CHAPITRE XIX
Vers hiiil heures et demie, Gaston fut réveillé par son valet de chambre, qui n'attendit pas la sonnette pour entrer. H venait annoncer à M. de Montlhéry la visite de M, Robinson, l'homme d'afl'aires de lady Ethel.
Gaston se lève pour recevoir M. Robinson. Celui-ci vient solliciter l'intervention de M. le comte de Montlhéry auprès de lady Ethel Macnally , afin de prier la noble demoiselle de ne pas accueillir les plaintes que plusieurs fermiers des domaines de Macnally-Castle doivent porter à sa seigneurie contre lui Robinson , régisseur des domaines de Macnally, de père en fils , depuis cent cinquante ans.
256 ETIIEL.
« Quel sujet de plainte ont-ils contre vous , M. Robinson, interrompt Gaston ?
« — M. le comte , du vivant du feu comte Macnally, ainsi que pendant la courte durée de la tutelle de sa seigneurie la comtesse de Buckland et le commencement de la vôtre , M. le comte , ces gens - là , paresseux de père en fils , étaient habitués à une extrême indulgence de notre part. Grâce à l'abus introduit ici par le seigneur, on ne les pressait pas de payer leurs redevances ; ils étaient toujours en retard de deux et quelquefois de trois termes.
« — Hé bien , qu'y a-t-il de changé ?
« — ^ M. le comte doit comprendre que depuis le procès intenté à sa seigneurie lady Ethel Macnally, relativement à la propriété des domaines substitués , j'ai dû me mettre en règle à tout événement.
« — Que craignez- vous?
« — D'après la disposition des juges en faveur du présent lord Macnally
« — Dites du faux lord Macnally, M. Robin son.
« — N'importe, la cour est disposée en sa faveur, M. le comte : or, je me permettrai de vous faire observer que , me trouvant régisseur provisoire desdits domaines de Macnally-Castle, je suis tenu d'en verser les revenus ès-mains de la justice jusqu'à la conclusion délinilive de l'ai-