CHAPITRE XIV
mes les plastrons de vos plaisanteries, messieurs , répondit Gaston , qui s'était mordu les lèvres et avait changé de couleur plus d'une fois pendant le ridicule récit du colonel.
« — Ce ne sont pas des plaisanteries ; il y va de votre honneur d'homme à la mode : si vous ne parvenez à vaincre la résistance de lady Elhel avant que j'aie été forcé de payer le prix de
su se soustraire à toutes les poursuites , et ce héros de grand chemin , qui connaissait le pari de lord Berkeley, avait été instruit par l'un de ses camarades du jour et de l'heure où il devait passer par Inverary. Mac Quarry (c'est le nom du voleur) attendit donc le voyageur en cet endroit. Sur le soir , il aperçut la voiture qui approchait. Lord Berkeley , qui n'avait pas été arrêté depuis longtemps , dormait du plus profond sommeil , lorsqu'il fut tout à coup éveillé par la voix du brigand qui lui disait, en lui présentant un pistolet: « Mylord, la bourse ou la vie ! — Goddam I j'ai perdu mon pari, » s'écria le lord ; et en même temps il mit la main à la poche comme pour en tii'er sa bourse. « Oui. vous avez perdu, et c'est Mac Quarry qui seul a volé lord Berkeley , ajouta le brigand avec un air de fierté satisfaite. — Tu mens , répliqua le lord avec le plus grand sangfroid ; si cela était, je te donnerais ma bourse; mais je vois derrière toi l'un de tes camarades. — Impossible I impossible 1 » dit le brigand ; et en même temps il se retourne. Cependant lord Berkeley tire de sa poche un pistolet , et il tue le voleur.
(Voir la Presse du 28 septembre i838. )
ma gageure, vous êtes déshonoré à Londres et à Paris...
« — Je ne sais quel jargon vous parlez. Quoi ! si je veux respecter Etliel, si je veux être pour elle un frère , un tuteur ; si je veux me conduire en homme d'honneur envers une sœur dont le sort m'a été confié par la Providence... vous m'en empêcherez?
« — Ah! ah! ah! moi , je ne puis m'empêcher de rire de cette morale subitement mise en action parle plus grand roué de France et d'Angleterre!... Ah! ah! laissez- moi rire à mon aise; cet accès de gaîté... eh! eh!... me coûte assez cher pour me le pardonner... Broadlands avait raison, la petite fille sera plus forte que vous, je reconnais déjà le fruit de ses sermons. C'est à mon tour de dire comme la bonne lady Bucldand disaitdemoi: «Vous baissez... » Ahçà! mon cher Montlhéry , est-ce sérieusement que vous voudriez persuader au monde que vous n'avez jamais été amoureux de lady Ethel , et que vous tacheriez de me prendre , moi , pauvre innocent, pour instrument de vos ruses vertueuses ?
(c — Je ne prétends pas dire que je sois de marbre . La divine beauté d'Etliel , les qualités de son àme , le charme de son esprit , la grâce répandue sur sa personne, tout cela m'a séduit dès l'abord , je l'avoue et je ne l'ai jamais