. De tout cela je conclus tout de nouveau que ce que Ton appelle le crédit public est k poison qui tue , même assez rapidement , les goavememens modernes.

Je ne conseillerai pas cependant de faire une ki qui défende aux gouvemans de jamais emprunter , et aux gouvernés de jamais leur prêter. Une telle loi serait absurde et inutile : absurde , car elle serait fondée, comme le mal qu'elle voudrait détruire, sur oe faux principe, que le pouvoir législatif actuel peut enchaîner le pouvoir législatif A venir; inutile, car la première chose que feraient ceoi

GBAV. XIII. GOKCLUSION. 819

qui dans la Anite youdriâeiit emprunter , oc Mnit d'aboUir la loi qui la leur défend , et iU en auraient le droit* Jevoiidraij dono que Ton s'y prit tout différemment; je Toudrais qu'au contraire on reconnût et fn proekmât oe principe d'une étemelle Yéiilé y. que tout c^ que deê législateurs quelconques décrètent, leurs successeurs peuvent toujours le modeler i le changer, Vannider; et que l'on . déclarât lolennellement qu'à l'arenir ce pnneipe salutaire sera appliquée, comme il doit l'être, aux eng,agemens que le gouyemement pourrait prendre i|V«Q des préteurs. Par là le mal serait coupé dans fa racine , ear las capitaL'stes n'ayant plus de garantid ne prêteraient plus; bien des maBieurs seraient prévenus ; et ce s^ait une nouTelle preuve que les inanx de l'humanité viennent toujours de quelque enreuji , et que la vérité les guérit C'est par ce vœu qu^ je tfrminerai ce que j'avais à (Ure des revenus «t des- dépenses du gouvernement , et que je finirai ce traité. Seulemenl je vais eucore présenter au lecteur quelques réflexions sur tout ce que nous avons vu jusqu'à présent.

CONCLCSIOir.

Mb voici arrivé à un endroit remarquable du chemin que je me proposais de parcourir. Je demande la permission de m'y arrêter un moment. Je

3^0 GBAPITEE XIII.

répéterai encore an lecteur que ce qnll vient de lire n'est pas simpiement un Traité d^Économie pi»litique. Cest la première partie d'un Traité de k Ydiinté qui doit en aroir deux autres , et qui n'ot lui-même que la suite d'un Traité de l'Entendement. Tout ici doit donc être coordonné avec oeqm précède et ce qui suirra. Ainsi on ne doit pas ètn étonné que je ne sois pas entré dans les détaOs de l'économie politique , mais on devrait l^ètre que je ne fasse pas remonté jusqu'à Pcnrigine de nos bs' soins et de nos moyens ,que je ne me fusse pas o»cupé de fidre voir comment ces besoins et oes moyeu naissent de notre faculté de vouloir, etquej'eoM négligé d'indiquer les relations de nos besoins plqfsiques avec nos besoins moraux?

Cest pour ne pas mériter ces reprocbes,qiiefâ commencé par une Introduction très-générale, qù n'appartient pas plus à Péconomie qu'à la morale ou à la législation , mais dans laquelle j'ai tâché ds bien expliquer quelles sont les idées dont nous sommes redevables à notre faoulté de vouloir , et sus lesquelles oes trois sciences n'existeraient pas pov nous. On me dira que cette Introduction est trop métaphysique. Je répondrai qu'elle ne pouvait être autrement, et que c'est précisément parce qu'elle est très- métaphysique qu'il n'y a point de mauTiise métaphysique dans le reste de l'ouvrage. Car il n'y a rien de tel pour se préserver des sophismes et des illusions, que de commencer par bien éclaircirlei idées principales. Nous n'avons pas tardé à en aW la preuve.

GOHGLUSIOR. 3^1

En effet , après aToir bien observé la manière dont BOUS oonnaissons nos besoins , notre faiblesse originaire, et notre penchant à sympathiser , noas n'a- TOBs plus eu anonn doute sur la nature de la société. Noos avons tu clairement qu'elle ejit notre état natnrel et nécessaire , qu'elle est fondée sur la person- Mlité et la propriété , qu'elle consiste dans des oonyentions , que ces conventions sont toutes des échanges , que l'essence de l'échaqge est d'être utile aux deux parties contractantes, et que les avantages généraux des échanges qui constituent l'état soeUl sont de produire le concours des forces, l'aoeroissement et la conservation des lumières , et la division du travail.

Après avoir examiné de même nos moyens de pourvoir à nos besoins , nous avons vu que nos for- Ces individuelles sont notre seule richesse primitive; ^Ue remploi de ces forces , notre travail , a une valeur nécessaire qui est la seule cause de toutes \eà tu très valeurs ; que toute notre industrie consiste à abriquer et à transporter , et que l'effet de cette inlustrie est toujours uniquement d'ajouter un degré t^atilîté aux choses sur lesquelles elle s'exerce , et {e nous fournir des objets de consommation et des moyens d'existence.

Remontant toujours à l'observation de nos facultés, puisque la personnalité et la propriété sont néoesaîres , il est évident que Tinégalité est inévitable. Mmjk elle est un mal. Nous avons vu quelles sont les anses de son accroissement exagéré et quels en sont es funestes effets. Ceux*oi nous ont expliqué d'une

3aa GQAPiTRit xuh

manière trèa-prëeiM oe que Vùn dit oidi d*aiie manière trè«-Yag«e àea âiSéntu et quels paMe svcoesÛTemeiit le méniepewpi

Paioque nous a¥o«s tovA des moyens, mea tous propriétaires $ puisque noiu aYo besoins, nous somma tous ccrnsommateun grands intérêts «pus réanissent tcH^jours.

sommes naturellement inégeiix : d'où il i le temps que quelques-uns ont des aval beauooup d'autres n'en ont pas. Ces demi' ▼eut vivre que sur les {onds des prem deux grandes classes d'hommes, les sal salarians , opposés d'intérêts en oe que le dant leur travail voudraient le vendre c autres l'aohetant voudraient l'acheter à 1k

Parmi ceux qui achètent le travail , 1 sont les riches oisi£s) ne l'emploient qu'à faction personnelle; sa valeur est détrui très (ce sont les entrepreneurs d'indusl ploient d'une manière utile qui reprodi coûte : ce sont ceux-là seuls qui enti-et accroissent les richesses déjà acquises | oe i eux seuls qui fournissent aux autres cap revenu qu'ils mangent , puisque ne faisa ne peuvent tirer d'autre parti de leurs soit mobiliers , soit immobiliers , que de aux hommes industrieux , moyennant une ceux-ci prélèvent sur leurs bénéfices. Plu trie de ces derniers se perfectionne , plus n< d'existence augmentent.

Enfin nous avons remarqué que la fée

GONGLusion. da3

l'espèce humaine est telle , que le nombre des hommes est toujours proportionné à U quantité de leurs K moyens d'existence; et que partout o& ce nombre s'augmente pas continuellement et rapidement, c'est T< ^ne beaucoup d'individus périssent tous les jours ^ Âate de moyens de vivre.

Telles sont les vérités principales qui suivent si ^ immédiatement de l'observation de nos facultés, qa^il n'est pas possible de les contester. Elles nous conduisent à des conséquences qui ne sont pas moins «ntaines.

Après avoir bien vu ce que c'est que la société, . il est impossible de ne pas rejeter l'idée de s'en pasabsolument, ou de la fonder sur un renonceentier à soi-même et sur une égalité ohimé- . nqiie.

Après avoir bien démêlé les effets de notre indus-

trie , il est impossible de ne pas voir qu'il n'y a rien

. de plus mystérieux dans l'industrie agricole que

^ dans toute autre. Mais on y découvre les incoav^

aieiis qui lui sont propres et qui sont cause des dif-

. fiérantes fixtues qu'elle prend suivant les temps et

^^ satTint les lieux.

^ Qaandon a reconnu la cause nécessaire de toutes les valeurs , il faut bien en conclure qu'il est absurde da soutenir que l'argent n'est qu'un signe , et odieux de prétendre lui donner une valeur arbitraire ou le remplacer forcément par une valeur imaginaire, et qoe tout établissement qui tend vers ce but est dan^ lereux et pernicieux.

Quand on a vu comment s^opère la formation de

OZ-k

3a4 CBAPITAI XIIL

•l kor vénoTsiMm MBlmadltf qwMNi eùtmlmtim, om m pmt »éiimnilm fK la «WMOiniAiw «1 dlMBéne b*c«I judus wtilt, et q«e-la eomoanuitiaB «ugArét appolée Imt al tonjoiirt noiiîble | et Pon ne peut i^enpéAer di trooTer ridioaU IHmportaace que l^n a iKwIa tener.anz homiict qui ii*ODt dVntre waténibt qae Mtt oonsomniateiin, coamie ai o*élait là «n taloil hm imra.

Bel TQef Jutes tiir la eowcmimalinn dooncota^ cetnirement des idées justes sur le pl«s grand dUi eoBSommatean y ie gomp^ntememt, amrles effirtids aof 'dépenses, de ses dettes, et des différeas iaipAts qû oomposent ses rerenus, et noua eond ai w at à démêler s&rement les difiTérsns nijeta de ses ûnpAlii et à n^éralaer le plus ou ipoins de mal qn^ W que suirant les différentes classes d'hommes sur kiquels ils tomlient.

Toutes ces oonséquenoes sont rif^ooreuses. EUet n'en seront pas moins contestées. Il ftllait daae y arriver méthodiquement. Biais œlles snrtoot qv éprouveront les plus grandes oppositîaos , oe loit œlles qui nous conduisent à déterminer les degi^ d'importance des différentes classes de la soeiélé. Gomment persuader à ces grands propriétairss nranx tant vantés , qu'ils ne sont que des préteaii d'argent onéreux à l'agriculture et étrangers à tosi ses intérêts? Gomment fiûre convenir œs rîohes oîfl6 si respectés , qu'ils ne sont absolument bons à litSt et que leur existence est un mal en ce qn'ells en minue le nomlire des traviillears utiles? Gommefl

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