‹ EthelChapitre 131 sur 172 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

faire, quitte à statuer alors sur l'emploi des deniers provenants des fruits du domaine contesté.

« — Expliquez-moi ce que peut avoir de commun avec les plaintes que les fermiers de Macnally-Castle doivent porter contre vous à ma pupille, l'issue probable, ou du moins qui vous paraît probable , du procès inique qu'on lui intente.

« — Inique... M. le comte... c'est possible, loisible à vous d'user de l'expression ; je désire qu'elle soit juste ; mais il n'en est pas moins vrai que du commencement de ce procès on peut tirer un pronostic peu favorable à la cause de lady Ethel.

« — Au fait, M. Robinson, au fait.

« — Je disais donc que les fermiers de ces immenses domaines payaient mal leurs anciens maîtres ; d'où il suit , par une induction fort naturelle , que moi , devenu malheureusement un régisseur provisoire , j'ai dû les actionner et les harceler même juridiquement, de peur qu'un jugement ne nous amenât un changement de seigneur... ce qu'à Dieu ne plaise...

« — Je comprends ; vous craignez que le nouveau propriétaire ne choisisse un nouveau régisseur s'il s'aperçoit que l'ancien ne défendait pas assez vivement les intérêts de ses commettants.

« — J'ai toujours pris à cœur les affaires de mes maîtres, M. le comte; mais l'extrême douceur du feu lord Macnally m'a si souvent contrarié...

« — J'entends... j'entends...

« — Ah!... M. le comte, si vous saviez le mal qu'on a sous un seigneur débonnaire! il n'est rien de tel que la sévérité en affaires... Mon grand -père m'a souvent raconté que du temps de lord Ogle tout allait bien différemment.

« — Vous êtes cauteleux, M. Robinson,et prévoyant, à ce que je vois; c'est votre métier, je me souviendrai de vos précautions...

« — Lady Ethel ne recevra pas ses fermiers?

« — Je ne dis pas cela , il faut bien lui laisser revoir ces bonnes gens qui l'aiment et qu'elle connaît depuis qu'elle est au monde ; mais elle n'écoutera pas leurs plaintes contre vous. D'ailleurs vous savez comme moi que , jusqu'à la lin du procès , il ne nous est plus permis de nous mêler des détails de l'administration de Macnally-Castle. J'espère que vous rendrez compte de notre discrétion à votre nouveau lord.

« — Je vous prie de croire, M. le comte, que je ne le connais pas du tout , mais pas du tout; il n'est point encore mon maître : je serais extrêmement mortifié si vous pouviez penser que j'eusse entretenu le moindre. .. croyez , je

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