‹ Étemens d'idéologieChapitre 7 sur 34 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les considérations générales auxquelles nous Tenons de nons livrer , sont celles qui se présentent les prunières 4 notre esprit quand nous commençons 4 olMerrer notre volonté. Pour peu qu'on y réfléchisse , on Toit d'abord qu'elle est un mode de notre sensibilité qui nait d'un jugement exprès ou confus que nous portons sur ce que nous sentons ; que si notre seuifatlité pure et simple commence à nous donner une idée obscure de notre moi et de la possession de ses affections , ce mode admirable de notre sensibilité que nous appelons vouloir, par les mouvemens qu'il nous fait faire et par les résistances qu'il éprouve , nous fidt connaître des êtres différens de nous, et ooinplète notre idée à^indiinduaîUé , de pen€mnaUié et de propriété exclusive de tout ce qui nous affecte (1). Il n'est pas moins visible que cette faculté de vouloir est la source de tous nos besoins et de toutes nos misères ; car l'être indiff6» rent serait impassible; et il est également manifeste que cette même faculté , par le merveilleux pouvoir qu'elle a de mettre en action nos organes et d'impri*

(i) Celte vérité > été déreloppée tom. i , chapitre de l'Sziiteiiee , et dem diven endroits des deax «atres Tolames des ÉléAsas

ildéolosi».

U2 INTR0DUCTIO5.

mer du mouyemait à nos-membies, est aasà la •ource de tous nos moyeru et de toutes nos ressources \ car toute notre puissance consiste dansi'empk» de nos forces physiques et intellectuelles. U suit de là que tout être animé , en yertu des lob de sa nature, a le droit de satisfaire tous s/^ désirs , qui sont ses besoins, et ledâuoir unique d'employer ses moyeus le mieux possible pour atteindre ce but : car ,- doué de pastion, il ne peut être condamné à soufiiir que le . moins qu'il lui est possible , et doué d'action , il doit s'en senrir à cette fin. Il suit de là encore que la liberté ^ le pouvoir d'exécuter sa volonté , est pour l*étre voulant le premier des biens et les ren- Ibrine tous ; car il serait toujours heureux sHl avait toigours la puissance de contenter tous ses désirs , et tous ses maux consistent toujours dans la contrainie , c'est-à-dire dans l'impuissance de se satisfaire. On voit , de plus , que l'emploi de nos forces , le travail de tout genre , est notre seule richesse primitive , la source de toutes les autres , la cause première de leur valeur, et que le travail luimême a toujours deux valeurs. L'une est naturelle et nécessaire : cVst celle de tout ce qui est indispeus4àble à la satisfaction des besoins de l'être animé qui exécute ce travail , pendant le temps qu'il ^exécute ; l'autre est éventuelle et souvent conventionnelle : elle consiste dans la masse d'utilités qui résulte de ce même travail. Enfin on voit tout aussi nettement que la manière de* remplir notre devoir unique , celui de bien employer nos moyens , varie eu vertu des circonstances dans lesquelles nous

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nous trouvons , soit lorsque nous ne sommes en coolact qu'avec des êtres qui ne nous manifestent aacane sensibilité , soit lorsque nous ayons affaire à des êtres animés , mais avec qui nous ne pouvons nous entendre qu'à demi , soit lorsque nous sommes en rapport avec des êtres sensibles comme nous , avec lesquels nous pouvons correspondre parfaitement et faire des conventions. Là commence le juste et Vinjuste , proprement dits , et la vraie société , dont le but et le motif sont toujours d'augmenter la puissance de chacun en faisant concourir celle des autres avec elle , et en les empêchant de se nuire réciproquement.

Tous ces premiers aperçus sont bons et sains (du mcnns je le crois ) , et commencent déjà à répandre quelque lumière sur le sujet qui nous occupe ; mais ils sont bien loin d'être suffisans : ils ne nous font pas assez connaître quels sont les nombreux résnltats de l'emploi de nos forces , de notre travail , de nos actions en un mot; et quels nouveaux intérêts leurs combinaisons font naître entre nous , ni quels sont les seutimens divers qui germent de nos premiers désirs , et ce qu'ils ont d'utile ou de nuisible pour le bonheur de tous et de chacun , ni enfin quelle est la manière de diriger le mieux possible ces actions et ces sentimens. Ce sont pourtant autant de sujets nécessaires à traiter pour faire une histoire complète de la volonté et de set effets , et c'est là que se retrouve la division que nous avons annoncée. Il convient donc d'entrer dans plus de d^ tails , et je vais commencer par parler de nos actions.

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